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Speech - Approfondissons les liens étroits entre l'Union européenne et la Côte d'Ivoire dans le domaine du commerce et de l’investissement

Commission Européenne - SPEECH/13/927   14/11/2013

Autres langues disponibles: aucune

European Commission

Karel De Gucht

Commissaire européen chargé du commerce

Approfondissons les liens étroits entre l'Union européenne et la Côte d'Ivoire dans le domaine du commerce et de l’investissement

14 Novembre 2013

Réception d'inauguration du bâtiment de la délégation de l'Union européenne à Abidjan / Côte d'Ivoire

Mesdames et Messieurs,

Les inaugurations comptent parmi les moments les plus agréables dans la vie d'un homme politique. En effet, il n'y a pas à se soucier de ce que le bâtiment soit effectivement construit, il suffit de se présenter le jour des festivités.

Aussi suis-je très heureux de me trouver parmi vous ce soir, dans le centre-ville d'Abidjan, un quartier destiné à accueillir de nombreuses institutions économiques et financières. Comme vous le savez, nous nous trouvons dans les anciens locaux de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest. Je constate une très forte symbolique de partenariat dans ce choix – qui n'est sans doute pas innocent. L'Union européenne se trouve dans un partenariat pour l'émergence de la Côte d'Ivoire, et ce au-delà des objectifs politiques louables fixés pour réussir cette transition à l'horizon 2020.

Il y a toujours eu une délégation de l'Union européenne en Côte d'Ivoire depuis que le pays est indépendant. D'une petite équipe de pionniers, nous sommes aujourd'hui passés à un effectif de cinquante-trois personnes, ce qui témoigne bien de l'importance de notre soutien au développement politique et économique de ce beau pays. Il reste quelques bureaux disponibles dans ce bâtiment historique, que nous ambitionnons de transformer en Maison européenne au cœur d'Abidjan.

La Côte d'Ivoire a connu des moments difficiles au cours de la dernière décennie. Relever les défis qui se présentent aujourd'hui à elle – notamment ceux, fondamentaux, de la paix et de l'État de droit – ne sera assurément pas chose facile.

Je suis cependant convaincu qu'elle peut y parvenir, surtout si elle réussit également à gérer l'autre grand défi auquel elle fait face: le développement économique à grande échelle.

Quand je dis que ce pays possède un formidable potentiel économique, ce n'est pas qu’une affirmation rhétorique. Si nous savons que la Côte d'Ivoire peut réussir dans l'avenir, c'est parce qu'elle a très bien réussi dans le passé. Les 8 % de croissance du PIB escomptés cette année indiquent d'ailleurs que le pays est, sans aucun doute, à nouveau sur la bonne voie.

La question pour le peuple ivoirien n'est donc pas de savoir si son économie est appelée ou non à se développer, mais plutôt de définir la manière de favoriser au mieux ce développement.

J'ai la conviction que des liens étroits avec l'Union européenne dans le domaine du commerce et de l’investissement peuvent être une composante majeure de cette stratégie.

Le commerce est un élément essentiel de toute démarche orientée vers le développement. Les exportations stimulent la demande. Les importations font baisser les prix et accroissent la compétitivité.

Bien sûr, les Ivoiriens connaissent déjà ces mécanismes, étant donné leur position au centre de la production mondiale de cacao. J'ai moi-même, si je puis dire, une expérience de première main de votre réussite dans ce secteur. J'ai grandi à Wieze, une petite ville belge qui abritait le siège de la chocolaterie Callebaut – l'un des plus gros et principaux consommateurs mondiaux des exportations de cacao ivoirien. Je connais donc très bien l'arôme du succès de la Côte d'Ivoire dans ce secteur d'activité!

Tout l'enjeu est évidemment de généraliser ce succès, de façon à étendre ses bénéfices à davantage de personnes et à améliorer le niveau de vie d’ensemble.

Deux initiatives en cours sont susceptibles de contribuer à cette évolution.

La première est l'accord de partenariat économique (APE) entre l'Union européenne et l'Afrique de l'Ouest. Cet accord offre des perspectives pour trois raisons. Premièrement, il resserrerait les liens entre les pays en réduisant les obstacles au commerce entre eux. Un marché intérieur plus vaste dans les faits préparerait les entreprises locales aux défis de la mondialisation. De plus, une intégration accrue permettrait à la Côte d'Ivoire d'agir comme un moteur de croissance dans l'ensemble de la région.

Deuxièmement, l’accord assurerait un accès pleinement ouvert au marché européen. Le véritable développement exige une planification à long terme, et la planification à long terme exige une sécurité juridique. Cet accord constitue le meilleur moyen d'offrir une telle sécurité, compte tenu des règles de l'Organisation mondiale du commerce.

Troisièmement, le fait que l’accord suppose également une plus grande ouverture du marché ivoirien présente lui aussi des avantages, contrairement à ce que d'aucuns peuvent prétendre. Cette ouverture permettra d'abaisser les prix pour les consommateurs comme pour les entreprises désireuses d'importer des matières premières et des machines. Elle offrira en outre un plus grand choix et des opportunités nouvelles.

Bien sûr, cette ouverture devra tenir compte du niveau de développement actuel, raison pour laquelle j'estime que l'accord de partenariat doit prévoir de longues périodes de transition et un traitement spécial pour les produits sensibles. C'est à un arrangement de ce type que sont parvenues la Côte d'Ivoire et l'Union européenne dans l'APE intérimaire conclu en 2007, ce qui montre bien que c'est possible.

Je sais aussi que l'Europe devra accompagner le processus d'adaptation par un concours financier spécial pour l'APE, afin d'aider à la mise en place de l'infrastructure générale nécessaire pour profiter au mieux de la libéralisation des échanges.

Après le bilan très positif du sommet de la CEDEAO tenu à Dakar, j'ai la conviction que le processus est désormais en bonne voie. J'espère que nous pourrons mettre le point final à cet accord très rapidement et je salue les efforts politiques très importants déployés par Monsieur Ouattara, en tant que président actuel de la CEDEAO, pour atteindre les résultats positifs de Dakar.

Le deuxième espace de coopération possible entre l'Union européenne et la Côte d'Ivoire est l'Organisation mondiale du commerce. En décembre de cette année, les ministres du commerce de 159 pays se réuniront à Bali, en Indonésie. Cette rencontre sera une occasion réelle de rendre à l'organisation son rôle légitime de moteur de la prospérité mondiale par la libéralisation des marchés.

Pour cela, nous devrons parvenir à un accord sur un ensemble de mesures, ce qui pourra nous donner l'élan nécessaire afin de sortir de l'impasse pour le restant du cycle de Doha.

Un accord conclu à Bali devrait englober les aspects qui intéressent les pays les moins développés, et notamment les moyens de les intégrer davantage dans les échanges mondiaux.

Il devrait également améliorer certaines règles dans le domaine de l'agriculture – par exemple, concernant les subventions liées à la sécurité alimentaire –, bien qu'il nous faille être réalistes quant à ce qui peut être fait en dehors d'une négociation plus vaste sur l'agriculture.

Toutefois, l’avancée la plus substantielle devra venir d’un nouvel accord juridiquement contraignant visant à simplifier les procédures douanières pour faciliter les échanges.

Un tel accord entraînerait des avantages considérables, notamment en raison de la sécurité juridique qu'il offrirait aux entreprises. Nous estimons que ces avantages pourraient représenter plus de 300 milliards d'euros, dont les deux tiers profiteraient aux pays en développement.

Ces derniers ont exprimé des inquiétudes bien naturelles sur les difficultés liées à la mise en œuvre de l’accord. Toutefois, les pays en développement fixeront eux-mêmes leur cadence de mise en œuvre et les pays développés – dont l'Europe – les aideront à supporter les coûts. En réalité, il sera donc tout à fait possible aux pays africains de tenir leurs engagements. L’investissement à consentir pour faciliter les échanges est peu coûteux et offre un rendement économique très élevé. J'espère que nous pourrons saisir cette occasion ensemble.

***

Mesdames et Messieurs,

Les deux initiatives que j'ai mentionnées sont susceptibles de rapprocher nos deux régions, mais aussi et surtout de renforcer le processus de développement actuel en Côte d'Ivoire.

Elles ne représentent que deux des nombreux domaines de coopération possibles entre nous – des domaines qui, loin de se cantonner aux échanges, comprennent le dialogue politique, l'environnement et d'autres aspects de la politique de développement.

Tous ces domaines nécessitent que nous travaillions étroitement de concert.

Je crois cependant fermement qu'avec le nouveau départ que ce nouveau bâtiment nous offre, nous sommes parfaitement équipés pour mener à bien cette tâche.

Je vous remercie de votre attention.


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