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Commission européenne - Discours - [Seul le texte prononcé fait foi]

Discours par le Président Juncker à la cérémonie d'ouverture de la présidence roumaine du Conseil de l'Union européenne

Bucarest, le 10 janvier 2019

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Domnule Presedinte,

Doamna Prim-Ministru,

Dragi prieteni.

For those who are less fluent in Romanian than I am, this means Mister President, Madam Prime Minister, dear friends.

Je voudrais tout d'abord remercier la présidence roumaine pour nous accueillir en ce lieu magnifique, symbole par excellence de la richesse de l'histoire culturelle et intellectuelle de la Roumanie. Vos musiciens, vos peintres, vos sculpteurs, vos écrivains et vos poètes du passé et ceux d'aujourd'hui comptent parmi les plus grands artistes et intellectuels de notre continent.

J'admire votre vie intellectuelle et culturelle, qui est toujours restée forte, même pendant les trop longues années et décennies de plomb auxquelles les Roumains, comme d'autres peuples en Europe centrale et orientale, ont payé un très lourd tribut et dont ils se sont libérés il y a bientôt 30 ans, les Roumains ayant décidé de prendre en main l'histoire au lieu de la subir.

C'est donc non seulement avec un grand plaisir, mais aussi avec une émotion certaine que je suis ici ce soir. Je ressens ce jour comme étant marqué d'un sceau particulier. En effet, la cérémonie d'ouverture de la première présidence roumaine du Conseil de l'Union européenne n'est pas un évènement neutre.

Il y a 12 ans – le 1 janvier 2007 – la Roumanie a rejoint la famille des nations européennes enfin réconciliées. Ce jour-là, nous avons définitivement enterré Yalta, ce décret funeste de l'après-guerre qui voulait à jamais scinder en deux le continent européen. Je me souviens de chaque étape de cette période cruciale de la vie de notre Union qui a vu la réconciliation pacifique de l'histoire et de la géographie européennes et à laquelle j'ai eu la chance d'être étroitement associé.

Parce que c'est à Luxembourg, en décembre '97, lors d'un Conseil européen que je présidais, que nous avons décidé du principe de l'adhésion de la Roumanie. Et c'est aussi à Luxembourg, qu'au nom du Conseil européen que j'ai présidé – parce que je l'ai présidé à plusieurs fois, j'étais toujours Président dans ma vie –, c'était en 2005 en avril que j'ai signé, Président du Conseil européen, au nom de l'Union européenne les traités d'adhésion de la Roumanie. Je dois vous dire, mes chers amis, que jusqu'à ce jour, j'en suis fier. J'en reste fier.

Je me souviens que le chemin vers l'adhésion fut pour la Roumanie un chemin toujours difficile et souvent exigeant. Il faut saluer l'extraordinaire performance qui fut celle des Roumains qui ont tenu fermement une boussole européenne entre leurs mains et qui restent profondément attachés à leur appartenance à l'Union européenne et à la défense de nos valeurs communes qu'il faudra respecter, à chaque instant, sans douter et sans faiblir. Oui, l'Union européenne est faite de compromis, mais lorsqu'il s'agit des droits humains, lorsqu'il s'agit de l'Etat de droit, lorsqu'il s'agit du respect de la règle de droit, lorsqu'il s'agit de la lutte contre la corruption, il n'y a pas de compromis possible.

C'est parce que la Roumanie a sa place naturelle au sein de l'Union européenne. L'Union européenne ne serait pas complète sans la Roumanie. Et donc la place naturelle de la Roumanie est aussi au sein de la zone Schengen. Dès juillet 2014, m'exprimant devant le Parlement européen, j'ai plaidé pour que la Roumanie fasse partie de la zone Schengen. Je reste fidèle à cette promesse. La Roumanie doit faire partie de la zone Schengen.

La Roumanie prend maintenant la présidence du Conseil de l'Union européenne et elle le fait à un moment crucial de notre histoire commune. Sous votre présidence, mes chers amis, nous allons ouvrir un nouveau chapitre de notre histoire commune qui s'écrira tout d'abord à Sibiu – sommet que j'avais proposé en 2017 – où nous devrons donner de véritables perspectives d'avenir à tous nos concitoyens qui, à l'occasion des élections européennes, décideront de la composition du nouveau Parlement européen. Ce sont les toutes premières élections européennes auxquelles participeront les millennials, ces jeunes Européens nés avant le début de ce siècle, héritiers des générations qui nous ont précédées, et qui auront alors l'occasion de contribuer à renforcer l'héritage que nous ont légué les géants du passé.

Nous devrons aussi garantir que nos ambitions pour une Europe qui protège et qui défende ses citoyens et leur donne les moyens de saisir toutes les opportunités d'un monde en pleine mutation, ne soient pas des promesses sans lendemain mais de vrais et solides engagements dotés de moyens financiers à la hauteur des enjeux du futur. Votre présidence aura un rôle essentiel à jouer pour dessiner les grandes lignes d'un accord sur le prochain cadre financier pluriannuel, notamment au moment où nous allons tourner la page du Brexit.

Tout au long de ces mois, la Commission – qui est l'amie de la Roumanie, dont certains dans ce pays semblent parfois douter – sera comme toujours à vos côtés, portée par la même volonté qui anime tous ceux qui sont réunis ici aujourd'hui : faire en sorte que la première présidence roumaine du Conseil de l'Union européenne soit un grand moment dans l'histoire de la Roumanie et un grand moment dans l'histoire de l'Union européenne. Oui, faire en sorte que cette Europe qui fut trop longtemps meurtrie et divisée, cette Europe aujourd'hui pacifiée et réconciliée, reste un havre de paix et un modèle pour le reste du monde.

Et alors que nous sculptons l'avenir de notre Union, je pense à l'un de vos grands artistes qui disait que « les choses ne sont pas difficiles à faire, ce qui est difficile c'est de nous mettre en état de les faire. » Je compte sur l'énergie que je sais grande et l'unité de toute la nation roumaine qui est essentielle, de toutes ses forces politiques, de toutes ses institutions pour que nous soyons en état de faire et de décider ce qui doit être fait et ce qui doit être décidé dans les mois qui viennent.

Le philosophe français Blaise Pascale disait: « J'aime les choses qui vont ensemble. » La Roumanie et l'Europe, l'Europe et la Roumanie, ce sont deux choses qui vont ensemble.

Vive la Roumanie et vive l'Europe !

Mulţumesc ! [Merci]

SPEECH/19/325


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