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Commission européenne - Discours - [Seul le texte prononcé fait foi]

Discours d'ouverture du Président Jean-Claude Juncker à la conférence du 10ème anniversaire du Partenariat oriental

Bruxelles, le 14 mai 2019

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Good morning,

Buongiorno,

Bom dia,

Guten Morgen,

Moien.

I would first like to welcome President Poroshenko. It is maybe the last time – not the last time the two of us are meeting, but we are friends for so many years. We worked together in the best possible way, he in the interest of his country, I myself in the interest of the European Union – that is exactly the same. So thank you Petro for everything you have done.

Messieurs les Présidents,

Messieurs les Premiers ministres,

Mesdames et Messieurs les ministres, ambassadeurs, excellences,

Je suis très heureux de pouvoir vous accueillir ce matin à la Commission européenne, car le Partenariat oriental dont nous célébrons le 10ème anniversaire dépend en fait de vous et de nous, et donc nous avons des choses à faire ensemble.

En effet, notre Partenariat, tel que je le conçois et tel qu'il s'est développé au cours de cette dernière décennie puisque nous fêtons ces 10 ans, va bien au-delà de rencontres et de sommets entre dirigeants politiques nationaux et européens. Il a instauré une véritable coopération de tous les jours entre nos sociétés, celles de nos 28, 27 Etats membres et celles de vos six pays.

C'est à nous tous, Présidents et Premiers ministres, parlementaires, élus régionaux et locaux, ministres et députés, représentants de la société civile, entrepreneurs, universitaires, journalistes et jeunes de tous nos pays, qui donnons vie et de la couleur à ce Partenariat qui est le vôtre et qui est également le nôtre.

Et parce que notre partenariat est né d'une initiative conjointe de l'Union européenne et de vos six pays, nous avons une responsabilité conjointe de faire en sorte qu'il tienne ses promesses et réponde très concrètement aux attentes et aux espoirs de nos concitoyens.

Je voudrais rendre ici un hommage appuyé à ceux qui furent Premiers ministres et ministres des Affaires étrangères. C'est à eux que revient le mérite d'avoir lancé ce processus qui à mes yeux reste un processus important et prometteur d'avenir.

Le Partenariat oriental est fondamentalement un partenariat pour les citoyens et avec les citoyens. Car on ne peut pas construire l'avenir si on ne met pas le sort de nos concitoyens au centre de nos actions et de nos préoccupations.

Notre Partenariat est un partenariat résolument tourné vers l'avenir, c'est-à-dire vers ce qui est important aux yeux de nos concitoyens. Et ce qui est important, c'est la dignité au quotidien : pouvoir travailler, voyager, créer une entreprise, donner une bonne éducation aux enfants, avoir accès aux nouvelles technologies et aux infrastructures modernes, et vivre en commun en sécurité.

C'est aussi un partenariat qui s'organise autour de l'idée que nous devons toujours être à l'écoute des réalités et des aspirations nationales qui sont différentes d'un pays à l'autre, alors que tous, nous avons droit à la même dignité.

Ce sont donc ces principes qui régissent nos relations bilatérales et qui ont donné lieu à des accords différents – certains déjà conclus, d'autres en cours de négociations. Car si nous voulons construire quelque chose de solide qui réponde aux attentes de nos concitoyens, nous devons d'abord mettre en place des bases solides.

Nous avons déjà conclu des accords d'association ambitieux et des accords de libre-échange approfondis et complets avec la Géorgie, l'Ukraine et la Moldavie. Avec chacun de ces partenaires, nous avons mis en place un régime d'exemption de visa pour les séjours de courte durée qui s'est déjà traduit par plus de 3,8 millions de visas délivrés par les Etats membres de l'Union européenne aux citoyens de ces trois pays.

C'est important : si nous voulons rapprocher les Etats et les nations, il faut d'abord rapprocher les citoyens. Et donc la libéralisation des régimes de visa est une précondition pour que nous puissions mieux nous comprendre.

Nous avons conclu des accords d'association ambitieux et des accords de libre-échange, mais nous avons également franchi une nouvelle étape dans nos relations avec nos amis arméniens en concluant un accord de partenariat global et renforcé qui est la claire démonstration que l'Union européenne n'oblige aucun des six Etats membres à choisir entre nous et d'autres.

Je veux le dire très clairement : nous n'exigeons pas des Arméniens et d'autres de choisir entre l'Union européenne et d'autres partenaires importants sur le continent européen. L'histoire étant l'histoire, l'avenir étant l'avenir, c'est un libre choix des pays concernés de faire ce qu'ils entendent être la meilleure solution pour leur pays.

Nous avons commencé les négociations sur un nouvel accord stratégique avec l'Azerbaïdjan qui nous permettra d'approfondir davantage nos relations bilatérales, notamment en matière de commerce et de connectivité. Et des négociations sont en cours sur les priorités du partenariat entre l'Union européenne et la Biélorussie.

C'est sur la base de ces fondements que nous nous sommes tous mis d'accord en novembre 2017 sur un ensemble de 20 actions concrètes à mener à bien d'ici 2020 dans quatre domaines prioritaires : économie plus forte, société plus forte, connectivité plus forte et gouvernance plus forte.

Notre objectif commun est clair. Nous voulons améliorer les conditions de vie de nos concitoyens, rapprocher nos sociétés les unes des autres et défendre les valeurs et aspirations que les citoyens de l'Union européenne et des pays de notre voisinage immédiat partagent collectivement : démocratie, Etat de droit, stabilité et prospérité.

Et alors que nous avons encore devant nous un an et demi – c'est peu – pour mettre en œuvre l'ensemble de nos 20 actions concrètes, nous pouvons être satisfaits des nombreux progrès qui ont déjà été accomplis et qui contribuent encore davantage à rapprocher nos économies et nos sociétés.

Nos échanges commerciaux ont augmenté avec chacun des six pays du Partenariat oriental qui aujourd'hui et pris ensemble, représentent en volume le 10ème partenaire commercial de l'Union européenne. Qui l'aurait cru il y a 20, 30 années ? Qui l'aurait cru il y a 10 années ? Nous avons fait les choses ensemble et je voudrais féliciter les uns et les autres d'avoir contribué à ce qui ne peut pas être décrit autrement comme étant une performance remarquable.

Nous avons accordé 125 000 prêts à des entreprises du Partenariat oriental, dont la moitié en monnaie locale, et nous avons contribué à créer plus de 30 000 nouveaux emplois dans la région.

Cela veut dire que de plus en plus, les petites et moyennes entreprises jouent un rôle essentiel dans les économies de la région, ce qui est le gage d'un développement économique durable et inclusif.

Autre grand domaine d'action : l'augmentation des contacts entre les citoyens de nos différents pays et notamment la jeunesse qui restera une de nos grandes priorités. Nous devons aider la jeunesse à acquérir les compétences requises pour les futurs marchés du travail et j'attache une grande importance aux échanges entre les jeunes de tous nos pays. Le plus les jeunes voyagent, le plus ils travaillent dans les pays de l'Union européenne ou dans les pays qui sont ceux du Partenariat oriental, le mieux l'avenir sera préparé. Ceux qui se connaissent, ceux qui étudient ensemble, ceux qui travaillent ensemble, ceux qui tombent amoureux dans un autre pays.

Vous savez : le programme Erasmus jusqu'à ce jour a vu 10 millions d'étudiants européens étudier dans un autre pays; sont nés de ce programme Erasmus 1 million de bébés. C'est le plus grand programme démographique que l'Europe n'ait jamais vu. Il faut continuer. Nous avons mobilisé 120 millions d'euros sur la période 2017-2020. Presque 80 000 jeunes de vos pays ont participé aux échanges Erasmus.

Nous avons vu – et je voudrais saluer ici le Premier ministre de la Géorgie – s'établir à Tbilissi, la première Ecole Européenne hors des frontières de l'Union européenne. C'était ton prédécesseur qui a fait cela, mais les louanges volent vers toi parce que la Géorgie est devenue un pays, à vrai dire, à 100% européen.

Nous voulons donner un nouvel élan à notre coopération et je salue en particulier le fait que de nombreux jeunes venant de nos amis du Partenariat oriental se sont portés volontaires pour participer à cette grande ambition que j'ai voulu lancer et qui s'appelle le Corps européen de solidarité. Les jeunes doivent aller dans les pays qui ont des problèmes particuliers et ainsi de nombreux jeunes sont partis découvrir d'autres horizons parce qu'ils participent au Corps européen de solidarité.

Oui, le renforcement de la connectivité est un grand sujet – entre vous, pays de l'Europe orientale, et entre vous et nous – et donc j'accorde une grande importance au développement et à l'extension du réseau transeuropéen de transport. C'est important de tout faire pour que ceux qui veulent se voir puissent se voir le plus rapidement possible.

La même remarque vaut à l'égard de l'efficacité énergétique. Il est remarquable que jusqu'à ce jour, près de 400 municipalités, représentant près de 40% de la population totale de la région, aient souscrit aux objectifs climatiques et énergétiques de la Convention des Maires, activement soutenue par l'Union européenne.

Rapprocher davantage nos sociétés les unes des autres ne se réduit pas à ces seules questions de rapprochement que j'ai vous ai dit, entre nos économies, nos sociétés et nos infrastructures. C'est aussi une question de valeurs et de principes partagés.

Et donc la gouvernance dans nos pays et dans vos pays doit devenir plus forte. Et donc les réformes nécessaires doivent être prises immédiatement. Ces reformes concernant d'abord le système judiciaire, la lutte contre la corruption qui est importante. N'oubliez pas que dans les pays de l'Union européenne, la question de la corruption ne cesse de nous interpeller et donc il faudra tout faire pour mettre un terme à cet égarement qui ne devrait plus avoir de place dans nos sociétés modernes.

Cela nous permettra de nous rapprocher davantage, parce que la communauté de valeurs est une dimension importante de nos relations  mutuelles. Remplacer – ce que nous avons fait – la force des armes par la force du droit est une exigence de tous les jours. Et puis il y a une autre exigence : il faudrait que nous arrivions à mettre un terme aux conflits bilatéraux qui existent entre différents pays de l'Europe orientale.

Nous faisons tout pour rapprocher les États de l'Europe orientale de l'Union européenne, mais il faudra que les conflits – frozen or not – arrivent à leur terme. Il faut la paix en Europe du voisinage immédiat, sinon nous ne pouvons pas mobiliser toutes les énergies qui pourraient être les nôtres pour avancer d'une même cohésion dans tous nos pays.

L'Europe qui est celle d'aujourd'hui – les 28, 27 – et les six pays du Partenariat oriental, est en voie de progresser. En fait, j'étais très sceptique – j'étais Premier ministre à l'époque en 2009 – lorsqu'il s'est agi de mettre ensemble des pays que tout distinguait. Je suis plus optimiste aujourd'hui, et je voudrais que nous puissions faire en sorte que les ambitions communes, qui sont les nôtres, puissent être réalisées.

En Europe – vous le savez bien – il faut beaucoup de patience et beaucoup de détermination. Cette patience et cette détermination dont ont besoin les grandes ambitions et les longs trajets.

Nous pouvons, mes chers amis, faire de très grandes choses ensemble.

SPEECH/19/2511


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