MEMO/05/386
Bruxelles, le 20 octobre 2005
Cinq proposition pour relancer les
négociations
Accroître les ressources en faveur de la croissance et de
l’emploi
La croissance et l’emploi sont au coeur des priorités de
l’Union.
La politique de cohésion doit encourager la modernisation
économique et être source de croissance et d'emplois. Il faut une
nouvelle approche de la manière dont cette politique stimule la
croissance.
- Une affectation spécifique des fonds au sein des dépenses de
cohésion renforcerait la dynamique de la croissance et de
l’emploi. La première étape consiste à identifier les
investissements qui, dans le cadre de la politique de cohésion, visent
à améliorer la compétitivité, et à les affecter
irrévocablement à cet objectif, notamment à travers les
dépenses consacrées à la recherche et à l’innovation,
au capital humain, aux services aux entreprises, aux grandes infrastructures
européennes, ou encore à l'efficacité énergétique et
aux sources d'énergie renouvelables.
La proportion de ces
investissements devrait augmenter parallèlement à
l’accélération de la stratégie de Lisbonne. Chaque
État membre devrait se fixer un objectif en la matière, de telle sorte
que la part des dépenses de cohésion directement dévolues à
la compétitivité dépasse en moyenne le seuil de 60 %.
Chaque année, durant les mois qui précèdent le Conseil
européen de printemps, les États membres feraient rapport sur ces
dépenses au Conseil et au Parlement européen, dans le cadre des
mécanismes de compte-rendu sur les mesures prises pour réaliser les
objectifs convenus en matière de croissance et d’emploi.
- Un dispositif similaire serait mis au point en ce qui concerne le
développement rural.
Cette approche aurait pour effet de
porter la proportion des dépenses liées à la nouvelle
stratégie de Lisbonne à un tiers au moins du budget de
l’Union.
Relever le défi de la mondialisation en adoptant un instrument
permettant d'en amortir les chocs
La mise en place d’un Fonds d’adaptation à la mondialisation
permettrait de répondre, au niveau européen, aux besoins de ceux qui
doivent s’adapter aux conséquences de la mondialisation. Elle
traduirait la solidarité de la masse des citoyens qui profitent de la
nouvelle ouverture à l’égard de la minorité qui doit faire
face à la perte soudaine d’un emploi, et offrirait une réponse
rapide à des problèmes ponctuels, bien définis, liés à
la restructuration. Ceci n’implique pas davantage de bureaucratie puisque
les instruments et réseaux existants pourraient être utilisés. Un
accès à des ressources supplémentaires est en revanche
nécessaire.
Le Fonds financerait la formation, le replacement des travailleurs ou la
réinsertion, c’est-à-dire les coûts des actions contribuant
à la recherche d’un nouvel emploi. Des critères clairs seront
définis concernant la nature des crises possibles et l’étendue
des coûts admissibles. Toutes les formes de restructurations ne seront pas
prises en compte; il s’agirait d’un mécanisme de crise
conçu pour remédier seulement aux chocs économiques et sociaux
résultant de la mondialisation, qui interviendrait uniquement en cas de
dépassement d'un seuil défini en termes de proportion de travailleurs
touchés par les licenciements dans le secteur et la région
concernés, et compte tenu également du taux de chômage local.
Pour garantir son efficacité par rapport aux coûts, ce mécanisme
serait mis en oeuvre par l’intermédiaire des Fonds structurels
existants et selon les mêmes règles.
Ce Fonds n’entrerait pas dans le cadre financier (comme c’est
déjà le cas pour le Fonds de solidarité) et serait sollicité
uniquement en fonction des besoins. Bien entendu, la décision relative
à l’opportunité d’y recourir incomberait au Parlement et
au Conseil.
Consolider les réformes agricoles actuelles
L’année 2002 a vu la conclusion d’un accord sur un budget
pour la politique agricole commune jusqu’en 2013, parallèlement
à l’adoption d’une réforme fondamentale de la politique
agricole, étendue aujourd’hui à tous les secteurs et dont la
mise en oeuvre se poursuit. Cet accord devrait être entièrement
respecté.
L’une des principales mesures de réforme a consisté à
rendre plus dynamiques les dépenses agricoles en réorientant vers le
développement rural les fonds destinés aux aides directes aux
agriculteurs. L’accélération de 1 % par an de ce processus
à partir de 2009 permettrait de dégager des fonds supplémentaires
ayant un impact direct sur la croissance et sur l’emploi dans les
communautés rurales. Elle donnerait aussi un solide coup de pouce au
financement de «NATURA 2000», le réseau novateur de l’Union
pour la conservation de la nature.
Moderniser le budget: la voie à suivre
Il existe un large consensus sur la nécessité d’une remise
à plat complète du budget de l’Union. Ce processus prendra du
temps, mais il exige aussi une préparation minutieuse. Aussi le Conseil
européen devrait-il fixer des paramètres précis ainsi qu’un
calendrier pour cette refonte.
Il existe déjà un programme implicite de réexamens sectoriels
qui sont prévus pour les années à venir, tels que le
fonctionnement de la PAC en 2008, ou la stratégie de Lisbonne cette
même année. Mais une révision plus globale est également
nécessaire.
L’Union devrait s’engager à effectuer un réexamen
complet de tous les aspects de l’organisation de son budget –
dépenses, recettes et structure – afin de s’assurer que
celui-ci est «armé» pour faire face aux défis des
années à venir. Le coup d’envoi serait donné par la
publication début 2009, par la Commission, d’un Livre blanc sur la
modernisation des dépenses et des recettes.
Renforcer le contrôle démocratique et la cohérence de notre
action extérieure
Durant les semaines passées, l’Union a pris une série
d’engagements audacieux concernant la réalisation des objectifs du
millénaire pour le développement. Ces engagements ont un prix, que
nous avons décidé de payer. Il incombe maintenant à l’Union
de les respecter. Les moyens envisagés lors du Conseil européen
n’ont pas l’ampleur suffisante pour cela. D’autre part, il ne
peut être question de retirer nos engagements, ni de différer leur
réalisation, surtout à l’égard des pays les plus
pauvres.
La séparation opérée, dans l’UE, entre les dépenses
du budget principal et celles du Fonds européen de développement (FED)
nuit à la cohérence de l’action extérieure de
l’Union. La «budgétisation» du FED reste la meilleure
option. En cas d’impossibilité, un premier pas consisterait à
incorporer ce Fonds dans les mécanismes traditionnels de dépenses
extérieures, tout en conservant une clé de répartition distincte
pendant une période transitoire. Un tel compromis exigerait que soient
prises les dispositions adéquates pour garantir les prérogatives du
Parlement européen dans ce domaine.
À cet effet, il conviendrait, tout en conservant l’objectif
général de simplification et d'amélioration de l'efficacité
de l'action extérieure de l'Union, de passer un accord interinstitutionnel
spécifique destiné à assurer un rôle approprié au
Parlement dans la définition de la politique en matière de
dépense extérieure.