IP/08/819
Bruxelles, le 28 mai 2008
La Commission soumet au comité
permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale une
proposition établissant des conditions strictes pour le traitement
antimicrobien des carcasses de volaille
Après avoir examiné dans quelles
conditions la viande de volaille traitée avec des substances
antimicrobiennes pouvait être commercialisée dans l'Union
européenne, la Commission européenne a décidé aujourd'hui de
soumettre au comité permanent de la chaîne alimentaire et de la
santé animale une proposition établissant des conditions strictes sur
la base desquelles quatre substances antimicrobiennes pourront être
utilisées dans le processus de décontamination des carcasses de
volaille. Ces substances devront être appliquées séparément
et non en combinaison, elles devront en outre traiter des carcasses
entières de volaille et non des parties de carcasse ou des
découpes de volaille. Les entreprises qui utiliseront ces substances,
devront également, au moyen de l'étiquetage, informer les
consommateurs que la volaille a été traitée par l'une de ces
substances et devront indiquer de manière clairement lisible sur
l'étiquette que la volaille a été, soit « traitée
avec des substances antimicrobiennes », soit
« décontaminée par des substances chimiques ». Des
conditions strictes de gestion des eaux usées sont également
prévues pour assurer la protection de l'environnement. Par ailleurs, les
entreprises qui utiliseront ces substances collecteront des données à
des fins de contrôle et mettront ces données à la disposition des
autorités compétentes. La proposition envisage également que dans
les 2 ans, à partir de la date d'application, l'autorisation et les
conditions de leurs utilisations soient obligatoirement réexaminées,
à la lumière de nouvelles données scientifiques et, si
nécessaire, la Commission proposera de modifier le
règlement.
Traitement des carcasses de volaille
La proposition de la Commission, qui vise à recourir à une
possibilité offerte par l'actuelle législation communautaire
(règlement 853/2004), prévoit les conditions d'utilisation de ces
substances. Toutes ces substances ont fait l'objet d'une évaluation
scientifique de la part de l'EFSA concernant leurs effets directs possibles sur
les consommateurs et toutes ont reçu un avis favorable à cet
égard.
Une autre importante condition, imposée par les entreprises, à
remplir est le rinçage de la carcasse de volaille avec de l'eau potable
après le traitement. Ce rinçage doit avoir lieu avant que les
carcasses ne soient introduites dans le local frigorifique afin d'éliminer
au mieux tout résidu de ces substances sur les carcasses.
Collecte de données
Les entreprises qui utiliseront les substances antimicrobiennes devront
collecter des données, à des fins de recherche et de contrôle, et
mettre ces données à la disposition des autorités
compétentes. La recherche qui sera effectuée portera sur :
- l'apparition possible d'une résistance antimicrobienne à moyen et
à long terme, aucun effet n'ayant été observé à court
terme,
- l'impact sur l'environnement du rejet des eaux usées contenant ces
substances,
- la possibilité que des souches résistantes se développent
dans les eaux usées.
Conditions environnementales
La proposition de la Commission prévoit également que les
entreprises qui utiliseront ces quatre substances devront se conformer à
certaines normes relatives à la qualité des eaux usées. Les
solutions contenant les substances devront, après traitement, être
rejetées vers un système de collecte et de traitement des eaux
urbaines ou vers les eaux usées industrielles.
Par ailleurs, lorsque ces substances seront utilisées, les
autorités compétentes renforceront la fréquence des
contrôles officiels. La durée de ces contrôles pourra elle aussi
être augmentée. Les autorités compétentes auront le droit de
définir, au cas par cas, des conditions supplémentaires d'utilisation
de ces substances.
La proposition sera soumise au vote du comité permanent de la
chaîne alimentaire et de la santé animale lors d'une de ses prochaines
réunions.
Modification technique aux règles régissant les définitions
et les normes de commercialisation de la viande de volaille.
En conséquence de la proposition, une modification technique doit
également être apportée aux règles régissant les
définitions et les normes de commercialisation de la viande de volaille.
Cette proposition distincte, destinée à modifier un règlement
existant, sera transmise au Conseil et au Parlement européen. Avec les
dispositions en vigueur, il faudrait un avis du Parlement et une majorité
qualifiée au Conseil. Si elle n'est pas adoptée avant l'entrée en
vigueur du traité de Lisbonne, elle devrait faire l'objet d'une
codécision entre le Conseil et le Parlement.
Dans le même temps, la Commission propose de procéder à un
certain nombre d'aménagements pour mettre la législation à jour,
à la lumière des changements techniques intervenus depuis son adoption
initiale. Ces aménagements ne sont pas liés à la question des
traitements antimicrobiens.