Navigation path

Left navigation

Additional tools

Other available languages: EN DE

MEMO/07/568

Bruxelles, le 11 décembre 2007

[Graphic in PDF & Word format]

Stratégie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi: questions fréquemment posées

Première partie: le rapport stratégique de la Commission de décembre 2007

Quelles sont les principales conclusions du rapport de la Commission?

Premièrement, les réformes mises en œuvre au niveau européen et au niveau national portent leurs fruits et contribuent à la croissance et à l'emploi maintenant et pour l'avenir. Les rapports nationaux de mise en œuvre montrent que les États membres ont pris un bon nombre des mesures nécessaires pour exécuter leurs programmes et les renforcer à la lumière de l'évaluation réalisée l'année dernière par la Commission ainsi que des engagements du Conseil européen.

Deuxièmement, il est essentiel que les États membres mettent en œuvre les réformes en suspens. Si tout le monde s'accorde généralement sur ce qu'il y a lieu de faire, le rythme des réformes a été inégal. Les États membres n'y ont pas tous mis la même détermination. Dans certains domaines, tels que l'ouverture des marchés de l'énergie et des services et la réduction de la segmentation du marché du travail, les réformes ont pris du retard. Certains signes de lassitude face au processus de réforme sont apparus au cours des douze derniers mois.

Troisièmement, l'UE comme les États membres devront mettre en œuvre de nouvelles réformes afin de maintenir une croissance économique solide et d'aider l'UE à résister aux remous de l'économie mondiale. L'UE doit, pour sa part, prendre des mesures concernant des priorités importantes, notamment une loi sur les petites entreprises, la création d'un Espace européen de la recherche et un système de brevet unique, et combler les lacunes qui subsistent dans le marché unique, à savoir dans les secteurs des services et de l'énergie.

Quels sont les principaux nouveaux éléments introduits dans le paquet? Quelles propositions la Commission présentera-t-elle au Conseil européen de printemps?

Le rapport stratégique invite les dirigeants européens lors du Conseil européen de printemps 2008 à donner une nouvelle impulsion en convenant d'un nombre limité d'actions à forte incidence dans les quatre domaines d'action prioritaires et, ultérieurement, en veillant à ce que leurs gouvernements donnent suite à ces engagements.

Il s'agit notamment d'accroître l'accès à l'internet à haut débit pour atteindre un taux de connexion de 30% de la population européenne et d'assurer la connexion de tous les établissements scolaires d'ici à 2010; de définir des politiques et des objectifs nationaux pour élever le niveau des compétences de base des jeunes et diminuer le décrochage scolaire; d'adopter une loi générale sur les petites entreprises; d'améliorer les conditions d'encadrement de l'innovation grâce à la création d'une juridiction intégrée, spécialisée en matière de brevets, et d'un brevet unique abordable; d'achever le marché intérieur de l'énergie; de fixer des objectifs contraignants de réduction énergétique pour les bâtiments publics et d'inclure systématiquement l'efficacité énergétique au nombre des critères d'attribution des marchés publics.

Le paquet renforce aussi la dimension extérieure, associant ouverture et défense légitime des intérêts de l'Europe. Le dialogue avec les pays tiers va être renforcé et rationalisé; il mettra plus nettement l'accent sur les questions de mondialisation d'intérêt mutuel telles que la convergence des réglementations, les migrations et le changement climatique. À l'avenir, la Commission adoptera un seul rapport annuel sur l'accès au marché, recensant les pays et les secteurs dans lesquels des obstacles importants subsistent.

Le nouveau programme communautaire de Lisbonne est un outil novateur, axé plus spécifiquement sur la contribution apportée par l'UE aux quatre domaines d'action prioritaires déjà mentionnés. Il contribue, au niveau européen, à atteindre les nouveaux objectifs que la Commission invite le Conseil européen de printemps à approuver et compte, en outre, parmi ses dix grands objectifs: l'adoption rapide par le Parlement européen et le Conseil de la proposition de la Commission relative à la carte bleue pour une politique de l'immigration fondée sur les qualifications; l'adoption de nouvelles mesures visant à intégrer les marchés des services financiers européens et à renforcer leur stabilité face aux turbulences actuelles et la promotion d'une politique industrielle durable.

Le renforcement de la stratégie prévu dans le rapport nécessite-t-il de modifier les lignes directrices intégrées?

Non. Il ne sera pas nécessaire de modifier les lignes directrices intégrées adoptées à l'unanimité par les États membres en 2005. C'est la raison pour laquelle la Commission propose de maintenir celles-ci telles quelles pour le prochain cycle. Le texte qui les accompagne sera, toutefois, modifié afin de refléter l'évolution de l'orientation.

Le paquet met clairement en évidence la nécessité d'accorder une priorité plus grande encore à la dimension sociale, l'éducation et les compétences, les technologies de l'information et des communications, la flexicurité, l'énergie et le changement climatique.

Que couvrent les recommandations spécifiques par pays de cette année?

Les recommandations que propose la Commission couvrent essentiellement les domaines pour lesquels elle avait déjà signalé l'an dernier qu'ils nécessitaient une plus grande attention, tels que l'assainissement budgétaire, la viabilité financière, les réformes du marché du travail, la concurrence dans les industries de réseau et les services, l'investissement en R&D et l’amélioration du cadre réglementaire.

Une recommandation proposée signifie que, de l'avis de la Commission, l'État membre concerné doit, malgré certains progrès réalisés, encore renforcer ou accélérer ses efforts dans ce domaine.

Sur la base d'une proposition de la Commission, le Conseil a adopté les recommandations par pays en mars 2007. Il faut du temps pour mettre en œuvre des réformes structurelles et, à ce stade, seule une évaluation préliminaire est possible. C'est pourquoi le rapport maintient la plupart des recommandations par pays et les points à surveiller de l'année dernière.

L'ensemble des recommandations figure dans le MEMO/07/569.

En quoi consistent exactement les changements apportés cette année aux recommandations par pays?

Dans la plupart des cas, des mesures ont été prises pour honorer les engagements contenus dans les recommandations par pays convenues par tous les États membres l'année dernière. Il reste cependant du chemin à parcourir et la majeure partie de ces recommandations restent donc valables. Dans quelques cas – l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne – les recommandations sont moins nombreuses tandis que pour la Slovaquie, la recommandation de l'an dernier concernant la lutte contre le chômage de longue durée a été remplacée par une recommandation d'améliorer le cadre réglementaire. Aucun État membre ne fait l'objet d'une recommandation supplémentaire. Les conclusions de chaque chapitre par pays sont regroupées dans le MEMO/07/569.

Qu'est-ce qui prouve que les perspectives économiques plus favorables sont dues aux réformes mises en œuvre dans le cadre de la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi?

Les réformes de Lisbonne n'expliquent certes pas à elles seules l'embellie économique. Mais les modèles économiques élaborés par la Commission démontrent clairement leur contribution significative qui peut, à l'avenir, être plus importante encore. Qui plus est, les réformes ont contribué à relever le taux de croissance potentiel estimé du PIB de la zone euro de 0,2 point de pourcentage depuis 2005 pour atteindre quelque 2,25 % en 2007: en d'autres termes à améliorer les perspectives à long terme de prospérité. Une analyse plus complète figure dans l'annexe du rapport stratégique.

La Commission propose-t-elle des recommandations propres à chaque État membre?

Non. Pour quelques États membres [Danemark, Estonie, Finlande, Irlande, Luxembourg et Suède], la Commission n'a proposé aucune recommandation dans son rapport 2006. Pour cette année, il n'y a eu aucune évolution majeure qui justifierait d'adresser des recommandations spécifiques à ces États membres. Cependant, dans les "chapitres nationaux" relatifs à ces États membres, comme dans tous les autres, la Commission souligne les domaines stratégiques auxquels il conviendra d'être particulièrement attentif au cours des prochaines années.

Quelles sont les conclusions du chapitre concernant la zone euro?

Ce chapitre conclut que les États membres de la zone euro se sont engagés dans des réformes structurelles en profondeur pour relever les défis économiques, sociaux et environnementaux auxquels ils sont confrontés, mais que certains s'y sont attelés plus vigoureusement que d'autres. Bien qu'elles soient importantes pour tous les États membres de l'UE, les réformes structurelles revêtent un intérêt particulier pour les économies de la zone euro. Elles visent essentiellement à promouvoir la croissance et l'emploi, mais elles améliorent aussi l'intégration et la capacité d'adaptation des économies de la zone euro, ainsi que la synchronisation de leurs cycles conjoncturels.

Globalement, dans quels domaines stratégiques convient-il de redoubler d'efforts en priorité?

Bien que des progrès satisfaisants aient été enregistrés en ce qui concerne la réduction des déficits budgétaires, la possibilité qui était offerte de tirer parti de la croissance relativement soutenue pour réduire encore les déficits structurels n'a pas été pleinement exploitée, notamment dans la zone euro

L'Europe reste à la traîne des autres puissances économiques lorsqu'il s'agit d'investir dans les technologies de l'information et des communications et de les mettre au service de la productivité.

Les industries et services de réseaux s'ouvrent lentement à la concurrence et d'importants obstacles à l'entrée sur le marché subsistent. Certains États membres accusent du retard dans la mise en œuvre des directives relatives au marché intérieur.

D'importantes avancées ont été réalisées dans la mise en œuvre du programme communautaire «Mieux légiférer», mais certains États membres doivent redoubler d'efforts pour réduire les contraintes administratives et améliorer l'environnement des entreprises.

Près de 6,5 millions d'emplois ont été créés dans l'UE-27 au cours des deux dernières années, et 5 millions d'emplois supplémentaires devraient l'être d'ici 2009. Pourtant, de nombreux marchés du travail restent segmentés, des «insiders» bien protégés y côtoyant des «outsiders» sous contrat précaire et à la situation plus incertaine.

La moitié des États membres environ ont élaboré - ou élaborent actuellement - des politiques fondées sur le principe de flexicurité. Néanmoins, les mesures arrêtées dans ce domaine restent fragmentées.

S'il est encourageant de voir que les États membres se sont maintenant fixé des objectifs ambitieux pour augmenter leurs dépenses en R&D, la part réelle du PIB consacrée à la R&D dans l'UE n'a pas suivi l'évolution de la croissance économique, plus soutenue ces derniers temps; elle est retombée de 2,0 % du PIB en 2000 à 1,85 % du PIB en 2006 et de grands écarts persistent entre les États membres. La Communauté s'éloigne donc encore davantage de l'objectif de 3 % qu'elle s'était fixé, d'autant qu'il faudra un certain temps pour que les réformes récentes visant à stimuler les dépenses en R&D commencent à porter leurs fruits.

Quels États membres sont les bons élèves?

Il ne s'agit pas d'un «concours Eurovision de la chanson» et la Commission n'entend pas classer les États membres. Cette démarche serait vaine et empreinte de subjectivité, dans la mesure où ce ne sont pas les performances actuelles qui comptent, mais le potentiel futur. Il est toutefois encourageant de noter trois tendances qui se sont poursuivies cette année.

En premier lieu, les États membres bien classés dans les listes internationales de compétitivité, tels les pays nordiques et l'Irlande, résistent à la tentation de se reposer sur leurs lauriers. Ils savent que, pour maintenir leurs performances à l'avenir, ils doivent poursuivre les réformes.

En deuxième lieu, les grandes économies dont le succès est particulièrement important pour la création de la prospérité ailleurs dans l'Union - France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie et Espagne - ont toutes progressé, bien que partant de niveaux différents et se trouvant à des stades de mise en œuvre différents.

En troisième lieu, si la plupart des États membres qui ont rejoint l'Union en 2004 ont encore beaucoup à faire pour rattraper le niveau des autres États membres, ils progressent également, ce dont témoigne la hausse du niveau de vie, même si le rythme varie.

Quels États membres sont les mauvais élèves?

Le mérite de tous les États membres doit être salué pour avoir réalisé des progrès, souvent dans des circonstances politiques difficiles. Il ne serait ni juste ni utile de montrer du doigt tel ou tel État membre et de lui reprocher son retard. Mais, comme les années précédentes, l'ampleur et le rythme des réformes sont très disparates. Il importe à terme de réduire cet écart car toutes nos économies sont interdépendantes. La prospérité de l'une engendre la prospérité des autres. Nous sommes en bonne voie pour arriver progressivement à une situation dans laquelle chaque État membre exploite pleinement son potentiel, mais la route est encore longue.

Des progrès ont-ils été enregistrés en ce qui concerne la contribution des fonds communautaires régionaux à la réalisation des objectifs de Lisbonne?

Oui. Les programmes analysés aux fins de la communication intitulée «Les régions concrétisent la stratégie de Lisbonne à travers la politique d'innovation et de cohésion 2007-2013», qui fait partie intégrante du paquet, constituent une déclaration d'intention encourageante: les régions en retard de développement (objectif de convergence) prévoient d'investir 65 % des fonds mis à leur disposition dans des priorités liées aux objectifs de Lisbonne, tandis que pour les autres régions (objectifs de compétitivité régionale et d'emploi), la proportion monte à 82 %, les objectifs fixés étant dépassés dans les deux cas. L'innovation est un thème majeur, qui figure en bonne place dans les programmes relevant de la politique de cohésion. Maintenir l'élan imprimé dans la réflexion sur l'innovation est un objectif clé.

Que se passera-t-il après la publication du rapport stratégique?

Comme d'habitude, le rapport sera soumis aux dirigeants européens lors du Conseil européen de printemps, qui adoptera des conclusions sur la voie à suivre. Le Conseil européen est invité à approuver les recommandations par pays et les lignes directrices intégrées réaffirmées, qui seront alors formellement adoptées par le Conseil. La stratégie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi s'articule autour du concept de partenariat, l'idée étant que, pour relever les défis communs, chaque niveau doit jouer pleinement son rôle. En conséquence, les actions proposées dans le rapport devront être mises en œuvre tant par les États membres qu'au niveau communautaire, où le nouveau programme communautaire de Lisbonne reflète déjà cette nécessité.

Les prochains rapports de mise en œuvre seront élaborés par les États membres d'ici à octobre 2008. La Commission présentera son rapport annuel de suivi 2008 vers la fin de l'année prochaine.

Deuxième partie: contexte

Qu'est-ce que la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi?

La stratégie de Lisbonne de l'Union européenne, initialement approuvée en 2000 pour moderniser l'Europe, a été relancée en 2005 en mettant plus clairement l'accent sur la croissance et l'emploi. Elle est fondée sur un consensus entre les États membres et s'articule autour de cycles de trois ans. Elle contribue aujourd'hui fortement au redressement économique en cours en Europe.

Si l'UE met en œuvre aujourd'hui les réformes économiques adéquates, elle peut assurer à l'Europe un avenir à la fois prospère, équitable et durable du point de vue environnemental. Elle peut garantir que nos économies soient bien positionnées pour tirer parti des possibilités offertes par la mondialisation. Elle peut placer l'Europe dans une position favorable pour affronter les changements démographiques qui se profilent et qui se caractériseront par un vieillissement de la population et une diminution du nombre de personnes en âge de travailler.

Comment fonctionne la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi?

La stratégie repose sur un partenariat étroit, dans lequel les responsabilités sont clairement réparties et un fort accent est mis sur la recherche de synergies maximales entre la Communauté et les niveaux nationaux, ainsi qu'entre les différents domaines de la politique économique. Les États membres mènent des réformes à l'échelon national, fondées sur les programmes nationaux de réforme présentés en 2006 et sur des orientations politiques («lignes directrices intégrées») convenues collectivement par tous les États membres en 2005, dont la révision est prévue en 2008. Ces programmes nationaux de réforme couvrent une période de trois ans.

Chaque année, les États membres présentent un rapport sur l'état de mise en œuvre de leur programme national de réforme. Les derniers de ces rapports ont été transmis en octobre 2007.

Tous les États membres ont désigné des coordinateurs de Lisbonne («Monsieur ou Madame Lisbonne») chargés de promouvoir la stratégie dans leurs États membres respectifs et de mobiliser les parties prenantes en vue de sa mise en œuvre. La Commission assure l'assistance, le suivi et l'évaluation de ce processus de réforme au niveau national.

En parallèle, un programme de réforme au niveau européen – le programme communautaire de Lisbonne – est mis en œuvre.

Par ailleurs, le Conseil européen du printemps 2006 a fixé quatre domaines d'action prioritaires qui constituent les piliers de la stratégie renouvelée (connaissance et innovation, libération du potentiel des entreprises, investissement dans le capital humain et modernisation des marchés du travail, énergie/changement climatique).

Il a aussi convenu d'un certain nombre de mesures, permettant notamment la création d'une entreprise en une semaine ou moins n'importe où en Europe. La concrétisation de ces mesures a bien progressé.

En mars 2007, le Conseil européen de printemps a pris une nouvelle mesure importante, en approuvant pour la première fois des recommandations par pays (proposées par la Commission dans son rapport de suivi 2006). Ces recommandations sont conformes au traité. En les approuvant, les États membres ont collectivement approuvé ce que chacun devait faire. L'appréciation, par la Commission, des progrès accomplis au niveau national (cette année et les suivantes) porte essentiellement sur la mise en œuvre de ces recommandations, ainsi que sur les mesures prises en ce qui concerne les autres «points à surveiller» énoncés dans les chapitres par pays.

Quelle est la structure du rapport de cette année? De quoi se compose le paquet?

La première partie du rapport au Conseil européen du printemps 2008 énonce les propositions formulées par la Commission pour la poursuite de la stratégie de Lisbonne au cours des trois prochaines années.

La deuxième partie consiste en une appréciation des progrès accomplis par chaque État membre (et par la zone euro) dans la mise en œuvre de son programme national de réforme (PNR) et des recommandations par pays adoptées par le Conseil.

Pour élaborer son rapport stratégique, la Commission s'est appuyée sur son appréciation des rapports de mise en œuvre des États membres de l'automne 2007, sur son suivi global des progrès réalisés et sur des contacts bilatéraux avec les États membres, ainsi que sur son propre examen des progrès accomplis dans le cadre du programme communautaire de Lisbonne.

Les progrès réalisés dans chaque domaine stratégique sont évalués de manière détaillée dans un document d'accompagnement. Le paquet «Lisbonne» comporte en outre:

  • une proposition visant à actualiser les recommandations par pays et les «points à surveiller» adoptés par le Conseil en mai 2007;
  • une proposition de recommandation du Conseil visant à réaffirmer les lignes directrices intégrées pour la croissance et l'emploi pour le prochain cycle de trois ans;
  • un programme communautaire de Lisbonne renouvelé, concernant les actions à mener au niveau européen en faveur de la croissance et de l'emploi, plus clairement axé sur les quatre domaines prioritaires convenus en 2006: l'investissement dans le capital humain et la modernisation des marchés du travail; l'amélioration de l'environnement des entreprises, en particulier des PME; la connaissance (éducation, recherche, innovation); l'énergie et le changement climatique;
  • une analyse de la réorientation des fonds structurels vers la croissance et l'emploi.

Pourquoi le rapport de cette année est-il un «rapport stratégique» et non un «rapport annuel de suivi» comme les années précédentes? Quelles sont les différences par rapport à l'année dernière?

Le rapport de cette année marque le passage à un nouveau cycle dans la mise en œuvre de la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi, qui couvre la période 2008-2010. Il fait donc le point sur les progrès réalisés en trois ans, il tire des leçons et propose des lignes d'action pour les prochaines années – en d’autres termes, il comporte un volet stratégique renforcé. Il contient également des propositions visant à réaffirmer les lignes directrices intégrées – qui ont bien fonctionné en tant que principaux moteurs de l’action – et à modifier le texte accompagnant ces lignes directrices, le but étant de mettre à jour la stratégie à la lumière de l’expérience acquise et d’être réactif face à l’évolution de la situation.

Le rapport de cette année se différencie également par l’ajout des évaluations concernant la Bulgarie et la Roumanie et par l’inclusion d’un programme communautaire de Lisbonne renouvelé.

Quels sont les principaux résultats obtenus à ce jour au titre du programme communautaire de Lisbonne?

Le premier programme communautaire de Lisbonne pour la période 2005-2008 a donné des résultats appréciables. Ainsi, des progrès significatifs ont été réalisés concernant l’amélioration du cadre juridique du marché unique, grâce à l'adoption de la directive sur les services et à la mise en œuvre du plan d’action pour les services financiers. La Commission a également réussi à développer son programme en vue d’une meilleure réglementation afin de réduire les coûts superflus et de supprimer les entraves à l’innovation.

Les fonds communautaires consacrés à la croissance et à l’emploi ont été sensiblement augmentés. Le nouveau cadre réglementaire des programmes relatifs à la politique de cohésion permettra de consacrer quelque 210 milliards d’euros aux investissements dans la croissance et l’emploi entre 2007 et 2013, soit une augmentation de 25 % par rapport à la période 2000-2006. Au total, 87 des 102 actions annoncées dans le programme communautaire de Lisbonne 2005 avaient été mises en œuvre à la mi-2007.

Comment peut-on évaluer la performance des "nouveaux" et des "anciens" États membres, des grands et des petits, selon les mêmes critères?

Ce n'est pas possible et nous n'avons pas essayé. Nous reconnaissons que tous les États membres partent d'un point différent et ont des traditions différentes. Nous n'évaluons pas leurs performances économiques actuelles en tant que telles, mais leur progrès vers la mise en œuvre et le renforcement de leurs programmes nationaux de réforme, en d'autres termes, la manière dont ils se préparent à l'avenir pour saisir les opportunités offertes par la mondialisation et relever les défis liés au vieillissement de la population. L’évaluation de chaque État membre repose donc sur la mise en œuvre de son programme national de réforme.

Y a-t-il une corrélation entre le nombre de recommandations et la manière dont la Commission apprécie l’action d’un État membre donné?

Il est clair que la Commission ne formule de recommandations que si elle estime qu'un important défi existe et que l'État membre doit déployer davantage d'efforts pour relever ce défi. S’il y a plusieurs recommandations, cela signifie donc qu'il y a plusieurs défis importants. Mais il n'y a pas nécessairement une corrélation directe entre le nombre de recommandations et le niveau de progrès général.

Même pour les États membres n'ayant pas fait l'objet de recommandations, la Commission souligne les domaines dans lesquels un effort particulier s'impose et qui, en conséquence, pourraient faire l'objet d'une recommandation future. Un État membre visé par une recommandation dans un domaine particulier pourrait devoir réagir d'urgence pour ne pas freiner les progrès réalisés dans d'autres domaines. Et même si un État membre visé par plusieurs recommandations est appelé à relever une série de défis difficiles, il peut aussi avoir de bons résultats dans d'autres domaines. Les «chapitres nationaux» identifient les points forts de chaque programme national.

Beaucoup de gens ne connaissent pas la stratégie de Lisbonne. Que peut-on faire pour que cela change?

La Commission poursuivra ses efforts pour, directement ou en collaboration avec les parties intéressées, faire passer le message au plus grand nombre que la stratégie pour la croissance et l'emploi véhicule une vision positive de perspectives plus larges et non une vision d'échec, de dépression et d'austérité.

Pour y parvenir, il est toutefois essentiel que les États membres redoublent également d’efforts pour informer les acteurs et les citoyens de l’importance que revêt la stratégie pour la croissance et l’emploi et, en particulier, pour démontrer que compte tenu de l’interdépendance des économies européennes, le succès des réformes entreprises dans un État membres contribue à la prospérité de tous. Tous les États membres, même ceux qui sont déjà aux avant-postes de la réforme, ont tout intérêt à ce que la stratégie porte ses fruits.

Dans le cadre de la mise en œuvre de l’initiative «Communiquer sur l’Europe en partenariat» (voir IP/07/1435) et en favorisant notamment les partenariats de gestion volontaires avec les États membres qui le souhaitent, la Commission encouragera les États membres à accorder une très grande priorité à la stratégie pour la croissance et l’emploi. Elle fera de même dans son travail avec d’autres institutions de l’UE, notamment le Parlement européen, le Comité économique et social et le Comité des régions.

Elle continuera également à privilégier la consultation, l’appropriation et la communication dans l’évaluation des progrès au niveau national. Cet aspect est abordé dans chaque chapitre national.

Pourquoi la stratégie se concentre-t-elle maintenant plus clairement sur la croissance et l'emploi?

La croissance en elle-même n'est pas une fin en soi mais c'est une condition préalable au maintien et à l'amélioration de la prospérité en Europe et donc à la préservation et à l'amélioration de nos modèles sociaux.

La croissance doit être durable. Si, à court terme, la protection de l'environnement a parfois un coût, à long terme, les coûts que nous aurons à supporter faute de nous être attaqués à des problèmes d'environnement comme les changements climatiques seront bien plus élevés.

Nous devons créer davantage d'emplois pour deux raisons: d'une part, parce que la vie d'un trop grand nombre est encore gâchée par le chômage et, d’autre part, parce que l’augmentation du nombre d'actifs sera la seule manière pour nous d'être certains que nos sociétés pourront absorber les changements démographiques qui s'annoncent. Le vieillissement de la population augmente les coûts liés aux retraites et les dépenses de santé, et ceux-ci ne peuvent être financés que par la population active.

En un mot, quelles sont les principales étapes pour créer davantage de croissance et d'emploi en Europe?

Il s'agit d'un puzzle qui comporte un grand nombre de pièces. C'est l'ensemble du dosage des politiques qui compte. Nous devons faire de l’Europe une économie prospère et sobre en carbone.

Cela passe par la viabilité budgétaire, une meilleure réglementation et des systèmes fiscaux et sociaux adéquats. Nous devons améliorer l'éducation et la formation pour permettre à davantage de personnes de réaliser pleinement leur potentiel, dans leur propre intérêt et dans celui de l'ensemble de la société. Nous devons aussi investir dans la recherche pour conserver notre avantage comparatif par rapport aux régions avec lesquelles nous sommes en concurrence.

Il nous faut plus de concurrence pour être sûrs que notre recherche débouche sur des innovations véritables, alors que nos entreprises se battent pour conserver la tête sur des marchés hautement compétitifs. Nous devons faire en sorte que notre économie s'adapte plus facilement aux changements et offre une plus grande résistance aux chocs extérieurs. Cette nécessité a encore été soulignée par la hausse récente des prix des matières premières et par l’instabilité des marchés financiers mondiaux.

Nous avons besoin de plus d'actifs de tout âge pour financer nos dépenses sociales à mesure que notre population vieillit. Nous devons consommer l'énergie de façon plus efficace et plus durable et mieux négocier avec les pays qui nous en fournissent. Nous devons nous attaquer aux changements climatiques sur le plan national et agir à l’échelon mondial pour nous assurer que les responsabilités à cet égard sont assumées au niveau planétaire.

Tout cela nécessite des réformes tant au niveau européen que national.

Quelles sont les principaux objectifs de la stratégie pour la croissance et l'emploi?

Avant la relance de la stratégie en 2005, celle-ci comportait trop d'objectifs disparates. Bien que les États membres soient encouragés à fixer leurs propres objectifs dans plusieurs domaines, nous disposons à présent d'un processus simplifié et rationalisé qui ne comporte plus que deux grands objectifs communautaires: un taux d'investissement dans la recherche et le développement égal à 3 % du PIB européen d'ici 2010 et un taux d’emploi (la proportion de la population européenne en âge de travailler qui occupe un emploi) de 70 % à la même date.

Naturellement, ce ne sont pas là les seuls enjeux, mais atteindre ces deux objectifs est absolument indispensable si nous voulons préparer nos économies à la mondialisation.

Des progrès ont déjà été constatés dans la réalisation de ces deux objectifs. Tous les États membres ont fixé des objectifs ambitieux en matière de R&D et la plupart d’entre eux ont entrepris des réformes importantes pour y parvenir. Si tous ces objectifs sont atteints, l'UE enregistrera un niveau de R&D égal à 2,6 % du PIB en 2010 (contre 1,9 % en 2005). Il s’agirait d’une avancée considérable, même si l’objectif principal de l’UE de 3 % (le secteur privé contribuant pour 2 %) ne serait atteint que plus tard.

Le taux d’emploi devrait être porté à environ 66 % en 2008, contre 63 % en 2004. Bien qu’il nous reste encore des efforts à fournir pour atteindre l’objectif ambitieux des 70 % d’ici 2010, il s’agirait toutefois d’un pas en avant important.

La gestion de la stratégie a-t-elle toujours fonctionné ainsi ?

Non. La stratégie a été relancée en 2005. Le système antérieur était plus compliqué avec une myriade de cibles différentes et de structures de soumission de rapports ainsi que des synergies moindres entre les différentes parties. Si certains progrès ont été réalisés, les résultats d'ensemble n'ont pas été pleinement satisfaisants. C'est pourquoi la Commission a proposé une relance de la stratégie fondée principalement sur les recommandations d'un examen à mi-parcours réalisé par l'ancien premier ministre néerlandais M. Wim Kok. Les dirigeants de l'UE ont approuvé cette proposition lors du Conseil européen de printemps 2005.

Pourquoi avons-nous besoin d'une stratégie européenne alors qu'une bonne partie des mesures requises doivent être prises au niveau national ?

Nos économies sont interdépendantes. La prospérité d'un État membre engendre la prospérité des autres. L'apathie d'un État membre freine les autres. Les Européens doivent donc travailler la main dans la main pour réaliser les réformes économiques en appliquant les mêmes mesures politiques quand celles-ci sont efficaces.

En outre, les politiques nationales seules ne sont pas suffisantes pour que la stratégie pour la croissance et l'emploi produise ses effets. Les politiques de l'UE sont également au centre de la stratégie. C'est ainsi, par exemple, que toute une série d'éléments sont fondamentaux pour construire la société prospère et moderne qui est le but ultime de la stratégie de Lisbonne : un marché intérieur efficace, une politique adéquate en matière de commerce extérieur, la mise à jour et le respect de la législation communautaire dans le domaine de la concurrence, des programmes de recherche européens bien ciblés, l'utilisation efficace des fonds structurels et de cohésion de l'UE et la mise en œuvre de la politique communautaire de l'environnement. Le programme communautaire de Lisbonne expose les priorités au niveau de l'UE pour les trois prochaines années.

Quel est le rôle joué par la Commission dans la gouvernance de la stratégie ?

En premier lieu, la Commission propose les lignes directrices intégrées pour les réformes à mener. Quand elles ont été approuvées par le Conseil, ces lignes directrices constituent la base des programmes nationaux de réforme des États membres.

Deuxièmement, dans son rapport annuel de suivi, la Commission évalue le contenu et la mise en oeuvre des programmes nationaux de réforme, permettant ainsi aux parties prenantes et aux citoyens de connaître le stade atteint par chaque État membre.

Troisièmement, la Commission travaille en permanence avec les États membres pour les aider à échanger leurs expériences, à apprendre les uns des autres ainsi qu'à appliquer, mettre à jour et améliorer leurs programmes nationaux de réforme, en tenant compte des forces et des faiblesses identifiées dans le rapport annuel de suivi. Ce rôle de catalyseur pour l'apprentissage mutuel, qui aboutit à un consensus alimentant à la fois les politiques nationales et la politique européenne, n'est parfois pas très visible mais il est au centre des travaux de la Commission depuis que la Communauté européenne existe.

Enfin, et ce n'est pas la moindre des choses, en faisant avancer le programme communautaire de Lisbonne, la Commission garantit que l'élaboration de politiques et les activités de financement au niveau européen servent au mieux les objectifs en matière de croissance et d'emploi.

Quel est le lien entre la stratégie pour la croissance et l'emploi et les Fonds structurels ?

Ce lien est très étroit et l'inclusion, dans le paquet «rapport stratégique» de cette année, de la communication intitulée «Les régions concrétisent la stratégie de Lisbonne à travers la politique d'innovation et de cohésion 2007-2013» le démontre clairement. Cette communication évalue la mesure dans laquelle les nouveaux programmes relevant de la politique de cohésion visent à faire avancer la mise en oeuvre de la stratégie de Lisbonne renouvelée, notamment par le respect d'un engagement à affecter des fonds à la croissance et à l'emploi.

Ces fonds seront dépensés au sein du marché unique pour acheter des travaux, des biens et des services auprès de tous les États membres de l'UE. La démarche profitera à tous les États membres et pas uniquement à ceux qui reçoivent directement les montants les plus élevés des Fonds structurels.

La Commission continue à encourager les États membres à veiller à ce que les aspects régionaux soient pleinement pris en compte dans les programmes nationaux de réforme et à ce que les régions soient consultées au sujet de l'élaboration des programmes. Il en est effectivement ainsi dans la plupart des États membres.

L'UE conserve-t-elle son objectif de devenir l'économie basée sur la connaissance la plus compétitive au monde d'ici 2010 ?

L'objectif premier est de parvenir d'ici à 2010 à un rythme élevé de croissance annuelle durable et à un faible taux de chômage. Si, par exemple, les États-Unis devaient faire mieux, cela ne signifiera pas que la stratégie de l'UE a échoué. Au contraire, ce sera plutôt une bonne nouvelle pour nous tous. Néanmoins, il est essentiel qu'en matière de compétitivité, l'Europe comble le fossé qui la sépare des États-Unis, un objectif qui va de pair avec celui de mettre l'Europe dans les conditions lui permettant de tirer parti de la mondialisation.

Il importe en définitive que les Européens puissent sauvegarder et accroître leur qualité de vie ainsi que celle de leurs enfants et petits-enfants, à l'ère de la mondialisation, des changements démographiques et des défis de l'environnement. Telle est en définitive la raison d'être de la stratégie de Lisbonne. Une stratégie qui s'avère aujourd'hui payante.


Side Bar