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Commission européenne - Discours - [Seul le texte prononcé fait foi]

Discours par le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker au EU-China Business Summit

Pékin, le 16 juillet 2018

Monsieur le Premier ministre,

Mesdames et Messieurs,

Je suis ravi d'être de retour à Beijing car, comme vous le savez, je suis un amoureux fidèle de la Chine et je suis aussi très attentif à l'engagement exprimé à maintes reprises par les autorités Chinoises de contribuer à un avenir qui soit celui d'une mondialisation économique plus ouverte et plus inclusive. C'est aussi pour moi l'occasion de féliciter de vive voix et très chaleureusement le Premier ministre Li pour sa reconduction dans ses importantes fonctions.

 

Le système multilatéral

Pour ma part, je reste plus que jamais convaincu, qu'à l'ère de la mondialisation et de l'inter-indépendance, le multilatéralisme doit être la constante de notre action.

L'Union européenne est l'une des économies les plus ouvertes au monde et nous continuerons à défendre des relations commerciales libres et loyales, fondées sur une concurrence juste et des règles équitables.

Mais si l'Europe est ouverte, l'Europe n'est ni offerte ni naïve. L'Union européenne a l'obligation de protéger son industrie contre la concurrence déloyale. Et nous attendons de tous nos partenaires qu'ils s'en tiennent au respect des règles internationales et des engagements pris, notamment dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). C'est un principe essentiel pour l'Union européenne.

En même temps il est vrai que les règles existantes au sein de l'OMC ne permettent pas de traiter en toute efficacité de pratiques commerciales déloyales au niveau mondial. Mais ce n'est pas une raison pour renverser la table et jeter le bébé avec l'eau du bain.

Il faut préserver le système multilatéral et l'améliorer.Par exemple, l'Union européenne impose des règles strictes sur les aides d'état et il faudrait, qu'au niveau multilatéral, la Chine et les autres pays se conforment à des règles plus strictes pour éviter aussi les phénomènes de surcapacité comme cela a été le cas dans les secteurs de la sidérurgie et de l'aluminium. De même, il serait important de revoir les règles sur les subventions d'état dans le secteur manufacturier.

L'Union européenne travaille déjà avec le Japon et les Etats-Unis sur ces questions. Mais la Chine, qui est devenue un acteur économique majeur, doit aussi assumer sa part de responsabilité. La survie d'un système commercial multilatéral fondé sur des règles est dans l'intérêt de la Chine comme de nous tous.

Je me réjouis donc que la Chine ait accepté notre proposition d'établir un groupe de travail sur ces sujets et ce travail doit commencer tout de suite, hic et nunc.

 

La relation bilatérale

Je voudrais aussi voir notre relation bilatérale se renforcer et gagner en réciprocité. Trop d'entreprises européennes rencontrent des difficultés majeures d'accès au marché chinois et ne bénéficient pas des mêmes conditions d'ouverture que celles offertes aux entreprises chinoises en Europe.

Un ambitieux accord global sur les investissements permettrait de rééquilibrer le manque de réciprocité entre l'Union européenne et la Chine. L'avancement de ces négociations – et je voudrais souligner ici que les négociateurs viennent d'échanger les respectives offres d'accès au marché – serait un élément essentiel pour favoriser nos investissements en Chine et une opportunité pour la Chine de donner suite, de façon concrète, aux principes d'ouverture et de défense du libre commerce énoncés par le Président Xi Jinping.

La Chine, dont les entreprises sont de plus en plus compétitives, a tout intérêt à créer un climat d'investissement plus attractif et à mettre fin au transfert forcé de technologies imposé à 20% des entreprises européennes présentes en Chine, selon le dernier rapport de la chambre européenne de commerce en Chine. Sur la période 2014-2017, les investissements européens en Chine ont diminué de pratiquement la moitié (de 13 milliards $ US à 7 milliards $ US). Ce n'est pas la dynamique que nous souhaitons voir. Leur niveau n'est pas ce qu'il pourrait être.

En parallèle, un accord sur les indications géographiques permettrait d'approfondir notre relation commerciale tout en renforçant nos liens de confiance mutuelle et témoignerait clairement de notre adhésion commune aux règles internationales, notamment dans le secteur clé de la propriété intellectuelle.

Nous n'avons pas décidé de lancer une étude d'impact en vue d'un accord de libre-échange, nous n'avons pas de mandat des États-membres de toute façon. Je ne vois pas de perspectives à très court terme.

C'est en avançant pas à pas, mais néanmoins avec célérité, sur ces différentes mesures, à la fois aux niveaux multilatéral et bilatéral, que nous parviendrons à faire en sorte qu'il y ait entre nous encore plus de confiance, plus de coopération et moins d'obstacles et nos citoyens comme nos entreprises en seront les premiers bénéficiaires.

SPEECH/18/4543


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