MEMO/08/681
Bruxelles, 7 novembre 2008
Position de la Commission sur
l’amendement 138 adopté par le Parlement européen lors de la
session plénière du 24 septembre
L’amendement 138 a été proposé par plusieurs membres du
Parlement européen. Cet amendement, tel qu’il a été
adopté en session plénière par le Parlement européen, impose
aux régulateurs de télécommunications de respecter le
principe
"selon lequel aucune restriction ne peut être imposée aux droits
et libertés fondamentaux des utilisateurs finaux sans décision
préalable des autorités judiciaires, notamment conformément
à l'article 11 de la charte des droits fondamentaux de l'Union
européenne concernant la liberté d'expression et d'information, sauf
lorsque la sécurité publique est menacée, auquel cas la
décision peut intervenir ultérieurement."
Cette version de l’amendement a été adoptée par le
Parlement européen avec une large majorité de 573 voix pour et 74 voix
contre.
La Commission européenne respecte cette décision démocratique
du Parlement européen.
La Commission estime que cet amendement est un rappel important de principes
essentiels du droit qui régissent l’ordre juridique communautaire et,
en particulier, des droits fondamentaux des citoyens. L’amendement a
délibérément été formulé de manière à
laisser aux États membres une latitude suffisante pour parvenir à un
juste équilibre entre plusieurs droits fondamentaux, à savoir le droit
au respect de la vie privée, le droit de propriété et le droit
à des recours efficaces ainsi que le droit à la liberté
d’expression et d’information. La Commission peut donc accepter
l’amendement proposé par le Parlement européen.
La Commission est consciente de l’importance politique qu’a ce
sujet en France, où une loi en cours d’élaboration propose
d’établir une nouvelle autorité nationale de l’internet
qui pourrait jouer un rôle en matière de surveillance et,
éventuellement, de restriction du trafic internet en France afin de lutter
contre les atteintes aux droits de propriété intellectuelle. La
Commission européenne invite le gouvernement français à exposer
son point de vue sur l’amendement 138 aux ministres des 26 autres
États membres. Le «paquet télécoms» faisant
l’objet d’une procédure de codécision, l’accord du
Parlement et du Conseil est nécessaire avant qu'un amendement puisse
acquérir force de loi.
La Commission est prête à agir en tant que médiatrice dans ce
débat une fois que le Conseil aura également fixé sa position en
la matière.