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Biocarburants: Andris Piebalgs, membre de la Commission chargé de l'énergie, réagit au rapport de la Chambre des communes

Reference:  IP/08/64    Date:  21/01/2008
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IP/08/64

Bruxelles, le 21 janvier 2008

Biocarburants: Andris Piebalgs, membre de la Commission chargé de l'énergie, réagit au rapport de la Chambre des communes

Andris Piebalgs, membre de la Commission européenne chargé de l’énergie, a déclaré, en réaction au rapport de la Chambre des communes qui préconise un moratoire sur les biocarburants: «La Commission est en profond désaccord avec la conclusion du rapport de la commission d'audit environnemental de la Chambre des communes britannique, qui affirme que la politique actuelle en matière de biocarburants a un effet écologique global négatif. Elle soutient au contraire que cette politique débouche sur une réduction considérable des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux émissions engendrées par l’utilisation de pétrole».

Il n’existe actuellement que trois moyens de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des transports: accorder une plus grande place aux modes de transport économes en énergie (rail, transport maritime à courte distance, transports collectifs), promouvoir les véhicules routiers à faible consommation en fixant des objectifs en matière d’émissions de CO2 par kilomètre, et développer les biocarburants.

La Commission encourage activement les deux premiers modes d’action [livre blanc sur les transports, proposition visant à limiter les émissions de CO2 des voitures (COM/2007/0856 final du 19.12.2007)], mais les biocarburants devraient également bénéficier d’un appui, car ils représentent la mesure la plus rapidement applicable pour ralentir considérablement la croissance préoccupante des émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des transports. Cela revêt une importance critique dans un contexte où les émissions croissantes des transports annulent les réductions d'émissions de gaz à effet de serre réalisées avec difficulté dans d'autres secteurs.

Cependant, il ne faudrait pas oublier que les biocarburants, outre leur contribution essentielle à la viabilité environnementale du secteur des transports, ont d’autres avantages au moins aussi importants: réduction de la dépendance par rapport aux importations de pétrole, possibilités de développement pour les pays pauvres et préparation de l’arrivée des biocarburants de deuxième génération (par la création de capacités de raffinage, de réseaux de distribution, de voitures fonctionnant aux biocarburants, etc.).

En outre, le rapport omet de préciser que, jusqu’à ce que d’autres technologies, telles que l’hydrogène, deviennent compétitives, la seule possibilité à part les biocarburants est le pétrole. C’est-à-dire une source d’énergie de plus en plus rare, associée à de graves problèmes environnementaux dans les régions où elle est produite, et qui génère de grandes quantités de CO2 non seulement lors de sa combustion, mais aussi lors de son extraction (brûlage de gaz à la torche), de son transport (pétroliers) et de son raffinage. Il faut ajouter à cela les effets négatifs de la croissance rapide de son prix sur notre économie, les tensions géostratégiques dans les régions où elle est produite et ses incidences fâcheuses dans les pays en développement.

Toutefois, la Commission partage les préoccupations de la Chambre des communes quant à la viabilité environnementale des biocarburants, qui doit être garantie par des normes et des mécanismes solides destinés à prévenir des changements néfastes dans l’affectation des sols. C’est pourquoi la nouvelle directive relative à la promotion de l'utilisation de sources d’énergie renouvelables prévoira de promouvoir uniquement les biocarburants durables, c’est-à-dire ceux qui peuvent garantir une réduction importante des émissions de CO2 par rapport à celles qui découleraient de l’utilisation de pétrole. En outre, un élément clé de la directive consistera en un régime de viabilité environnementale solide qui empêchera non seulement des changements néfastes dans l’affectation des sols, mais encore d'autres dommages environnementaux comme la destruction des forêts pluviales.

Actuellement, les biocarburants sont commercialisés en l’absence de normes ou de régimes de viabilité environnementale à l’échelon européen. La directive sur les sources d’énergie renouvelables établira un régime de ce type pour la première fois dans l'histoire. En ce sens, elle constituera une première étape vers la mise en place de normes de viabilité internationales pour l’ensemble de la production agricole.