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Commission européenne - Discours - [Seul le texte prononcé fait foi]

Déclaration du Président Juncker au point presse conjoint avec Klaus Iohannis, Président de la Roumanie

Bucarest, le 11 janvier 2019

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Monsieur le Président de la République, mon cher Klaus,

Simplement et rapidement pour dire à quel point nous sommes heureux d'être en Roumanie et je voulais remercier le Président et le gouvernement de la qualité de l'accueil qui nous est offert.

La Roumanie, pour moi, n'est pas un pays neutre parce que sur un plan disons autobiographique, j'étais très étroitement associé à la marche de la Roumanie vers l'Union européenne. Une première fois lorsqu'en décembre 1997, j'ai présidé à Luxembourg le Conseil européen qui a permis aux Etats membres qu'on dit « les nouveaux États membres » mais qui sont déjà vieux, d'entamer leur marche vers l'Union européenne.

Aujourd'hui, tout cela parait comme relevant de l'évidence. Mais à l'époque il y avait de lourds débats entre les Européens qui étaient déjà et ceux qui se pressaient au portillon de l'Union européenne. Je n'ai jamais regretté de l'avoir fait parce que je considère que sans la Roumanie, l'Union européenne n'est pas complète. Et je considère que nous devons beaucoup à la Roumanie mais que la Roumanie doit aussi beaucoup à l'Union européenne. Et une deuxième fois, lorsque j'ai pu signer au nom du Conseil européen, encore une fois à Luxembourg en avril 2005, le Traité d'adhésion de la Roumanie – et jusqu'à ce jour je n'ai jamais regretté cette signature.

Nous sommes convenus avec le Président de bien préparer la réunion de Sibiu qui aura lieu le 9 mai. Ce sera une réunion de stabilité parce que le jour où le Royaume Uni aura quitté l'Union européenne,  nous devons démontrer à nous-mêmes et à ceux qui nous observent de loin, que l'Union européenne n'arrive pas à sa fin, mais qu'elle prend un nouveau départ et qu'elle entame une autre étape dans sa longue historie qui n'a jamais été un fleuve tranquille.

La présidence roumaine sera une présidence qui doit être une présidence qui fournira des résultats. Nous avons sur la table du co-législateur – du Conseil et du Parlement européen – plus que de 200 propositions législatives qui ont été introduites par la Commission et nous voudrions que la plupart d'entre elles trouvent une décision d'action législative définitive avant les élections européennes. Il y a du travail à faire pour la présidence roumaine, et je m'excuse auprès du Président que la Commission a travaillé avec sévérité pour pouvoir proposer et soumettre à la médiation du Conseil et du Parlement un nombre important d'initiatives législatives.

Ce sera une présidence qui devra s'occuper plus en avant avec les perspectives financières pluriannuelles. La présidence autrichienne ayant fait un bon travail technique, la Présidence roumaine devant poursuivre sur cette voie parce que nous ne pouvons pas interjeter maintenant, avant les élections européennes, une pause ni de réflexion ni d'action et donc nous voudrions que ce dossier soit traité avec tous les soins et toute la diligence requise.

Brexit, oui, nous sommes en contact – Commission, moi-même – continu avec Downing Street Numéro 10 et nous verrons d'ici mardi quelles seront les conclusions que le législateur britannique tirera des textes qui lui sont proposés. J'espère toujours qu'il y aura un deal. Je n'aime pas la perspective du no deal parce que le no deal serait une catastrophe, et pour nos amis britanniques et pour les Européens continentaux. Et donc tous les efforts généralement quelconques doivent être déployés d'ici mardi matin ou mardi après-midi pour mener à bon port ce projet d'importance.

Je crois que la présidence roumaine pourra faire du travail utile, ne fut-ce que pour démontrer que tous ceux qui prétendent qu'en Europe il y a deux blocs – ceux qui vivent à l'ouest, ceux qui vivent en Europe centrale qui devraient se regarder en chien de faïence – ont tort. L'Europe doit respirer avec ses deux poumons et donc nous ferons en sorte que l'Europe – pendant la présidence roumaine et après – puisse respirer d'une façon organisée et ordonnée.

Il serait utile qu'à l'intérieur de ce pays, s'établisse une atmosphère, un esprit de consensus qui permettrait – tous les Roumains disant à peu près la même chose – que l'Europe puisse avancer.

On ne peut pas exporter vers l'Europe des conflits internes et on ne peut pas faire une polémique sans sens et sans but parce qu'on peut rencontrer sur le plan interne des difficultés. Je crois que la Roumanie qui veut être utile à l'Europe, devra être utile en établissant les préconditions qui lui permettront de mener à terme et dans le succès cette présidence, dont je pense qu'elle sera, pour être la première présidence roumaine, une grande présidence.

 

Questions et réponses

Q1 To both Presidents. My question has to do with the Western Balkans Strategy that is at stake as we speak. There is a vote in the Parliament of FYROM, the Former Yugoslav Republic of Macedonia, in order to secure the prior actions for the constitutional change; and at the same time, the government in Athens may have fallen over the same Prespa Agreement – the name deal. Now, do we have a Plan B? What is your message to all the actors – and I also mean the opposition in Greece? Because can we really wait another 10 years for the European perspective of the Western Balkans? Can we really afford the possibility of other third parties infiltrating the area? What can we do about it, what can be done, what should all actors do in this case?

Président Juncker: Sur cette affaire du nom de l'ancienne République yougoslave de Macédoine, je suis impressionné par le courage des deux Premiers ministres au nord et au sud. Rares sont ceux qui devant l'histoire portent une telle responsabilité. Et je voudrais que ce processus soit conclu avec succès et dans les délais prévus. Je ne peux qu'encourager les deux gouvernements, les deux Premiers ministres et les deux Parlements de faire ce que l'histoire leur demande de faire.

Q2 [EN Translation] A question for President Juncker. You said that there is no room for compromise in matters of rule of law and democracy. What did you refer to? Would the normative act on amnesty and pardon be such a compromise in your view and what would be the consequences? For President Iohannis: Are you worried that the dispute concerning the judiciary in Romania could affect the Presidency in any way?

Président Juncker: Sur ce point, j'ai voulu rappeler hier soir le cortège des règles européennes. Il fait partie du canon européen, le nécessaire respect devant la règle de droit. Et j'ai dit que l'Europe – oui – elle est faite de compromis mais qu'il ne saurait y avoir des compromis lorsqu'il s'agit de l'essentiel. Et l'essentiel serait négativement impacté si une amnesty telle que certains l'envisagent dans ce pays verrait le jour. Ce serait un recul.

Q3 Mr Juncker, you have spoken about your contacts with Downing Street in the last few days. Can I ask you to be a bit more specific? Ms May is facing almost certain defeat in the Commons on Tuesday and she says she needs more assurances from the EU in relation with a number of issues but most specifically on the backstop and its temporary nature. Can you elaborate on what sort of assurances you will be able to give her? Is there a letter drafted? What does the Commission do if on Tuesday, the vote goes down?

Président Juncker: Moi, je ne m'inscris pas dans un paysage qui serait fait de spéculations et de quiproquos. Il n'y a pas de quiproquos. Nous avons dit – Conseil européen et Commission – en toute harmonie qu'il ne saurait y avoir de renégociation mais qu'il peut y avoir des clarifications. Nous sommes en train de voir avec Downing Street ce en quoi pourraient consister ces clarifications qui ne sont pas à confondre avec une quelconque renégociation, notamment en ce qui concerne le backstop. Pour le reste, je ne crois pas qu'il serait sage que je m'exprime sur les détails des pourparlers en cours. Vous le saviez déjà, avant de poser la question, que je vous donnerais cette réponse. Laissez-moi faire. 

Q4 [EN translation] President Juncker, in your speech on the State of the Union, you always stated that in the European Union, we cannot have first and second category citizens, that standards needs to be the same. What can you do in the short part of the mandate you have, that is remaining, to eliminate double standards – the fact that Romania and Bulgaria are not part of the Schengen area for instance? I know you have spoken about that before but what could be your contribution to this topic? Or the fact that Romania and Bulgaria are the only countries that still have the Cooperation and Verification Mechanism ongoing? How could you contribute to removing these two examples of double standards? President Iohannis, what could you do together with the government of Romania, on the same topic?

Président Juncker: Lorsque je me suis présenté timidement et modestement le 14 juillet 2014 devant le Parlement européen pour demander l'investiture des députés européens, j'ai dit que je voudrais que sous le mandat de ma Commission, il soit fait en sorte que la Roumanie devienne membre de la zone Schengen. Je ne vois pas pourquoi elle ne pourrait pas le devenir. Et pour ce qui est du Mécanisme de coopération et de vérification, j'avais dit que je voudrais que sous notre mandat, il soit mis un terme à ce mécanisme. Encore faudra-t-il que l'on étudie soigneusement les observations que la Commission a faites récemment à l'endroit notamment de la Roumanie. Nous avons discuté avec le gouvernement tout à l'heure de cette question.

President Juncker [after President Iohannis]: Merci beaucoup. Merci villmols.

SPEECH/19/345


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