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Commission européenne - Communiqué de presse

L'Union européenne et les Nations unies unissent leurs forces dans le cadre de l'initiative «Spotlight» pour mettre fin au féminicide en Amérique Latine

New York, le 27 septembre 2018

L'Union européenne et les Nations unies annoncent aujourd'hui une contribution financière de 50 millions d'euros visant à éliminer le féminicide en Amérique latine.

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En Amérique latine, le féminicide coûte, chaque jour, la vie à 12 femmes.

L'investissement de 50 millions d'euros annoncé aujourd'hui permettra à l'initiative «Spotlight» de l'Union européenne et des Nations unies de financer des programmes nouveaux et innovants en Argentine, à El Salvador, au Guatemala, au Honduras et au Mexique, afin d'aider les femmes et les filles à mener une existence sans violence et d'éradiquer le féminicide en Amérique latine

«Mettre un terme à la violence à l'égard des femmes et des filles est au premier rang de nos priorités. Avec l'initiative Spotlight nous disposons d'une coalition mondiale autour de cet objectif et nous mobilisons tous les efforts et engageons toutes les actions disponibles pour éduquer, sensibiliser, organiser la prévention et rendre la justice», a déclaré à cette occasion la haute représentante/vice-présidente, Mme Federica Mogherini. «Nous voulons faire en sorte que les femmes et les filles n'aient jamais à vivre à nouveau dans la peur, que ce soit en Amérique latine, en Europe ou ailleurs dans le monde».

Mme Amina J. Mohammed, vice-secrétaire générale des Nations unies, a quant à elle indiqué: «Il est essentiel de remédier au problème du féminicide globalement sous chacun de ces différents angles, pour obtenir des résultats satisfaisants et durables. «Aucune femme ne devrait mourir parce qu'elle est une femme».

«Tuer une femme parce qu'elle est une femme est le crime le plus odieux que l'on puisse concevoir», a déclaré le commissaire européen chargé de la coopération internationale et du développement, M. Neven Mimica. «Nous œuvrerons avec les gouvernements et d'autres partenaires afin de remédier aux causes profondes des féminicides, souvent liées à des attitudes patriarcales, à la misogynie, au sexisme et à la réification des femmes.»

«Les violences sexistes sévissent dans tous les pays sans exception et touchent les femmes et les filles où qu'elles soient», a déclaré la directrice exécutive d'ONU-Femmes, Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka. «Avec l'initiative Spotlight, l'Union européenne et les Nations unies s'efforcent de galvaniser une vaste collaboration menée dans un objectif précis, associant les agences des Nations unies, les partenaires de la société civile et les gouvernements, de sorte à mettre fin une fois pour toutes aux violences faites aux femmes et aux filles».

Les nouveaux programmes combleront les lacunes législatives et politiques, renforceront les institutions, encourageront des attitudes respectueuses de l'égalité entre les sexes, fourniront des services de qualité aux survivantes et verseront des réparations aux victimes de violences et à leur famille.

L'initiative «Spotlight» permettra une collaboration étroite avec la société civile, les agences des Nations unies et les gouvernements des cinq pays bénéficiaires du programme, afin d'assurer des interventions complètes de haute qualité grâce auxquelles des femmes et des filles pourront avoir la vie sauve. Il s'agira tout particulièrement de tendre la main aux femmes et aux filles qui risquent le plus de subir des violences, et que les programmes traditionnels n'atteignent pas, et de ne laisser personne de côté.

L'Amérique latine compte 14 des 25 pays où sont enregistrés les taux les plus élevés de féminicide dans le monde. En 2016, 254 femmes et filles ont été tuées en Argentine, 349 à El Salvador, 211 au Guatemala, 466 au Honduras et 2 813 au Mexique.

Contexte

L'initiative «Spotlight» est un partenariat mondial pluriannuel entre l'Union européenne et les Nations unies, qui vise à éliminer toutes les formes de violence à l'égard des femmes et des filles. Avec un financement d'amorçage de 500 millions d'euros de la part de l'Union européenne, cette initiative constitue un effort d'investissement sans précédent de la communauté internationale dans des mesures promouvant l'égalité entre les femmes et les hommes ainsi que l'autonomisation des femmes en tant que condition préalable et moteur de la réalisation des objectifs de développement durable.

Dans le cadre du programme de développement durable à l'horizon 2030, adopté lors de l'Assemblée générale des Nations unies en septembre 2015, les gouvernements du monde entier se sont engagés à lutter contre toutes les inégalités et contre toutes les formes de discrimination. Le programme à l'horizon 2030 s'engage à «ne laisser personne de côté», engagement selon lequel un objectif ne sera considéré comme atteint que s'il est rempli pour toutes les composantes de la société, pour tout un chacun, partout dans le monde, y compris pour les plus défavorisés. Cela concerne aussi malheureusement des millions de femmes et de filles qui souffrent encore quotidiennement en silence de différentes formes de violence et d'abus.

La violence à l'égard des femmes et des filles

La violence à l'égard des femmes et des filles est l'une des conséquences les plus généralisées de l'inégalité. Enracinée dans l'inégalité entre les sexes et dans les rapports de force, elle constitue une forme répandue de discrimination se manifestant sous de multiples formes dans les sphères publique et privée. Les femmes et les filles sont soumises à la violence de façon disproportionnée, laquelle recouvre notamment le féminicide, la violence sexuelle, la violence entre partenaires intimes, la traite des êtres humains et les pratiques préjudiciables. La violence à l'égard des femmes et des filles est une violation des droits de l'homme perpétrée à des niveaux alarmants, tous pays et toutes générations confondus.

Pour les femmes et les filles qui sont confrontées à des formes de discrimination multiples et croisées, le risque de subir des violences est encore plus grand, tandis que les solutions et les systèmes de soutien ne sont souvent pas disponibles, pas acceptables ou pas accessibles, voire ne répondent pas à des normes de qualité. Il arrive, par exemple, que les femmes et les jeunes filles, à certaines étapes de la vie (les adolescentes et les femmes plus âgées), ne soient pas prises en compte dans les statistiques ni dans l'élaboration des lois, des politiques et des programmes. Les migrantes, les réfugiées et les personnes déplacées à l'intérieur d'un pays peuvent ne pas bénéficier d'une reconnaissance officielle de l'État. Ce sont le plus souvent les femmes autochtones et celles qui sont issues de minorités ethniques, raciales et sexuelles qui se heurtent à certains des plus hauts niveaux de discrimination, que ce soit au plan social, politique ou économique. De même, les femmes et les filles souffrant d'un handicap, celles qui vivent dans les zones rurales, notamment, cumulent les inégalités et sont confrontées à des situations qui les désavantagent à de multiples égards, ce qui explique comment et pourquoi certains groupes sont systématiquement laissés pour compte.

Pour en savoir plus

L'initiative «Spotlight» de l'UE et des Nations unies

MEMO Q&R

Stratégie globale pour la politique étrangère et de sécurité de l'Union européenne

Le nouveau consensus européen pour le développement - «Notre monde, notre dignité, notre avenir»

Plan d'action II de l'UE sur l'égalité des sexes 2016-2020

IP/18/5906

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