Navigation path

Left navigation

Additional tools

Other available languages: none

Commission européenne - Discours - [Seul le texte prononcé fait foi]

Remarques du Président Jean-Claude Juncker à la conférence de presse conjointe avec Aleksandar Vučić, Président de la Serbie

Belgrade, le 26 février 2018

Monsieur le Président, mon très cher Aleksandar,

Mesdames et Messieurs,

C'est avec plaisir, avec joie, que le Commissaire Hahn et moi-même nous nous sommes rendus à Belgrade. C'est une ville que j'aime visiter, mais en fait j'étais seulement une fois jusqu'à présent à Belgrade ; aujourd'hui c'est la deuxième fois et vous verrez bientôt qu'il y aura une troisième fois. Je voudrais remercier le Président de nous avoir accueillis comme des princes, avec beaucoup d'amitié et de politesse.

Nous avons voulu, le Commissaire Hahn et moi-même, évidemment intégrer dans notre périple des Balkans occidentaux la Serbie. A Bruxelles nous discutons souvent de la Serbie, nous parlons beaucoup de la Serbie. Mais j'ai voulu parler avec les Serbes et avec la Serbie. Il est facile de parler des autres sans leur demander leur avis ; donc notre mission qui nous conduit ici n'est pas une mission d'inspection ni seulement d'information, mais de discussion franche et ouverte entre nous.

Cette étape de notre voyage dans la région se situe entre la publication de la Stratégie pour les Balkans occidentaux que nous avons rendue publique le 6 février, Johannes Hahn étant l'architecte de cette nouvelle stratégie, et avant le sommet sur les Balkans occidentaux qui sera organisé par nos amis bulgares à Sofia au mois de mai. 

Tout cela montre à quel point nous pensons que nos relations avec les Balkans occidentaux revêtent une importance de tout premier ordre. Pour nous c'est une véritable priorité. J'ai toujours considéré que sans les Balkans occidentaux, et a fortiori sans la Serbie, l'Union européenne n'est pas complète. Et je voudrais dire ici comme je l'ai dit ailleurs que l'Union européenne n'est pas la propriété exclusive des Etats membres qui la composent actuellement, mais que d'autres démocraties européennes ont vocation à rejoindre l'Union européenne.

Dans la Stratégie que nous avons rendue publique nous décrivons les perspectives et les instruments que la Serbie peut utiliser pour accélérer sa marche vers l'Union européenne. Evidemment ce processus de rapprochement avec l'Union européenne et d'intégration dans les structures de l'Union européenne reste fondé sur le mérite de chaque candidature. Nous n'allons pas procéder, comme on disait à l'époque, à un big bang au cours des années à venir mais nous jugerons en discutant avec eux – puisque nous ne jugeons pas d'eux mais jugeons des mérites qui seront les leurs – nous évaluerons les mérites qui auront été réalisés par les différents pays candidats.

La Serbie est parmi les pays candidats celui qui est parmi les plus avancés, ce qui est assez normal puisque nous négocions déjà avec nos amis serbes alors que d'autres voudraient pouvoir entamer les négociations d'adhésion au cours des mois et des années à venir. Mais la date effective de l'adhésion de la Serbie ne dépend pas de nous : elle dépend d'abord et surtout de la Serbie elle-même.

Je sais qu'il y a beaucoup de légendes qui gravitent autour de cette date de 2025. Sur ce point, je voudrais être clair. Ce n'est pas une promesse, c'est une description d'une perspective, c'est une date indicative, un encouragement fort, parce que ceux qui s'apprêtent à devenir membres après avoir délivré tant d'efforts ont besoin aussi d'encouragement. Il ne faudrait pas que les Serbes considèrent que tout cela, tous les efforts qu'ils ont consentis au cours des années écoulées furent vains. Ils ne le furent pas, parce que la Serbie a entrepris un certain nombre de réformes, dont certaines douloureuses, qui méritent notre respect, sinon notre admiration. Mais d'autres réformes doivent être faites, d'autres compléments de réformes doivent être faits pour ce qui est de l'Etat de droit, de la justice et des droits fondamentaux.

Evidemment ces changements que la Serbie est en train d'entreprendre se traduiront par des changements réels et en profondeur. Mais ces changements mettent du temps pour s'ancrer définitivement dans nos sociétés, dans nos comportements, dans notre façon de vivre ensemble.

Et donc moi je pars, après les entretiens amicaux que j'ai pu avoir avec le Président, optimiste, rassuré sur le chemin que la Serbie continue à emprunter.

Je voudrais dire qu'il est de ma conviction ferme que nous ne pouvons pas admettre au sein de l'Union européenne des pays qui n'auraient pas résolu entre eux les conflits territoriaux qu'il pourrait y avoir. Nous n'allons pas importer des conflits bilatéraux. Nous voudrions que les problèmes qui pourraient donner lieu à des conflits bilatéraux aient trouvé réponse avant la date d'adhésion puisque nous voulons exporter, mettre à disposition des pays des Balkans occidentaux la stabilité, nous ne voulons pas importer une instabilité qui n'aurait pas trouvé réponse avant l'adhésion.

Nous voudrions que Belgrade normalise ses relations avec Pristina dans le cadre d'un accord juridiquement contraignant. Ce n'est pas à nous de fixer les termes exacts et le périmètre de cet accord juridiquement contraignant, c'est aux Serbes et à Pristina de fixer le périmètre de cet accord.

Je sors de nos entretiens d'aujourd'hui rassuré sur le chemin qu'a emprunté la Serbie. La Serbie fait partie de l'Europe, et donc lorsque les conditions seront remplies la Serbie évidemment deviendra membre.

SPEECH/18/1262


Side Bar