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Commission européenne

[Seul le texte prononcé fait foi]

José Manuel Durão Barroso

Président de la Commission européenne

Déclaration du Président Barroso sur la communication en faveur d’une renaissance industrielle en Europe

Conférence de presse avec le Vice-Président Tajani

Bruxelles, 22 janvier 2014

Nous lançons aujourd'hui une grande ambition pour l'Europe à l'horizon 2030, en ce qui concerne non seulement la politique énergétique et la lutte contre le changement climatique mais aussi l'industrie.

L'ambition que nous avons pour l'énergie et pour l'action climatique ne se réalisera pas sans la participation active d'un secteur industriel européen fort, capable de relever les défis de la crise et de se moderniser.

L'Europe a besoin d'une base industrielle forte pour créer de la croissance, des emplois et permettre à nos économies de continuer à innover et à conquérir des marchés à l'étranger.

Je ne suis pas de ceux qui pensent que la politique industrielle s'oppose à la lutte contre le changement climatique. Je ne crois pas non plus que les industries appartiennent au passé et qu'il faudrait aujourd'hui nous concentrer sur les seuls services.

Le développement économique de nos grands partenaires économiques montre clairement que le secteur industriel est porteur de dynamisme, de croissance et d'emploi.

Alors qu'est-ce que nous pouvons faire de plus?

Je ne crois pas au fatalisme économique. Il n'existe aucune fatalité économique qui condamnerait nos industries à être moins compétitifs que nos partenaires.

Ce dont nous avons besoin, c'est d'une réponse politique, avec les Etats membres et les industries européennes.

La Commission européenne a donc décidé aujourd'hui, en vue du Conseil européen de mars, de mobiliser les Etats membres à renforcer notre compétitivité industrielle et ainsi atteindre l'objectif que nous nous sommes fixés en 2012, à savoir ramener la part de notre secteur industriel à 20% de l'économie européenne.

La crise a révélé les faiblesses de notre industrie:

la trop faible demande interne qui nous oblige à exporter davantage et donc à être plus compétitifs,

le manque d'investissements dans beaucoup de secteurs industriels, qui limitent leur capacité à se moderniser, à innover et à créer de nouveaux produits,

les règles administratives et financières, toute une bureaucratie, encore souvent trop lourdes aussi dans les Etats membres et qui coûtent beaucoup trop cher à nos industries,

et puis, nous ne pouvons pas ignorer le coût des prix énergétiques sur les finances des entreprises, et qui se répercutent sur leurs marges et les prix des produits. L'étude qui vient d'être présentée, préparée par le Commissaire Oettinger et les services en charge de l'énergie, et dont on vient de parler, établit très bien les causes multiples de ce problème important de notre compétitivité.

Nous devons être lucides. La reprise de la croissance européenne n'aura qu'un effet limité sur ces problèmes structurels. Pointer du doigt nos partenaires ne servira pas à grand-chose. C'est à nous Européens d'apporter des solutions pour nos industries.

Aussi j'appelle les Etats membres à se saisir de cette question lors du Conseil européen de mars et à prendre des décisions concrètes sur chacun des problèmes identifiés.

La Commission a déjà fait de nombreuses propositions depuis plusieurs années. Nous en faisons encore d'autres aujourd'hui – notamment le Vice-Président Tajani que je veux remercier pour toute son énergie dans ce dossier – nous avons fait beaucoup de propositions pour accélérer ce mouvement.

Je prends quelques exemples concrets.

1. Premièrement, l'accès vital aux financements publics et privés.

Nous avons dégagé dans le budget européen voté pour 2014-2020 une enveloppe de 100 milliards d'euros pour aider les Etats membres et les régions à moderniser et surtout à spécialiser leurs industries. Parallèlement, des fonds très importants ont été spécifiquement identifiés dans le nouveau programme de recherche Horizon 2020 pour soutenir l'innovation industrielle. Ces investissements sont disponibles pour les Etats, les régions, et les entreprises. Ils sont la preuve concrète de la valeur ajoutée de notre budget.

Toutes les propositions que nous avons faites pour développer le capital-risque, le soutien financier de la Banque Européenne d'Investissement, ou pour mettre en place une Union bancaire vont exactement dans le même sens.

Il faudra maintenant donner l'impulsion politique nécessaire pour que des décisions se prennent sur ces propositions.

2. Deuxièmement, nous devons faciliter la vie de nos entreprises qui rencontrent encore trop d'obstacles réglementaires et financiers dans leur développement.

Nous devons mieux connecter les industries au marché, à leurs fournisseurs et à leurs clients via des infrastructures de transports et de télécommunications. J'appelle donc le Parlement européen et les Etats membres à adopter les législations que nous avons proposées, notamment sur le rail et le ciel unique.

Mais c'est aussi la vie quotidienne des entreprises que nous devons faciliter. Aujourd'hui, nous proposons un nouveau "Small Business Act" pour aider à la création d'une entreprise pour moins de 100€ et en moins de 3 jours contre la moyenne aujourd'hui que est de 372€ et 5 jours.

Plus globalement, nous pensons que les Etats membres devraient examiner de près leurs législations nationales – comme nous le faisons avec le droit européen – pour identifier les charges inutiles, les coûts excessifs sur les entreprises et opérer les simplifications nécessaires. Il y a là un gisement d'économies à exploiter pour les industries et aussi pour les administrations.

3. Enfin, l'accès aux matières premières et aux sources d'énergies à des prix abordables doit être une priorité absolue pour l'Union et les Etats membres. La Commission continuera à mettre l'accent sur ces aspects notamment dans les négociations commerciales pour assurer cet accès, et continuera à pousser les Etats membres pour mettre en place un véritable marché européen de l'énergie qui facilite une offre à bas prix. Nous devons parallèlement innover pour nous offrir les alternatives technologiques à ces matières premières et à ces ressources énergétiques importées. La Commission fera des propositions en ce sens au cours de l'année.

La vérité c'est, Mesdames et Messieurs, que l'industrie européenne reste essentiellement compétitive. Nous avons un excédent commercial très important dans l'industrie. D'ailleurs nous avons aujourd'hui un excédent dans tous les secteurs, sauf les matières premières et l'énergie. C'est précisément pourquoi d'ailleurs on doit avoir une attention spéciale à ce domaine de matières premières. Mais nous avons un excèdent commercial, nous avons le potentiel dans notre énergie. D'ailleurs je voudrais saluer l'effort notable qui font certains de nos industries, surtout dans les pays en crise, précisément à cause de la crise en Europe, elles sont allées chercher, elles sont en train de chercher de nouveaux marchés ailleurs, ce que montre leur dynamisme et leur capacité, aussi pour les petites et moyennes entreprises.

Mais nous pouvons faire plus pour la politique industrielle. Pas la politique industrielle du passé, ça c'est hors question, ce ne serait pas compatible ni avec nos règles de concurrence ni avec les règles du commerce international, dans certains cas. Mais en utilisant toute la panoplie d'instruments qui nous avons, de la recherche aux fonds structurels, aussi dans certains cas des initiatives d'actions concrètes – par exemple ce que nous avons comme Joint Technology Initiatives –, nous pouvons appuyez notre industrie, nous pouvons protéger l'industrie sans être protectionniste. Et l'industrie a de l'avenir en Europe, ça c'est le message qu'aujourd'hui nous voulons passer, parce que, effectivement, en nous appuyant sur des initiatives déjà prises, est quelque chose de réaliste, accroître la part de l'industrie dans le produit intérieur brut européen.

Je vous remercie.


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