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Commission européenne - Discours - [Seul le texte prononcé fait foi]

Intervention du Président Jean-Claude Juncker à la séance d'ouverture du 5ème sommet Union africaine-Union européenne

Abidjan, le 29 novembre 2017

 

Monsieur le Président,

Excellences,

Mesdames, Messieurs,

Chers amis,

Avant tout je voudrais remercier le Président Ouattara de nous avoir accueillis avec tant de gentillesse dans son pays, et je voudrais élargir ces remerciements vers le peuple ivoirien, nation en tout point de vue remarquable.

Nous avons eu le premier sommet entre l'Afrique et l'Union européenne il y a exactement 17 ans au Caire. Nous ne sommes pas nombreux à avoir assisté à ce premier sommet, mais mon voisin le Secrétaire général de l'ONU et moi-même, nous avons participé à ce sommet qui fut historique puisque ce fut le premier; mais ce fut aussi un sommet riche en controverses et en débats parfois conflictuels. Mais depuis la déclaration que nous avons adoptée au Caire, nous avons fait des progrès  notables puisque notre partenariat s'est approfondi, élargi, et nos relations économiques se sont amplement développées. Oui, progrès il y a eu, oui, résultats il y a eu, mais il nous reste encore beaucoup à faire.

L'Europe, elle, sort lentement d'une décennie à faible croissance; la croissance économique est palpable, est arrivée dans tous les pays de l'Union européenne. Mais la croissance de l'Afrique, elle, a été impressionnante. Mais très souvent elle a été insuffisamment inclusive. Je parle de la croissance en Afrique, je pourrais faire la même remarque au sujet du caractère insuffisamment inclusif de la croissance en Europe puisque partout les disparités entre pays et entre régions augmentent alors que notre but à nous tous devrait être de les réduire.

La croissance en Afrique n'a pas atteint le secteur de l'agriculture puisque les petits exploitants agricoles ont du mal à doper leur productivité et les entreprises européennes, les investisseurs européens, très souvent connaissent des difficultés pour accéder au marché africain et ainsi contribuer au développement du secteur privé. Nous devons remédier à toutes ces faiblesses.

La population européenne, vous le savez, vieillit, alors que la population africaine se distingue par une évolution démographique tout à fait impressionnante. D'ici la moitié du siècle, plus de la moitié de la croissance démographique globale sera africaine; la population du continent africain aura augmenté de 1,3 milliards d'habitants d'ici 2050. Et plus de 50% de la population africaine sera constituée à ce moment-là par les jeunes, d'où l'importance que toutes nos politiques européennes, africaines et euro-africaines soient orientées vers les jeunes.

L'Agenda 2063 de l'Union africaine nous invite à nous consacrer sur trois segments d'investissement: investir dans les personnes à travers une meilleure éducation d'abord; investir dans les infrastructures, les chaînes de valeur ensuite; et investir finalement dans une meilleure gouvernance et un environnement plus propice aux affaires. C'est la raison, d'ailleurs, pour laquelle tous ces sujets que je viens de mentionner sont au cœur des travaux de notre sommet.

Mais nous, les Européens, nous ne sommes pas venus ici pour prodiguer des conseils; encore que la spécialité européenne consiste à faire la leçon aux autres. Nous sommes venus pour redynamiser notre partenariat qui doit être un partenariat d'égal à égal. Cela nécessitera la mobilisation de moyens financiers supplémentaires et c'est exactement dans ce domaine-là où nous avons décidé d'agir. Comme nous l'avons fait en Europe en lançant le Fonds européen pour les investissements stratégiques, nous avons développé un Plan d'investissement externe pour l'Afrique susceptible de mobiliser 44 milliards d'euros d'investissement d'ici 2020, notamment et essentiellement en Afrique. Nous proposons d'investir dans les secteurs d'avenir comme les énergies renouvelables – mais ce n'est pas l'Europe qui dicte, c'est l'Afrique qui choisira. Et je voudrais d'ailleurs me féliciter de notre coopération dans le cadre de l'initiative africaine pour les énergies renouvelables qui fut lancée lors du sommet en décembre 2015 à Paris, initiative africaine pour les énergies renouvelables qui nous a permis de lancer 19 nouveaux projets susceptibles de générer, eux, 4,8 milliards d'euros d'investissement au total.

Notre partenariat, qui doit être d'égal à égal, je le rappelle, ne saurait pourtant se limiter aux échanges entre responsables politiques et institutions. Il faut aussi faire en sorte que nos jeunes, qui tiennent entre leurs mains le destin qui sera celui de demain, soient associés à notre projet. Et je me félicite du fait que de très nombreuses universités africaines participent aujourd'hui au programme Erasmus+ de l'Union européenne.

Voilà, notre partenariat a bien avancé. Tout n'a pas été couronné de succès mais nous pouvons noter que les intentions qui furent les nôtres il y a 17 ans ont été en grande partie réalisées. Tout n'a pas été fait mais je crois très sincèrement que l'Afrique et l'Europe, si elles le veulent, peuvent faire de grandes choses ensemble.

Merci de votre attention.

SPEECH/17/5032


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