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Commission européenne - Discours - [Seul le texte prononcé fait foi]

Remarques du Président Juncker lors de la rencontre avec Klaus Iohannis, Président de Roumanie, à l'occasion de la réception pour la Journée de l'Europe

Bucarest, le 11 mai 2017

Monsieur le Président, cher Klaus,

Chère Madame Iohannis,

Monsieur le Premier ministre,

Messieurs les anciens Présidents, que je salue avec respect et amitié,

Madame la Commissaire,

Excellences,

Mesdames, Messieurs,

Je tiens tout d'abord à remercier mon cher ami le Président Iohannis pour son accueil dans ce magnifique cadre.

Je me réjouis de pouvoir fêter la Journée de l'Europe avec vous dans une ville, dans un pays qui me sont particulièrement chers. C'est un pays qui m'est cher parce que j'ai pu parcourir ensemble avec la Roumanie et les Roumains plusieurs étapes importantes dans l'histoire récente de l'Europe. J'étais Président du Conseil européen lorsqu'en décembre 1997 la Roumanie s'est vu accorder le statut de pays candidat à l'adhésion. J'étais Premier ministre en 2005 lorsqu'à Luxembourg nous avons signé le Traité d'adhésion de la Roumanie. J'ai donc à l'égard de la Roumanie des sentiments de sympathie spontanée et je n'ai cessé d'admirer ce pays depuis le jour où, en janvier 2007, il a rejoint la grande famille de solidarité européenne.

C'est ici en Roumanie qu'un carrefour de peuples a façonné une culture riche et unique qui d'ailleurs, sous les tilleuls argentés de ce merveilleux parc, a inspiré les plus beaux des poèmes roumains.

J'ai été toujours convaincu que la place naturelle de la Roumanie est au sein de la famille européenne. La Roumanie et l'Europe, pour le dire avec un auteur français, sont des choses qui vont ensemble. Et depuis que nous avons pu, grâce aussi à l'effort de la Roumanie, réconcilier l'histoire et la géographie européennes, nous sommes ensemble. En accueillant la Roumanie au sein de la famille européenne, nous avons mis fin à ce funeste décret d'après-guerre qui voulait que l'Europe, à tout jamais, soit divisée en deux parties irréconciliables. Nous avons, par des moyens pacifiques, fait en sorte que ce décret a été annulé par l'histoire.

Et donc les Roumains, à juste titre, doivent être fiers de leur parcours européen. Et nous, les autres Européens si j'ose dire, nous nous sentons enrichis par la présence de la Roumanie, qui a donné une nouvelle dimension à l'Europe. Nous avons le regard sur la mer Noire que nous n'avions pas auparavant, nous comprenons mieux les voisins immédiats et directs de la Roumanie grâce aux efforts d'explication que vous ne cessez de nous proférer. La Roumanie est un des plus grands États membres de l'Union européenne, mais c'est aussi une grande nation. Je veux dire par là que nous nous sentons redevables à l'égard de la Roumanie pour les apports nombreux qu'elle a contribué à apporter à l'Union européenne, qui est devenue plus forte, plus riche, plus diverse après l'adhésion de la Roumanie.

La Roumanie exercera pour la première fois dans son histoire la Présidence du Conseil de l'Union européenne au premier semestre 2019. Je voudrais que d'ici là, et c'est une promesse que j'avais faite en début de mon mandat, je voudrais que d'ici là, le Mécanisme de coopération et de vérification soit annulé. On ne peut pas présider l'Union européenne lorsqu'on est sous l'impression d'être observé, contrôlé par les autres. Ce mécanisme doit cesser et il cessera.

Je voudrais que d'ici la Présidence de la Roumanie, la Roumanie fasse partie de la zone Schengen. D'ores et déjà la Roumanie remplit tous les critères, il faudrait que nous le reconnaissions et que nous accordions le statut de membre de l'espace Schengen à la Roumanie. Et je ne voudrais pas, lorsque le moment approche de ce faire alors que le moment a déjà été là il y a plusieurs années, qu'on ajoute de nouveaux critères et des nouvelles conditions à celles qui existent déjà.

L'Union européenne se construit en harmonie – parfois à des rythmes différents, mais je n'aime pas l'expression, à vrai dire maladroite, d'une Europe à plusieurs vitesses. Il ne s'agit pas de cela, parce que les Roumains pourraient facilement considérer que la Commission, que les autres, que les Européens de l'Ouest voudraient réintroduire une espèce de rideau de fer en Europe. Nous étions tous heureux, nous nous tombions dans les bras lorsque le rideau de fer est tombé; on ne va pas répéter une erreur majeure de l'histoire d'après-guerre. Et donc il ne s'agit pas de scinder en deux blocs les Etats membres de l'Union européenne, mais de chercher les meilleurs moyens pour mieux, et d'une façon structurée, pouvoir coopérer ensemble.

La Roumanie a un bel avenir devant elle, grâce aussi au talent, au courage, à l'intelligence des Roumains, qui depuis leur adhésion à l'Union européenne ont prouvé qu'ils sont des partenaires fiables dont la réputation n'est plus à faire et qui sont respectés partout en Europe. Je crois que la Roumanie et l'Union européenne, que Roumains et Européens peuvent faire de grandes choses ensemble.

Mulţumesc! For those who are less fluent in Romanian than I am: that means ''thank you''.

SPEECH/17/1279


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