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Commission européenne

[Seul le texte prononcé fait foi]

José Manuel Durão Barroso

Président de la Commission européenne

Déclaration du Président Barroso suite à sa rencontre avec Monsieur Mehdi Jomaa, Premier Ministre de Tunisie

Point de presse

Bruxelles, 20 juin 2014

Bonjour,

Before I give you a summary of the very fruitful and friendly conversation with the Prime Minister of Tunisia, I would like to make a very succinct remark on the situation in Ukraine.

Later today President Poroshenko will announce a Peace Plan. This is a welcome development that should be seized by all to de-escalate the situation. The current pattern of ongoing violence and more victims is just unacceptable. Too much blood was shed. Violence needs to stop, illegal groups need to disarm, dialogue should replace arms. We wholeheartedly support this initiative and I hope it can deliver results very quickly. The EU and its Member States will have the occasion to discuss and assess next week at the European Council meeting the implementation of this plan.

Mesdames et Messieurs,

C'est un grand plaisir de recevoir aujourd'hui à Bruxelles Monsieur Mehdi Jomaa, Premier Ministre de la Tunisie, pays ami et proche, très proche (et pas seulement géographiquement!) de l'Union Européenne.

Tout d'abord, je souhaite féliciter Monsieur le Premier Ministre pour sa nomination et la mise en place d'un gouvernement qui représente un interlocuteur solide pour l'Union européenne.

Ensemble, nous avons évoqué notre Partenariat Privilégié mis en œuvre par un nouveau Plan d'action jusqu’en 2017, ce qui offre une feuille de route globale et ambitieuse pour accompagner la Tunisie dans son processus de transition démocratique et de développement économique et social.

Je voudrais également saluer le progrès de la transition tunisienne et le caractère inclusif du dialogue national qui a permis l'adoption de la Constitution et la nomination même de Monsieur le Premier Ministre.

L'UE est déterminée à soutenir la transition. La nouvelle Constitution, résolument moderne et porteuse de nos valeurs communes, doit être mise en œuvre. C'est une priorité car la consolidation des libertés fondamentales est la meilleure arme pour rétablir la confiance des citoyens et la stabilité du pays. C'est aussi, comme me le disait ici-même Monsieur Ben Jafaar en février dernier, le "meilleur code d'investissement" pour la Tunisie.

Aujourd'hui, j'ai dit au Premier Ministre que la crédibilité du processus tout entier passe par l'organisation dans un esprit non partisan d'élections législatives et présidentielles avant la fin de 2014, et ce conformément à la Constitution.

L'UE s'est déjà engagée aux côtés de la Tunisie pour la bonne organisation de ces élections. Une assistance technique est déjà sur place.

Mais la clef du succès de la transition démocratique réside aussi dans la capacité d'améliorer la situation économique et sociale et de relancer l'emploi, surtout des jeunes, avec des politiques à moyen et long terme.

Dans ce cadre, je soutiens et j'apprécie les initiatives de "Start-up Tunisie" et l'organisation d'événements pour mobiliser toutes les énergies, notamment les investisseurs et le secteur privé. C'est dans ce contexte que l'UE est prête à soutenir, entre autres, la conférence qui aura lieu début septembre à Tunis.

Les relations entre l'UE et la Tunisie peuvent être approfondies grâce à la mise en œuvre du Plan d’action agréé en avril et dont l'un des objectifs est l'intégration progressive de la Tunisie dans le marché européen, ainsi que le soutien à son développement économique. Je ne peux qu'insister sur l'importance de lancer et d'approfondir plusieurs outils. La mise en place, par exemple, d'une zone de libre-échange approfondie et complète. Nous avons évoqué ceci aujourd'hui lors de nos conversations.

Dans le transport aérien un accord global Euro-Méditerranéen apporterait aussi des bénéfices en termes de volume d'activité économique, d'investissements, d'emplois et de connectivité.

Nous avons également discuté des questions de sécurité. De nos jours la sécurité des Tunisiens est mise en cause par des organisations terroristes sur le plan national et régional et l'UE souhaite accentuer sa coopération dans ce domaine.

À ce propos nous avons abordé la réforme du secteur de la sécurité en commençant par la question de la gestion des frontières et les progrès effectués dans le processus de réforme de la justice.

Nous sommes bien conscients des difficultés créées par la situation en Libye et des efforts remarquables des autorités tunisiennes pour accueillir de très nombreux voisins. Ceci est d'autant plus appréciable étant donné les difficultés économiques auxquelles la Tunisie doit elle-même faire face.

Finalement, je voudrais enfin dire qu'en dépit de nos défis budgétaires en Europe, le montant de l'assistance financière accordée par l'UE à la Tunisie tient progressivement compte des efforts des Tunisiens.

L'aide de l'UE entre 2011 et 2013 a doublé depuis le début de la révolution par rapport à ce qui était initialement programmé. En fait, à la lumière des développements démocratiques récents, la coopération financière avec la Tunisie devrait être supérieure à celle de la période précédente.

Grâce aux efforts de réforme, la Tunisie était le premier bénéficiaire du programme SPRING (155 millions d'euros sur 540 millions d'euros pour les pays voisins du Sud). La Tunisie sera le premier bénéficiaire du programme Umbrella en 2014 (50 millions d'euros sur un total de 100 millions d'euros pour les pays voisins du Sud). Pour 2014, la Commission a proposé une allocation totale de 200 millions d'euros.

Ces dons seront complétés par l'aide macro-financière de 300 millions d'euros sous forme de prêts aux conditions très avantageuses.

Aujourd'hui, nous avons discuté très ouvertement avec le Premier Ministre de ce que nous pourrions faire de plus. Car, tout en nous remerciant de l'aide apportée par l'Union européenne, Monsieur le Premier Ministre m'a sincèrement dit qu'il avait besoin de plus. Ce que je comprends bien au vue des grandes difficultés que votre pays est en train de vivre, précisément les difficultés propres à un processus de transition ou très souvent les citoyens attendent des solutions immédiates quand nous savons tous, et je crois que les Tunisiens aussi parce que je connais bien le bon sens des Tunisiens, qu'il n'y a pas de solutions miracles du jour au lendemain.

Nous avons donc parlé de ce que l'on pourrait faire avec d'autres institutions, notamment la Banque Européenne d'Investissement dont le Vice-Président est aujourd'hui même à Tunis. Mais aussi ce que nous pouvons faire pour mobiliser les investissements privés dans un cadre de stabilité de long-terme. Et c'est là précisément que nous apprécions l'initiative du Premier Ministre d'organiser une conférence à Tunis à laquelle bien sûr l'UE participera à haut-niveau.

Monsieur le Premier Ministre,

Permettez-moi de vous réitérer mes félicitations à vous-même ainsi qu'aux Tunisiens pour la mise en place d’un dialogue national inclusif ayant permis une série de développements permettant de consolider ce processus de transition.

Le succès de la transition en Tunisie sera beaucoup plus que le succès des Tunisiens ce qui est déjà important mais signifiera aussi la possibilité de bâtir et consolider un Etat démocratique, respectueux des libertés fondamentales dans un pays voisin du nord de l’Afrique. Cela est très important pour nous aussi en Europe.

Nous sommes conscients de l'importance de ce qui se passe en Tunisie pour toute la région et même pour l'Europe. Quand on voit ce qui se passe aujourd'hui en Libye, pour ne pas parler de la situation tragique en Syrie ou en Iraq, l’exemple qui nous vient de la Tunisie est très important et démontre que le conflit n’a rien d’inévitable et que les pays musulmans n’ont rien d’incompatible avec la démocratie, dès que bien sûr les visions modérées, l'esprit d'unité nationale, l'esprit de dialogue et de réconciliation puissent prévaloir.

Vous pouvez être sûr du plein appui, espoir et confiance de l'UE à la transition de la Tunisie.

Je désire à vous-même, à votre gouvernement, à tous les Tunisiens et à toutes les Tunisiennes tous mes vœux de succès pour l'avenir.

Je vous remercie.


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