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Commission européenne - Discours - [Seul le texte prononcé fait foi]

Déclaration de Jean-Claude Juncker, Président de la Commission européenne, à la conférence de presse conjointe avec Donald Tusk, Président du Conseil européen, en amont du Sommet du G7

Charlevoix, le 8 juin 2018

 

Nous sommes au Québec, donc tout au long des ces deux journées qui sont devant nous je souhaiterais pouvoir m'exprimer en français, qui est une grande langue.

J'aurai l'occasion tout à l'heure de dire à nos collègues au sein du G7 que la situation économique de l'Union européenne s'est beaucoup améliorée au cours des dernières années puisque nous avons connu, après de longues périodes de basses températures de croissance, une croissance qui tout de même a montré toutes les couleurs qui peuvent être les siennes, puisque l'économie européenne s'est développée à raison de 2,4% l'année passée. Et cette progression vers plus de croissance va continuer au cours de l'année en cours, bien que faiblissant un tout petit peu.

Depuis novembre 2014, l'emploi s'est accru de 10 [*] millions d'emplois, ce qui nous amène à un taux d'emploi de 72,6%, ce qui est le taux d'emploi le plus élevé que nous ayons jamais connu en Europe. Les déficits budgétaires baissent: d'un déficit budgétaire, en moyenne, de plus de 6% en 2009 nous sommes passés à un déficit budgétaire de 0,7% en 2018. Cette tendance à voir le déficit moyen se corriger vers le bas est rejoint par une autre bonne nouvelle qui veut que le niveau de la dette publique se corrige aussi vers le bas.

J'ai vu ce matin, tout comme le Président Tusk, le nouveau Président du Conseil italien Giuseppe Conte. Nous avons eu une bonne discussion avec le Président du Conseil Conte sur tout ce qui relève en termes d'importance de l'Italie. Je le verrai, nous le verrons avant le Conseil européen et je lui ai demandé de venir nous voir à Bruxelles pour discuter migration, budget et perspectives financières multi-annuelles.

Nous discuterons cet après-midi, de tout ce qui relève du commerce international. Donald a dit l'essentiel. It is not only about America first but about European unity first. Nous aurons ce matin une réunion de concertation entre Européens avec les Européens qui sont ici et nous allons préparer ensemble cette réunion importante avec les leaders du G7. 

Merci.

 

Questions-réponses

Q President Tusk, you met the Italian Prime Minister this morning. You clearly have different views on Russia and possibly other issues. Can you count on his full support when it comes to issues like trade and Iran here at the G7, and back in Europe can you count on his full support for the Stability and Growth Pact? President Juncker, we heard this morning President Trump saying that the European Union has treated the U.S. unfairly for decades through massive tariffs and non-monetary trade barriers. He called on the EU to remove these barriers. Is he right? What are you going to tell him this afternoon?

Président Juncker: J'ai eu moi aussi une réunion avec le Président du Conseil italien, Giuseppe Conte. Je garde de cet entretien, qui ne fut pas superficiel mais qui est entré dans le détail des choses, une impression qui voudrait que je ne voie pas d'énormes problèmes de divergences devant être adressées entre l'Italie et l'Europe. Ce fut une bonne réunion, amicale, c'était la première entrevue que j'ai eue avec le Président du Conseil, et donc je sors rassuré de cette entrevue. When it comes to trade – that was the second question you mentioned – the situations and the positions are very clear: the President of the U.S. thinks that the U.S. have been treated in an unfair way by Europe and by others and the others think that this is not the case and will explain facts by facts and figures by figures why this is not the right view one should have on this point. As Europeans, when meeting under the Presidency of Donald in Sofia four weeks ago, we have made four points, saying at the very beginning that we do not want to negotiate under threat, not with a Colt against our heads. This is still the case. We wanted these exemptions to become permanent; the President took another decision. But we are sticking to the other points we made. We want to have talks with the U.S. on steel and aluminium, maybe other products, but this will be seen in the course of the day. If you have a strategy, do not explain your strategy before the meeting – because if you are explaining your strategy before the meeting, you are losing your strategy.

Q M. Tusk, vous avez dit que ce n'est pas encore le moment de laisser tomber le G7. Quelle serait la ligne rouge pour l'Union européenne ? Et ma deuxième question: comment trouvez-vous le travail entre l'Union européenne et le Canada devant le retrait du leadership des Etats-Unis sur la scène internationale ?

Président Juncker: C'est une grande chance pour le G7 de voir le Premier ministre canadien occuper le siège de la présidence parce que je crois que lui plus que d'autres a les deux sensibilités qu'il faut pour pouvoir gérer cette réunion difficile que nous aurons cet après-midi. Nous avons, nous Européens, avec le Canada une relation vieille, historique, faite d'amitié et, aujourd'hui, de complicité. Contrairement à ce que les Canadiens pourraient penser, les Européens n'ont pas perdu de vue l'énorme effort qui fut celui du Canada pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Dans mon pays, j'ai visité chaque année les tombes des pilotes canadiens qui ont trouvé leur mort sur le territoire luxembourgeois qui, à le comparer avec le Canada, est d'une minusculité indescriptible. Nous restons très reconnaissants au Canada, et cette reconnaissance historique et qui vient de loin joue son importance aujourd'hui également.

Q A question to both of you on Russia. Were you as surprised as everyone here when the U.S. President announced that he wants Russia back at the table here at the G7? Also, on the European unity in this question – as I understand, at least Mr Conte, the Italian Prime Minister, is actually also in favour of this idea by President Trump. So how can you say that there is European unity – at least Mr Conte seems to think differently?

Président Juncker: Lorsqu'il s'agit de la Russie, il faut rappeler un certain nombre de principes. La Russie d'après notre analyse, d'après notre conviction, a violé le droit international en annexant la Crimée et en faisant ce que la Russie a fait en Ukraine de l'Est – c'est le principe. A part ça, il y a évidemment de bonnes raisons pour renouer sur d'autres plans, sauf les deux que je viens de mentionner, avec la Russie. Ce dont il faudra que nous parlions, ce que nous ne faisons pas seulement depuis hier, mais nous le faisons depuis plusieurs années. Je m'étais rendu moi-même au Forum économique de St. Pétersbourg en 2016. Il n'est donc pas vrai que nous ne serions pas avec la Russie dans une atmosphère de dialogue – nous le sommes. Mais pour ce qui du principe, nous rejetons la façon agressive de faire de la Russie. Pour le reste, le Président Trump ne me surprendra plus jamais.

 

[*] Mis à jour le 11 juin 2018 à 09h20

SPEECH/18/4107


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