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Speech: Discours du Président Barroso: S'engager pour l'Europe

Commission Européenne - SPEECH/14/78   30/01/2014

Autres langues disponibles: aucune

Commission européenne

[Seul le texte prononcé fait foi]

José Manuel Durão Barroso

Président de la Commission européenne

Discours du Président Barroso: S'engager pour l'Europe

Comité des Régions

Bruxelles, 30 janvier 2014

Monsieur le Président, cher Ramón Luis Valcárcel,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Je suis ravi de vous retrouver pour cette session plénière du Comité des Régions.

Je le dis souvent : l'Europe ne se réduit pas à Bruxelles ou à Strasbourg. L'Europe c'est la diversité et la richesse de toutes ses régions, de toutes ses villes, de toutes ses campagnes.

Et l'engagement avec nos régions et nos villes est depuis toujours un élément fondamental de notre projet européen.

Le contact avec vous, leaders régionaux et locaux, est essentiel pour voir ce que nous pouvons faire ensemble et comment le faire, pour évaluer la mise en œuvre et l'impact de nos politiques, notamment de la stratégie Europe 2020.

L'Europe c'est une destinée commune. Et la crise nous a bien montré à quel point nous sommes interdépendants.

L'Europe c'est aussi une action commune qui ne devrait pas être vue en termes hiérarchiques - quelques institutions qui seraient au-dessous des autres. Au contraire, c'est un projet qui doit se penser et se faire à part égale, à plusieurs niveaux.

Quand vous élus régionaux, élus locaux agissez dans vos régions et vos villes vous agissez aussi pour l'Europe. Je vous considère des leaders européens. Et ici à Bruxelles nous agissons pour chacune de vos régions, chacune de vos villes.

Car la politique de cohésion, c'est une politique pour toute l'Union européenne, une politique pour sa cohésion économique, sociale et territoriale.

C'est un objectif de l'Union européenne dans son ensemble et non pas simplement une politique pour les pays qui sont bénéficiaires net des fonds.

Oui, c'est une politique vitale pour la croissance, la convergence économique, et la création d'emplois.

Dans un tiers des Etats membres les investissements publics cofinancés par les fonds de la politique de cohésion dépassent un taux de 50%. Dans certains de nos pays, plus de 75% des fonds publics viennent de l'Union européenne. Ça veut dire que sans la politique de cohésion ces pays n'auraient pas de possibilité d'investissement.

Sans les fonds structurels beaucoup de nos Etats Membres ne pourraient pas garantir l'emploi, ni poursuivre les réformes essentielles pour leur compétitivité.

Mais la politique de cohésion, je voudrais le souligner, favorise aussi les contributeurs de fonds – ce qu'appelle les contributeurs nets -, dont les entreprises profitent en retour d’importantes possibilités d’investissement. Donc c'est une politique de "win-win" qui doit bénéficier à l'Europe dans son ensemble.

En fait, on voit que dans beaucoup de cas, plus de 50% des fonds structurels qui vont dans les pays de cohésion retournent dans l'économie des pays grands contributeurs. Car ce sont les entreprises de ces pays, très souvent, qui sont en position de réaliser les grands travaux d'infrastructure et d'apporter la dernière technologie.

Un esprit européen c'est donc cet esprit de solidarité. Un esprit et des valeurs qui sont une source d'inspiration pour des millions de personnes à travers le monde, à commencer par nos plus proches voisins à l'Est et au Sud. Comment aujourd'hui ne pas avoir un mot pour l'Ukraine. Quand nous voyons très souvent le pessimisme qu'il y a dans beaucoup de nos pays, nous devons aussi penser à ces jeunes qui, parfois par des températures au-dessous de zéro, montrent avec grande fierté le drapeau européen; et qui veulent pour l'Ukraine un destin européen.

Juste avant de venir ici, j'ai reçu le Premier Ministre de la Pologne, précisément pour parler de ce dernier développement en Ukraine. Je crois qu'il serait important, et je sais que vous êtes sur cette ligne, de continuer à montrer votre solidarité avec les régions et tout le peuple d'Ukraine.

Nous avons créé un réseau de responsabilité et de solidarité qui a fonctionné pendant la crise.

C'est ainsi que nous avons donné tort à certains commentateurs et analystes; aux cyniques qui prédisaient l'éclatement de la zone euro, qui parlaient même de la désintégration de l'Union européenne.

La vérité c'est qu'aucun pays n'est sorti de l'euro. Et la zone euro ne s'est pas désintégrée. Bien au contraire, elle s'est stabilisée, approfondie et élargie.

La gouvernance économique européenne s'est améliorée. La coordination politique budgétaire s'est renforcée.

Les gouvernements se sont engagés à une gestion plus saine des finances publiques alliée à des réformes structurelles.

L'inquiétude sur la survie de la zone euro, qui était là il y a un an, même moins, parmi nos partenaires, dans les marchés, chez les analystes, s'est dissipée.

Et même si nous n'avons pas encore complété nos travaux, car il y a beaucoup à faire surtout dans la lutte contre le chômage, qui est le plus grand défi que nous avons, je crois que nous devrions être relativement fiers, parce qu'ensemble nous avons évité ce scénario du pire, celui de la désintégration de la zone euro, qui aurait des conséquences catastrophiques, non seulement pour les pays les plus vulnérables, mais je suis sûr, pour l'ensemble de l'Europe, et aussi pour ce que signifie le projet politique européen.

Aujourd'hui la Lettonie, qui vient d'adhérer à l'euro – le 18ème pays membre - connaît le plus fort taux de croissance de l'Union européenne après avoir mis en œuvre un programme d'ajustement très exigeant.

La Grèce, – que certains voulaient déjà en dehors de l'Europe – assure la Présidence du Conseil de l'Union européenne depuis le 1er janvier – n'a pas fait défaut et devrait connaître une croissance positive en 2014.

En Irlande le programme a été un succès, les taux d'intérêt des rendements d'emprunt d'Etat sont tombés à presque 3%. L'Irlande paye aujourd'hui moins à ses créanciers que beaucoup de pays qui n'ont pas demandé de programme d'ajustement.

L'Espagne, qui a eu aussi un programme pour les banques, a réussi à sortir de ce programme avec plein succès. Les exportations décollent et le pays attire de nouveaux investissements. Le Portugal renoue avec une croissance positive et un taux de chômage en baisse, déjà pendant plusieurs trimestres. Et j'espère que le Portugal va quitter le programme avec succès, le programme d'ajustement, déjà le prochain mois de mai.

Donc, je connais bien les difficultés, je sais bien que nous avons des sacrifices immenses. Je sais bien, surtout, la situation d'émergence sociale que nous connaissons dans certains pays. Mais je crois qu'il ne serait pas juste d'ignorer le chemin parcouru. Et vous qui êtes des leaders, et qui avez une responsabilité aussi devant vos électeurs, vous savez qu'il n'y a pas de miracles lorsqu'on parle de l'économie, vous comprenez bien cela. C'est avec de la confiance qu'on peut inspirer les gens, ce n'est pas toujours avec un discours pessimiste, négativiste, en disant que l'Europe n'est capable de rien. Ce n'est pas juste dire ça. Nous avons, grâce aux efforts des Etats Membres et des institutions, réussi à éviter une situation catastrophique, que certains considéraient d'ailleurs être un scenario le plus probable.

Pour l'Europe la reprise est en vue, et les derniers chiffres montrent qu'elle se renforce, même si elle reste encore fragile et inégale selon les pays.

Nous devons donc continuer nos efforts au niveau national, pour les réformes économiques, au niveau européen pour compléter notre union économique et monétaire, pour créer des conditions de crédibilité, non seulement de la zone euro mais de toute l'Union européenne, c'est comme ça qu'on peut garantir un retour durable de la confiance.

La confiance est en train de monter, la confiance des investisseurs, la confiance des consommateurs, mais nous savons, nous avons vu dans le passé récent, qu'il y a encore des fragilités. Donc il faut soutenir cette confiance par de mesures structurelles. Car sans confiance il n'y aura pas d'investissements, sans d'investissements il n'y aura pas de croissance, sans croissance il n'y aura pas d'emplois.

Or la Commission européenne l'a toujours dit, la consolidation fiscale n'est pas une fin en soi. L'objectif c'est la croissance et l'emploi.

Mais la croissance ça ne se décrète pas, il faut aller la chercher, en créant les conditions propices à son essor. C'est pourquoi nous avons dit aussi, bien sûr, pour les pays qui étaient avec des problèmes de déficit, de dette très élevée, qu'il faut poursuivre l'effort de consolidation budgétaire, mais il faut aussi poursuivre des réformes pour la compétitivité et faire des investissements, notamment des investissements que les fonds structurels permettent de mettre en place.

Ladies and gentlemen,

Dear Members of the Committee of the Regions,

We cannot offer to lift the pressure for action if we are serious when we speak of growth and job creation. On the contrary, we need to redouble our efforts to match ambitions and couple economic reforms and growth-enhancing measures with a true, a genuine economic and monetary union including a strengthened social dimension.

I am sure that all of you agree that Europe's most precious asset is its human capital. But the stark reality is that we are running the risk of losing a whole generation. In spite of encouraging economic news, unemployment, especially among young people, remains unacceptably high.

As proposed by the European Commission, the Youth Guarantee is a new approach to tackle youth unemployment which ensures that all young people under 25 should get a good-quality offer within 4 months of them leaving formal education or becoming unemployed.

Developing and delivering a Youth Guarantee scheme requires strong cooperation between all the stakeholders: public authorities, employment services, local and regional entities, among others.

I call on Member States, regional and local authorities to accelerate the implementation on the ground of the 6 billion euros of the Youth Employment Initiative, which will specifically target the regions most affected by youth unemployment and that is also crucial for the financing of the Youth Guarantee schemes.

This is of critical importance in kick-starting job creation for young people and in improving the transition from school to work.

We also know that free movement contributes to economic growth. So let's work together to facilitate labour mobility and improve the application of workers' rights to free movement.

In this regard, the Commission's latest proposals on the pan-European job search network EURES would make mobility more efficient, recruitments more transparent and cooperation among Member States stronger.

With current levels of unemployment this is a welcome tool to address labour shortages that benefit both job seekers and employers by publishing throughout Europe job vacancies, which were only available at local or regional level.

As regional leaders, you are also well aware that our SMEs are the backbone of our European economy. But in spite of an accommodating monetary policy, credit is not yet sufficiently flowing to the economy across the euro area. So let's pull forces together to complete the banking union and get an agreement on the Single Resolution Mechanism.

This would be key to correct the current situation of the increased fragmentation of Europe's financial sector and credit markets; and also restore normal lending to the economy, notably to SMEs.

And we often say, and rightly so, that Europe's most crucial lever, most important instrument for competitiveness and employment, is our single market. But its full potential is far from being realized. We still have to unleash it to lay the foundations for prosperity.

That's why the Commission has proposed for example a telecoms package that paves the way towards a dynamic single market for telecommunications by 2015.

That's why we are also pushing for completion of the internal energy market for electricity and gas. As you may know, it is estimated that a fully integrated and competitive market could result in extremely important cost savings.

Ladies and gentlemen,

Europe is certainly not short of talents and assets. An incredible potential exists, human potential. We have the skills and ideas to drive Europe forward, but we need to capitalize on our strengths and make the right investment.

The EU budget is our most important concrete lever to boost investment. In this context, priority should be given to the new generation of investment programmes supported by the new European Union budget.

European Union-funded research and innovation will do more to improve the quality of life of Europeans and many other instruments. The new programme for research and innovation Horizon 2020 is equipped with a budget of almost 80 billion euros– around 30% more than in the current period.

Let me also mention the importance of infrastructure investment. With 33.3 billion euros for transport, energy and digital, the new Connecting Europe Facility will be the key instrument for strategic investment at European level. This is one innovation of this budget; we had to fight hard for it. I hope now that we are going to see the realities on the ground.

And, last but not least, you are familiar with the 366 billion euros that will be available for the reformed cohesion policy to invest in Europe's regions, cities and the real economy. The new Structural Funds will support the goals of the Europe 2020 strategy and will be used to back reforms identified in the European Union country-specific recommendations.

So, together we have now put in place a modernized cohesion policy. This is a cohesion policy that replaces, what I call, the culture of entitlement by a culture of results, on the right priorities and the right projects.

We want to ensure the overall coherence of all our policies, to link our common objectives, to guarantee proper ownership by all stakeholders at all the different levels, what we usually call multi-level governance.

This is also a new cohesion policy for a new partnership, a more effective partnership based on responsibility and solidarity. I count on you all to put in place all the Partnership Agreements and Operational Programs.

Now we have to make it work, to put them on the ground, for the benefit of our citizens.

Dear friends,

We have worked hard to restore confidence, notably market confidence. We have planted the seeds for economic recovery, but that's far from being enough. We still have to raise our citizens' hopes in our common European future.

We should confront the reality. We are in a very difficult situation where pessimism about Europe has been exacerbated by the economic and the social crisis.

The best way to raise hope again is to deliver our citizens the tangible results that they expect and they deserve.

All of us, we should engage more directly with them in an open, rational debate to explain what Europe delivers, and what Europe cannot be responsible for.

Indeed, not everything needs a solution at European level and we should better concentrate European action on the real issues that matter and can best be dealt with at the European level. I think the principle of subsidiarity is an important principle as well.

So, this is the moment to bring to the fore the richness of our European unity that stems from our great diversity. This is the moment to recall that we belong to a community of values, a community of culture and interests. And that to succeed Europe cannot be technocratic or bureaucratic; it has to be democratic.

And it has to engage all the leaders of Europe and the population and that's why the level of governance of the regions and the cities is so important also for this region of Europe. And it is precisely because I very much respect the regions and the Committee of the Regions that I feel the need to enhance this dialogue with you.

You have a special role to play in this process of privileged proximity with Europe's citizens.

Mr President,

I am very honoured by your invitation, I will be very glad to be with you in the summit, the regions' summit in Athens in March, where we can continue not only our debate about the future of Europe but, also, where we can commemorate another very important anniversary for this Committee of the Regions.

I thank you very much for your attention.


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