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Commission européenne - Fiche d'information

Rapport 2016 sur l'évolution de l'emploi et de la situation sociale en Europe: questions et réponses

Bruxelles, le 20 décembre 2016

Le dernier examen annuel de l'emploi et de la situation sociale en Europe (ESDE) publié aujourd'hui, affiche des résultats encourageants.

Voir également IP/16/4429

Qu'est-ce que le rapport sur l'évolution de l'emploi et de la situation sociale en Europe?

Le rapport sur la situation de l'emploi et la situation sociale (ESDE) rend compte des dernières évolutions en matière sociale et d'emploi, et examine les difficultés à venir. Sur la base des dernières données et publications disponibles, le rapport sert de base aux initiatives de la Commission dans le domaine de la politique sociale et de l'emploi.

Le rapport ESDE est le principal rapport de fond de la Commission, combinant l'analyse des données et l'analyse des meilleures pratiques et résultats de la politique dans les États membres. Il met l'accent sur des thèmes clés qui sont décisifs pour les futures initiatives politiques de la Commission.

Cette année, l'examen se concentre sur cinq thèmes:

  • convergence et divergence dans l'Union économique et monétaire, et le rôle des politiques sociales et de l'emploi;
  • dynamique de l'emploi et ses implications sociales, notamment comment les emplois et les salaires permettent de lutter contre la pauvreté et les inégalités;
  • intégration des réfugiés sur le marché du travail;
  • répercussions du développement des TIC et de la numérisation sur le marché du travail;
  • renforcement des capacités en matière de dialogue social.

La situation de l'emploi s'est améliorée au cours de l'année écoulée dans l'UE?

La croissance économique observée depuis 2013 s'est accompagnée d'une amélioration significative de la situation du marché du travail.

Avec 232 millions d'hommes et de femmes occupés au deuxième trimestre 2016, l'emploi a atteint son plus haut niveau jamais atteint. Le taux d'emploi dans l'UE dans son ensemble a dépassé les valeurs de 2008, à 71,1 % (graphique 1). Si cette tendance se poursuit, l'UE pourrait encore atteindre son objectif d'un taux d'emploi de 75 % en 2020. De même, le taux de chômage a également affiché un recul assez constant depuis 2013, s'établissant à 8,3 % en octobre 2016. C'est le même taux que celui enregistré en février 2009.

Certains défis d'envergure subsistent toutefois. Pour la zone euro, le taux d'emploi reste inférieur à son niveau de 2008, qui se situait à 70 % au deuxième trimestre 2016. Dans le même temps, le taux de chômage reste élevé, à 9,8 % en octobre 2016. Des données plus récentes sur le chômage total montrent que 20,1 millions de personnes dans l'Union étaient toujours sans emploi au troisième trimestre 2016, dont près de 4.2 millions de jeunes. Le chômage de longue durée, malgré une tendance constante à la baisse depuis le début de l'année 2014, reste presque deux fois supérieur à son taux de 2008,

Des variations importantes subsistent entre les États membres, allant de 1,3 % de la population active au Danemark, en Suède et au Royaume-Uni à 16,7 % en Grèce. Les différences de taux d'emploi entre États membres sont considérables, allant de 81,5 % en Suède à 56,6 % en Grèce. C'est en Allemagne que les taux de chômage est le plus bas, à 4,1 %, alors qu'il affiche sont niveau le plus haut en Grèce, à 23,1 % (graphique 2).

 

Graphique 1: Taux d'emploi dans l'UE


 

Graphique 2: Forte variation du taux de chômage — 2016T2
 

 

L'amélioration de la situation de l'emploi a-t-elle fait reculer la pauvreté?

Au cours des trois dernières années (2012-2015), la plupart des États membres ont enregistré un recul de la proportion de personnes menacées de pauvreté ou d'exclusion sociale, qui est passée à 23,7 % de la population totale (119 millions de personnes), soit son plus bas niveau depuis 2010. Même si des progrès ont été accomplis, la pauvreté et les inégalités demeurent trop élevées, en particulier pour certains groupes de la société (enfants et groupes minoritaires).  

Les faibles taux d'emploi sont un facteur clé dans l'accroissement des inégalités et de la pauvreté. Avoir un emploi n'est cependant pas toujours suffisant pour éviter la paupérisation. En effet,même si les travailleurs à temps plein sont relativement bien protégés contre la pauvreté dans l'ensemble de l'UE, le nombre de «travailleurs pauvres» est passé d'une personne sur dix avant la crise à une sur huit aujourd'hui. Les travailleurs à temps partiel sont davantage exposés au risque de pauvreté que ceux à temps plein. La part des travailleurs indépendants dont le revenu est inférieur au seuil de pauvreté est nettement plus élevée que celle des travailleurs salariés menacés de pauvreté (voir graphique 3). Les travailleurs indépendants à temps plein présentent un risque de pauvreté 3,5 fois supérieure à celui des travailleurs à temps plein.

 

Graphique 3 — taux de risque de pauvreté par statut d'activité (20-64 ans), 2013.

 

À eux seuls, les faibles salaires horaires n'expliquent généralement pas le passage sous le seuil de pauvreté, sauf lorsqu'ils sont accompagnés d'une faible intensité de travail (temps de travail réduit et activité professionnelle intermittente tout au long de l'année) ainsi que de la présence d'autres membres du ménage sans revenu (enfants, conjoints dépendants).

Cela étant dit, le revenu disponible des ménages a augmenté dans l'ensemble de l'UE, grâce à l'accroissement de l'activité économique et l'amélioration de la situation sur le marché du travail. Même si de nombreux Européens sont tombés dans la pauvreté à la suite de la crise, nombreux sont également ceux qui en sont sortis. Plus d'un tiers de la population active pauvre dans l'UE a échappé chaque année à la pauvreté entre 2010 et 2013. Parmi les chômeurs ou des inactifs en âge de travailler vivant en dessous du seuil, plus de la moitié de ceux qui ont retrouvé un emploi ont également réussi à échapper à la pauvreté.

Emploi et conditions sociales convergentes dans l'UE?

La crise de 2008 a mis un terme à la convergence globale de performance économique et sociale dans l'UE, avec des différences importantes dans les taux d'emploi et de chômage. Les disparités s'étaient considérablement aggravées à la suite de la profonde récession de 2009 (graphique 4).

Les chiffres les plus récents montrent en effet des signes de convergence renouvelée, mais pas nécessairement au bon bout du spectre. L'inégalité et la pauvreté, par exemple, ont eu tendance à converger vers des niveaux plus élevés, et les revenus de la population en âge de travailler ont globalement souffert. Partout dans l'Union, les personnes âgées de plus de 65 ans, en revanche, ont pu voir que leurs revenus étaient mieux protégés et que leur taux de pauvreté reculait.

 

Graphique 4: Taux de chômage moyen par zone (2000-2015)

 

Quelles sont les évolutions les plus frappantes dans les politiques du marché du travail des États membres?

Tout d'abord, nous constatons que les États membres consacrent une plus faible part de leur budget aux prestations de chômage. Les dépenses annuelles moyennes pour les prestations de chômage ont reculé de 5 % à 10 % par chômeur, entre 2010 et 2013. Cette évolution est en partie due au fait que les gens ont perdu tout ou partie de leurs droits, après une longue période de chômage.

Deuxièmement, l'examen montre que les politiques actives du marché du travail (PAMT) ont un effet positif non seulement pour aider les personnes à passer du chômage à l'emploi, mais aussi pour les aider à trouver des emplois de meilleure qualité et pour améliorer leurs compétences. Toutefois, le champ d'application de ces mesures varie considérablement selon les États membres, ce taux allant d'environ 5 % à 50 % ou plus, et la couverture globale de l'UE a diminué depuis 2009. En conclusion, il est possible de renforcer l'investissement dans des mesures actives du marché du travail.

Quel est l'état d'avancement de l'intégration des réfugiés sur le marché du travail?

Par le passé, l'intégration professionnelle des réfugiés arrivés avant 2014 a pris un certain temps. La bonne nouvelle, c'est que leur intégration s'améliore considérablement au fil du temps, même si elle pourrait durer 15 à 20 ans pour atteindre la parité avec les jeunes autochtones. Les réfugiés ont des compétences sur lesquelles leur pays d'accueil peut s'appuyer, avec au moins un cinquième de réfugiés titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur.

Le taux d'emploi des réfugiés dépend dans une large mesure de leurs compétences et de leur niveau d'éducation. Les réfugiés hautement qualifiés âgés de 25 à 64 ans atteignent un taux d'emploi beaucoup plus élevé que celui de leurs homologues moins instruits (70 % contre 45 % – voir graphique 9). Les réfugiés ayant un niveau linguistique intermédiaire ont un taux d'emploi de 59 % (graphique 10), soit ce qui est plus de deux fois supérieur à celui des personnes possédant moins d'aptitudes linguistiques (27 %).

 

Graphique 9: Taux d'emploi par niveau d'éducation et motif de migration (25-64), total de l'UE *, 2014

 

Graphique 10: Taux d'emploi des réfugiés, en fonction de la connaissance de la langue du pays d'accueil, total de l'UE *, 15-64, 2014

 

Comment l'intégration de réfugiés sur nos marchés du travail peut-elle être facilitée?

Les chiffres ci-dessus (graphiques 9 & 10) indiquent clairement qu'une bonne connaissance de la langue du pays d'accueil et un niveau d'éducation élevé améliorent considérablement les chances de trouver un emploi. Porter la connaissance de la langue du pays d'accueil à un niveau ne serait-ce qu'intermédiaire améliore réellement les perspectives d'embauche.

Les réfugiés et les pays d'accueil bénéficient des investissements consacrés à l'éducation des réfugiés: l'éducation améliore en effet les perspectives des réfugiés sur le marché du travail, tout en contribuant à la croissance économique des pays d'accueil. Toutefois, ces efforts doivent être combinés avec un soutien global et l'élimination des obstacles à l'intégration, telles que la lutte contre la discrimination, les programmes d'intégration, l'accès à des services de soutien, la reconnaissance des qualifications, la santé, les services sociaux et la garde d'enfants.   

Les nouvelles technologies, en particulier les TIC, entraînent-elles des suppressions d'emplois?

L'analyse montre que l'accroissement des investissements dans les TIC et la robotisation connexe n'ont pas abouti à une destruction d'emplois liée aux technologies. Au contraire, la plupart des données disponibles montrent une augmentation nette de l'emploi. Le développement des TIC et la numérisation ont directement contribué à la création d'emplois et devraient continuer à le faire. Par exemple, au cours des dix dernières années, deux millions de postes supplémentaires de spécialistes en informatique ont été créés, dont un million pour les seules trois dernières années. Toutefois, il est manifeste que le développement des TIC et la numérisation auront des répercussions différentes selon les professions et les branches d'activité concernées.

Comment l'économie collaborative influence-t-elle l'avenir du travail?

Il est difficile de quantifier la nouvelle «économie collaborative», en termes de chiffre d'affaires ou de nombre de personnes directement concernées, mais les estimations indiquent qu'elle est déjà substantielle. En 2015, on comptait au moins 20 plateformes d'un montant supérieur à un milliard de dollars. Uber est évalué à 50 milliards de dollars et opère dans 230 villes et 60 pays. Airbnb a une valeur de 20 milliards USD, est actif dans 34 000 villes et 190 pays, compte 35 millions de clients et a été listé 2 millions de fois depuis son lancement en 2008. Blablacar s'est élargi au-delà des frontières de la France et a recruté 10 millions de membres dans 13 pays. L'importance de l'économie collaborative va de soi.

Les entreprises suivant le modèle de l'économie partagée et les plateformes numériques se multiplient rapidement et sont en passe de devenir des acteurs de premier plan dans l'économie et la société. Elles modifient le fonctionnement du marché, transforment la concurrence et l'organisation du travail et influent sur la qualité de l'emploi. Elles ont notamment pour avantages potentiels d'assurer une meilleure adéquation entre la demande et l'offre d'emploi. Elles peuvent faciliter la transition vers des emplois à productivité élevée en allouant les ressources humaines de manière plus efficace et en évitant la dépréciation des compétences. L'entrepreneuriat peut également être stimulé, en proposant par exemple des possibilités de revenus supplémentaires, sous des formes souvent précaires cependant. En transformant l'emploi informel en emploi formel et le travail non déclaré en travail officiel, les entreprises concernées peuvent favoriser la création d'emplois dans l'économie réelle.

Toutefois, les droits des travailleurs sur les plateformes d'économie du partage, ainsi que leur statut juridique, manquent parfois de clarté. La «plateformisation» de l'économie est généralement associée à la croissance de l'emploi indépendant et semble contester concurrencer des formes d'emploi traditionnel et plus sûr.

Comment les partenaires sociaux s'adaptent-ils aux nouveaux défis?

De nouvelles formes de travail peuvent engendrer une confusion entre les employeurs et les travailleurs, ce qui rend l'organisation des structures existantes difficile et constitue un défi pour la représentation d'intérêts collectifs. À mesure qu'évoluent les relations de travail et les activités professionnelles, le rôle du dialogue social pourrait gagner en importance.

Dans de nombreux États membres, la fixation des salaires est au cœur des activités bipartites des partenaires sociaux. Selon diverses traditions nationales, les représentants des travailleurs et des employeurs passent des conventions collectives au niveau de l'entreprise, du secteur ou au niveau interprofessionnel. Dans l'UE, quelque 60 % des travailleurs sont couverts par des conventions collectives (accords salariaux). Dans la zone euro, ce taux atteint près de 75 %. Dans de nombreux États membres, les partenaires sociaux (et, dans certains cas, les gouvernements) cherchent à modifier le système de fixation des salaires, de manière à permettre une certaine souplesse dans les ajustements des salaires au sein d'un cadre coordonné, afin de tenir compte de la situation macroéconomique. Dans les cas où il existe des salaires minimums nationaux, les partenaires sociaux jouent des rôles différents dans la fixation de ce salaire plancher.

L'efficacité du dialogue social incombe en premier lieu aux partenaires sociaux eux-mêmes, dans la mesure où ils doivent apprendre à adapter leurs organisations à un nouvel environnement de travail. Les partenaires sociaux ont déjà commencé à répondre aux nouvelles évolutions, notamment à l'émergence de l'économie collaborative, et ont mis en place des politiques et des stratégies visant à attirer de nouveaux types de travailleurs. Par exemple, dans plusieurs États membres, les nouvelles formes numériques d'entreprise telles qu'Uber et les travailleurs qui leur sont affiliés sont de plus en plus souvent intégrés en tant que partenaires sociaux associés.

 

MEMO/16/4428

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