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CES/06/89

Bruxelles, le 18 septembre 2006

La diversification de sa combinaison énergétique est un objectif stratégique essentiel pour l'Europe

Dans l’avis exploratoire adopté à une large majorité au cours de la session plénière de septembre, le Comité économique et social européen (CESE) a appelé à diversifier la combinaison énergétique en vue de répondre de manière optimale aux objectifs économiques, de sécurité de l'approvisionnement et de lutte contre les changements climatiques. Il plaide en faveur d’une approche équilibrée des choix énergétiques qui devront être faits et conclut que l’ensemble des sources d’énergie, des technologies et des modes d’utilisation potentiels auront un rôle à jouer pour relever les défis énergétiques futurs. Toutes les options doivent donc demeurer ouvertes. S’agissant de ces objectifs, les sources d'énergie et les technologies présentent des avantages et des inconvénients qu’il importe de prendre en considération d'une manière ouverte et équilibrée.

Cet avis exploratoire, préparé sur la base d’une demande du Commissaire Piebalgs en date du 29 août 2005, résume et approfondit l’analyse réalisée dans le cadre de divers avis traitant de questions spécifiques de la politique énergétique de l’Union.

La dépendance de l'UE vis-à-vis de fournisseurs énergétiques externes constitue une préoccupation majeure et devrait s’accroître de façon spectaculaire dans un avenir proche. Une dépendance excessive vis-à-vis d'un nombre limité de sources d’énergie comme le pétrole et le gaz naturel peut générer des problèmes politiques, économiques et techniques, notamment quand l’approvisionnement provient de régions politiquement instables.

Mme Sirkeinen (Groupe I, Employeurs, Finlande), rapporteuse du groupe d’étude qui a élaboré l’avis, a déclaré: "L'efficacité énergétique est la première réponse à apporter aux défis politiques dans le domaine de l’énergie. En effet, améliorer l'efficacité va dans le sens de tous les objectifs politiques en matière énergétique, à savoir la compétitivité, la sécurité de l'approvisionnement et la lutte contre les changements climatiques".

Les sources d'énergie renouvelables recèlent encore un immense potentiel dans l'UE et requièrent un soutien spécialement adapté. Cependant, à supposer qu’on atteigne enfin l'objectif proposé par le Parlement européen en matière d’utilisation des énergies renouvelables, à savoir 20% en 2020, il est peu probable que ces sources d'énergie parviennent à remplacer totalement les combustibles fossiles et l’énergie nucléaire dans un avenir proche. Pour cette raison, même dans l’hypothèse la plus optimiste d’économies d’énergie considérables et d’une utilisation très dynamique des sources d’énergie renouvelables, toutes les options doivent demeurer ouvertes.

Les sources d’énergie traditionnelles comme le gaz naturel, le pétrole, le charbon et le nucléaire continueront à jouer un rôle essentiel dans la future combinaison énergétique. Il faut répondre aux inquiétudes concernant la sécurité nucléaire, le déclassement des unités nucléaires et le combustible usagé afin de poursuivre l’utilisation de cette technologie, voire de l'étendre, étant donné ses avantages sur le plan de la lutte contre les changements climatiques, ainsi que la faible dépendance économique vis-à-vis des tiers et la stabilité des coûts qui la caractérisent. Les divers scénarios envisagés montrent que, dans un avenir proche, le remplacement éventuel de l'énergie nucléaire conduirait inévitablement à accroître l'utilisation des combustibles fossiles. Il faut dès lors soutenir l’amélioration constante de la sécurité nucléaire et la mise en place de solutions réelles et concrètes aux problèmes soulevés par le combustible usagé.

L'utilisation du gaz naturel a augmenté et continue d'augmenter pour des raisons liées au marché mais également à des choix politiques. Il est désormais évident que cette tendance deviendra problématique si elle se poursuit. Dans la combinaison énergétique, les combustibles plus rares et plus polyvalents que sont le gaz naturel et le pétrole devraient dès lors être utilisés essentiellement comme carburants pour les transports ou comme matières premières pour l'industrie chimique. Si l'on veut trouver des solutions permettant de conserver, voire d'augmenter la part du gaz dans la combinaison énergétique, il convient de favoriser les investissements dans les terminaux de gaz naturel liquide pour diversifier les sources d'approvisionnement en gaz, et de développer des mesures et des infrastructures pour le stockage du gaz. Parmi les sources d'énergie citées précédemment, les réserves de charbon - y compris sous forme liquéfiée et gazeuse - sont de loin les plus importantes. Recourir davantage aux réserves considérables de charbon dont dispose l’Europe permettrait d’atténuer la dépendance vis-à-vis de tiers. Il convient de s'engager sérieusement en faveur des technologies du charbon propre, en améliorant l'efficacité des centrales électriques et les applications commerciales des technologies de piégeage et de stockage du carbone. Il importe par ailleurs de veiller à investir suffisamment dans la production et la transmission de l'énergie. Les contrats à long terme pourraient constituer un instrument appréciable, dans les limites fixées par la nécessité d'avoir une concurrence suffisante.

Dans le domaine des transports, une série de mesures telles que des carburants de substitution, une planification intelligente des transports, des véhicules hybrides, des modes de transport alternatifs, contribueront à une meilleure réalisation des objectifs fixés par les politiques énergétiques.

Mme Sirkeinen a ajouté: "Compte tenu de l’évolution actuelle, une meilleure coordination des politiques énergétiques au niveau de l'UE contribuerait à améliorer notre capacité à réagir face aux problèmes internes et externes. Pour des raisons liées tant à l’environnement qu’à la compétitivité, il est indispensable de trouver une solution globale pour les politiques de lutte contre les changements climatiques à mener dans "l'après Kyoto", et, en tout état de cause, que les principaux responsables des émissions y participent".

Il est fortement recommandé d’intensifier les efforts de recherche et développement ainsi que le soutien de l'UE à la recherche et au développement en matière d'énergie pour qu’ils soient à la hauteur de l’importance de l'énergie pour la société et de la taille des enjeux qu’elle implique. De nombreuses technologies renouvelables et d’efficacité énergétique ont besoin d'être développées plus ingénieusement afin que leur coût soit réduit. Un important travail de recherche et de développement fondamental et à long terme est nécessaire pour concrétiser la vision d'une ère énergétique où coexisteraient les énergies renouvelables, la fusion nucléaire et la filière hydrogène. Dans l'intervalle, il convient de favoriser et d'encourager aussi les autres perspectives porteuses d'avenir.

Pour de plus amples détails, vous pouvez contacter:
Karel Govaert ou Christian Weger au service de presse du CESE,
99 rue Belliard, B-1040 Bruxelles
Téléphone: +32 2 546 9396/9586; portable: +32 475 75 32 02
Mél: press@eesc.europa.eu
Site Internet: http://www.eesc.europa.eu/
Communiqués de presse:
Le Comité économique et social européen assure la représentation des différentes composantes socio-économiques de la société civile organisée. Il constitue un organe consultatif institutionnel, établi en 1957 par le traité de Rome. Grâce à sa mission de consultation, ses membres, et donc les organisations qu'ils représentent, peuvent participer au processus décisionnel de l'Union européenne. Il compte 317 membres, nommés par le Conseil.


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