SPEECH/04/474
José Manuel
BARROSO
Président désigné de la Commission
européenne
Discours au Parlement européen
Session Plénière du Parlement européen
Strasbourg, 26
Octobre 2004
Monsieur le Président,
Mesdames
et Messieurs les Députés,
Nous sommes parvenus à une étape décisive d’un grand
processus démocratique qui est la constitution de la nouvelle Commission
:
- en juin, de façon consensuelle, les Chefs d’états et de
gouvernements m’ont désigné en tant que Président de
la Commission;
- le 22 juillet, le Parlement m’a accordé sa confiance, à une
large majorité;
- depuis, j’ai composé mon équipe, en accord avec le Conseil
et sur la base des désignations des Etats membres;
- j’ai décidé de l’allocation des portefeuilles aux
Commissaires désignés, et de l’organisation interne de la
nouvelle Commission;
- pendant tout ce temps, j’ai maintenu en permanence des contacts avec
ce Parlement et j’ai eu l’opportunité de rencontrer tous les
membres du Conseil européen, à l’exception des Chefs de
gouvernement de deux pays dans lesquels se tiennent des consultations
électorales.
Aujourd’hui, je me présente devant
vous, Mesdames et Messieurs les députés, pour demander votre
approbation du futur Collège. Ma Commission est une équipe aux
multiples atouts :
- elle compte un nombre de femmes plus élevé que toutes les
Commissions précédentes;
- elle reflète un large éventail d’idées qui
représentent les principaux courants politiques européens; les
démocrates-chrétiens et populaires, les socialistes et les sociaux
démocrates, les libéraux et démocrates;
- elle est composée par des personnalités avec une vaste
expérience politique, à l’échelle nationale et
européenne.
Tous les membres de la future Commission sont
prêts à défendre et promouvoir les intérêts de notre
Union, dans un esprit de responsabilité collégiale devant ce
Parlement. A l’intérieur, la Commission sera régie par le
respect absolu du principe de collégialité. Comme je vous ai
annoncé en juillet, dans ce Collège, il n’y aura pas de
Commissaires de premier et de second rang.
De manière générale, je peux dire que la Commission que je
vous propose aujourd’hui a été reçue de manière
très positive par l’opinion publique européenne.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Toutes les femmes et les hommes qui composeront le Collège ont
été auditionnés par les commissions parlementaires. Cette
procédure, qui n’a pas d’équivalent dans nos Etats
membres, est une démonstration que la démocratie est en marche au
cœur des institutions européennes.
Vos auditions ont permis de constater une large convergence de vues entre le
Parlement et la future Commission. Dans une large majorité de cas, le
Parlement a porté une évaluation positive. Dans quelques cas, vous
avez identifié des faiblesses et demandé des réponses de ma part.
Pendant la Conférence des Présidents de la semaine dernière,
j’ai présenté mes réactions aux lettres des commissions
parlementaires.
Aujourd’hui je souhaite expliquer ultérieurement ma position sur
les questions les plus importantes, sans pour autant répéter dans les
détails les engagements déjà annoncés, et vous informer des
démarches additionnelles que je suis prêt à entreprendre.
Concernant un cas individuel d’éventuel conflit
d’intérêts, j’ai donné les plus fortes garanties que
l’action de la Commission dans le domaine de la politique de concurrence
ne sera pas affectée par des situations de ce type. Ces garanties sont
ancrées dans des actes et des procédures qui ont été rendus
publics. La Commission exercera toujours ses tâches, notamment en
matière de concurrence, avec impartialité, indépendance,
assiduité et expertise.
La maîtrise des détails de certains portefeuilles à
caractère complexe et technique, comme l’énergie, a
été parfois mise en doute. Laissez-moi vous dire que les qualités
politiques des Commissaires désignés, leur capacité
d’absorber et de défendre des dossiers – même très
techniques – ne me fait aucun doute.
En ce qui concerne les critiques qui ont été adressées à
un Commissaire désigné concernant son action politique
précédente, je tiens à rappeler qu’elles portent sur des
allégations auxquelles des procédures nationales de contrôle
s’appliquent y compris des procédures judiciaires. A présent,
aucune accusation n’est portée contre ce Commissaire
désigné et je ne peux que lui accorder ma confiance.
Par ailleurs, je tiens à vous confirmer que j’attends de tous les
membres de la Commission qu’ils règlent leur comportement sur des
standards très élevés d’éthique dans le plein respect
du Code de Conduite. Je réaffirme devant vous que j’entends me
prévaloir de tous les pouvoirs que le Traité me confère pour que
ce soit ainsi. Je n’hésiterai pas à demander à un membre de
la Commission de démissionner, s’il n’est manifestement pas
à la hauteur de sa tâche ou s’il manque aux obligations que lui
impose le Traité. Cela vaut également pour les cas soulevés par
le Parlement, que je prendrai sérieusement en considération avant de
prendre une décision définitive. Tous les membres de la Commission se
sont engagés à présenter leur démission, si je leur
demanderais. Evidemment, ceci vaut également pour tout remaniement pendant
le mandat de la nouvelle Commission. Lorsque la Commission aura été
approuvée par ce Parlement, je disposerai des pouvoirs me permettant de
procéder aux remaniements que j’estimerai nécessaires.
Pendant l’une des deux auditions auxquelles il a été soumis,
l’évaluation de la prestation de M. Buttiglione a été
positive alors que, pendant une autre audition, l’évaluation a
été négative. Suite à cette audition, je lui ai demandé
de me donner des explications claires sur sa position. Il m’a répondu
par écrit en exprimant ses regrets et en réaffirmant son attachement
au principe de la non-discrimination. Pour ma part, je n’accepterai jamais
au sein de ma Commission quelqu'un qui défend des positions qui ne sont pas
compatibles avec la Charte des droits fondamentaux. Je suis convaincu que M.
Buttiglione respectera pleinement le Traité et la Charte, et je peux vous
confirmer que ma position est partagée par l’ensemble des
commissaires désignés.
Cet épisode malheureux aura cependant eu une conséquence positive:
celle de rendre encore plus visible l’importance que nous attachons à
une action politique ferme de l’Union dans la lutte contre toute forme de
discrimination et j’en remercie le Parlement.
Ce débat nous permet de passer des paroles au fond des choses. Et en ce
qui concerne le fond, il n’y a pas de doutes. Pour cette Commission, les
libertés civiles et une approche contre l’anti-discrimination seront
des priorités absolues.
J’ai fait part à la Conférence des Présidents, et le
confirme aujourd’hui devant vous, de ma décision de créer un
Groupe de Commissaires en charge des questions relatives aux « Droits
fondamentaux, lutte contre la discrimination et égalité des
chances ». Ce Groupe, dont j’assumerai moi-même la
présidence, deviendra l’instance de validation de toute action et de
toute initiative majeure de la Commission dans ces domaines. Mais il aura
également un rôle d’impulsion politique forte.
Ce groupe ne sera pas un « talking-shop ». Il assurera
la cohérence de l’action de la Commission dans les domaines de la
promotion des droits fondamentaux et de la lutte contre toute forme de
discrimination.
Je souhaite que ce groupe soit doté d’un agenda ambitieux. Je
serai disponible pour en discuter avec vous et recueillir vos suggestions.
D’ores et déjà, je peux vous annoncer que j’utiliserai les
résultats d’une consultation publique afin de favoriser la
création d’une « Agence européenne sur les Droits
fondamentaux », ayant comme point de départ l’actuel
« Observatoire sur le racisme et la xénophobie »
installé à Vienne. J’attendrai la contribution du Parlement
avant de déposer une proposition législative dans ce domaine.
J’ai également l’intention de lancer les travaux en vue
d’une directive -cadre au titre de l’article 13 du Traité
CE qui remplacera et élargira à toutes les formes de discrimination
les directives de l’an 2000. Actuellement, ces directives ont un
champ d’application limité. Avec une directive - cadre,
l’action communautaire couvrira toutes les formes de discrimination et
notamment la discrimination fondée sur le genre et l’orientation
sexuelle. Avec cette initiative, je ne fais que confirmer de façon encore
plus claire celle qui fût, depuis le début, une des marques de cette
Commission : une Commission qui notamment par sa composition, avec huit
femmes au sein du Collège, affirme sa détermination face au défi
de la non-discrimination.
Enfin, j’entends lancer un programme et un plan d’action pour
lutter contre la discrimination, et en particulier pour contrer toutes les
formes d’antisémitisme, de racisme et de xénophobie. Dans ce
cadre, la future Commission s’engagera aussi pour relancer la
négociation de la décision cadre sur le racisme et la xénophobie,
dont l’approbation est bloquée au Conseil depuis bien trop
longtemps.
Toutes ces initiatives, et d’autres que le Groupe de Commissaires
étudiera, seront préparées sous mon autorité politique et je
suis disposé, le moment venu, à venir les présenter directement
devant vous. Permettez-moi d’être très clair :
j’assurerai personnellement le plein contrôle de notre action dans la
lutte contre la discrimination et la promotion des droits fondamentaux.
Comme vous le constatez, j’ai donc écouté attentivement la
voix du Parlement ; j’ai aussi pris en considération votre
principale préoccupation et vos objections et j’ai apporté des
réponses sur le fond.
Certains d’entre vous auraient voulu que j’intervienne de
manière plus radicale en remaniant l’équipe. Mais
s’agit-il d’une vraie option ?
Toutes les informations dont je dispose, après une considération
attentive et des intenses consultations, me laissent penser qu’un
changement de portefeuilles, à ce moment de la procédure, causera
davantage de problèmes politiques et interinstitutionnels qu’il en
pourrait résoudre. Nous devons garder à l’esprit que cette
procédure n’implique pas uniquement le Président
désigné et le Parlement, mais également le Conseil en tant que
troisième et très important partenaire.
Il est possible que mon équipe ne soit pas considérée parfaite
par tout le monde dans ce Parlement. Toutefois, de manière globale,
beaucoup de Membres du Parlement reconnaissent qu’il s’agit
d’une équipe très forte et équilibrée. Je suis
convaincu que nous pouvons travailler au service de l’Europe et sous le
contrôle politique du Parlement.
Ce fût pour moi un grand honneur d’avoir reçu votre soutien
et votre confiance en juillet à une très forte majorité. Je vous
invite à me faire à nouveau confiance, lorsque je dis que la solution
que je vous propose est celle qui, en ce moment, sert mieux les
intérêts de l’Union. Et soyez libres de juger plus tard le
Président et les membres de la Commission, sur la base de faits et pas
uniquement de mots.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés
Au mois de juillet, je vous ai annoncé mon intention de bâtir un
« Partenariat pour l’Europe ». Un partenariat pour la
prospérité, la solidarité et la sécurité. Pour ce
faire, la nouvelle Commission devra faire face à de grands enjeux, tant au
plan interne qu’international, et elle devra répondre aux attentes
des citoyens européens.
Des changements institutionnels fondamentaux nous attendent dans les
prochaines années, quand la Constitution – comme la Commission le
souhaite – entrera en vigueur, après ratification par tous les Etats
membres.
Nous devons nous préparer à ces changements. Nous devons
également donner une information claire et objective aux citoyens sur les
multiples avantages de la Constitution par rapport aux traités actuels.
Cette Constitution va accroître de manière importante à la fois
la démocratie et l’efficacité de l’Union européenne;
elle donnera à l’Union les instruments appropriés pour agir de
manière efficace pour répondre aux réels besoins et aux attentes
des citoyens européens.
Bien évidemment, c’est aux Etats membres qu’incombe la
tâche principale de mener à bien les ratifications nationales, selon
les procédures prévues par leurs ordres juridiques internes. Mais, la
future Commission est tout à fait disponible pour coopérer avec le
Conseil et le Parlement afin d’établir une stratégie de
communication commune.
L’Union doit placer la croissance au centre de son action;
l’Europe a besoin de plus de croissance, de plus d’emplois,
d’esprit d’entreprise, d’innovation et de recherche. Elle doit
mener à bien des reformes qui assurent un dynamisme économique. Elle
doit miser sur l’éducation et la formation, la connaissance et le
développement technologique pour être une véritable économie
basée sur la connaissance à la hauteur d’une
compétitivité internationale toujours plus poussée.
Ces réformes, cet esprit de changement constructif, doivent se placer
dans le contexte d’une stratégie de développement durable qui
relève le défi du changement climatique et qui donne des réponses
appropriées aux enjeux en matière d’énergie, de transports
et de préservation de l’environnement.
A cet effet nous devons multiplier nos efforts sur le plan interne, mais
également international, en poursuivant une stratégie coordonnée
dans un cadre multilatéral. La ratification du Protocole de Kyoto par la
Fédération de Russie est un succès tangible de la stratégie
multilatérale en matière d’environnement, qui laisse bien
espérer pour le futur.
Une Europe plus dynamique et plus compétitive doit aller de pair avec le
maintien du modèle social européen. J’ajouterai que seule une
Europe plus dynamique et plus compétitive sera en mesure de pleinement
sauvegarder ce modèle. N’oublions d’ailleurs pas que dans
certains de nos pays, nous sommes encore loin d’un niveau de protection
sociale réellement équitable. Compétitivité, cohésion
et solidarité doivent progresser d’un même pas. Il est pour moi
clair que la politique de cohésion et les actions visant à créer
une économie européenne plus compétitive et plus dynamique sont
indissociables et complémentaires.
Je suis convaincu que la solidarité est une valeur essentielle que nous
ne saurions pas abandonner sans mettre en danger le profil de nos
sociétés. La solidarité entre générations, entre
membres et groupes de nos sociétés, entre Etats membres et
régions, n’est pas une valeur abstraite. C’est un choix sage
qui assure la cohésion sociale et nécessite à la fois un
engagement politique et des ressources financières appropriées.
Notre Union européenne n’est pas uniquement un espace
économique; elle est également – et à plein titre –
un espace de liberté, de sécurité et de justice. La Commission
que je présiderai attachera la plus grande importance à la mise en
place de politiques communes en matière d’asile et
d’immigration. Des politiques justes et équilibrées, visant
à promouvoir l’intégration économique et sociale des
ressortissants de pays tiers, dans le respect des identités culturelles de
chacun et des valeurs essentielles de la société européenne.
Dans ce domaine, la coopération avec les pays tiers est cruciale. Je
tiens à vous assurer que je suis contre la mise en place de
« camps » à l’extérieur de l’Union. La
Commission coopérera davantage avec les pays tiers pour les aider à
faire face aux flux migratoires. Le partenariat avec les pays tiers n’est
possible que sur la base d’un engagement commun au respect des règles
du droit international. Laissez-moi être clair sur ce point: la future
Commission travaillera avec le Haut Commissariat des Nations Unies aux
Réfugiés afin de bâtir une coopération internationale dans
ce domaine. Elle insistera pour que les pays tiers qui sont nos partenaires
souscrivent et respectent la Convention de Genève de 1951 sur le statut des
réfugiés.
De même, cette nouvelle Commission continuera à œuvrer pour
augmenter la sécurité de nous tous, dans le respect des libertés
civiles, face aux puissants défis posés par la menace terroriste.
L’Union doit assurer pleinement son rôle au niveau international;
elle porte d’importantes responsabilités et doit être un
partenaire fort et crédible. Elle doit continuer à développer la
paix et la stabilité et à renforcer la dimension multilatérale
dans un large éventail de domaines.
Nous devons renforcer nos relations avec les Etats tiers et les organisations
régionales. La coopération avec les Etats-Unis doit être
fondée sur une relation d’égale à égale et sur une
compréhension mutuelle profonde. L’élection d’un nouveau
Président des Etats-Unis au même moment où la nouvelle Commission
prend fonctions nous donne l’occasion de relancer l’axe
transatlantique.
Indépendamment du résultat des élections, je suis
persuadé que les Etats-Unis seront prêts à contribuer à un
rapport plus équilibré avec l’Europe. Si nous souhaitons que les
Etats-Unis suivent une approche plus multilatérale nous devons aussi, de
notre côté, faire preuve de davantage d’unité et
d’efficacité dans notre action.
Nous continuerons le processus d’élargissement de l’Union
aux pays candidats. Par ailleurs, notre politique de voisinage est une
priorité de notre action, un outil puissant des relations extérieures
de l’Union et elle nous permettra de bâtir des partenariats
renforcés. Je suis persuadé que la paix dans notre continent a tout
à gagner d’une stabilité politique accrue dans l’Est de
l’Europe, les Balkans et les pays de la Méditerrané. De
même, je compte sur la politique d’aide au développement pour
coopérer davantage avec les régions du monde qui nécessitent de
notre aide et de notre assistance.
En janvier prochain, je viendrai devant vous pour présenter les
priorités stratégiques pour l’Union. Cela ne concernera pas
uniquement le programme législatif et de travail pour la Commission pour
l’année 2005. J’entends donner à la programmation
stratégique une vision plus vaste. Dans l’esprit de la Constitution,
je vous présenterai les priorités pour les cinq prochaines
années. Mon but est de parvenir à un accord sur une programmation
à long terme avec le Parlement et le Conseil. En faisant cela, je viens
ainsi à la rencontre d’une des préoccupations exprimées par
le Parlement.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,
En juillet, je vous ai fait part de ma volonté d’instaurer une
complicité positive entre le Parlement et la Commission. Je suis
profondément convaincu que la force et la crédibilité de la
Commission réside dans le soutien du Parlement et dans la coopération
active entre nos deux institutions. J’ai étudié attentivement
les propositions avancées par le Président Borrell sur les relations
entre nos deux institutions.
J’attends avec intérêt votre résolution et je suis
prêt à y répondre avec grande ouverture. Je suis favorable à
la transparence et à la coopération entre nos deux institutions.
Je souhaite que, dès l’entrée en fonction de la nouvelle
Commission, des négociations soient entamées entre nos deux
institutions, afin d’apporter les modifications nécessaires à
l’Accord-cadre. L’Europe a besoin d’une coopération
fructueuse entre le Parlement et la Commission, les deux institutions toujours
à l’avant-garde du projet européen.
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés
Nous sommes à la veille d’un événement
d’importance historique: la signature le 29 octobre du Traité
constitutionnel. Il ne s’agit pas d’une simple révision des
Traités existants; il s’agit de l’aboutissement d’un long
processus qui a vu l’implication du Parlement, des Etats membres, de la
Commission, des parlements nationaux et de la société civile, afin
d’assurer une Union plus démocratique, plus transparente et plus
efficace.
Vous, les représentants des peuples de notre Europe élargie, vous
connaissez l’ampleur des attentes des citoyens européens. Vous
êtes aussi au courant de l’apathie et du scepticisme qui affecte la
démocratie européenne. Vous partagez avec moi la conscience des
menaces populistes, de tous ceux qui veulent affaiblir l’Europe et qui
cherchent toujours à mettre en cause la crédibilité de nos
institutions : nous ne devons pas leur donner de nouveaux arguments.
Nous vivons un moment crucial pour nos pays et pour l’Union. Je vous ai
fait part des principes qui ont présidé à la formation de ma
Commission. Je vous ai fait part de mon intention d’œuvrer, tout au
long des prochaines cinq années, en faveur de davantage de
prospérité, de solidarité et de sécurité. Vous
connaissez les défis qui nous attendent, tant en ce qui concerne les
politiques internes de l’Union que ses engagements internationaux.
Nous n’avons pas de temps à perdre : c’est le moment de
passer à l’action et de travailler ensemble pour le bien-être
des citoyens. Consacrons nos énergies à promouvoir la croissance,
l’emploi, la re-dynamisation de la stratégie de Lisbonne, le
renforcement d’une économie dynamique basée sur la connaissance
et une plus grande cohésion de notre Union élargie.
Cette Commission est digne de votre confiance et mérite votre soutien.
Je fais appel à votre sens des responsabilités et à votre
engagement européen, pour exprimer votre confiance à ce Collège.
Sur cette relation de respect et de confiance mutuelles nous pouvons bâtir
une Europe plus forte.