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Commission européenne - Discours - [Seul le texte prononcé fait foi]

Discours du Président Jean-Claude Juncker à la plénière du Parlement européen à l'occasion du débat sur l'avenir de l'Europe avec Emmanuel Macron, Président de la République française

Strasbourg, le 17 avril 2018

 

Monsieur le Président du Parlement,

Monsieur le Président de la République,

 

Oui. Je suis largement d'accord avec ce que le Président vient de dire.

Le Président – tout comme vous-même, Monsieur le Président du Parlement – avait souhaité que s'instaure un dialogue mâle et viril entre le Président de la République et le Parlement européen. Donc je prends la parole sans abuser du fait que je peux l'avoir. Je voulais tout d'abord dire, Luxembourgeois que je suis, Européen que je veux être, toute mon émotion et mon amitié de voir le Président de la République s'exprimer de la façon dont il s'est exprimé. La vraie France est de retour. La vraie France est de retour.

Nous Luxembourgeois, avec l'immodestie qui nous caractérise, nous avons pour habitude de dire que le Luxembourg est la petite France de l'étranger. Donc je salue le retour de la France parmi nous. Et je voulais dire que votre élection, Monsieur le Président, et la campagne électorale qui fut la vôtre ont donné de nouveaux espoirs à l'Europe, et je voudrais que l'ambition dont vous vous êtes fait le porteur pendant la campagne électorale et dans la suite des événements présidentiels soit couronnée de succès. Vous pouvez compter sur la Commission pour vous appuyer dans votre démarche et je veux espérer que s'instaure – tel est le cas déjà aujourd'hui – une véritable complicité d'ambitions entre le Président de la République française et la Commission. Vous l'avez démontré à de nombreuses reprises. Vous étiez parmi ceux qui ont appuyé tous les efforts de la Commission pour faire de l'Europe sociale non pas un poème, non pas un rêve, mais une réalité d'aujourd'hui et de demain. Que d'autres vous suivent dans cette ambition qui est aussi la nôtre !

Vous étiez aux côtés de la Commission lorsqu'il s'agissait de relancer l'Europe de l'investissement. Le Plan Juncker, comme on l'appela à l'époque, l'EFSI d'aujourd'hui, a conduit à la mobilisation de 274 milliards d'euros en termes d'investissements dont 41 en France. Et donc cette démarche commune, conjointe qui fut la nôtre est en train de produire des résultats.

Je voudrais que vous ne cessiez pas de co-conduire la lutte européenne pour la souveraineté commerciale. Je ne veux pas, pour ce qui est de la politique commerciale internationale, assister à ce triste spectacle qui voudrait que l'Europe soit une Europe offerte. Je voudrais que l'Europe reste ouverte mais qu'elle ne soit pas une Europe offerte. Nous avons des intérêts communs à défendre, notamment en matière de sidérurgie et d'autres aspects.

Je voudrais qu'ensemble nous fassions en sorte que ce fossé qui souvent divise l'Europe entre l'Est et l'Ouest soit comblé par une ambition commune retrouvée. Je crois que l'essor de l'Europe ne peut pas consister à diviser et à monter les uns contre les autres – l'Europe est un ensemble.

Je sais l'importance que vous attachez à l'amitié franco-allemande et je suis géographiquement, historiquement très en faveur de nombreux rapprochements entre ces deux pays et ces deux nations. Mais n'oublions pas que l'Europe n'est pas seulement franco-allemande. Nous sommes 28, demain 27. Il faut aussi, pour que le moteur puisse fonctionner, l'apport des autres. Nous sommes 27, pas seulement Français ou Allemands.

Je voudrais que nous ayons toujours sur notre radar d'avenir le sort des peuples des Balkans. Je voudrais que cette perspective européenne que nous avons offerte aux pays des Balkans occidentaux en 2003, je ne sais plus où, je crois en Grèce – Thessalonique, oui, Thessaloniki, ville que j'aime bien puisque j'ai eu l'honneur d'avoir été fait docteur honoris causa de l'Université de Thessalonique, donc j'aime cette ville profondément, non seulement pour des raisons historiques mais aussi personnelles. Nous avons décidé en 2003 de donner une perspective européenne crédible aux pays des Balkans occidentaux. Je sais toutes les difficultés qui gravitent autour de ce sujet dont la Commission va débattre aujourd'hui avec Federica et d'autres. Je ne suis pas naïf, je sais les difficultés. Je sais les efforts que les pays des Balkans occidentaux doivent faire. Je sais la nécessité qu'il y a d'améliorer sur certains points la performance de certains des pays des Balkans occidentaux. Mais si nous enlevons à ces pays-là, dans cette région ultra-compliquée, je devrais dire tragique, la perspective européenne, nous allons revivre ce que nous avons vécu pendant les années '90. Je ne veux pas le retour de la guerre aux Balkans occidentaux et il faudra que nous nous attachions à cette ambition.

Enfin, bref, j'appuie la démarche du Président de la République lorsqu'il veut lancer les consultations citoyennes. C'est en fait le prolongement d'une initiative que la Commission a prise que nous appelons les dialogues citoyens. J'en ai fait beaucoup, nous en avons fait plus que 500 dans tous les pays membres de l'Union européenne. J'encourage le Président de la République, le gouvernement français, la ministre aux Affaires européennes, à en faire un grand évènement, non seulement en France mais partout en Europe. L'Europe mérite un débat démocratique approfondi.

A vrai dire, l'histoire de demain s'écrit aujourd'hui. Je voudrais que nous puissions l'écrire ensemble.

Merci.

SPEECH/18/3402


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