Portail européen de la jeunesse
Informations et possibilités pour les jeunes en Europe

Conférence Jeunesse de l’UE : Rencontre avec la délégation française

Pourquoi participer à la conférence jeunesse européenne

Du 13 au 15 octobre 2014, Anna et Bérénice étaient à Rome pour discuter de la participation politique des jeunes et de leur accès aux droits avec les décideurs politiques. De retour en France, elles font l’état des lieux de cette conférence

Entretien avec deux membres de la délégation française : Anna Scellier, Vice-Présidente en charge des affaires internationales à la FAGE, représentait le Forum Français de la Jeunesse (FFJ) et Bérénice Jond, Présidente du réseau d’associations étudiantes Animafac, représentait le CNAJEP.

 

Quel était l’objectif de cette Conférence Jeunesse ?

Anna : Cet événement pour la jeunesse européenne s’inscrit dans le 4ème cycle du dialogue structuré avec un objectif double :

  • Faire émerger des recommandations visant à formuler les questions portant sur les droits des jeunes
  • Définir le cadre de travail pour la consultation sur l’« Empowerment des jeunes pour la participation politique »

 

Comment avez-vous été amenées à participer à cette conférence ?

Bérénice : Le CNAJEP et le FFJ travaillent ensemble et nous essayons tant que faire se peut d’avoir des représentations partagées lors des interventions. Un appel a été passé au FFJ et Anna a été sélectionnée, quant à moi je fais partie du groupe de travail « Europe-International » du CNAJEP pour Animafac et représente le CNAJEP au Forum Européen de la Jeunesse (EYF).

 

Aviez-vous déjà assisté à une Conférence Jeunesse ou à d’autres rencontres nationales/régionales ?

B : Non, mais j’avais déjà participé à l’Agorajep nationale l’an dernier et à une conférence sur l’évaluation du processus du dialogue structuré à Bruxelles.

A : C’était aussi la première fois pour moi car je venais de prendre mon mandat à la FAGE au moment de la conférence.

 

Vous êtes deux jeunes engagées. Un jeune novice peut-il participer aux Conférences Jeunesse de l’UE ?

B : Pour cette conférence, c’était particulier car il n’y a pas eu de consultation en amont. Mais en général, ça dépend du pays. Certains organisent des concours parmi les jeunes consultés pour qu’un ou deux jeunes puissent assister à la conférence. En France, le CNAJEP souhaite que, pour chaque Conférence Jeunesse, il y ait trois représentants dont une nouvelle personne. Cela permet de conserver une continuité dans le processus tout en impliquant d’autres jeunes, pas forcément sensibilisés ou engagés dans la vie politique.

 

Comment le dialogue structuré évolue t-il en France ?

B : Jusqu’à présent, les consultations du CNAJEP s’adressaient uniquement à des organisations membres. Désormais, la consultation sera double : les propositions des jeunes seront recueillies à même titre que celles des organisations de jeunesse. On prévoit aussi d’ouvrir le groupe de travail national à plus d’acteurs et de collaborer davantage entre les groupes de travail « Politique Jeunesse » et « Europe International ».

 

Quels étaient les temps forts de cette conférence ?

A : Nous avons participé à une plénière avec certains acteurs politiques et à plusieurs ateliers en accord avec les thèmes de la conférence. Pour l’Accès des jeunes aux droits : nous avons fait des brainstormings et échangé nos idées entre groupes de travail sur des thèmes précis, puis nous avons écrit des recommandations sous un format limité. Concernant les ateliers sur l’Empowerment pour la participation politique, l’objectif était de travailler sur le cadre de réflexion. Chaque atelier devait synthétiser ses réflexions en un paragraphe de 12 lignes qui a ensuite été repris par l’équipe éditoriale pour établir le cadre directeur de la consultation.

 

Vous êtes toutes les deux à la tête de grandes associations : Animafac et la FAGE. Les discussions évoquées lors de la conférence font-elles écho à certaines de vos actions associatives ?

A et B : Nos organisations font de l’éducation populaire, donc pour la FAGE comme pour Animafac, notre objectif est de montrer aux jeunes que la participation politique ne se réduit pas au vote, qu’elle est beaucoup plus large que ça.

 

Comment est né votre engagement politique ?

B : J’ai commencé à travailler dans une association culturelle par curiosité. Je n’aurai jamais cru que j’entrerai un jour dans des réseaux nationaux. C’est venu au fur et à mesure et maintenant, c’est l’effet inverse : j’ai pris conscience que je pouvais m’exprimer et que j’avais autant de légitimité à le faire que n’importe qui d’autre et depuis, je n’arrive plus à me taire ! La nature n’aime pas le vide. Laissons aux jeunes l’opportunité de s’impliquer et ils s’impliqueront.

 

Être plongé au milieu d’une centaine d’autres jeunes européens pendant trois jours, c’est comment ?

A et B : C’est toujours intéressant de voir les différences culturelles qui existent entre les pays. En tant que français, on réclame une éducation civique plus pratique et moins théorique, mais on oublie que dans certains pays, l’éducation civique n’existe pas. Ces décalages remettent en perspective ce qu’on connaît.

 

Dans un climat où règnent l’abstentionnisme et l’euroscepticisme, comment inciter les jeunes à s’engager ?

A et B : D’une part, il faut que le jeune soit touché dans la vie courante, sans quoi il ne se rendra pas compte de la portée que peut avoir son implication. C’est pour cette raison que, pour nous, ce n’est pas forcément grave si le jeune ne va pas voter aux élections européennes s’il s’implique au niveau local et national. D’autre part, il faut sensibiliser les jeunes autrement que par l’information. Le bourrage de crâne ne sert à rien, les jeunes veulent du concret. Un pays européen a mené un projet qui consistait à prendre des objets du quotidien, comme une boîte de céréales par exemple, et à montrer tous les éléments qui étaient liés à des décisions européennes. Cette action est pertinente car elle met en lumière le travail de l’Europe à partir d’objets de notre quotidien. La France devrait prendre modèle sur d’autres pays. Au Canada par exemple, les Électeurs en herbe organisent des simulations de campagnes électorales et de votes qui permettent aux jeunes de se rendre compte des différentes étapes d’une élection (campagne, vote, dépouillement, etc.). C’est d’autant plus intéressant qu’ils votent sur les vrais programmes.

 

Êtes-vous pleinement satisfaites des conclusions de cette conférence ?

B : Plutôt, oui. En termes d’organisation, c’est compliqué car nous ne disposons pas de suffisamment de temps pour remettre en débat ce qui a été décidé dans les différents groupes. Sur les questions, en revanche, je suis assez contente d’être parvenue à partager cette vision « élargie » de la participation politique. L’échange avec les jeunes et les décideurs politiques s’est effectué dans une démarche d’écoute mutuelle et de co-construction, ce qui était également très enrichissant.

A : Je suis assez satisfaite, même si la question du format restreignait énormément les recommandations et l’article que nous avions rédigés. Ce type de processus pourrait également avoir plus d’impact avec une plus grande mobilisation au niveau Français, notamment via le Délégué Interministériel de la Jeunesse.

 

La consultation commencera mi-novembre et des rencontres en régions sont attendues pour 2015.

La prochaine Conférence Jeunesse de l’UE sera organisée par la présidence lettone début 2015 à Riga !