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Commission européenne - Déclaration

Déclaration conjointe à l'occasion de la Journée internationale de la tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines

Bruxelles, le 5 février 2019

Dans la perspective de la Journée internationale de la tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines, le 6 février 2019, Mme Federica Mogherini, haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité/vice-présidente de la Commission, M. Johannes Hahn, commissaire chargé de la politique européenne de voisinage et des négociations d'élargissement, M. Neven Mimica, commissaire chargé de la coopération internationale et du développement, et Mme Vĕra Jourová, commissaire chargée de la justice, des consommateurs et de l'égalité des genres, ont réaffirmé la détermination sans faille de l'Union européenne à éradiquer les mutilations génitales féminines dans la déclaration suivante:

«Toutes les femmes et toutes les filles ont le droit de vivre à l'abri de la violence et de la douleur. Et pourtant, plus de 200 millions de femmes et de filles dans le monde, dont 500 000 en Europe, ont subi de force des mutilations génitales féminines, pratiques douloureuses et traumatisantes. Des millions d'autres filles y sont exposées: 68 millions d'entre elles, dans 25 pays, risquent d'en être victimes d'ici 2030.

Les mutilations génitales féminines constituent une grave violation des droits humains et une atteinte à l'intégrité physique des femmes. Ces pratiques s'apparentent à de la torture; rien ne saurait justifier ce traitement dégradant, qu'il soit infligé au nom des coutumes, de la tradition, de la culture ou de la religion.

Ces actes sont considérés comme un crime dans tous les États membres de l'Union européenne. Récemment, des personnes coupables de multilations génitales féminines ont été condamnées pour la première fois et nous espérons que quiconque commet de tels agissements criminels dans l'Union européenne ou les organise dans un pays tiers sera traduit en justice. Même si de nombreux défis subsistent, cela constitue un premier pas important vers la justice pour les victimes.

L'Union européenne est au premier rang des efforts déployés au niveau mondial pour mettre fin aux mutilations génitales féminines à l'horizon 2030. Nous avons aidé les pays partenaires à ériger cette pratique préjudiciable en infraction pénale et nous sommes déterminés à faire plus encore.

L'Union européenne et les Nations unies ont lancé l'initiative mondiale «Spotlight» dans le but d'éliminer toutes les formes de violence à l'égard des femmes et des filles, y compris les mutilations génitales féminines, les mariages d'enfants et d'autres pratiques préjudiciables aux femmes. Pour favoriser un changement social durable, l'UE financera des projets visant à lutter contre les violences à caractère sexiste au niveau local. Pour mettre un terme à ces pratiques, nous travaillerons de concert avec les acteurs à tous les échelons: les autorités, les responsables communautaires, les parents, les parlements, le pouvoir judiciaire, la société civile, la jeunesse et les médias ainsi que d'autres parties prenantes concernées.

Nous restons déterminés à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour mettre fin à cette pratique délictueuse.»

Contexte

Les mutilations génitales féminines recouvrent, selon la définition donnée par l'Organisation mondiale de la santé, toutes les pratiques consistant en l'ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou en toute autre lésion des organes génitaux de la femme pour des raisons non médicales.

Elles sont pratiquées pour des raisons culturelles, religieuses et/ou sociales sur des filles âgées de 0 à 15 ans. Elles constituent une forme de maltraitance des enfants et de violence à l'égard des femmes et des filles; elles ont de graves conséquences physiques et psychologiques à court et à long termes.

Les mutilations génitales féminines constituent une forme de violence à l'encontre des femmes et ont été érigées en infraction pénale par la convention d'Istanbul du Conseil de l'Europe. Cette convention a été signée par tous les États membres de l'UE et 20 d'entre eux l'ont ratifiée jusqu'à présent. En vertu de cette convention, tout citoyen de l'UE peut être poursuivi pour avoir pratiqué des mutilations génitales féminines à l'étranger.

Ces dix dernières années, l'Union européenne a franchi des étapes importantes dans ce domaine. Grâce à l'Union européenne et à la coopération avec l'UNICEF, le FNUAP et des organisations de la société civile, quelque 3,3 millions de femmes et de filles ont eu accès à des services de protection et de prévention. Plus de 20 000 groupes associatifs locaux en Afrique ont publiquement appelé à l'élimination des mutilations génitales. Soutenus par un partenariat solide entre l'Union européenne, l'Union africaine et les pays africains qui militent pour cette cause, 12 pays d'Afrique ont créé des lignes budgétaires nationales pour mettre fin à ces pratiques. Des réseaux régionaux et nationaux d'organisations religieuses existent également dans les pays arabes pour lutter contre de tels actes.

L'Union européenne reste attachée à la mise en œuvre intégrale du Programme de développement durable à l'horizon 2030, qui aborde la question des mutilations génitales féminines dans le cadre de son objectif 5 «Parvenir à l'égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles» et de sa cible 5.3 relative à l'élimination des pratiques préjudiciables.

De nombreuses filles et femmes vivant dans l'Union européenne risquent de subir ou ont subi, elles aussi, des mutilations génitales féminines. L'Institut européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes s'est intéressé à la prévalence des mutilations génitales féminines dans l'Union européenne et a publié récemment une étude sur la prévalence des mutilations génitales en Belgique, en Grèce, en France, en Italie, à Chypre et à Malte. Cette étude fournit des informations qualitatives et quantitatives plus précises sur les mutilations génitales féminines et les risques pour les filles dans l'UE, en tenant compte de nouveaux schémas de migration.

Pour en savoir plus

Questions-réponses sur les mutilations génitales féminines et les mesures prises par l'UE pour mettre fin à ces pratiques

Initiative «Sportlight» de l'Union européenne et des Nations unies

Étude sur les risques de mutilations génitales féminines dans 6 pays de l'UE (Belgique, Chypre, France, Grèce, Italie et Malte)

STATEMENT/19/810

Personnes de contact pour la presse:

Renseignements au public: Europe Direct par téléphone au 00 800 67 89 10 11 ou par courriel


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