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European Commission

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José Manuel Durão Barroso

President of the European Commission

Speech by President Barroso: 100 Years on from the First World War - Lessons to learn and future of Europe

European Parliament plenary session

Strasbourg, 16 April 2014

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur le Président du Conseil,

Il y a cent ans, au printemps de l'année 1914, une Europe prospère, cultivée, puissante, ayant tissé des liens économiques étroits, vivait une période de paix exceptionnelle.

Une guerre semblait inimaginable. Et pourtant, un attentat terroriste a entraîné l'auto-destruction de l'Europe, divisant des peuples qui avaient tant en commun.

Sur le plan national on peut qualifier cette guerre comme une victoire ou une défaite. Il y a eu certes de grands exemples d'héroïsme qu'on ne peut pas oublier et qu'on doit respecter. Mais d'un point de vue européen, et surtout du point de vue des millions de victimes, on ne peut qualifier cette guerre que comme une guerre civile européenne. De la même façon que, dans nos pays, nous avons connu des guerres fratricides, je crois qu'on peut dire que la Grande Guerre a été la Première Grande Guerre civile européenne.

De cette période je retiendrai notamment trois leçons.

Tout d'abord la préservation de la paix demeure une des principales raisons d'être de l'Union européenne. Nous ne devons pas oublier que le nationalisme était à l'origine de cette guerre effroyable et qu'aujourd'hui l'Union européenne offre précisément le moyen d'éviter la logique perverse du nationalisme, tout en préservant et en renforçant les identités nationales de nos pays. A l'âge de la mondialisation, la sécurité est indivisible.

Il n'existe qu'un seul et même monde partageant la même planète, un univers dans lequel les équilibres dépendent d'un modèle gagnant-gagnant qui doit l'emporter sur une logique de jeu à somme nulle.

Pour l'Europe, soutenir les personnes qui aspirent à la paix, à la démocratie et à la liberté et défendre aussi un plus juste partage de ressources très inégalement réparties à travers le monde est non seulement une question de respect de ses valeurs mais aussi une question d'intelligence stratégique.

Et pour que l'Europe reste l'ultime garante de sa sécurité, nous devons développer plus de politiques européennes dans des domaines clefs tels que l'énergie, l'immigration, la défense.

Les Européens doivent également agir de concert pour continuer à exercer et à renforcer une influence dans ce monde. Car nous devons être influents pour y défendre nos valeurs et nos intérêts.

Deuxième leçon: le respect du droit international et le respect de l’Etat de droit.

La Grande Guerre ce fut aussi l'échec de mécanismes diplomatiques qui s’étaient enrayés au fil du temps.

Pour faire face à ces incertitudes, et pour disposer d’un autre moyen pacifique de trouver des solutions aux conflits d’intérêts entre pays, en Europe nous avons, après la Deuxième Guerre, créé des institutions européennes fortes, indépendantes, qui sont les garantes du respect de l’Etat de droit et de la législation européenne. Elles transforment les divers intérêts nationaux en un intérêt européen à plus forte valeur ajoutée.

À l’ère de la mondialisation et de l’interdépendance, nous avons besoin, plus que jamais, non seulement d'une coopération européenne renforcée mais aussi d'institutions communes. Elles doivent même être renforcées davantage pour s'adapter à un monde qui ne cesse lui-même de changer.

Et c'est, par exemple, ce que nous sommes en train de faire en développant une véritable union économique et monétaire. Mais nous ne devons pas attendre de nouvelles crises pour poser ouvertement la question de fond; celle de l'Union politique.

Non seulement parce que la solidité de l'union économique et monétaire dépend de la crédibilité de la structure politique et institutionnelle sur laquelle elle repose. Mais aussi parce que notre Union est fondamentalement un projet politique, une communauté de valeurs.

Et cela est d'autant plus important alors que l'ordre international lui-même doit être repensé, et que l'Europe a une contribution importante à y apporter.

Enfin troisième leçon : la responsabilité et la solidarité.

Stefan Zweig, évoquant les premiers jours de la guerre, décrit, je le cite "ces milliers et ces centaines de milliers d'hommes [qui] sentaient comme jamais ce qu'ils auraient dû mieux sentir en temps de paix, à quel point ils étaient solidaires."

Dans un monde, où le mot-clef est interdépendance, quelle serait aujourd'hui l'influence de nos pays sans souveraineté partagée au sein de l'Union européenne? Et que serait notre Union sans la solidarité et la responsabilité de chacun à l'égard de la prospérité, de la sécurité de tous?

Honourable members,

Ladies and Gentlemen,

One hundred years ago, the German Empire, Austria-Hungary, Belgium, France, Luxembourg, Portugal, the United Kingdom, the Kingdoms of Bulgaria, Italy, Greece and Romania, the Russian and the Ottoman Empires, Serbia and Montenegro, to name but the European countries, clashed in a terrible war.

The savagery, which had started in Europe, then spread throughout the world.

One hundred years on, the European Union has proved that it is effective in organising life in such a way as to ensure that there is a much more decent world. It can and must contribute to shaping globalisation that protects and defends that which is universally human in mankind.

And yet, we see in the Eastern neighbourhood of our European Union two concepts of Europe contrasting each other: the one of a modern, open and democratic Europe in which 28 countries have voluntarily joined up in the European Union to realise the most revolutionary progress in the history of mankind in terms of relations between countries; and against this the old concept of a Europe which continues to think and to act in categories of power, spheres of influence, diktat and mistrust and in the logic of "rule and divide".

When we compare these concepts, and when we recall that the First World War was followed by a Second World War, it is fair to say that we have already drawn our lessons. The European Union is our lesson of two World Wars and must remain so in the future.

If at all, as a result from the events in Ukraine, there is a new lesson to be drawn then it is the one that we must never - I repeat: never - take peace and stability in Europe for granted. We need to defend Europe to defend peace and stability in Europe.

Now that some of our old demons are reawakening, we should not forget that those who defend ultra-nationalism and xenophobia are also attacking the European Union and the values which we hold dear. There are many shades of nationalism. Some of them are more protectionist, some of them more chauvinist, some of them focused on foreigners or migrants, some have a discours against globalisation. But there is always one thing in common among nationalists: they hate the European Union. They think the European Union is their enemy. And indeed it is. The European Union is made against the aggressive nature of ultra-nationalism.

We are all united within a Union that guarantees peace, democracy, freedom and justice for each of our countries. A precious Union, which was awarded the prestigious Nobel Peace Prize in 2012. We are bound, given our history, to preserve and defend it.

Honourable Members,

This has been our last debate in plenary before European elections next month.

I want to use this opportunity to thank this House, your two Presidents during the past mandate, President Buzek and President Schulz, and all of you for the discussion, the cooperation and the results we have achieved together.

Together we have weathered and withstood the most severe financial and economic crisis since the beginning of European integration. At times we were facing an existential threat to the Euro and even to our Union. And just yesterday, this Parliament, by a huge majority, has given its final green light to the final step in our Banking Union, one of the many achievements of these years which would be considered impossible before this crisis.

I think you can be proud of the work which under these circumstances you have done. Responsibility, solidarity and leadership were the elements which eventually made us succeed together.

The job is not done. Too many citizens still feel the painful consequences of this crisis. Our fight in particular for sustainable growth and against unemployment must and will continue.

Many of you are now going in different political parties to run for elections for the new European Parliament. I wish you all the best for your future. I hope that the next European Parliament will remain a driving force for a united, open and stronger European Union.

I thank you for your attention.


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