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Commission européenne - Discours - [Seul le texte prononcé fait foi]

Discours du Président Juncker au Sénat et au Parlement roumain réunis en Congrès

Bucarest, le 11 mai 2017

Monsieur le Président du Senat,

Monsieur le Président de la Chambre des députés,

Monsieur le Premier ministre, celui qui l'est, ceux qui le furent,

Monsieur l'ancien Président de la République,

Madame la Commissaire,

Mesdames, Messieurs,

Je suis – on dit toujours ça, mais cette fois c'est vrai – très heureux d'être de retour à Bucarest, Roumanie, que j'ai visitée pour la dernière fois en 2003. C'est un scandale que je ne me suis plus présenté en Roumanie depuis tant d'années. C'est un grand honneur de pouvoir m'adresser à vous, honorables membres du Parlement, qui représentez le peuple roumain, un peuple courageux, volontaire, engagé et que j'aime depuis si longtemps, sinon depuis toujours.

En cette année du 10ème anniversaire de l'adhésion de la Roumanie à l'Union européenne, je me souviens avec émotion de ce 1er janvier 2007, date historique à laquelle la Roumanie a rejoint le cercle des nations européennes enfin réconciliées entre elles.

Ce jour-là, nous avons définitivement enterré Yalta, ce décret funeste de l'après-guerre qui voulait scinder, à tout jamais, l'Europe en deux parties et auquel les Roumains comme les autres peuples d'Europe centrale et orientale ont payé un lourd tribut: des décennies de plomb, de privation de libertés, de consciences emprisonnées, de rêves avortés, de biographies et de parcours si souvent interrompus, sinon détruits.

Et je suis fier d'avoir été étroitement associé à ce moment crucial dans la vie de notre Union et de la Roumanie: je veux parler de la réconciliation de l'histoire et de la géographie européennes. Car s'il est vrai que les hommes politiques marquent rarement l'histoire, nous avons tout de même réussi cette avancée sans aucun doute historique: l'élargissement et l'adhésion ont apporté la paix, la stabilité et la liberté à notre continent.

J'ai toujours soutenu l'adhésion de la Roumanie à l'Union européenne. J'aime, disait le philosophe français Blaise Pascal, les choses qui vont ensemble. Et la Roumanie et l'Union européenne sont des choses qui vont ensemble, parce que l'Europe et la Roumanie sont liées par une communauté de destin. Je vous ai accompagnés avec mes modestes moyens de Premier ministre luxembourgeois sur ce long chemin, comme je continue à vous accompagner aujourd'hui, non pas paternellement, fraternellement, je vous accompagne fraternellement. Je connais et j'ai connu les Présidents et les Premiers ministres de la Roumanie démocratique. Et je remercie la Roumanie des nombreuses distinctions et témoignages d'amitié dont elle n'a cessé de me faire l'honneur.

Une heureuse coïncidence du calendrier des présidences du Conseil européen a voulu que ce soit à Luxembourg, en décembre 1997, lors d'un Conseil européen que je présidais, que nous avons décidé du principe de l'adhésion de la Roumanie. Et c'est aussi à Luxembourg que vous-mêmes, moi-même, comme Premiers ministres, en avril 2005, nous avons pu signer les traités d'adhésion. J'y vois donc plus qu'un simple hasard, j'y vois un symbole fort des relations étroites qui existent entre les Roumains, les Luxembourgeois et les Européens. Ce sont des relations profondes, des relations de cœur faites de complicité sentimentale et de chaleur humaine. Chaleur humaine, oui, parce que l'Europe est d'abord une affaire de cœur, une affaire des plusieurs cœurs qui battent ensemble et qui partagent les mêmes ambitions.

Si je m'adresse à vous en français c'est parce que, vous et moi, nous appartenons à la Francophonie, à cette grande famille de 274 millions de personnes sur les cinq continents partageant cette même langue. J'ai toujours été surpris comme Premier ministre et maintenant comme Président de la Commission que, lorsque je reçois quelqu'un qui est membre de la Francophonie, il s'adresse à moi en anglais. Mais ça c'est la mode du moment. Moi, j'aime la langue française. Et si j'étais en Transylvanie j'y pourrais même parler luxembourgeois puisque plusieurs milliers de personnes y parlent encore de nos jours une langue qui rappelle le luxembourgeois. Cela remonte au 12ème siècle lorsque des Luxembourgeois se sont installés au pied des Carpates. Il ne faut pas croire la propagande allemande qui vous fait croire que ce sont les Saxons qui étaient les premiers à venir en Transylvanie – c'étaient les Luxembourgeois. Ne l'oubliez pas.

C'est donc un ami fidèle de la Roumanie qui s'adresse à vous, et qui s'adresse à vous sans cacher son admiration. Quel chemin parcouru par la Roumanie depuis ces années 2000, et quels enrichissements nous a-t-elle apportés !

Je pense à la culture roumaine, à ses artistes, à ses intellectuels dont Elie Wiesel, d'origine roumaine, qui fut le grand témoin des tragédies européennes du 20ème siècle. Je pense aussi aux apports géopolitiques avec le renforcement de la présence de l'Union européenne dans cette région cruciale de la mer Noire.

Comme à chaque élargissement, l'Union européenne en accueillant la Roumanie a gagné plus de poids sur la scène internationale. La Roumanie, de son côté, a accru son influence en ancrant sa jeune démocratie dans une sphère de solidarité européenne où nous partageons les mêmes valeurs et les mêmes ambitions.

Ce n'est pas un hasard que j'ai confié à la Commissaire roumaine, Corina Creţu, la charge de la politique de solidarité européenne par excellence, la politique de cohésion. Et je dois dire ici, devant les représentants du peuple roumain, qu'elle fait à Bruxelles un travail excellent. Ici même en Roumanie, entre 2007 et 2013, les fonds européens ont octroyé un soutien financier en faveur de 2.900 petites et moyennes entreprises, contribué à la création de 101 start-ups et de 35.000 emplois; ils ont aussi permis de financer 570 projets dans le secteur de la recherche et de l'innovation et de construire des centaines de kilomètres de nouvelles routes.

Mais il ne suffit pas, mes chers amis, de se réjouir du chemin parcouru, il faut aussi se souvenir que ce chemin fut difficile et exigeant. La vérité est que beaucoup d'Européens n'ont aucune idée des immenses efforts qui furent consentis par les Roumains, et notamment parmi les plus modestes d'entre eux, et de l'extraordinaire performance qui fut celle de ce pays tout entier pour transformer en un laps de temps très court son système économique, social, politique, judiciaire et de le mettre en ligne avec les principes qui président à la construction européenne.

Alors en ce haut-lieu de la démocratie roumaine, je veux rendre un hommage solennel au courage et à la volonté du peuple roumain et de ses dirigeants politiques qui tenaient une boussole européenne entre leurs mains.

Ce courage, cette volonté n'ont jamais cessé de m'impressionner jusque dans la mise en œuvre des réformes qui restent encore à faire. C'est la raison pour laquelle je me suis engagé à supprimer le Mécanisme de coopération et de vérification d'ici la fin du mandat de ma Commission, et nous le ferons. Les conditions pour y parvenir sont d'ores et déjà réunies: la Roumanie a déployé des efforts importants au cours de ces dix dernières années et a accompli des progrès considérables en matière de réforme du système judiciaire et de lutte contre la corruption.

Alors, avec vous, je ferai tout pour honorer l'engagement qui fut celui de ma Commission. Et je voudrais souligner, dans l'appellation de ce mécanisme, l'importance du mot coopération. Coopération veut dire collaborer à une action commune visant la même fin. La fin du Mécanisme de coopération et vérification ne signifie pas la fin ou le retrait des reformes. La fin du Mécanisme signifie plus de coopération car la coopération est essentielle pour que la solidarité européenne, ce lien d'engagement et de dépendance réciproque entre nos Etats membres et nos peuples, puisse grandir et continuer à porter ses fruits. Cette coopération mutuelle constitue donc une priorité absolue. Vous savez que vous pouvez compter sur le soutien sans faille de la Commission, notamment à travers les fonds structurels. Et, pour ma part, je compte sur la célérité des  autorités roumaines et en particulier de ce Parlement pour garantir le caractère irréversible des progrès accomplis.

J'ajoute, pour ce qui est du Mécanisme de coopération et de vérification, qu'il ne faudrait pas que certains puissent s'imaginer qu'on peut ajouter chaque jour de nouveaux critères et de nouvelles exigences. Ça suffit maintenant. Il faut abolir d'ici 2019 le Mécanisme, sans ajouter des conditions et des exigences à celles qui existent déjà.

La confiance de nos concitoyens se mérite. Et cela passe notamment par le respect de l'indépendance de la justice et de la séparation des pouvoirs. Ce sont des enjeux essentiels pour la société roumaine et notamment pour sa jeunesse, si nombreuse et si porteuse de belles promesses d'avenir. Elle est votre plus précieux atout. C'est une jeunesse qui est profondément attachée à la démocratie et à l'Etat de droit. Elle a des attentes, des aspirations légitimes et elle doit pouvoir jouir pleinement des droits garantis à tous les citoyens de l'Union européenne et accéder à l'espace Schengen.

Parce que la place naturelle et méritée de la Roumanie est au sein de l'espace Schengen. Les critères d'adhésion à l'espace Schengen étaient clairs, et là encore il ne faut pas ajouter de nouvelles exigences. Je veux que la Roumanie puisse devenir le plus rapidement possible membre de l'espace Schengen parce que la Roumanie le mérite.

Là encore il s'agit de jeter des ponts à l'intérieur de chacune de nos sociétés, dans l'ensemble de notre Union et aussi avec le reste du monde, comme nous l'avons fait récemment avec nos amis canadiens. Jamais je n'aurai pu imaginer conclure un accord commercial entre l'Union européenne et la Canada sans la  levée de l'obligation des visas pour les citoyens roumains. Je me suis battu pour cela; les Canadiens, grâce à un effort solidaire des pays membres de l'Union européenne, l'ont fait, et je me réjouis du fait que les Roumains désormais bénéficient des mêmes droits de voyage, de circulation, de mouvement que les autres citoyens de l'Union européenne.

Mesdames et Messieurs les Sénateurs et les Députes,

Nous devons tous ensemble donner sans cesse le meilleur de nous-mêmes pour que notre continent, qui fut si souvent martyrisé et divisé, soit un artisan infatigable de paix, de cohésion, de prospérité à l'intérieur de chacune de nos sociétés, dans l'ensemble de notre Union et dans le monde.

Et je fais confiance à la Roumanie pour défendre cette vocation de l'Europe et pour continuer à être de toutes les avancées européennes, comme elle l'a si souvent été au cours de ces dix dernières années. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'ai été, je dois le dire, surpris de certains malentendus.

Je veux donc être très clair. En Europe, il n'y a pas de pays qui valent plus ou moins que d'autres. Les nations sont égales en droits et en dignité. Un peuple est un peuple et une démocratie est une démocratie. Et il n'y aura jamais de pays de seconde catégorie ou de pays qu'on aurait abandonné en chemin. Je vous le garantis et j'en fais le serment car, lorsqu'elle est unie, l'Europe peut réaliser de grandes choses.

J'ai trop souvent dénoncé et combattu les ruptures de solidarité et les lignes de divisions pour en laisser de nouvelles s'installer. L'Europe a été divisée; elle ne doit plus jamais être redivisée.

Ma vision de l'avenir est celle d'une Europe qui avance ensemble mais, et la Roumanie le sait très bien, on peut avancer ensemble tout en marchant à des rythmes différents. L'Europe à plusieurs vitesses existe déjà. Elle est prévue par les Traités. C'est ce qu'on appelle les coopérations renforcées. La Roumanie participe à la plupart d'entre elles, ce qui n'est pas toujours le cas des Etats membres fondateurs. Aucune de ces coopérations structurées n'a créé de nouvelles lignes de division.

La première coopération renforcée remonte à 2010 et la Roumanie a été l'un des tout premiers pays à l'adopter. Elle concerne la loi applicable en matière de divorce de couples binationaux et représente une avancée notable vers un espace européen de justice et de liberté, et donc vers une véritable Europe des citoyens. Parce qu'une Europe des citoyens, c'est une Europe de la liberté, de la justice, de la sécurité.

La Roumanie contribue activement à la construction de cette Europe, comme elle l'a encore récemment montré en étant l'un des 17 Etats membres à avoir décidé la création d'un Parquet européen pour mieux combattre les fraudes transfrontalières, dont les contribuables sont les premières victimes.

La Roumanie s'est aussi engagée dans la création d'un Brevet  unitaire européen, vieux serpent de mer qui fut l'objet d'un débat pendant quatre décennies et qui verra enfin le jour grâce à la coopération renforcée prévue par les Traités. C'est un progrès essentiel pour notre compétitivité car il faut savoir que les secteurs qui utilisent de manière intensive la propriété intellectuelle génèrent 42% du PIB européen, 38% de l'emploi en Europe et 90% des importations et des exportations.

La Roumanie a souvent répondu présente dans de nombreuses missions européennes de sécurité et de défense, que ce soit aux Balkans ou dans le Caucase et aussi dans la quasi-totalité des missions européennes en Afrique. Parce que la Roumanie sait que le projet européen n'est pas seulement un projet pour l'Europe, et les Roumains savent que nous avons des obligations dans le monde, notamment à l'égard de ceux qui sont dans le malheur.

Le débat sur une Europe à plusieurs vitesses qui parfois fait rage dans ce pays, Europe à plusieurs vitesses qui créerait de nouvelles divisions, est donc un non-débat. Le débat, c'est celui de la nécessaire coopération entre nos nations.

Je suis le premier à rappeler constamment que nous ne devons pas oublier qu'au cours des siècles passés, le sort de bien des nations européennes, y compris la mienne, dépendait plus de la volonté des autres que de notre seule volonté nationale. Aujourd'hui les nations européennes coopèrent et elles doivent plus que jamais coopérer en définissant ensemble de nouvelles priorités répondant aux attentes de nos concitoyens. Car la construction européenne doit se faire avec et pour tous les peuples d'Europe, en méritant et en retrouvant leur confiance.

C'est pourquoi j'ai voulu que ma Commission, si vous me permettez l'emploi de ce pronom possessif un peu exagéré – c'est pourquoi j'ai voulu que la Commission soit une Commission politique et que les Commissaires aillent à travers toute l'Europe à la rencontre des Parlements nationaux et des acteurs de la société civile.

J'ai décidé que nous devions cesser d'interférer, en tant que Commission et en tant qu'Union européenne, dans tous les domaines de la vie quotidienne des citoyens pour concentrer l'action européenne sur les grands enjeux d'avenir, sur les domaines où l'Europe peut faire la différence: relance des investissements avec le Plan Juncker, pour améliorer les infrastructures sociales, du numérique et de l'énergie. Un Plan Juncker – ce n'est pas moi qui ai donné mon nom au Plan d'investissement, c'étaient ceux qui pensaient que ce plan serait un échec formidable et donc ils voulaient pré-identifier celui qui serait coupable de cet échec. Maintenant ça s'appelle Fonds européen pour les investissements stratégiques. Puisque cela fonctionne, on ne parle plus du Plan Juncker, raison pour laquelle je l'ai fait ce matin. Ce plan consiste à renforcer le modèle social européen avec notamment la mise en place des droits sociaux, sans oublier l'organisation de la migration et l'organisation de notre sécurité.

Je ne conçois notre avenir que dans l'unité européenne. Il ne s'agit pas de faire les Etats-Unis d'Europe. C'est un concept qui n'est pas le mien, parce que nos peuples ne le veulent pas: ils ont besoin de proximité immédiate, ils aiment leur terroir, leurs paysages, leurs traditions, ils aiment une Europe faite de diversité et qui est donc plus riche que d'autres ensembles. Mais nous devons avancer profondément unis et dans la même direction, celle d'une Europe plus solidaire, plus sociale, plus compétitive, une Europe plus forte chez elle et plus forte dans le monde.

L'unité européenne est notre avenir commun parce que, il ne faut pas l'oublier, nous ne représentons que 7% de la population mondiale. Au début du 20ème siècle les Européens représentaient 25% de la population mondiale. A la fin du siècle en cours nous serons 4% d'Européens sur une population globale de 10 milliards. Et nous sommes le continent le plus petit: le territoire de l'Union européenne s'étend sur 5,5 millions de km². La Russie: 17,5. Nous sommes un petit continent et nous sommes les seuls à ne pas le savoir. Les autres le savent.

Nous effectuons à peu près – suivant les modes de calcul – 30% du commerce international détenant 25% de la richesse mondiale, et notre part relative dans le produit intérieur brut global va se corriger vers le bas. Nous avons actuellement quelque 20 accords commerciaux qui sont en voie de négociation avec différents partenaires à travers le monde et il faut poursuivre sur cette voie. Lorsque d'autres prennent congé par rapport à l'histoire qui sera, l'Europe, elle, doit rester un acteur historique.

L'unité européenne est notre avenir commun parce que nos fragmentations nous rendent vulnérables. C'est la raison pour laquelle ma Commission travaille sans relâche à bâtir l'Europe du numérique, à faire l'Union de l'énergie et à créer une véritable Union de la sécurité.

L'unité européenne est notre avenir parce que si nous voulons lutter efficacement contre le changement climatique, nos seuls efforts au niveau européen, qui ne représente que 11% des émissions globales, ne feraient pas beaucoup de sens si nous n'avions pas la masse critique et la cohérence pour convaincre nos grands partenaires de nous suivre sur cette voie, comme nous l'avons fait à Paris à la COP21.

C'est parce que l'unité européenne est notre avenir que les cinq scénarios que la Commission a présentés dans son Livre blanc sur l'avenir de l'Europe reposent tous sur une seule et même hypothèse: les 27 membres avancent ensemble, en tant qu'Union, toujours dans la même direction et vers le même destin. Si j'avais suivi mon tempérament, j'aurais proposé un seul scénario. Mais j'ai estimé, après tant d'années d'expérience européenne, que la Commission ne devrait pas dicter, commander, ordonner, mais proposer un débat large dans tous les pays de l'Union européenne sur différents scenarii, sur différentes projets qui d'ailleurs se trouvent être débattus dans tous les pays membres de l'Union européenne, et je voudrais que le Parlement roumain, que la société civile roumaine participent à ce débat, parce que nous avons beaucoup de choses à apprendre des Roumains.

Par son  implication, son engagement dans tous les combats européens,  la Roumanie nous donne une belle leçon d'ambition pour l'avenir. Et si la Roumanie n'est pas l'un des pays fondateurs de l'Union, elle a largement prouvé sa capacité d'être un pays refondateur de l'Union dans un monde qui est devenu plus instable et qui change à une vitesse incroyable.

En 2019, votre pays exercera pour la première fois la présidence du Conseil de l'Union européenne. C'est une grande affaire. Dans ma vie de Premier ministre luxembourgeois, j'ai été Président cinq fois, dont deux fois Président du Conseil européen. C'est un moment important dans l'histoire de la Roumanie et c'est un moment important dans l'histoire de l'Union européenne que vous marquerez, en la présidant, de votre empreinte. 

Les élections au Parlement européen en 2019 sont un rendez-vous majeur avec le suffrage universel. L'Europe, comme toutes les grandes ambitions et tous les longs trajets, requiert patience et détermination, mais aussi un nouveau souffle enthousiaste et un enthousiasme retrouvé. Je compte sur vous, sur tous les Roumains, pour gagner ce combat qui est aussi un combat de cœur. Car il faut savoir aimer l'Europe, comme la Roumanie n'a cessé de le faire depuis qu'elle nous a rejoints.

Moi, je continuerai à vous aimer.

Vive la Roumanie et vive l'Europe !

Mulţumesc.

SPEECH/17/1274


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