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SPEECH/06/283
Président de la Commission
Européenne Commémorations du 9 mai Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, Près de quatorze ans après la révolution démocratique du 25 avril, l’Histoire avait un nouveau rendez-vous avec le Portugal. Notre pays devenait membre de plein droit de la Communauté européenne. Je garde un souvenir personnel intense de ce grand moment pour le Portugal et pour l’Europe. Ce souvenir restera indissolublement lié à la commémoration d’aujourd’hui et enrichi par la possibilité qui m’est donnée de prononcer cette allocution en présence du Président de la République. C’est sous ses gouvernements que le Portugal a vécu les dix premières années de son destin européen. Il est intéressant de constater que le fort consensus politique autour de la réunion du Portugal et de l’Europe s’est consolidé et renforcé tout au long de cette période pour se projeter dans l’avenir. Aujourd’hui, il fait partie intégrante du patrimoine de la démocratie portugaise. L’adhésion du Portugal à la Communauté européenne a représenté l’aboutissement politique d’un chapitre ouvert par la Révolution du 25 avril. Sa liberté reconquise, le Portugal faisait le choix conscient de l’ancrage dans l’Europe pour consolider sa démocratie. L’Europe, quant à elle, accueillait avec une solidarité exemplaire un membre à part entière de sa famille. L’adaptation structurelle, la modernisation économique et le relèvement des niveaux de développement social et culturel qui ont suivi sont sans précédent dans l’histoire de notre pays. Il est vrai qu’il reste encore beaucoup à faire aujourd’hui. Mais il est vrai aussi que le Portugal ne peut que se féliciter de la réussite de son intégration dans l’Europe. Il suffit de regarder l’immensité du chemin parcouru en vingt ans pour prendre la mesure de cette réussite. L’intégration à l’Europe a apporté une contribution décisive à la stabilisation du régime démocratique et a radicalement accru l’influence du Portugal dans le monde. Pour apprécier l’ampleur de ce changement, il suffit de se rappeler que, d’une cause portugaise, l’indépendance du Timor-Leste est aussi devenue d’une certaine manière une cause européenne. Par ailleurs, l’intégration a favorisé une croissance impressionnante de l’économie. Dans une large mesure grâce à la solidarité européenne, le bien-être économique et social des Portugais a beaucoup augmenté. L’intégration à l’Europe nous à fait rattraper beaucoup de temps perdu : en quelques années, notre pays a comblé plusieurs années de retard, atteignant un niveau de développement plus proche de celui de ses partenaires et connaissant une modernisation de la société et de l’État. Notre intégration européenne a été une réussite pour le Portugal et aussi pour l’Europe. Le Portugal – comme l’Espagne, qui a elle aussi adhéré à l’Europe en 1986 et que j’associe pleinement et implicitement à cette commémoration – a apporté des atouts très importants pour la Communauté: ses liens privilégiés avec l’Afrique, l’Amérique latine et tout l’espace culturel lusophone et hispanophone. Notre adhésion a apporté à l’Europe une vision plus large des relations internationales et a également permis de renforcer la vocation méditerranéenne et atlantique du continent. Mais, pour moi, avant tout, le mariage réussi du Portugal avec l’Europe se mesure à l’engagement européen de notre pays. Le projet européen a été vécu comme un projet national. La participation active à la mise en œuvre de l’Acte unique et à l’achèvement du marché intérieur européen, et la volonté d’entrer dans la zone euro dès le premier jour, en disent plus long que toutes les professions de foi. L’adhésion à l’accord de Schengen illustre la détermination du Portugal à pousser aussi loin que possible son intégration européenne. Sa contribution active au débat sur l’Europe en est un autre exemple. Depuis 1986, les gouvernements portugais successifs ont tout fait pour que le Portugal soit toujours en première ligne des initiatives de l’Union qui renforcent la solidité et l’approfondissement du projet européen. La situation géographique périphérique du Portugal sur le continent européen a été politiquement corrigée par une centralité incontestable et bien évidente aujourd’hui dans son positionnement par rapport au processus d’intégration européenne. Et le fait que le Portugal et l’Espagne aient apporté la preuve qu’il est possible à des pays non fondateurs d’occuper des positions d’avant-garde en ce qui concerne l’intégration politique a apporté une contribution précieuse à l’intégrité du projet européen et constitue un enseignement que les nouveaux États membres doivent suivre dans leur intérêt bien compris et dans celui de l’Europe élargie. Et comment va l’Europe aujourd’hui ? J’entends déjà dire le mot que les Européens en général et les Portugais en particulier affectionnent particulièrement, le mot «crise». L’opinion conventionnelle est définitive : l’Europe est en «crise». Précisons d’emblée que cette opinion n’a rien d’original car il est difficile de trouver une période dans l’Histoire de l’Europe où l’on n’ait pas parlé de crise et je ne pense pas uniquement au processus d’intégration européenne et à sa qualification cyclique en des termes aussi négatifs que celui d’«eurosclérose» En mars 1888 déjà, dans un article publié dans O Repórter, Eça de Queiroz disait: «La «crise» est la condition quasi normale de l’Europe». Et, dans ce même article, où il exposait de façon critique la situation des puissances européennes – et je ne résiste pas à l’envie de citer ce qu’il disait de notre pays: «De notre perspective, avec la douceur azurée de notre tendre ciel et la simplicité satisfaite de notre nature semi-arabe (deux conditions primordiales du bonheur dans l’ordre social), nous avons, semble-t-il, toutes les maladies de l’Europe, à des degrés variables – du déficit non conforme à ce nouveau parti anarchiste qui tient tout ensemble dans une banque de l’Avenue» - cet auteur célèbre ajoutait: «Tous souffrent d’une crise industrielle, d’une crise agricole, d’une crise politique, d’une crise sociale, d’une crise morale». Et Eça de Queiroz opposait ensuite à ceux qui soutenaient que «La situation de l’Europe est désastreuse. Sous les crises qui la secouent, la machine se déglingue déjà. Rien ne peut arrêter un désastre sans pareil» que «toutefois, la situation dans le fond est tout simplement normale. Elle est naturelle et normale et ne peut faire peur à personne». Et aujourd’hui? Existe-t-il des raisons de penser que la machine européenne se déglingue et que la situation en Europe est désastreuse? Voyons un peu. Certes, l’échec des référendums français et néerlandais en 2005 a jeté une ombre sur l’Europe. Il a nourri des doutes et une certaine perplexité à l’égard du projet européen, voire un pessimisme ou un cynisme qui paraissent parfois de bon ton. Cette situation résulte de l’exploitation démagogique des référendums par les représentants d’un certain nationalisme. Face à certains faits immédiats – et médiatisés -, nous ne devons pas perdre de vue les tendances profondes, la vision à moyen terme et les acquis concrets qui, au-delà du bruit de chaque jour, sont ce qui fait avancer l’intégration européenne. L’Europe est une construction en mouvement dont la dynamique se heurte inévitablement à des résistances. Mais le fait de rencontrer des résistances ne veut pas dire qu’il n’y a pas de progrès. Il est normal et naturel que des problèmes surgissent dans un processus d’une telle complexité. La réalité, c’est que nous avons des problèmes, mais que nous les avons surmontés. La réalité, c’est qu’en dépit de contretemps, l’Union européenne maintient son cap et avance. Pour tirer parti de la mondialisation, dont l’Union européenne est un acteur de premier plan du fait même de la maturité de son projet, nous avons pris d’utiles initiatives politiques et résolu des questions concrètes très importantes. J’aimerais citer devant vous une liste de réalisations récentes. Tout d’abord, nous nous sommes doté des moyens financiers nécessaires pour les sept prochaines années. Il nous fallait une prévisibilité budgétaire pour garantir les ressources nécessaires à l’Union dans l’avenir immédiat. La Commission est montée au créneau pour obtenir un accord sur les perspectives financières 2007-2013 entre les trois institutions européennes – le Parlement, le Conseil et la Commission. Cet accord a abouti à la fin de l’année dernière, apportant une réponse à une question qui, si elle n’était pas résolue, aurait une incidence négative et fondamentale sur les 450 millions de citoyens européens. L’accord renouvelle l’engagement envers le principe fondamental de la cohésion économique et sociale. Il contient aussi une clause d’une grande importance stratégique qui permettra la révision des structures du budget de l’UE à mi-parcours, c’est-à-dire en 2008-2009. La Commission présentera alors de nouvelles propositions sur le financement de l’Union face aux défis futurs. Nous avons aussi révisé le pacte de stabilité et de croissance, pour éviter de nouvelles voies sans issue. En l’assouplissant, nous avons renforcé sa crédibilité. Ensuite et surtout, les 25 ont pris une décision politique majeure en relançant la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi de «deuxième génération» au Conseil européen du printemps 2005. En faisant de la croissance et de l’emploi sa priorité, l’Union a défini un ensemble d’objectifs ambitieux - réforme économique, modernisation sociale, encouragement de l’esprit d’entreprise, compétitivité par l’innovation et investissement massif dans l’enseignement et la recherche. Mais la grande innovation, c’est qu’une gouvernance de la stratégie de Lisbonne, conçue par la Commission européenne, a été mise en place. Il s’agit d’un mécanisme efficace de suivi. Pour donner à leurs engagements des suites tangibles, les États membres ont présenté leurs plans nationaux de réforme, qui ont fait l’objet d’une évaluation par la Commission. À nous tous, maintenant, d’exécuter ces programmes, c’est-à-dire de mettre en œuvre les réformes nécessaires dans chaque État membre, pour une économie plus dynamique et créatrice d’emploi et de richesse. Notre ambition de développement durable, se traduit également par des politiques de lutte contre l’exclusion et la pauvreté, de protection de l’environnement ou encore d’encouragement des énergies propres. Enfin, nous entendons répondre à une demande pressante de nos citoyens, celle d’assurer leur sécurité. Cette demande porte sur toute une série de domaines – l’énergie, pour veiller à la fiabilité de notre approvisionnement; la santé, pour faire face aux pandémies; l’environnement, pour lutter ensemble contre des risques qui ignorent les frontières; et la lutte contre le terrorisme, qui exige une stratégie de coopération européenne. Je me permets d’insister sur le fait que l’accord politique atteint au sujet de la «directive sur les services» constitue aussi un énorme pas en avant: il s’agit de créer un puissant marché intérieur ouvert pour les services qui, comme nous le savons tous, représentent actuellement la majeure partie du PIB de l’Union. La Commission européenne a aussi proposé au Conseil européen de mars une stratégie énergétique commune pour l’Europe. Je voudrais rappeler que cette proposition novatrice a constitué une nouvelle étape dans le rapprochement des 25. Elle repose sur un constat simple: les défis énergétiques du XXIe siècle nécessitent une action européenne commune. Pour pouvoir faire face à une demande croissante, aux prix élevés et instables de l’énergie, à une dépendance grandissante à l’égard des importations et aux changements climatiques, l’Europe devra s’exprimer d’une seule voix sur la scène internationale. Elle y gagnera une influence à sa mesure, notamment pour peser sur l’offre et sur la sécurité de l’approvisionnement. C’est par des résultats concrets que nous démontrerons une vérité toute simple: l’UE est un acteur de plein droit et de premier plan de la mondialisation. Ce phénomène, qui inspire des craintes à bon nombre de nos citoyens, n’est ni causé ni aggravé par l’Union européenne. Au contraire, l’Union européenne, par sa taille et sa capacité de cohésion, détient les clés pour gérer les pressions de la mondialisation et les tourner à son avantage. Elle a la masse critique pour nous permettre de faire face à des difficultés dont aucun État membre seul ne pourra jamais venir à bout. Elle offre une source de synergies démultipliées. Il en est ainsi depuis de nombreuses années dans le commerce international. Et c’est pourquoi nous voulons construire jour après jour, avec ténacité et détermination, une Europe de résultats. C’est par des réalisations concrètes que nous renforcerons nos liens avec les citoyens et que nous les mobiliserons. Mais nous n’obtiendrons de bons résultats que si nos politiques inspirent confiance aux Européens. Il faut rassurer les citoyens dans leurs préoccupations légitimes. Il faut leur dire qu’en ce moment, même en l’absence de Constitution, l’Europe continue à fonctionner. Il faut apporter la preuve de la capacité de cohésion de nos sociétés. Il faut démontrer les avantages et le rôle irremplaçables de l’Europe à l’ère de la mondialisation. Et maintenant? Maintenant, enfin, il nous faut répondre à la question de fond: quel avenir voulons-nous pour l’Europe? Pour répondre à cette question, nous avons ouvert une période de réflexion au lendemain des référendums en France et aux Pays-Bas. Nous l’avons accompagnée d’une vaste campagne auprès des citoyens, à qui nous avons demandé ce qu’ils ont à nous dire sur «leur» Europe, l’Europe de leurs aspirations. Cette campagne a été baptisée «plan D comme démocratie, dialogue et débat». Lancée dans tous les États membres, elle est relayée, sur internet, par un forum de discussion, ouvert à tous, sur les questions européennes. Nous avons mis à profit notre pause de réflexion pour axer toute notre volonté politique sur les grandes préoccupations de nos citoyens: la croissance et l’emploi, la sécurité et la stabilité et une UE plus forte sur la scène mondiale. Pour dresser le bilan de cette période de réflexion et préparer notre contribution au débat des Chefs d’État et de gouvernement au Conseil européen de juin prochain, j’ai réuni il y a quelques jours le collège des commissaires pour un séminaire informel. Je présenterai après-demain, le 10 mai, la conclusion du travail de réflexion sur l’avenir de l’Europe. Je peux déjà vous dire toutefois que nous avons opté pour une approche de bon sens, c’est-à-dire que nous avons dissocié la marche dynamique de l’Union d’un consensus sur la question institutionnelle, qui ne semble pas se profiler à l’horizon proche. Sachons reconnaître que les conditions politiques ne sont peut-être pas encore réunies pour dégager un accord. Mais nous pouvons faire plus et mieux dans le cadre des traités en vigueur. Je le redis, je crois que c’est en prenant des mesures efficaces dans les domaines importants pour les citoyens européens que nous obtiendrons d’eux le soutien et le consentement nécessaires pour résoudre ultérieurement les problèmes institutionnels. La Commission est convaincue de la nécessité de définir un «agenda européen positif» qui s’appuie sur des politiques concrètes et mobilisatrices, dont tous les citoyens constatent les bienfaits. Nous voulons faire avancer les mesures économiques et sociales lancées dans le cadre de la stratégie de Lisbonne pour répondre aux préoccupations premières – et légitimes – des citoyens. Nous voulons donner toute l’importance qu’il mérite au principe de subsidiarité dans l’élaboration des politiques. Nous voulons poursuivre les actions engagées pour «mieux légiférer», pour réduire les lourdeurs administratives qui pèsent sur les entreprises, notamment les PME, et pour renforcer la transparence dans les relations entre citoyens et institutions européennes. Par ces actions, nous voulons témoigner de notre volonté de simplifier, de consulter, d’associer et de rendre compte, pour établir un indispensable lien de confiance avec les citoyens. La sécurité est une préoccupation de plus en plus présente dans l’esprit des citoyens européens. Mais c’est une préoccupation accompagnée d’une certitude clairement exprimée au cours des débats de l’année dernière: la réponse la plus efficace dans le domaine de la sécurité est la réponse européenne. Les citoyens réclament davantage d’Europe pour combattre le terrorisme et la criminalité organisée. Nous avons le devoir de répondre à cet appel, avec ou sans Constitution. C’est pour cette raison que je puis vous annoncer aujourd’hui que la Commission européenne a l’intention de proposer aux Chefs d’État et de gouvernement de l’Union d’utiliser pleinement les possibilités prévues dans les traités actuels pour transférer au domaine communautaire une grande partie des décisions en matière de justice, de liberté et de sécurité dont le traitement à l’échelon européen s’avère plus efficace qu'à l’échelon national. La Commission proposera donc formellement que certaines actions de ce qui est appelé le «Troisième pilier» (coopération policière et judiciaire en matière pénale) soient soumises au régime communautaire. Cette décision représentera un important progrès de notre capacité de trouver des réponses communes à des problèmes communs et une démonstration supplémentaire du fait que, lorsqu’il existe une volonté politique, nous pouvons approfondir le projet européen et répondre concrètement aux aspirations des citoyens, contribuant ainsi à augmenter les niveaux de confiance et à rendre possible à terme la nécessaire réforme institutionnelle. L’élargissement est une question centrale dans l’actuel débat européen. L’Europe ne peut ni ne doit pas fermer sa porte. Elle doit maintenir les engagements pris en continuant à se montrer extrêmement prudente et exigeante à l’égard du respect des critères nécessaires à de nouvelles adhésions. Le prochain élargissement sera à l’image des précédents, notamment de celui de 2004, une réussite. Il ne sert à rien de se livrer à un discours abstrait sur les «limites» de l’Europe. Comme le dit élégamment Agustina Bessa Luís: «Les limites de toutes choses sont plus diaphanes qu’on ne le pense».Il importe en revanche d’affirmer une décision politique sur le point jusqu’auquel nous somme disposés à projeter nos valeurs et notre solidarité dans ce vaste espace européen. L’élargissement a toujours été une réponse de l’Europe à des défis stratégiques. Et l’Histoire a prouvé non seulement que cette réponse est adéquate, mais aussi qu’elle s’accompagne toujours d’une dynamique qui confère à l’espace élargi une plus grande capacité d’affirmation de l’Europe en tant que puissance Je crois donc plus essentiel que jamais, dans la situation où nous nous trouvons aujourd’hui, de préserver l’esprit d’ouverture, d’engagement et d’ambition qui nous a toujours animés pour continuer à bâtir l’édifice européen en perpétuel devenir. L’Europe se renforcera au cours des années à venir. Dans le contexte de la mondialisation, les citoyens percevront de plus en plus le bien-fondé, la légitimité, la «valeur ajoutée» et le caractère indispensable de la dimension européenne. Je suis sûr que le Portugal, fort de sa tradition politique de mobilisation en faveur de l’Europe qui transcende les partis, jouera dans cette évolution un rôle essentiel. Il restera aux avant-postes du projet européen de cohésion économique et sociale, et réaffirmera son adhésion aux valeurs et à l’approfondissement de la construction européenne. Monsieur le Président de la République, Mesdames et Messieurs, C’est pour cette raison et de nombreuses autres que je suis réellement convaincu du caractère erroné de l’opinion des pessimistes et des sceptiques qui soutiennent actuellement, comme le dirait Eça de Queiroz que: «La machine se déglingue et la situation de l’Europe est désastreuse». Sur notre chemin vers une Union européenne de plus en plus forte, nous pourrons certes rencontrer des problèmes, mais, si la détermination et la volonté politique sont présentes, nous pourrons affirmer avec le génial auteur portugais du XIXe siècle qu’«en y voyant plus clair dans un ciel plus limpide, on reconnaîtra qu’en somme, l’humanité a fait un nouveau pas déterminé en avant sur la voie de la justice et sur la voie du savoir.» |