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Commission européenne - Discours - [Seul le texte prononcé fait foi]

Discours du Président Juncker à la Session Plénière du Parlement européen sur les attentats de Paris

Bruxelles, le 25 novembre 2015

Cher Président, Monsieur le Président du Conseil, Mesdames et Messieurs, Chers collègues,

 

Longtemps nous aurons mémoire de ce vendredi 13 novembre, jour où un sort implacable s'est abattu sur la ville des lumières. Que des biographies détruites, que des rêves inachevés, que des parcours interrompus, que des plans et des projets inexécutables. Nous partageons le deuil des Français et nous admirons la réaction de la République. Aujourd'hui, plus encore que demain, je dis : vive la France et sa République, qui est aussi la nôtre !

 

Je voudrais répéter devant cette haute Assemblée les propos que j'ai tenus immédiatement après les terribles attentats de Paris. Je mets en garde contre les amalgames dangereux, pernicieux, consistant à mettre sur un pied d'égalité les réfugiés, les demandeurs d'asile, les migrants et les terroristes. Ceux qui ont perpétré et fomenté les attentats à Paris sont exactement les mêmes qui obligent les malheureux de cette planète à fuir. Pas d'amalgames ! Il ne faut pas transformer le malheur en affaire oratoire. Il ne faut pas céder à cette tentation en fait dramatiquement ridicule. Je voulais dire ici que nous devons sauvegarder l'esprit de Schengen. Oui, le système de Schengen est partiellement comateux, et il faudra que ceux qui croient en l'Europe, en ses valeurs, en ses principes et en ses libertés essaient - et ils le feront - de réanimer l'esprit Schengen. Si l'esprit Schengen quitte nos territoires et nos cœurs, nous perdrons plus que Schengen. Une monnaie unique ne fait pas de sens si Schengen tombe. Et donc il faudra savoir que Schengen n'est pas un concept neutre, n'est pas un concept anodin, mais que c'est une des pièces maîtresses de la construction européenne.

 

Je voudrais une fois encore lancer un appel aux Etats membres de faire ce que les Etats membres ont promis. Le Président Schmit élégamment a rappelé ce matin un certain nombre de décisions exécutées par le Conseil et par les Etats membres. Il faut poursuivre dans cette voie et la Commission fera tout pour que les Etats membres se souviennent des engagements qui furent les leurs. Il faudra que nous assistions mieux qu'auparavant les voisins immédiats de l'Union européenne. La performance collective de la Jordanie et du Liban est admirable et donc nous devons assister avec entrain les peuples en question qui portent un lourd fardeau dans le contexte de la crise des réfugiés. Nous avons la tendance à nous concentrer sur notre coopération avec la Turquie. Il ne faut pas oublier les autres. C'est la raison pour laquelle, la Commission, il y a des mois, avait proposé et que le Conseil avait adopté la mise en place d'un fonds fiduciaire pour l'Afrique qui porte sur €1,8 milliards d'euros. C'est une décision qui ne fut pas prise, comme on le dit souvent, et comme on peut le lire presque chaque jour, ce n'est pas une décision qui fut prise lors du sommet de la Valette, c'est une décision que les Etats membres, sur base d'une proposition de la Commission, avaient pris des semaines auparavant. Avec cette remarque additionnelle, que les Etats membres se sont engagés à porter eux-mêmes une autre somme, un autre montant, de €1,8 milliards pour porter ce fonds fiduciaire pour l'Afrique à €3,6 milliards et nous comptons faire en sorte que les promesses soient réalisées.

 

Tout comme nous sommes reconnaissants à la Présidence luxembourgeoise et à sa célérité, de faire avancer les travaux en relation avec la révision de la législation européenne sur les armes à feu et notamment, sur la désactivation de celles-ci. Nous pensons, nous Commission, tout comme d'autres, que le registre européen des passagers doit être mis en place, y compris pour les vols intra-européens. Je n'ignore pas que cette proposition soulèvera de nombreuses interrogations mais il est évident que le PNR doit aussi trouver application pour ce qui est des vols intra-européens. Je considère que les services secrets doivent coopérer d'une meilleure façon. Avec Guy Verhofstadt, à l'époque Premier ministre du Royaume de Belgique, j'ai assisté à deux ou trois Conseils européens après les attentats de New York. Déjà une semaine après les attentats de New York, nous nous étions promis, les chefs d'Etat et de gouvernement, de mieux faire fonctionner et d'une façon concertée les services secrets, il n'en fut rien. Aujourd'hui, on nous répète que les services secrets doivent coopérer d'une meilleure façon possible. Je voudrais que cette fois-ci, nous réalisions cette nécessaire coopération entre les services secrets. Dans la mouvance des propos du Président Schmit, je voudrais vous confirmer qu'au mois de décembre, la Commission va proposer un texte sur un corps de garde-frontières et de gardes côtières, c'est une nécessité de protéger d'une meilleure façon nos frontières extérieures. Ce dimanche, nous aurons les 28 Etats membres et la Turquie, un sommet qui portera notamment sur la crise des réfugiés. Je voudrais rendre ici hommage, au Premier Vice-président Timmermans, pour un travail remarquablement conduit, lorsqu'à trois reprises je crois, il était en Turquie pour évoquer avec les autorités turques les modes de coopération que nous pouvons mettre en place avec la Turquie. Nous adopterons un plan d'action conjoint avec la Turquie et pour le reste, nous sommes en train de négocier les détails de ces arrangements. Je vous remercie monsieur le Président.

SPEECH/15/6168


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