IP/06/498
Bruxelles, le 12 avril 2006
La Commission propose des mesures pratiques
visant à améliorer les modalités d’application du cadre
législatif européen en matière d'OGM
L'approche proposée par le commissaire chargé de la
santé et de la protection des consommateurs, Markos Kyprianou, et le
commissaire responsable de l'environnement, Stavros Dimas, qui porte sur
l'adoption de mesures supplémentaires pour améliorer la cohérence
scientifique et la transparence des décisions relatives aux organismes
génétiquement modifiés (OGM), a reçu aujourd'hui le soutien
de la Commission européenne. Les mesures proposées visent à
apporter des améliorations pratiques qui rassureront les États
membres, les parties prenantes et le grand public sur le fait que les
décisions communautaires sont fondées sur des évaluations
scientifiques de qualité qui garantissent un niveau élevé de
protection de la santé humaine et de l'environnement. Ces
améliorations seront réalisées dans le cadre juridique existant,
conformément au droit communautaire et aux règles de l'OMC et en
évitant tout retard injustifié dans les procédures
d'autorisation.
Compte tenu de l'expérience pratique acquise
récemment concernant la mise sur le marché d'OGM, la Commission a
décidé que des améliorations concrètes pourraient être
apportées au système afin de renforcer la cohérence scientifique
et la transparence des décisions en la matière et de parvenir à
un consensus entre toutes les parties intéressées. Ces
améliorations seront réalisées dans le cadre juridique existant,
conformément au droit communautaire et aux règles de l'OMC et en
évitant tout retard injustifié dans les procédures
d'autorisation.
La Commission propose d'adopter les mesures suivantes:
- phase d'évaluation scientifique:
- l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA)
sera invitée à collaborer davantage avec les organismes scientifiques
nationaux afin de surmonter les éventuelles divergences de vue de nature
scientifique avec les États membres;
- l'EFSA sera invitée à détailler davantage, dans les avis
qu'elle formule au sujet de demandes individuelles, les raisons pour lesquelles
elle rejette les objections scientifiques des autorités nationales
compétentes;
- la Commission exercera pleinement les compétences réglementaires
que lui confère la législation de base pour préciser le cadre
juridique dans lequel l'EFSA doit effectuer ses évaluations;
- l'EFSA sera invitée à expliquer quels protocoles les demandeurs
devraient utiliser dans leurs études scientifiques (en toxicologie, par
exemple) destinées à démontrer la sécurité;
- les demandeurs et l'EFSA seront invités à aborder les effets
potentiels à long terme et les questions de biodiversité d'une
manière plus explicite lors de l'évaluation des risques en vue de la
mise sur le marché d'OGM;
- -phase décisionnelle:
- pour certains risques particuliers décelés lors de
l'évaluation des risques ou étayés par les États membres, la
Commission introduira de nouvelles mesures de gestion des risques
proportionnelles, au cas par cas, dans les projets de décision de mise sur
le marché d'OGM, en fonction des besoins;
- lorsque la Commission estimera que les observations formulées par un
État membre soulèvent de nouvelles questions scientifiques importantes
que l'EFSA n'a pas abordées de manière adéquate ou suffisante
dans son avis, elle pourra suspendre la procédure et renvoyer la question
à l'EFSA pour un examen plus approfondi.
Cette évolution
de la procédure d'autorisation des OGM n'est pas seulement le résultat
des réflexions internes de la Commission; elle s'inspire également de
discussions qui ont été menées avec les États membres et les
parties prenantes. Au cours des prochains mois, la Commission s'entretiendra de
ses propositions avec les États membres réunis au sein du Conseil et
avec l'EFSA, dans le but de renforcer le consensus et la transparence dans ce
domaine de la politique communautaire.
Contexte
Au cours des cinq dernières années, l'Union européenne a mis
en place un système rigoureux pour réglementer la commercialisation et
la production des denrées alimentaires, des aliments pour animaux et des
produits agricoles génétiquement modifiés. La procédure
d'autorisation de l'UE garantit que seuls les OGM ne présentant aucun
danger pour la consommation humaine et animale et pouvant être
libérés sans risque dans l'environnement sont mis sur le marché
européen. Des règles d'étiquetage précises permettent aux
agriculteurs, aux autres utilisateurs et aux consommateurs de choisir d'acheter
ou non ces produits et garantissent la traçabilité de tous les OGM
à chaque étape de leur utilisation.
Le système réglementaire de l'Union, qui est l'un des plus stricts
au monde, repose sur l'octroi d'autorisations individuelles de mise sur le
marché de l'UE à la suite d'évaluations scientifiques
réalisées au cas par cas. Les demandes d'autorisation qui ne
respectent pas tous les critères sont rejetées et continueront à
l’être.