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Commission européenne - Discours - [Seul le texte prononcé fait foi]

Déclaration du Président Jean-Claude Juncker à l'évènement de presse conjoint avec Boyko Borissov, Premier ministre de la Bulgarie

Sofia, le 1er mars 2018

Merci, Boyko.

Je suis ravi d'être de retour à Sofia et dans ma chère Bulgarie. La Bulgarie est un pays que j'aime beaucoup pour des raisons objectives et partiellement irrationnelles – chaque question d'amour est une question d'irrationalité. Je suis heureux d'être de retour à Sofia, qui est une ville accueillante, à l'image du sens de l'hospitalité du Premier ministre bulgare, mon ami Boyko Borissov.

Nous évoluons pour l'instant sous présidence bulgare. C'est la première présidence qu'exerce la Bulgarie et jusqu'à présent les résultats de la présidence bulgare sont concluants. Il y a des choses qui se passent auxquelles les médias accordent une importance sous-développée. Cette nuit à 3h43 du matin, il y a eu un accord entre le Parlement, le Conseil et la présidence sur le contenu de la Directive détachement, Posting of Workers Directive. Sous présidence bulgare et grâce à la maitrise de celle-ci et à l'élégance de faire de nos amis bulgares, nous accusons des progrès en matière de la réforme du système de Dublin. Et je pourrais ainsi continuer la liste.

La Bulgarie impressionne par la qualité de son travail. Cela ne me surprend pas, j'espère que cela ne surprendra pas les citoyens de ce pays. Mais les Bulgares peuvent être fiers de la façon dont le Premier ministre et ses ministres mènent cette présidence bulgare.

Nous sommes ici – Madame Mogherini, le Commissaire Hahn et moi-même – parce que nous avons fait un périple à travers les pays des Balkans occidentaux. Nous avons vu tous les partenaires, qui, tous, sont d'une importance égale, et je voulais encore une fois – parce qu'ils se trouvent derrière moi mais même s'ils ne se trouvaient pas là je dirais la même chose – les remercier de l'accueil chaleureux que nous avons pu constater à chaque étape de notre périple dans les pays des Balkans occidentaux et auprès de tous les partenaires dans les Balkans occidentaux.

Je voudrais dire ici ce que j'ai dit à mes amis au cours de cette semaine au programme lourd mais riche en nouveaux enseignements que j'ai pu tirer de ces visites: que l'Union européenne reste attachée à la perspective européenne des pays des Balkans occidentaux. Certes, les progrès accusés par les uns et par les autres sont différents, dépendant de l'état du rapprochement entre l'Union européenne et le pays concerné, mais j'ai constaté partout une même volonté, un même élan d'entreprendre les réformes qu'il aura fallu qu'ils aient entrepris le jour où l'adhésion à l'Union européenne deviendra effective.

Lorsque j'ai commencé mon mandat en 2014, j'ai dit qu'aucun pays notamment des Balkans occidentaux ne saurait rejoindre l'Union européenne avant la fin du mandat de cette Commission, mandat qui se termine au 1er novembre 2019. Cela a créé une espèce de frustration dans la région, de sorte que j'ai dû préciser l'intention qui était la mienne: accélérer le rapprochement entre la région des Balkans occidentaux et l'Europe, envisager d'une façon sérieuse, crédible, le statut de candidat pour les uns, une adhésion pour les autres qui se fera au plus tôt, si toutes les conditions sont remplies, en 2025.

Je dois rappeler ici, bien que ce soit une évidence, que les pays qui veulent rejoindre l'Union européenne doivent répondre à tous les critères qui conditionnent l'adhésion à l'Union européenne. Ce n'est pas faire injure à ces pays de dire qu'aucun de ces pays ne remplit à ce jour toutes les conditions requises.

Mais il y a un énorme progrès dans les pays de tous les partenaires de la région qui m'impressionne beaucoup. Mais je dois réinsister sur la nécessité qu'il y a de lutter d'une façon crédible contre le crime organisé, de lutter contre la corruption, qui est un mal qui ronge nos sociétés, et je dois redire ici comme je l'ai dit à chacun de mes amis qui sont derrière moi qu'il faudra que tous les pays qui veulent adhérer à l'Union européenne aient mis fin aux conflits territoriaux bilatéraux qu'il peut y avoir. Nous n'aimerions pas importer en Union européenne les instabilités qui restent dans les Balkans occidentaux. Au contraire, nous voulons exporter vers les pays des Balkans occidentaux la stabilité qu'au cours d'un long processus d'intégration nous avons pu atteindre dans l'Union européenne.

J'ai pris soin à chacune de mes étapes d'écouter. Dans la partie occidentale de l'Union européenne on parle beaucoup des Balkans, mais on ne parle pas avec les Balkans d'une façon qui permettrait aux gouvernements, aux opinions publiques de saisir l'intégralité de la pluridimensionalité des partenaires dans les Balkans occidentaux.

J'ai expliqué partout que l'Union européenne, oui, est un grand marché qui sort des effets bénéfiques pour les économies et pour ceux qui en dépendent. Mais l'Union européenne est d'abord une communauté de valeurs dont il ne faudrait pas qu'elles disparaissent de notre radar.

Nous aurons sous peu ici à Sofia un sommet entre les pays des Balkans occidentaux et l'Union européenne. Evidemment, nous allons parler de l'adhésion, de l'élargissement, mais d'après moi ce ne sera pas le sujet principal. Il faudra que nous discutions des problèmes de la migration qui nous concernent tous, mais il faudra aussi que nous accordions une attention accrue à l'intégration économique de la région. Donc il faudra que nous parlions de la connectivité faible entre les pays des Balkans occidentaux. Il faudra que nous nous mettions d'accord sur la mise en application des 115 principes qui gouvernent l'intégration économique de la région, principes et modalités sur lesquelles nous nous étions mis d'accord lors du sommet de Trieste. Je voudrais que, lors du sommet de Sofia que Boyko va présider, nous puissions donner des indications précises, concrètes, sur la façon dont nous voulons, dans cette région importante pour l'Europe, améliorer la connectivité.

Et donc je retourne à Bruxelles avec une conviction qui existait déjà, à savoir que la place des Balkans occidentaux est au sein de l'Union européenne. Mais je rentre avec une conviction reconfirmée, parce que j'ai eu l'impression que ceux que j'ai visités m'écoutaient et comprenaient que l'adhésion n'est pas un poème, n'est pas un rêve, mais une réalité qui va venir.

Mais il faudra accorder plus d'importance à la substance qu'au calendrier. Le calendrier est moins important que les progrès pour ce qui est de la substance. Donc ce sera du devoir de la région – mais du devoir de l'Union européenne également – de tout faire pour que le plus grand nombre possible de pays des Balkans occidentaux puissent remplir le plus rapidement possible les critères. Mais on ne peut pas faire de concessions sur les conditions d'entrée. Ce ne serait pas dans l'intérêt des pays des Balkans occidentaux ni dans l'intérêt de l'Union européenne, et surtout pas dans l'intérêt des citoyens qui font la richesse des Balkans occidentaux.

Lors du sommet du Sofia, il faudra que nous nous mettions d'accord sur le financement de l'amélioration de la connectivité dans la région. Améliorer la connectivité est une nécessité. But this has not to be a lip service. It is easy to pay lip services to this kind of undertakings. We have to be very concrete, very sincere, very precise. That is one of the reasons I am asking Member States to conclude as early as possible the decisions related to the new financial perspectives for the period 2020-2027. We are launching a certain number of projects which will be decided during the next Sofia summit, but we cannot stop financing on 1 January 2020. There has to be predictability. That is important for the countries concerned; that is important for the private sector, which has to take a part in the financing of all these projects. So the responsibility is huge for the region and not small for the European Union.

SPEECH/18/1461


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