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Speech: Propos sur Abel Salazar, La crise de l'Europe

European Commission - SPEECH/14/75   29/01/2014

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Commission européenne

[Seul le texte prononcé fait foi]

José Manuel Durão Barroso

Président de la Commission européenne

Propos sur Abel Salazar, La crise de l'Europe

Présentation du livre La Crise de l'Europe

Bruxelles, 28 janvier 2014

Senhor Embaixador Fezas Vital,

Senhores Joaquim Pinto da Silva, da Orfeu,

Luísa Garcia Fernandes, Directora da Casa-Museu Abel Salazar,

Pedro Saavedra, Presidente da Associação Divulgadora da Casa-Museu Abel Salazar,

Professor Olímpio Castilho, Presidente do ISCAP, Instituto Superior de Contabilidade e Administração do Porto,

Excelentíssimos convidados,

Senhoras e Senhores,

Caros amigos,

Queria antes de mais dizer algumas palavras em português para agradecer ao Embaixador Domingos Fezas Vital a amabilidade de nos receber aqui na REPER, nesta casa de Portugal, e também uma palavra sincera de agradecimento ao Joaquim Pinto da Silva da Orfeu por este convite para partilhar convosco algumas reflexões sobre a Europa a partir do livro de Abel Salazar, "A crise da Europa", que em boa hora foi publicado em francês e em inglês. Queria aliás aproveitar esta ocasião para felicitar a Orfeu e Joaquim Pinto da Silva por todo o trabalho que têm feito para divulgar a língua e a cultura portuguesas aqui em Bruxelas.

E gostava também de assinalar o apoio fundamental que a Casa-Museu Abel Salazar, o ISCAP – Instituto Superior de Contabilidade e Administração do Porto – e a Guimarães 2012 - Capital Europeia da Cultura deram na edição das versões francesa e inglesa da obra que hoje aqui apresentamos. Deixo, pois, uma saudação muito especial a alguns dos seus representantes que nos quiseram acompanhar neste evento. Peço que transmitam às instituições que representam os meus mais calorosos cumprimentos.

Foi numa visita ao Porto, ao Museu Soares dos Reis, que vendo a obra notável de Abel Salazar, também no campo das artes, me interroguei - e interroguei os meus amáveis guias nessa altura - por que não haveríamos de dar uma maior divulgação a Abel Salazar fora da língua portuguesa. E este livro, "A Crise da Europa", apareceu-me imediatamente como uma excelente via para isso. Era aliás a ideia daqueles que me convidavam nesse dia, desde logo com um propósito pedagógico, muito simples: um livro de 1942 chamado "A Crise da Europa" mostra que a Europa está habituada a viver com crises. Mostra também que talvez seja útil relativizarmos as nossas próprias crises, e que a Europa, ao longo de muitos séculos mas especialmente no século XX, viveu alguns dos seus momentos mais dramáticos, para não dizer mais terríveis, onde foram cometidos os maiores crimes contra a humanidade.

Quando hoje discutimos os problemas que temos, é importante saber colocá-los numa perspectiva histórica, saber de onde vimos e sobretudo saber para onde queremos ir. E essa é a primeira lição que desde logo a reflexão de Abel Salazar nos traz: lembrar-nos que as crises na Europa são uma constante mas que há crises que são devastadoras e que há crises que podem ser ocasiões para, sendo ultrapassadas, sairmos mais fortes.

Estou confiante que hoje vivemos uma dessas crises, uma crise que vai permitir
à Europa sair mais forte, porque mais adaptada ao século XXI do que estava há algum tempo atrás.

Como disseram que há aqui nesta assembleia quem não domine ainda a língua portuguesa tentarei prosseguir as minhas reflexões em francês, e, a favor do pluralismo linguístico, também farei alguma concessão à língua inglesa no final.

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

C'est un privilège et un plaisir pour moi que de pouvoir vous parler à la fois d'un homme tout à fait remarquable, Abel Salazar, et d'un sujet passionnant, l'Europe dans une perspective historique.

Le grand écrivain – autrichien mais je pourrais dire européen, et même un grand cosmopolite – Stefan Zweig a dit dans une conférence ayant pour titre L'histoire de demain" que, je cite : "ce qu'un homme a fait non pas pour lui, non pas seulement pour son pays, mais pour tous doit être la mesure de l'histoire de demain."

Je dirai qu'en cela la vie d'Abel Salazar contribue à cette histoire de demain car elle est le reflet de la force de l'esprit et de la pensée, et aussi d'une conviction intérieure au service d'une certaine vision de l'humanité.

Et c'est dans cet esprit que je retiendrai deux mots pour tenter de définir Abel Salazar: culture et engagement.

Médecin, écrivain, conférencier et peintre aussi, Abel Salazar était par excellence un homme de culture qui réunissait de nombreuses qualités tant humaines qu'intellectuelles.

C'est cette grande ouverture d'esprit à plusieurs disciplines – scientifique, littéraire, artistique - qui fait tout l'intérêt et la richesse de sa conception du temps historique telle qu’il l'a développée dans plusieurs de ses livres, et en particulier dans La Crise de l’Europe.

Je crois que nous pouvons tirer de cette attitude intellectuelle d'un homme du 20ème siècle une leçon très actuelle pour notre 21ème siècle, celui de l'âge de la mondialisation.

Car la mondialisation c'est aussi la transdisciplinarité. En effet, comment comprendre la mondialisation sans s'intéresser à la fois à l'économie, au politique, à la sociologie, à la philosophie, aux religions, ou bien encore à l'histoire et à la démographie.

Cela ne veut pas dire, et je ne veux décourager personne, qu'il faut tout savoir sur tout. Cela veut dire, en effet, qu'il nous faut développer la capacité critique et aussi les humanités nécessaires pour avoir la capacité de voir au-delà de certaines spécialisations, qu'il nous faut une culture d'ouverture tant dans le rapport en général avec le reste du monde que dans le rapport avec différentes disciplines. Cela veut dire aussi que la mondialisation peut-être une opportunité en termes d'ouverture, y compris l'ouverture d'esprit.

Et je le dis parce qu'aujourd'hui beaucoup d'Européens perçoivent la mondialisation comme une menace. Et si c'est vrai qu'il y a des risques dans la mondialisation, c'est aussi vrai que la mondialisation ouvre des perspectives dont Abel Salazar ne pouvait même pas rêver. Parce que dans le Portugal fermé, dans le Portugal autoritaire où il a vécu, c'était impensable d'avoir l'accès à l'information qu'aujourd'hui n'importe quel jeune garçon, ou jeune fille, peut avoir, non seulement dans le Portugal libre et démocratique mais aussi partout dans le monde.

Donc, essayons de voir en quoi la mondialisation peut contribuer aussi à cette ouverture d'esprit, à cette culture cosmopolite, qui, à mon avis, est une condition essentielle, aussi, pour les pays qui veulent gagner dans cette bataille économique, à l'heure actuelle.

Je suis convaincu que, dans notre monde en pleine mutation, de nombreuses solutions viendront à l'avenir de notre capacité à développer une approche pluridisciplinaire, à créer des ponts, par exemple entre la science et l'art – c'est qu'Abel Salazar montrait bien dans son expérience, en tant que médecin et peintre, et quelqu'un qui aimait beaucoup l'art – aussi des ponts entre les connaissances humanistes et les connaissances technologiques.

C'est d'ailleurs pourquoi – si vous me permettrez maintenant de lier ces éléments du passé à l'actualité de notre construction européenne – nous à la Commission européenne avons défendu un budget européen qui est un budget d'investissement dans les compétences, l'éducation, la mobilité, la recherche, l'innovation et la science; un budget résolument tourné vers l'avenir.

Homme de grande culture, Abel Salazar était aussi un homme engagé, socialement et politiquement engagé. Mais peut-il y avoir un savoir neutre? Car comment connaître la souffrance humaine comme un médecin peut la connaître, comment comprendre les douloureuses convulsions de l'histoire comme un historien peut les comprendre tout en restant neutre, en ne s'engageant pas?

Ainsi Abel Salazar fut un démocrate, un antifasciste alors que le Portugal traversait une période de son histoire où il fallait avoir un grand courage pour se déclarer ouvertement démocrate et antifasciste.

Ces mots, ces simples mots, ont été, à l'époque, au Portugal, la raison de persécutions politiques – le mot démocrate et le mot antifasciste. Il ne faut pas oublier cela; même si aujourd’hui on a tendance parfois à l'oublier.

Et là aussi je vois dans l'engagement de cet homme du 20ème siècle une belle leçon pour nous tous, femmes et les hommes, de ce 21ème siècle.

En d'autres termes, il ne faut pas partir battu d'avance et ne pas craindre de prendre des risques. Il faut s'engager. Il faut être responsable parce qu'être responsable et libre c'est, je crois, la même chose.

Chers amis,

L'une des responsabilités qui incombe précisément au politique, au leadership politique, est celle d'introduire dans son action de la temporalité, du sens.

Cette responsabilité est d'autant plus importante alors que la crise que nous connaissons - financière, économique, sociale – est aussi par bien des aspects une crise du temps exacerbée par la compression temporelle d'un espace mondialisé.

Nous vivons à l'ère de l'accélération technologique et de l'obsolescence programmée, c'est-à-dire la réduction voulue du cycle de vie des produits. C'est un des effets intéressants de la société de consommation. C'est l'ère de l'éphémère, du "zapping." Et cela s'applique aussi au marché de l'information, et aussi au marché politique, ce "zapping", cette dictature de l'éphémère.

Le sociologue espagnol Manuel Castells a montré dans ses travaux sur les sociétés en réseaux que cette compression temporelle conduit, je le cite, à "la disparition du temps en tant que dimension du procès". En quelque sorte, le futur se replie sur le présent.

Par ailleurs, toute crise est un moment de bouleversements profonds, de rupture, de transition. C'est un moment où il ne peut y avoir de retour au statu quo ante et où l'après reste à construire. Il nous faut commencer un nouveau cycle.

En même temps, faute de distance nécessaire, cette transition en cours, est difficile à analyser et elle est donc souvent source d'incertitudes et d'anxiété.

Nos rapports avec le passé et le futur s'en trouvent perturbés; car le présent de la crise tend parfois à prendre toute la place; et le futur tend à être perçu comme une menace permanente.

Et pourtant toute société, comme tout individu, a besoin pour évoluer de retrouver ses racines et de se donner un horizon.

A cet égard, et alors que nous sommes dans une année d'élections européennes, la lecture du livre d'Abel Salazar est particulièrement bienvenue car il nous offre une analyse très intéressante, et pertinente pour notre monde du 21ème siècle, de cette histoire cyclique qui s'inscrit dans la durée, histoire de la civilisation, de notre civilisation européenne.

C'est bien sûr un essai, ce que fait Abel Salazar. Il n'a pas la prétention d'une vision scientiste. Ce qu'il fait est un essai. Mais avec quelques intentions, à mon avis, très intéressantes, notamment cette référence aux idées cycliques.

Pour Abel Salazar, ces oscillations cycliques, ces montées et ces descentes, constituent les trois périodes du système historique dit civilisation : la période juvénile, la période dorée et la période de décadence.

Et je retiendrai de son analyse que les périodes dites de décadence n'y sont pas perçues nécessairement de façon négative. Elles ne sont que des périodes de transition vers un système plus élaboré, tout juste un retard dans la totalisation des expériences mais en aucun cas un déclin réel. Et donc c'est l'intuition de ceux qui voient dans la plus grande tragédie – comme le fut la tragédie de la 2eme guerre mondiale en Europe – aussi les sources d'un renouveau qui a été possible par la suite, notamment la démocratisation et, pourquoi ne pas le dire, le rassemblement des peuples dans notre continent.

Je dis cela parce que dans cette période contemporaine il y a beaucoup de commentateurs, parfois, je dirai, des cyniques qui aiment à parler de déclin de l'Europe comme quelque chose d'inévitable. Je crois qu'il y a même un certain plaisir, dans certains milieux intellectuels, à parler du déclin de l'Europe. Certains le font avec intention d'ailleurs, peut-être, parce qu'ils s'identifient à d'autres intérêts. Mais il y a, sans doute, une sensibilité en Europe qui d'ailleurs est permanente dans l'histoire des idées européennes – ce n'est pas récent – qui consiste à faire une sorte d'apologie de la décadence et du déclin.

Il y a déjà d'ailleurs en français un mot pour ça. C'est précisément le "déclinisme", qui est d'ailleurs un terme intéressant, que je suis sûr qu'on pourra traduire en beaucoup d'autres langues. La vérité c'est que cette notion du déclin est en fait depuis presque toujours présente dans la culture européenne. Vous voyez ça, d'ailleurs, déjà même avant l'Empire Romain, après l'Empire Romain au Moyen-Age, à la Renaissance, cette notion toujours que c'est la fin de l'influence, de l'importance de l'Europe. C'est quelque chose de cyclique.

Moi, je crois que cela peut aussi avoir un aspect positif, c'est l’une des forces de l’Europe qui se définit ainsi par sa forte capacité d’autocritique et d’interrogation sur son propre destin. C'est une des leçons que j'ai apprises de l'un de mes maitres à Genève, c'était Denis de Rougemont, qui essayait de nous expliquer par exemple les grandes navigations européennes faites par des Portugais, les Espagnols et d'autres.; Et il les expliquait - encore une fois, c'est peut-être une simplification - mais il les expliquait - parce que vous savez d'un point de vue technologique, il y avait à ce stade le même niveau ou même plus de progrès dans d'autres parties du monde - par une anxiété, par une angoisse, par le besoin de s'interroger; qui selon Denis de Rougemont, et d'autres, était propre à une culture européenne marquée par des pôles contradictoire et tellement dynamiques, comme ceux qui viennent de l'héritage de Jérusalem, de l'héritage d'Athènes et de l'héritage de Rome, puisque ce sont entre autres les grandes sources de notre civilisation.

La vérité c'est qui'il y a toujours eu des idéologies dominantes et d'autres qui s'y opposent. L'histoire européenne c'est l'histoire développée aussi par Thomas Hobbes dans le Léviathan de la compétition entre Etats souverains où la guerre est une norme des relations internationales. C'est aussi l'histoire européenne, celle du droit naturel, d'un Etat juste et d'une souveraineté limitée telle que défendue par exemple par Hugo Grotius dans son livre le plus célèbre, De jure belli ac pacis.

C'est la 1ère guerre mondiale qui éclate en 1914, dont on disait qu'elle serait la "der des der" et qui a conduit à la création de la Société des Nations sous l'impulsion de Woodrow Wilson.

Et pourtant quelques années plus tard lorsqu’Abel Salazar publie son ouvrage en 1942, l’Europe est en proie à une 2ème guerre mondiale, une nouvelle guerre des nationalismes et du totalitarisme qui fait ressurgir des doutes terribles sur l'avenir de l'Europe. Une guerre qui sera marquée par le pire des génocides.

Ici, au centre d'Europe, dans l'Europe civilisée. C'est quelque chose sur laquelle on doit, je crois, réfléchir.

S'attachant à une perspective du temps historique, Abel Salazar y voit alors une Europe qui oscille "entre le concept défini historiquement, élaboré", c’est-à-dire celui de nation, et "le concept futur, indéfini", dont écrit-t-il "les Etats-Unis d’Europe, la Fédération européenne, la Société des Nations et des idées analogues ne sont que des préludes."

Moi, je trouve extraordinaire, notamment pour ceux qui sont ici et qui n'ont pas connu le Portugal de cette époque - moi non plus, en 1942 je n'étais pas encore né, mais je me rappelle encore du Portugal non-démocratique - quelqu'un, qui dans cette ambiance pensait aux Etats-Unis d'Europe, à la Fédération européenne, à la Société des Nations, à tout cela comme des préludes. Ça, effectivement, montre à quel point c'est stimulant; la pensé de tant d'hommes comme Abel Salazar qui ont pu se dégager de l'ambiance culturelle mesquine, et qui ont essayé de voir le sens qui pouvait porter aussi une idée plus forte pour l'Europe.

Au lendemain de la 2ème guerre mondiale, ceux que nous appelons les Pères fondateurs de ce qu'est aujourd'hui l’Union européenne donneront précisément corps à ce concept, pour utiliser les mots d'Abel Salazar, ce "concept futur, indéfini."

Et à ce propos l'un d'entre eux, Jean Monnet écrit en conclusion dans ses Mémoires, et je le cite: "Les nations souveraines du passé ne sont plus le cadre où peuvent se résoudre les problèmes du présent. Et la communauté elle-même n'est qu'une étape vers les formes d'organisation du monde de demain." C'est la phrase finale des Mémoires de Jean Monnet.

Moi, je continue à penser que cela est une vision réaliste. Il y a des gens qui pensent que ce n'est pas réaliste, que les Etats Nations resteront toujours les maitres du jeu. Quelques-uns voient même dans ce genre de propos une sorte d'attaque au patriotisme au respect pour nos pays. Rien n'est plus éloigné de la vérité. La question est de savoir comment on peut défendre nos valeurs, y inclus aussi les valeurs qui est l'amour à notre patrie, pourquoi ne pas utiliser le mot, en même temps qu'on se comprend et qu'on se voit comme un citoyen ou une citoyenne du monde, et que nous appartenons tous, à part notre communauté politique plus immédiate, à l'humanité et que nous partageons avec tous les hommes et les femmes du monde une même qualité essentielle qui est la dignité de la personne humaine. Moi, je crois que c'est une valeur en soi-même qu'im nous faut soutenir.

Moi, je l'ai déjà dit et lorsque j'ai eu précisément l'honneur en 2012 – avec le Président du Conseil européen –d'accepter le Prix Nobel de la Paix pour l'Union européenne, que cette vision fédéraliste et cosmopolite constitue l'une des plus importantes contributions que l'Union européenne puisse apporter à un ordre mondial en devenir.

C'est-à-dire une idée qui va au-delà de l'Etat Nation, qui n'est pas contre les Etats Nations, mais qui entend l'Etat Nation comme un élément important dans une communauté internationale et chaque homme, chaque femme, chaque enfant aussi comme quelqu'un qui a une dignité qui est antérieur à toutes constructions politiques. Ce n'est pas l'Etat qui a créé les personnes, c'est exactement le contraire, et l'Etat est une catégorie transitoire dans l'histoire de l'humanité.

Si vous avez encore patience, parce qu'on m'avait demandé de faire quelques réflexions, je vais faire un changement pour l'anglais.

The European Union is certainly the most impressive creation in the history of international relations. I think we can say that no other political construction to date has proven to be a better way of organising life to lessen the barbarity in this world. I don't want to give lessons to other parts of the world, I fully respect the other parts of the world and certainly I don't like to put ourselves as a model, but indeed, it is difficult to conceive another project in the history of international relations that was able to create so decent societies as we have been doing here in Europe.

Societies, where broadly speaking human rights are respected, including the very important right of equality between men and women, which is far from certain in many other parts of the world, open societies, with open economies at the same time with a commitment to defend the social model, including also the protection of environment and including the rights of workers. We know the real problems we are facing in Europe. We know that because of the financial crisis the reality is that many of those rights cannot be fully exercised, but we know that in Europe the rule is this one.

From an external point of view Europe is also in many ways a laboratory for globalisation, both in the sense of subordinating power politics to the rule of law as well as by being a testing ground for successful cross-border supranational cooperation. And the success of this process is to be measured in terms of peace, stability and prosperity.

But we should never forget that this European success story has not been a natural development and we would take it for granted at our peril. It is the result of clear vision and steady determination of post-World War II European leaders. And of hard work from European nations and European institutions ever since. This is all the more important to be reminded as the European Union is now going through delicate times of transition.

It stands to reason that we, Europeans, will be better off if the 28 countries act together than if we don't. Europe has what it takes to help "manage globalization" in its various facets. All together, we have the critical size, the clout and the creativity to preserve our lifestyle and be influential in a world of continental-sized nations.

In the age of globalization, sovereignty pooled means power gained for every member of the European Union, not power lost. Globalization is indeed a driver for a stronger and more united Europe.

The fact is that our answer to the financial crisis and to a loss of competitiveness of a number of countries is "more Europe", not less. In reforming their economies, our Member States agree to further pool their sovereignty. And we see that our efforts have started to pay off. For Europe, I believe, recovery is within sight but there is, of course, no room for complacency. Indeed, as I have said repeatedly, we are not yet out of the crisis and the unacceptably high levels of unemployment, especially youth unemployment, are a stark reminder that we need to keep our efforts.

Ladies and gentlemen,

In 2012, the Commission already tabled its vision, its so-called Blueprint for a deep and genuine economic and monetary union, a step-by-step approach from economic union and banking union to budgetary union, and with a big ambition for the future, a political union for Europe.

This deeper Union does not mean more centralization. It means that we should better concentrate European action on the real issues that matter and can best be dealt with at the European level.

But we cannot have a viable deeper Union without public support. Europe cannot be technocratic, bureaucratic, Europe should be democratic. This is why the upcoming European elections are so important.

We are in a difficult situation where pessimism about Europe has been exacerbated by the economic crisis and the social crisis and when, more than ever, many national politicians tend to nationalise successes and Europeanise failures.

This is the moment to mobilize all the pro-European forces and not leave the initiative in the hands of the doomsayers on all sides of the political spectrum.

This is the moment to engage even more directly in a rational and reasonable debate on what our Union delivers, but also what it shouldn't do because others can do it more efficiently.

This is the moment to have the courage to think ahead and be able to project and shape change – because that's what leadership is about. This is also the time for all pro-Europeans to mobilise, to stand up and participate in the debate, within the main European political families, but also outside in the public space. Because, as I have said very often, Europe is not just Brussels or Strasbourg. Europe is also Lisbon, Porto, Athens, Dublin or Helsinki. And the European elections are not just about parties; they are about the people and about ideas, about a certain idea of Europe.

And as we are marking this year the start of the First World War, let's remember what Woodrow Wilson used to say: "Tell me what is right and I will fight for it." Almost 100 years ago Europeans were starting to fight and to kill each other across Europe. This country, Belgium, was one of the most affected, as you know. Not far from here, many Portuguese died 100 years ago. And, in fact, we have seen in that devastating war that was one of the worst in the history of our continent.

100 years ago, Europeans killing each other. This year, Europeans can vote together to forge their future. I think that makes a difference. I think it makes a difference, it should make a difference. That's why I, once again, appeal to all to go and participate in the elections, to choose, of course, the party of your preference but to come with a voice about Europe. If you support Europe, say it; if you don't like the way Europe is going, say it as well, but engage democratically in what can be a very successful, democratic process. I think that all of those around us that believe in Europe we have this time, the opportunity, through our ideas and votes, to ‘fight’ for what we believe is ‘right’ for Europe.

So let's ‘fight’ together for a stronger, more united and open Europe. And in this fight Abel Salazar's life and writings are certainly a welcome and valuable source of inspiration.

I thank you for your attention.

Muito obrigado pela vossa atenção e pela vossa paciência.


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