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Aide au développement: Karel De Gucht appelle tous les États membres de l'UE à «travailler ensemble» pour éviter le gaspillage de milliards d'euros d'aide

Référence:  IP/09/1723    Date:  17/11/2009
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IP/09/ 1723

Bruxelles, le 17 novembre 2009

Aide au développement: Karel De Gucht appelle tous les États membres de l'UE à «travailler ensemble» pour éviter le gaspillage de milliards d'euros d'aide

Le C ommissaire européen chargé du développement et de l'aide humanitaire, M. Karel De Gucht, appellera aujourd'hui les États membres de l'UE à collaborer plus efficacement pour éviter que plus de 3 milliards d'euros d'aide accordés chaque année ne soient gaspillés. Une approche européenne de l'aide au développement, avertira-t-il, permettrait de réaliser des «économies» considérables grâce à une gestion plus efficace de la politique, des actions et des projets d'aide, économies qu'il convient de réinvestir dans une meilleure aide au développement.

L'appel du C ommissaire européen fait suite à une première version d'une étude indépendante intitulée « Efficacité de l'aide: les bénéfices d'une approche européenne », qui a été présentée il y a juste 3 semaines à l'occasion des Journées européennes du développement à Stockholm, en Suède. Ce rapport cherche à quantifier le coût qu'occasionne, pour l'UE, le fait de ne pas mettre en œuvre intégralement les engagements internationaux pris à Paris (2005) et à Accra (2008). Les premières estimations des experts tendent à indiquer qu'il serait possible de réaliser chaque année des gains d’efficacité de plus de 3 milliards d'euros entre 2010 et 2015. Les principaux facteurs ayant un effet négatif sur le rapport coût-efficacité de l'aide sont la volatilité des flux d'aide et la prolifération des donateurs et des organismes de mise en œuvre, qui entraînent la fragmentation des programmes d'aide en dizaines de milliers de projets.

Karel De Gucht a déclaré: «En ces temps de crise économique mondiale, le gaspillage de ressources financières consacrées à l'aide au développement est totalement inacceptable alors que les populations les plus vulnérables du monde en ont plus besoin que jamais. La Commission européenne et les États membres de l'UE se doivent de faire en sorte que chaque euro dépensé serve les intérêts des populations pauvres de la planète. Les contribuables de l'UE sont, eux aussi, en droit d'exiger que notre aide soit utilisée de la manière la plus efficace et la plus efficiente possible. Notre rapport met en évidence un certain nombre de lacunes systémiques dans toutes les formes d'aide de l'UE. En dépit du rôle moteur joué par l'Europe dans les efforts internationaux visant à donner une impulsion au programme d’action à l’appui de l’efficacité de l’aide, il est clair que nous avons encore beaucoup à faire et le temps est venu de donner un coup d'accélérateur.»

D’une manière générale, une action concertée de l'UE aurait une incidence majeure sur deux points essentiels: l'amélioration des conditions de prévisibilité de l'aide et une meilleure division du travail. En mettant intégralement en œuvre les engagements internationaux souscrits à Paris (2005) et à Accra (2008) et en utilisant les outils convenus au niveau de l'UE (code de conduite sur la division du travail, boîte à outils pour la division du travail et prochain «cadre opérationnel» sous la présidence suédoise), l'UE pourrait améliorer les actions de développement en faveur des pays en développement et susciter des initiatives similaires de la part d’autres donateurs avant le prochain forum mondial sur l'efficacité de l'aide, qui se tiendra à Séoul en 2011.

Les principales conclusions de l'étude sont les suivantes:

  • le manque généralisé de systèmes d’information en matière de gestion empêche de mesurer de manière adéquate les coûts ou bénéfices liés à l'utilisation de différentes formes d'aide;

  • une consolidation renforcée des programmes et des projets, le recours à des modalités de cofinancement, la délégation de la coopération et des accords de division du travail permettraient de réaliser des économies de l’ordre de 200 à 500 millions d'euros par an;

  • avec un coût moyen (personnel et consultants) estimé entre 90 000 et 140 000 d'euros pour la conception, l’élaboration, l'évaluation et l’adoption d'un nouveau projet, les coûts totaux supportés par les donateurs de l’UE pour la mise au point des 22 000 nouveaux projets approuvés en 2007 se situeraient entre 1,9 et 3 milliards d'euros par an;

  • on constate un problème de prolifération des donateurs: 41 % de tous les secteurs dans les pays bénéficiaires ont enregistré des versements de plus de trois donateurs de l'UE en 2007;

  • un autre problème est celui de la fragmentation de l’aide: à eux seuls, les États membres de l'UE et la Commission ont été associés à 40 000 à 50 000 actions ou projets d'aide en 2007; une meilleure division du travail permettrait de remédier à ce problème;

  • grâce à une plus grande prévisibilité de l’ensemble des futurs engagements bilatéraux de l'UE en matière d’aide, la valeur de l'aide programmable par pays de l'UE pourrait être augmentée de 2 à 4 milliards d'euros par an;

  • actuellement, environ dix pour cent des aides de l'UE sont toujours liées, ce qui signifie qu'elles doivent «revenir» dans le pays donateur. Les coûts que représentent les aides liées restantes dans le programme d'aide de l'UE peuvent être estimés à 500 millions d'euros par an.

Historique

L'Union européenne est le premier bailleur de fonds au monde, prenant à son compte plus de la moitié de l'aide mondiale aux pays en développement.

En 2008, l'UE a fourni 49 milliards d'euros d'aide publique au développement (APD), soit environ 60 % de l’ensemble de l’aide dispensée dans le monde.

L'étude avait pour objectif de déterminer et de présenter les coûts liés à l’inefficacité et la fragmentation de l’aide ainsi que les économies potentiellement réalisables grâce à une meilleure application des principes fondamentaux de l’efficacité de l’aide dans la coopération au développement européenne (UE et États membres).

Le rapport (projet de version du 23 octobre 2009) « Efficacité de l'aide: les bénéfices d'une approche européenne » peut être consulté à l'adresse suivante:

http://ec.europa.eu/development/icenter/repository/AE_Full_Final_Report_20091023.pdf