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European Commission - Speech - [Check Against Delivery]

Speech by President Jean-Claude Juncker – EP Plenary session – Conclusions of the European Council meeting of 17 and 18 December 2015

Brussels, 19 January 2016

Opening remarks by President Jean-Claude Juncker

 

Sehr verehrter Herr Präsident, Meine sehr verehrten Damen und Herren, Monsieur le Président du Conseil européen,

 

Après les mots choisis qu'a trouvés le Président du Conseil européen, si je devais résumer en deux mots les conclusions du dernier Conseil européen, de la migration au terrorisme, de l'Union économique et monétaire au Royaume-Uni, en passant par les relations extérieures, je dirais qu'elles sont le parfait reflet d'une Europe en polycrise.

 

Nous avons beaucoup parlé ces derniers mois de la crise grecque, de la crise des réfugiés, et d'autres crises. Mais en réalité, l'Europe, elle, est confrontée à une conjonction de crises multiples, complexes, multistratificationnelles, venant de l'extérieur ou de l'intérieur de l'Union européenne, et qui surviennent toutes en même temps.

 

Nous sommes clairement dans une situation difficile qui appelle à dépasser les égoïsmes nationaux, et à retrouver l'esprit pionner de la construction européenne, son élan, sa solidarité. Nous pouvons, si nous le voulons, apporter une réponse européenne responsable et solidaire aux crises multiples auxquelles nous sommes confrontés. Nous pouvons le faire et nous devons le faire, car seule plus d'inter-solidarité européenne permettra à chacun de nos pays de surmonter ces crises. C'est indispensable si nous voulons préserver ce dont nous avons bénéficié jusqu'à présent, comme par exemple notre marché intérieur ou bien encore l'espace Schengen; c'est indispensable si nous voulons aussi apporter les éléments qui manquent encore pour parfaire la construction européenne.

 

Monsieur le Président, la Commission a déjà présenté tous les éléments nécessaires pour gérer avec efficacité l'urgence de la crise des réfugiés. Si les Etats membres les avaient déjà mis en œuvre, nous serions aujourd'hui dans une bien meilleure situation.

 

C'est pourquoi quand j'entends dire qu'il n'y a pas de réponse européenne à la crise des réfugiés, c'est à la fois faux et vrai. C'est faux parce que la Commission, travaillant en bonne intelligence avec le Parlement, a apporté tous les éléments d'une réponse européenne. Et c'est vrai parce que cette réponse ne sera effective et n'aura de résultats concrets que lorsque tous les Etats membres passeront des paroles aux actes. Certains, souvent très rapides à critiquer l'Union et "Bruxelles", comme on dit, doivent se regarder dans le miroir et constater que oui, "Bruxelles" c'est aussi eux; c'est aussi les États membres, c'est aussi les gouvernements de ceux-ci. Le manque d'action de l'Union est dû aussi au manque de mise en œuvre des engagements pris collectivement au nom de l'Union. Comme le Conseil l'a souligné, il revient aux Etats membres d'accélérer leurs efforts pour que hotspots, relocalisation, réinstallation ne soient pas des concepts vides, mais deviennent des véritables instruments efficaces d'une reprise en main ordonnée d'une gestion européenne de la migration.

 

Et j'en appelle une fois de plus à ce Parlement pour que nous avancions avec toute la célérité nécessaire dans la mise en place d'un corps européen de gardes-frontières et de garde-côtes. A frontières communes, gestion commune. Si nous ne comprenons pas cela, Schengen n'y survivra pas. Une Europe avec des frontières intérieures, voilà une époque que les jeunes d'aujourd'hui n'ont pas connue de leur vivant. Et c'est très bien ainsi, il ne faut pas que cela change. Frontières intérieures et génération Erasmus et Internet, ce sont des choses qui ne vont pas ensemble. Je ne suis pas non plus sûr que les quelque 1,7 millions de travailleurs frontaliers qui traversent leurs frontières au quotidien se réjouiraient de la fin de l'espace Schengen, pas plus que les entreprises de transport ne souhaiteraient avoir à subir des pertes financières de la réintroduction des frontières. Il y a 24 millions de voyages d'affaires en Europe par année. Il y a 57 millions de transports routiers transfrontaliers par année. Tout cela coûte de l'argent. Le coût du non-Schengen, le prix du non-Schengen est très élevé. Ce n'est pas un programme de la croissance et l'emploi, c'est un programme contre la croissance et contre l'emploi. Et donc il faudra tout faire pour sauver l'espace Schengen, tout en sachant que cela passe par une politique européenne de migration légale bien maitrisée. Raison pour laquelle la Commission présentera sous peu ses propositions sur la migration légale et aussi une révision des règles de Dublin pour les demandeurs d'asile.

 

Herr Präsident, wenn es um den Schutz unserer Grenzen geht, dann reicht es nicht nur sie von unserer Seite aus zu betrachten. Man muss die Grenzen der anderen – die Grenzen, die wir mit den anderen teilen – auch mit deren Augen betrachten.

 

Und dann reichen nicht nur Gipfel – so wichtig diese auch sind. Es braucht auch hartnäckige, tagtägliche Kleinarbeit. Nicht Arbeit an Absichtserklärungsformulierungen, sondern konkrete Kleinarbeit: Heizkörper, Decken, gemeinsame Standards, gemeinsame Registrierung betreffend.

 

Ebenso beharrlich arbeiten wir auch mit der Türkei zusammen. Diese hat erste begrüßenswerte Schritte unternommen, um den gemeinsamen Aktionsplan umzusetzen. So hat sie unter anderem eine Visumspflicht für Syrer aus Drittländern eingeführt und sie arbeitet daran, den Arbeitsmarkt für syrische Flüchtlinge zu öffnen. Das sind sehr wichtige Schritte. Doch es bleibt noch schrecklich viel zu tun, um den Flüchtlingsstrom nachhaltig und spürbar zu reduzieren. Der gemeinsame Aktionsplan muss in Gänze umgesetzt werden und zwar schnell.

 

I do not like all the headlines I am reading day after day. But I have nothing against those headlines when they talk about hard work that produces good results. December's historic agreement on climate change demonstrated the European Union's capacity for global leadership.

 

In Paris the European Union worked hard for a deal that was ambitious and legally binding, and that is what we have achieved. But the real work starts now. The Commission is assessing the Paris agreement so that we can move on to agreeing on next steps. In the meantime, the EU Member States will have to continue setting the example and implement current commitments so that we meet the collectively agreed 2020 targets.

 

Regarding the United Kingdom's relationship with the European Union, the European Council held a constructive debate on the four baskets that the British government set out. Let me underline what I said at the time: none of these four baskets are simple and easy to address. We are treating each of them seriously.

 

But let me also underline that the Commission, as I said before, wants a fair deal for Britain. The Union is stronger with Britain inside, and Britain is stronger inside the Union. That is why we do think that the deal we are seeking has to be a fair deal for the European Union too. The Commission is working together with the colleagues and representatives of the Council into that direction.

 

I would like, Mister President, to conclude by paying tribute, once more, to the work of this Parliament. I am witnessing this Parliament for more than twelve months now and I have to say that our coordinated action is producing good results. This Parliament has helped the Commission to deliver precisely good results. When we needed speed, when we needed flexibility for our new proposals, the Parliament was there and the Parliament delivered. I am grateful for this support and confident that we will continue in the same spirit for this year and for the next years. Thank you Mister President.

 

 

 

 

 

 

Closing remarks by President Jean-Claude Juncker

Madame la Présidente, mes très chers collègues,

 

Je comprends ceux qui se sentent fatigués par les mêmes répétitions chaque semaine, chaque jour et chaque mois. Mais aussi longtemps qu'en dépit des efforts du Président Tusk les Etats membres n'ont pas traduit dans les faits les décisions qu'ils ont prises, nous devons répéter que les Etats membres sont en manque - pas tous, mais un nombre impressionnant d'Etats membres. Par conséquent, il n'y a rien d'anormal à ce que nous répétions à intervalles réguliers les mêmes appels.

 

Deux, j'ai cru comprendre dans certaines interventions qu'on estime que la Commission est insuffisamment active. En suivant les lignes de mon calepin, je ne trouve pas de constat de ce type. Je vous rappellerai simplement que, suite aux priorités fixées préalablement par la Commission, nous nous concentrons sur les politiques résolument orientées vers la croissance et vers l'emploi - raison pour laquelle nous avons en novembre 2014 lancé le plan d'investissement qui portait sur 315 milliards. Il ne vous aura pas échappé - ou l'aurait-il ? – que, d'ores et déjà, 40 milliards sur 315 milliards de ce plan d'investissement ont été mobilisés, affectés à 47 grands projets d'infrastructure, dont 11 en Italie, et 7.000 petites et moyennes entreprises. Il ne vous aura pas échappé que la Commission a su lancer l'agenda de la sécurité, l'agenda de l'énergie, toutes les actions très nécessairement entrainées par la mise en place du marché numérique et ainsi de suite. Je ne peux donc pas voir en quoi la Commission, au cours de la première année de son mandat, aurait chômé; nous avons été, me semble-t-il, très actifs.

Trois, sur les quelques problèmes qui ont été mentionnés en marge du débat, je n'ai pas l'impression que, puisque quelqu'un m'y a invité amicalement, que je devrais démissionner parce que nous n'arrivons pas à résoudre dans de bonnes conditions le problème des réfugiés. Il ne faut pas baisser les bras, il ne faut pas perdre le courage; il faut maintenant faire en sorte que les actions qui ont été décidées soient mises en réalité. Pour le reste, Monsieur le Président, je n'ai pas d'autres observations à faire. Merci.

SPEECH/16/112


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