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European Commission - Speech - [Check Against Delivery]

Remarques du Commissaire Moscovici à la conférence de presse à propos des Prévisions économiques de l'hiver 2017

Brussels, 13 February 2017

Bienvenue à cette présentation désormais traditionnelle des prévisions économiques d'hiver de la Commission européenne.

Si je devais donner un titre à cette présentation, je dirais que "La croissance continue, mise à l'épreuve par des incertitudes": en résumé, ce sont les perspectives pour l'économie européenne cette année et l'année prochaine.

L'année dernière, le PIB de l'UE a progressé de 1,9% et continuerait de croître au rythme de 1,8% à la fois en 2017 et 2018. La croissance dans la zone euro serait de 1,6% cette année et de 1,8% l'année prochaine, après 1,7% en 2016. Ce qui veut dire que pour la 5ème année consécutive, la croissance européenne tient bon, malgré les nombreux défis auxquels elle est confrontée.

Ces défis sont à la fois de nature domestique et d'origine internationale. L'année dernière, l'Union européenne a dû faire face à un rythme de croissance de l'activité et du commerce mondial qui a été le plus faible de ces  sept dernières années ; mais aussi à des tensions géopolitiques qui ne sont pas dissipées ainsi qu'à des attentats terroristes perpétrés sur notre sol et ailleurs dans le monde. A ce contexte incontestablement difficile, se sont ajoutés d'autres défis : je pense au vote britannique en faveur d'une sortie de l'Union européenne et à une certaine gronde, voire une certaine fronde, d'une partie de nos citoyens contre la mondialisation qui s'est exprimée par des choix électoraux qui ne manqueront pas d'avoir des conséquences sur notre économie. Sans oublier bien sûr les fragilités du secteur bancaire auxquelles nous faisons face. Tous ces défis ont agi contre une reprise plus franche de l'économie européenne.

Et pourtant, malgré ces obstacles, l'économie européenne a tenu bon, gardant le cap de la croissance et des créations d'emplois. Je dirais même que la croissance a accéléré en fin d'année dernière pour atteindre un taux trimestriel de 0,5% dans la zone euro et 0,6% dans l'Union européenne, et les indicateurs conjoncturels dont nous disposons indiquent une activité économique toujours dynamique en ce début d'année.

Après ce résumé, permettez-moi maintenant de vous présenter les principaux messages de ces prévisions d'hiver.

D'abord, la résilience de l'économie européenne a été soutenue par des facteurs qui sont désormais bien connus:

  •         le prix relativement bas du pétrole,
  •         la dépréciation passée du taux de change de l'euro,
  •         une politique monétaire accommodante,
  •         une politique budgétaire moins restrictive, ainsi que
  •         l'impact des réformes mises en œuvre dans certains États membres, notamment en ce qui concerne le marché du travail.

Cependant, l'investissement n'a pas encore réellement redémarré, ce qui est pourtant une condition sine qua non pour une reprise durable. De plus,  notre économie pourra de moins en moins s'appuyer sur les facteurs exceptionnels qui l'ont soutenu jusqu'à présent.

Au cours de cette année ainsi qu'en 2018, la croissance mondiale devrait accélérer. Malgré cette amélioration, c'est la consommation privée, notamment des ménages, qui resterait le moteur principal de la croissance économique en Europe.

Cette reprise économique continue d'avoir de forts effets positifs sur l'emploi, amplifiés par les réformes mises en œuvre. Le chômage dans la zone euro continuerait de diminuer, passant de 10% en  2016 à 9,6% cette année et à 9,1% en 2018. Cela constituerait le taux le plus bas depuis 2009.

Quant à l'inflation, elle se normalise progressivement. Dans la zone euro, après 0,2% seulement en moyenne en 2016, l'augmentation des prix attendrait 1,7% cette année puis 1,4% en 2018.

Les finances publiques continueraient de s'améliorer en 2017 et 2018, et ceci concernerait à la fois le déficit et la dette publique, et c'est heureux.

Pour la première fois en dix ans, et je veux le souligner, nos prévisions économiques anticipent une croissance positive pour tous nos Etats Membres sur l'ensemble de la période couverte (de 2016 à 2018), y compris dans les pays qui ont été les plus touchés durant les années de récession.

Ces perspectives demeurent entourées de fortes incertitudes qui pourraient peser sur la croissance, et notamment sur les décisions d'investissement - ce sont des prévisions, mais nous les croyons solides.

Je souhaiterais maintenant vous dresser l'état des lieux du contexte international dans lequel s'inscrivent ces prévisions.

Les perspectives de croissance se sont améliorées à la fois pour les économies avancées et pour les pays émergents. Les effets d'une politique expansionniste aux Etats-Unis pourraient être positifs à court terme, comme l'a dit de son côté Christine Lagarde, pour la croissance des économies avancées. En parallèle à une augmentation du prix des matières premières, cela favoriserait aussi la reprise économique des pays émergents.

Les échanges commerciaux devraient se renforcer cette année ainsi qu'en 2018 - il est vrai que nous partons d'un niveau relativement faible.

Cependant, la conjonction d'une politique expansionniste aux Etats-Unis et d'une politique monétaire plus restrictive tirerait à la hausse les taux d'intérêts et le taux de change du dollar, ce qui pourrait avoir des impacts négatifs sur certaines économies émergentes. Cela pourrait aussi entraîner une augmentation des différentiels de croissance entre les Etats Membres de la zone euro.

Le policy-mix (les politiques économiques) en zone euro devrait demeurer un soutien à la croissance à la fois en 2017 et en 2018.

L'orientation de la politique budgétaire est neutre depuis 2015 et devrait le rester sur l'ensemble de la période des prévisions – même si la Commission voudrait qu'elle soit un peu plus positive que cela.

La politique monétaire dans la zone euro reste accommodante et favorise des coûts de financement bas et un assouplissement des conditions d'offre de crédit.

Le coût du crédit pour les ménages a continué de baisser ces derniers mois. L'évolution est plus stable pour les sociétés non financières dans les dernières données que nous disposons.

Dans certains Etats Membres, le secteur bancaire doit encore faire face à d'importantes contraintes sur le bilan et une faible profitabilité mais, dans l'ensemble, les banques de la zone euro ont continué à améliorer leur capacité à fournir du crédit.

La mise en œuvre des mesures de politique monétaire introduites ces dernières années devraient maintenir en effet des conditions de financement favorables au cours des deux années à venir. De plus, un taux d'inflation légèrement plus élevé contribuerait à diminuer les coûts de financement réels.

Let me now turn to our growth map for 2017. Growth will be positive in all Member States in 2017, and gain momentum in half of them in 2018 – while remaining uneven across the EU.

Among the largest economies, growth in 2017 is expected to be above the EU average (which is 1.8%): in Poland at 3.2%, in Spain at 2.3% and in the Netherlands at 2.0%.

Economic growth in Germany is forecast at 1.6%, fuelled by private consumption thanks to robust job creation. Continued expansion of construction activity, and further public expenditure increases are also expected to sustain the growth rate in Germany. 

En France, l'économie devrait croître de 1,4% en 2018, légèrement plus qu'en 2017. Pourquoi ? Parce que la reprise des exportations soutient la croissance et la reprise de l'investissement de son côté s'accélère aussi.

Italy is forecast to grow 0.9% this year, the same pace as in 2016, and to slightly strengthen in 2018 to 1.1%. The economy is supported by low real interest rates and stronger external demand, but structural weaknesses still hinder a stronger recovery.

In Spain, GDP is forecast to slow but to remain very strong, growing 2.3% in 2017 and 2.1% in 2018. Domestic demand is expected to be the main driver of growth in Spain, but the contribution of the external sector is set to stay positive.

In the UK, with growth having proved more resilient than anticipated in the autumn, we have revised significantly our 2017 forecast up to 1.5%. But growth is still projected to decline to 1.2% next year. Given the lag between decisions to invest and actual investment, the referendum result is expected to impact business investment later in 2017. Private consumption growth is also projected to weaken as inflation rises.

Finally, in Greece, after a return to growth in 2016 of 0.3%, which was better than expected, economic activity is expected to expand strongly in 2017 and 2018; respectively 2.7% and 3%. It is worth underlining the extent to which economic activity in 2015 and 2016 performed much better than expected at the beginning of the programme, as well as outperforming more recent expectations. I will say more on Greece in a moment.

Turning to the employment situation in Europe, the number of jobs being created is expected to grow further over the next two years. The combination of economic expansion, relatively moderate wage growth, as well as reforms implemented in some Member States should support job creation. More than four million new jobs have been created over the past three years. We expect this pace to keep on.

At the same time, a non-negligible labour market slack is expected to persist. Unemployment is expected to continue declining, but not yet sufficiently to go back to the pre-crisis levels. In the euro area, unemployment should decrease from 10% in 2016 to 9.1% in 2018. In the EU, it should fall from 8.5% to 7.8% over the same period.

Unemployment is projected to fall in almost all euro area countries over the forecast horizon, but it remains high in the countries hardest hit by the crisis.  

Investment continues to lag. Its recovery remains burdened by the moderate demand outlook, heightened uncertainty as well as still-high public and private debt levels in some Member States.

Investment is nevertheless expected to accelerate somewhat next year. This is thanks to low financing costs, the improving global demand outlook, high capacity utilisation and recovering profit margins.

Also, a growing number of projects approved under the Investment Plan for Europe are expected to move to the implementation phase, boosting both public and private investment. Overall, total investment is expected to grow by 2.9% in 2016 and accelerate to 3.4% in 2018 in the euro area.

Yet the share of investment in GDP is set to remain well below its value at the turn of the century. This persistent weakness in investment casts a shadow of doubt over the sustainability of the recovery and the economy's potential growth.

Inflation in the euro area has been picking up since the second half of 2016.

This mostly reflects the recovery of oil prices from very low levels. The impact of rising energy inflation is however likely to decrease over the forecast horizon.

Core inflation remained fairly stable in 2016, with remaining slack in the labour market preventing a further acceleration so far. The expected slight increase in wages this year and next year as well as the ongoing recovery should support a gradual pick-up of underlying price pressures.

As a result, euro area headline inflation is forecast to rise from 0.2% in 2016 to 1.7% in 2017 and to recede to 1.4% 2018, while core inflation is set to rise only gradually.

The fiscal outlook is improving thanks to economic growth and historically low interest rates. Deficit reduction is set to continue once again:

  •         In the euro area, the headline deficit is forecast to have fallen to 1.7% of GDP in 2016 and to reach 1.4% of GDP in 2017.
  •         In the EU as a whole, the deficit is forecast to have fallen to 1.9% of GDP in 2016 and is expected at 1.7% of GDP in 2017. So a slight reduction and tendency to stabilisation.

In most Member States, deficit ratios are projected to fall in 2017. France is projected to be below 3% this year, leaving in the euro area only Spain above the 3% threshold in 2017.

The debt-to-GDP ratio is forecast to keep declining this year from the peak reached in 2014, and to reach 89.2% in the euro area and 83.6% in the EU in 2018. 

And, as usual, let me underline that the forecast for 2018 rests on a no-policy-change assumption.

One specific remark on Italy: As you know, on 17th January the Commission sent a letter to the Italian government indicating that an additional structural effort of at least 0.2% of GDP would be needed to achieve broad compliance with the preventive arm of the Stability and Growth Pact in 2017. The Italian government's reply contained a series of commitments, subsequently further explained, to be adopted by end-April.

The Commission welcomes these political commitments and will take them into account as soon as sufficient details are provided on the measures. And let me stress, having seen some of the press of recent days, that while we of course encourage the government to adopt these measures as soon as possible, it is absolutely wrong to talk about any sort of ultimatum. We are discussing in a very constructive and positive climate with the Italian government, in particular with Pier Carlo Padoan. That is not how we work. No ultimatum of any sort, but a constant and constructive dialogue. But of course we need to see where the measures will be.

Concerning Greece, the fiscal targets of the programme have been overachieved:

  •         In 2015, a primary surplus of 0.2% of GDP was achieved, against a target of a primary deficit of - 0.25%.
  •         And in 2016, Greece is expected to have achieved a primary surplus of about 2%, compared to a target of 0.5% of GDP.

Looking ahead, continued good performance crucially hinges on keeping the programme on track. That's why we are working intensively to complete the second review. We should do this on the basis of the right figures. And I will be paying a visit to Athens myself this Wednesday to play my part in helping to move things forward, meeting in particular Prime Minister Alexis Tsipras and Minister Euclid Tsakalotos.

To conclude, let me underline that this forecast is surrounded by very high uncertainty. Overall, the balance of risks remains tilted to the downside, although upside risks have also emerged, especially in the short term.

Clearly, the US represents the single most important source of uncertainty, for the reasons I mentioned earlier.In the short term, the expected stimulus package boost global GDP more than expected. But in the medium term, shifting US positions on trade policy may damage international trade. Also, a faster rise in US interest rates and a stronger-than-expected dollar could hurt some emerging market economies.

All these external factors, including the long-standing risks surrounding the adjustment underway in China, and a potential re-assessment in global risk appetite, could hit global financial markets.

Closer to home, the UK's vote to leave the EU continues to pose a significant downside risk to the UK and, to a lesser extent, the overall European economy. Political uncertainty is also especially high this year in view of the upcoming elections in several Member States: the Netherlands, France, Germany, the Czech Republic, Bulgaria, and maybe Italy at the latest in February 2018.

Finally, the banking sector fragilities remain a concern even though the recent steepening of the yield curve provides some relief.

In conclusion, the European economy has proven resilient to the numerous shocks it has experienced over the past year. Growth is holding up and unemployment and deficits are heading lower.

Yet with uncertainty at such high levels, it's more important than ever that we use all policy tools to support growth. Above all, we must ensure that its benefits are felt in all parts of the euro area and all segments of society.

Thank you and I am now ready to take your questions.

SPEECH/17/272

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General public inquiries: Europe Direct by phone 00 800 67 89 10 11 or by email


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