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Speech - Une Europe tournée vers l'avenir

Commission Européenne - SPEECH/13/784   07/10/2013

Autres langues disponibles: aucune

Commission européenne

José Manuel Durão Barroso

Président de la Commission européenne

Une Europe tournée vers l'avenir

Open Days 2013/Bruxelles

7 octobre 2013

Monsieur le Président, cher ami Ramón Luis Valcárcel,

Mon cher Johannes Hahn, Commissaire,

Mesdames et Messieurs les élus régionaux et locaux

Tout d'abord je voudrais vous dire mon grand plaisir d'être avec vous encore une fois. Vous savez à quel point j'attache de l'importance à cet engagement avec nos régions et nos villes. En fait c'est ma 9ème présence dans les Open Days. La dernière était par vidéo car je n'étais pas ici en Belgique. Mais cette année j'ai la possibilité d'être avec vous plus directement et je m'en félicite.

Je voudrais aussi commencer, comme l'a fait le Président du Comité des Régions, en ayant un mot pour Lampedusa et la tragédie que nous avons vue récemment arriver près de Lampedusa. C'est vraiment quelque chose qui nous touche très fortement. Vous savez que la Commission depuis longtemps se bat pour une approche plus européenne par rapport à cette question du contrôle de nos frontières extérieures et aussi la politique d'immigration et notamment la lutte contre l'immigration illégale.

Demain je partirai pour l'Italie, je serai mercredi précisément à Lampedusa pour montrer au nom de l'Union européenne notre solidarité et aussi pour voir sur place. Car je crois encore une fois que notre politique de proximité doit être, quand on peut, de se déplacer pour être en contact aussi avec les leaders régionaux et pour voir ce que nous pouvons faire ensemble. En tout cas mon intention avec ma visite c'est d'attirer l'attention aussi des gouvernements européens sur le besoin de faire davantage sur le plan européen pour répondre à des tragédies humanitaires comme celles-ci. La meilleure façon est toujours de prévenir, d'essayer de voir ce qu'on peut faire en utilisant tous les instruments disponibles pour répondre à ces situations.

Je voudrais aussi utiliser cette occasion pour échanger avec vous quelques idées et commentaires sur notre avenir de façon plus générale. Je le dis toujours, et c'est très sincère de ma part, vous êtes des leaders européens. Quand vous êtes élus par vos populations, soit au niveau des régions soit au niveau des municipalités ou des différents pouvoirs locaux, vous êtes bien sûr les leaders de ces régions mais vous êtes aussi les leaders d'Europe parce que l'Europe ne doit pas se faire simplement à Bruxelles ou même à Strasbourg avec le Parlement européen. L'Europe a plusieurs niveaux. Je ne crois pas à l'idée que les uns soient sous les autres, non ce n'est pas cela la vision moderne, la vision d'une hiérarchie. Non, c'est plutôt, un réseau où chacun de nous a des responsabilités, que ce soit à la Commission européenne, que ce soit au Conseil, les gouvernements, que ce soit les gouvernements aussi des régions et des villes. Et donc c'est pourquoi je crois qu'on doit partager l'analyse pour voir si on peut quand même donner plus de force à cette Europe. Une Europe qui connaît des difficultés mais qui à mon avis connaît aussi quelques raisons d'espoir.

Et en tant que leaders que vous êtes, vous savez très bien qu'on ne peut pas diriger, faire un projet simplement sur le langage pessimiste, sur le défaitisme. Je suis sûr que comme leaders que vous êtes, vous voulez inspirer vos populations à croire à l'avenir, à l'avenir de votre ville, de votre région. Et je crois que cela peut être mieux réussi si on croit aussi en l'avenir de notre Europe. Et comme il y a toujours eu, dès le début de l'intégration européenne, cette complicité entre régions et intégration européenne, entre la Commission européenne et les régions, j'espère que vous pouvez aussi participer à ce grand débat sur l'Europe en essayant de voir quelles sont les raisons de confiance dans l'avenir.

C'est important d'ailleurs quand on prépare maintenant les décisions finales sur la Cadre financier pluriannuel (et là je ne peux que soutenir tout ce que vient de dire Johannes Hahn) de voir comment nous pouvons aussi faire en sorte que ce Cadre financier pluriannuel puisse donner une contribution à ce que nous voulons en Europe c'est-à-dire la croissance. Ce n'est pas séparé du reste. Ce n'est pas une question technique. C'est comment est-ce qu'on peut relancer la croissance en Europe. Et je suis sûr que vous savez quelle est notre position.

A la Commission européenne, au moins depuis 2010 nous le disons clairement, la politique de consolidation budgétaire ne suffit pas. Elle est nécessaire, elle est indispensable, surtout pour des pays qui ont été atteints par la crise, et s'ils ne font pas cet effort les investisseurs ne leur feront pas confiance, et sans confiance il n'y aura pas d'investissements, et sans investissements pas de croissance, pas d'emplois. Mais attention notre politique va au-delà de cela. Ce sont aussi les réformes pour rendre notre économie plus compétitive notamment quand vous savez que l'Europe, face à certains de ses concurrents a, dans certains cas, des difficultés, par exemple ils ont de l'énergie à des coûts beaucoup plus bas. Regardez par exemple ce qui se passe maintenant aux Etats-Unis. Donc nous devons nous réformer pour devenir plus compétitifs. Mais aussi il nous faut de l'investissement. Et l'investissement au niveau européen c'est le budget. Et c'est exceptionnellement important pour certains de nos pays. Je l'ai dit lorsque j'ai discuté de cela avec les Chefs d'Etat et de Gouvernement pour avoir un budget plus ambitieux. J'ai dit que pour certains de nos pays, non seulement les pays les plus exposés à la crise qui ont aujourd'hui une marge budgétaire très réduite, qui ne peuvent pas eux-mêmes augmenter la dépense publique, mais aussi pour certains comme nos Etats membres nouveaux où parfois le budget européen représente 80% de tout l'investissement public – 60, 70, 80% - s'ils n'ont pas cet appui-là; il n'y aura pas de croissance par l'investissement. Et aussi pour les pays les plus riches - où vous savez c'était l'orientation de la Commission, l'orientation du Commissaire à la politique régionale Johannes Hahn, avec tout mon soutien, le soutien du Collège - la politique de cohésion et la politique régionale ne devraient pas être une politique simplement pour disons les plus pauvres mais au contraire une politique européenne pour que toutes les régions y inclus les régions plus riches de l'Allemagne ou de la France puissent sentir l'avantage d'avoir une politique régionale.

Donc pour toutes ces raisons cela est fondamentalement politique, notre politique régionale, ce n'est pas une question technique, c'est un levier essentiel pour l'investissement et la croissance.

Donc comment sommes-nous en Europe? Maintenant je crois que nous pouvons dire que nous sommes bien mieux qu'il y a quelques années.

Chers amis, nous avons eu la plus grave crise économique et financière depuis l'intégration européenne et en termes d'impact mondial la plus grave crise de mémoire. On l'a dit une crise sans précédent. Et la vérité c'est que peu à peu la confiance commence à revenir. Certains d'ailleurs prévoyaient il y a quelque temps – je me rappelle bien les discussions que j'ai eues à New York mais aussi dans d'autres parties du monde - prévoyaient l'éclatement de la zone euro, la fin même de l'euro. Aujourd'hui ce n'est plus le cas. Donc on a réussi à éviter cette crise existentielle sur l'euro et vous avez vu que les derniers chiffres publiés confirment une reprise. Une reprise encore fragile. Nous sommes encore vulnérables. D'ailleurs, vous avez vu que dans certains de nos pays il a suffi qu'il y ait des incertitudes politiques, sur la stabilité gouvernementale, sur la détermination des gouvernements, sur des élections, pour qu'immédiatement les spreads de la dette publique montent en flèche. Et chaque augmentation des intérêts de la dette publique dans ces pays, cela veut dire plus d'argent pour payer les créanciers, moins d'argent pour les écoles publiques, pour la santé publique, pour l'appui aux gens plus vulnérables.

Donc à mon avis nous avons raison de croire à une reprise. D'ailleurs les indicateurs que nous avons maintenant, les dits indicateurs avancés déjà du mois de septembre, semblent confirmer les bonnes nouvelles du 2ème trimestre. Mais on ne peut pas encore dire que nous sommes en dehors de la crise, ce serait irresponsable de le dire notamment quand nous avons ces chiffres de chômage tellement élevés. Mais il y a des raisons pour renouer avec un discours de confiance. Car bien sûr on ne peut pas sous-estimer les difficultés mais on ne peut pas non plus les surestimer parce ce que sinon on ne va pas aider nos citoyens, nos entreprises à investir pour sortir finalement de cette crise. Après tout Jean Monnet avait bien raison quand il avait prévu avec son intelligence exceptionnelle que "l'Europe se fera dans les crises et elle sera la somme des solutions apportées à ces crises."

Ce qui est intéressant de vérifier dans cette crise, à part d'autres aspects, et malgré toutes les difficultés notamment les sacrifices imposés dans beaucoup de nos sociétés à cause de l'endettement excessif de nos gouvernements ou à cause de comportements vraiment inacceptables dans le secteur financier, malgré tout cela tous les pas faits au niveau européen ont été pour plus d'intégration, pas pour moins, pas pour revenir en arrière. On a aujourd'hui des mécanismes de gouvernance plus intégrés. On a aujourd'hui des mécanismes, par exemple de régulation financière, qui sont les plus avancés au monde. Donc on est en train de tirer les leçons de la crise pour avoir plus d'Europe là où il nous faut plus d'Europe; c'est-à-dire une gouvernance plus intégrée et aussi une supervision des marchés plus efficace.

Mais bien sûr en même temps que nous insistons sur cette question-là, c'est-à-dire les règles et la surveillance, nous insistons aussi sur la solidarité. Je l'ai dit à maintes reprises, surtout au Parlement européen, au moins depuis 2010 je l'ai dit clairement attention cela ne suffit pas d'insister sur la responsabilité il faut aussi des mécanismes plus forts de solidarité.

Par exemple, la création du fonds de 700 milliards d'euros qui ont été mobilisés pour le Fonds de stabilité européenne pour aider les pays qui ont des problèmes en termes d'accès aux marchés. C'est quand même important, 700 milliards d'euros, c'est plus qu'un trillion de dollars. C'est aussi une façon d'appuyer dans cette logique de solidarité ceux qui ont besoin de montrer aussi plus de responsabilités dans leur pays, c'est-à-dire avec les réformes structurelles ou alors avec la bonne réponse en termes de politique publique notamment vis-à-vis de la dépense publique excessive

Et bien sûr une expression aussi de cette solidarité, c'est la politique qui sait s'adapter aux circonstances par exemple grâce à la réallocation de 40,7 milliards de fonds européens vers des investissements générateurs de croissance dans certains secteurs comme la recherche, le développement et l'innovation ,ou bien encore dans le soutien aux PME, petites et moyennes entreprises, nous y travaillons comme vous le savez avec la Banque européenne d'investissements. Nous avons faits des propositions au Conseil européen. J'espère que brièvement les gouvernements se mettront d'accord parce qu'il y a encore un problème, qui est un problème important, c'est que le financement aux entreprises européennes dépend beaucoup de la localisation de ces entreprises, ce qui est d'ailleurs injuste par rapport à ces entreprises. Il y a une fragmentation du marché financier qui pose beaucoup de difficultés et là j'espère que les propositions de la Commission seront finalement appuyées par nos gouvernements.

Mais alors que nos efforts commencent à porter certains fruits, dans quel état d'esprit devrons-nous faire face? Ma réponse tient en trois mots, persévérance, détermination, créativité.

Persévérance parce que, je dois vous dire, il n'y a pas de solution clé en main, il n'y a pas de recettes miracles. Et ceux qui promettent des miracles, je dois vous dire que peut-être ils ne connaissent pas la situation sinon ils seraient de mauvaise foi. Il n'y aura pas une baguette magique qui va apporter la croissance en Europe, au moins la croissance que nous voulons, parce que pour cette année nous attendons déjà une timide croissance et l'année prochaine une croissance plus soutenue.

C'est une entreprise de longue haleine qui va prendre du temps et pour laquelle nous devons être préparés. Mais il y a des progrès importants, notamment dans les pays les plus vulnérables, les pays qui ont dû avoir des programmes, soit des programmes en général pour l'appui budgétaire comme l'Irlande, la Grèce, le Portugal et maintenant Chypre, soit les programmes pour la banque en Espagne. Ce sont des pays qui font des réformes très importantes avec parfois de grandes sacrifices et qui, par exemple, sont en train de rééquilibrer leurs balances extérieures et de gagner plus de compétitive. Je crois qu'on devrait soutenir ces efforts non pas en leur promettant des solutions qui ne seraient pas à notre portée, mais bien sûr en les appuyant de façon concrète comme nous l'avons fait dans beaucoup de cas, par exemple pour la dette en trouvant des délais plus longs, en diminuant le taux d'intérêts et surtout en leur renouvelant aussi notre appui.

Je crois donc que tous les développements que nous voyons, doivent nous inciter à poursuivre le cap que nous nous sommes fixés, c’est-à-dire finances publiques saines, réformes structurelles, investissements ciblés.

C'est pourquoi là aussi, dans les réformes de l'Europe il faut approfondir l'Union économique et monétaire, avec comme je l'ai dit récemment au Parlement Européen, et je l'avais déjà dit avant, l'Union Bancaire. L'Union Bancaire est la priorité absolue en terme des réformes sur le plan européen parce que c'est une façon de garantir la confiance dans l'ensemble de l'Union, notamment la zone euro, mais aussi au-delà de la zone euro. C'est un aspect très important parce que les marchés financiers, les investisseurs au niveau global pour croire à la stabilité la zone euro ils ont besoin de voir qu'effectivement nous parlons la vérité quand nous disons que c'est pour l'avenir, et ce n'est pas simplement conjoncturel, l'effort que nous faisons. Et j'espère que jusqu'à la fin de ce mandat du Parlement Européen, jusqu'en mai, on va terminer sur ces propositions, on va adopter les propositions que la Commission a déjà mises sur la table, notamment la dernière sur le Mécanisme de résolution unique, single resolution mechanism, après avoir déjà l'accord sur le superviseur unique pour la zone euro.

Il faut aussi poursuivre le renforcement de la gouvernance économique y compris dans la dimension sociale. C'est pourquoi la Commission vient de présenter la proposition pour mieux intégrer la dimension sociale dans l'Union économique et monétaire.

Et il faut en même temps d'ailleurs non seulement pour une question morale - car c'est un devoir moral que nous avons tous de lutter contre le chômage -, mais aussi pour garantir l'appui aux réformes nécessaires d'un point de vue politique et social, il faut accélérer nos efforts pour lutter contre le chômage des jeunes, notamment avec la mise en place de la Garantie jeunesse, et pour favoriser aussi le développement de cette Initiative pour l'emploi des jeunes qui d'ailleurs fait partie aussi du budget que nous avons approuvé pour les 7 années à venir.

Alors mettons toute notre énergie a tous les niveaux, dans la mise en œuvre intégrale rapide de notre stratégie Europe 2020 pour la croissance et l'emploi. C'est plus que jamais nécessaire et dans certain cas nous devons même aller au-delà de cet agenda. A cet égard, je voudrais d'ailleurs rendre hommage au travail mené par vous tous dans vos régions, dans vos villes, saluer notamment la mobilisation du Comité des régions. Je vous remercie aussi pour vos paroles, monsieur le Président, lorsque vous avez souligné à quel point nous avons renforcé la bonne coopération existante entre Comité des régions et Commission européenne. On ne répétera jamais assez que notre stratégie ne peut réussir que si elle bénéficie d'une appropriation par toutes les parties prenantes et aussi par un ancrage local. Donc il ne suffit pas, Bruxelles, il ne suffit pas même les gouvernements au niveau national, il faut aller dans les villes et les régions. J'attends donc aussi avec intérêt les résultats des consultations lancées récemment par le Comité des Régions auprès des collectivités locales et régionales sur l'impact à mi-parcours de la stratégie Europe 2020, ils seront sans doute utiles à l'évaluation menée par la Commission européenne.

Enfin, et surtout dans ce domaine, redoublons nos efforts pour mettre en œuvre en temps voulu, c’est-à-dire le 1er janvier 2014, même si c'est un jour férié je crois que ça doit être prêt, les programmes du nouveau Cadre financier pluriannuel, le budget européen. Pour certaines de nos régions c'est dramatiquement important que ce soit prêt. Je l'ai dit au Parlement Européen nous l'avons dit récemment, Johannes Hahn, moi-même et mes autres collègues lorsque nous avons rencontré la Conférence des Présidents des commissions parlementaires je l'ai dit aux Présidents des groupes parlementaires, car ça c'est le levier le plus concret dont nous disposons pour stimuler les investissements. Vous savez bien que nous avons lutté pour un budget plus ambitieux, Mais ça c'était le budget possible, parce qu'il fallait l'unanimité des Etats membres. Il est plusieurs fois plus grand que les différents Plan Marshal. Si on utilise bien cet argent, c'est vraiment très important, si on peut le lier à des investissements pour la croissance en Europe.

Et comme cela arrive très souvent quand je parle d'argent, maintenant je vais changer pour l'anglais.

Ladies and gentlemen,

Now we are in the critical phase for the re-programming of the funds for the next 7 years. As you know, before the summer we have agreed on a new amount of 325 billion euros for Cohesion policy, alone. Now, we need to get it right in order to ensure that the new Partnership Agreements and Programmes will allow for a real change in terms of growth and employment.

Every euro spent from the European funds must contribute to bring real, measurable results, which are being felt on the ground. And we must make sure that we fully use the possibilities of innovative financing, from instruments that have already started, to European Investment Bank money, to project bonds. They constitute an important leverage to the existing MFF budget. If we do it right, it will be a way of increasing the budget of the European Union, through this mobilisation of funds from other sources, including, of course, the EIB, that's the financial arm of the European Union, but also, why not, in public-private partnerships from private sector and also from some other specific programmes.

We know that European citizens are not going to be convinced by rhetoric or by promises. Only a concrete set of common achievements can convince them. I think we have to deliver more and better results. And this is the spirit of the new cohesion policy; so let's make the most of it.

Let's continue to work together to reform our economies and to adapt our institutional architecture.

And let's also be creative, innovative because history shows – history from the Renaissance to the industrial revolution and to the current ICT revolution - that there is no sustainable path to growth and prosperity outside innovation and creativity. We cannot go on, as I say very often, as business as usual. The world after the financial crisis will not be the same as before. We have to be creative to adapt to new changes, not only in Europe, but in the world. It is dramatically important the way things are changing globally and if you go on with your old, let's say, way of dealing with things, I think we will not succeed. Our values, yes. Our commitment to the basic values of the European Union, that for instance were highlighted by the award of the Nobel Peace Prize to the European Union, certainly. But in terms of the instruments, we have to have the courage - at European level, but also at national and regional level - to think a little bit out of the box and to launch some new thinking.

Because innovation is not just product development, it is not just a technocratic idea of innovation about a company that wants to sell new products or new services, it is also about our society, the way it changes and improves. It is about the way we do business, the way we work, the options we chose as consumers and citizens. It is about being prepared to meet the needs of the future and also to improve social outcomes. If you want to keep - and I want to keep, the European Commission wants to keep - the social market economy, the European social model, we have to be able to adapt it to new global circumstances.

The reality has shown the need to make some radical changes sometimes and we are doing it.

This is why innovation and research are at the very heart of our Europe 2020 strategy. This is why we have made also such a priority of Horizon 2020, it is our programme for research for the next seven years, which will simplify the rules of funding and will also focus on major societal challenges and also on our industrial competitiveness.

This is why we have designed a new Cohesion policy centred on these new priorities. And it is also important to reflect, as I am sure you will do in some of your workshops, on how regional policy funding can most effectively boost research and innovation.

I think it is very important to understand this, because our idea is not to have a kind of regional policy separate from the rest, giving just money. I don't think it is useful, because we have seen in some cases, let's be frank about this, that some of the funding in the past was not always used to the best purpose, I have to say it. You know how supportive I am personally of this Cohesion policy, but we have to ask self-critically about ourselves. Have we always made the right investments? How is it possible that after so many investments in Cohesion policy some regions are still lagging so much behind in terms of competiveness? Can't we make a better use of these euros?

I have not spoken about this before the MFF was approved by the Member States, because, then, I was afraid that this could be used as an argument against cohesion. But I think now we have to be very frank about this. And I know by my own experience in my own country and in other countries that sometimes our investments were not the ones that could give resilience to our economies and to make our economies more competitive. That’s why the smart way to do things now is to link the funding of regional policy to research and innovation, to energy security and energy efficiency, to other priorities of the European Union, precisely to increase what we can do through our regional policy instruments. And that's why we are creating new instruments and we are looking at this on a macro and micro level.

Let me just mention, as examples, speaking about two countries that Johannes Hahn and myself know well, projects that we are funding, such as the clean technology project ECO World Styria in Austria, a good example of where we can have a regional programme that also brings added value to a policy of the European Union and to Austria, that is a clean technology; or the Science and Technology Park of the University of Porto, in my country, in Portugal. They are, among others, good illustrations, on how we can boost synergies between business and academia in sectors of innovation in the local economy. I am sorry, I cannot quote all the countries here, but these are two concrete examples.

For instance, by fostering start-up companies and innovation centers supported by academia, that project in Porto, UPTEC, is playing an important role in the sustainable development not only of Porto but of Portugal's Norte Region – not least with the creation of some 800 jobs.

So let's try - that is probably not an expression very good for the society of protection of animals - but let's try with the same stone to kill different rabbits. So when we meet objectives of regional policy we also meet objectives on climate protection or competitiveness or research. That's the concept!

We have to build upon such good practices. And actually the thematic concentration of the funds could ensure that at least 80% of all available resources in more developed regions and 50% in less developed ones will be allocated on sectors that are very important for our future. Of course we have to see it case by case. We know very well, for instance speaking with the Prime Ministers of the new Member States that the great emphasis is put and, rightly so, on infrastructure because they are lagging behind in terms of infrastructure compared to the most advanced regions. Fair enough, but then let's see also if these investments in infrastructure are the ones that can add from their perspective to their growth and not sometimes just to please this or that authority. That’s the point that I want to make very frankly with you. What are the projects in infrastructure that can bring added value also in terms of competitiveness and growth of our countries?

Today, cities are already home to 75% of our population, they account for 80% of energy use, our cities produce 85% of Europe's GDP. And there is no doubt that the 21st century will be increasingly urban. By 2020, up to 80% of our population will live in urban areas.

So, I warmly welcome the strong focus given on urban issues in this 11th Open days' meeting. Europe's cities have obviously a remarkable capacity to find new innovative ways to deal with a fast-changing societal, economic and also environmental reality. They are cradles of innovation with a long-standing capacity to re-invent themselves.

Moreover, evidence shows that problems such as unemployment, segregation, poverty are best tackled by local development approaches, encouraging partnerships between public, private and voluntary organisations, as well as citizens.

Local authorities have become leading actors in implementing Europe 2020 objectives as shown, for example, by the Covenant of Mayors that have signed very important commitments in the field of sustainable energy policies. As you know I have also been present in launching this Covenant of Mayors. And that's why I want to have here a word for those of you who are thinking specially about urban policy. I have been discussing this with some of you present here. Since I mentioned before Porto, the city in the north of Portugal, let me say that with the Mayor of Lisbon, Mr António Costa, I have been also discussing what we can do in terms of urban policy. And I think this is very important so that we can really grasp at regional level and at local level, what we can do better than at state level to fulfil these policy objectives. I really believe, in terms of subsidiarity, that money spent through some regions or some cities is very often best invested than at national level.

And indeed we need to develop, at all levels, new forms of coordination and synergies, new partnerships between regions, cities and European institutions to get the most and the best from all of our efforts to stimulate sustainable, lasting and fair growth; and to create new jobs.

President,

Let me conclude, I am sorry if I am taking very long, but the topics are so important and since you invite me for a key note speech, now you have to suffer it. But I want to tell you that during this 4-day gathering you will have many opportunities to go more into detail also because of many workshops on many of these areas. And we are really expecting you to give us some input. I have been saying that in the Commission, also Johannes Hahn knows about that, we need your input because we have to know what's going on in the ground. And I am sure that from this point of view, you know much better than we do. One thing you can be sure of, is that we want this policy to develop, we really want this to succeed and we believe that if you are real partners in terms of bringing a stronger Europe, a Europe based also on competitiveness and attractiveness and also for social inclusion and sustainable development, because development has to be sustainable, in all aspects. I really believe that we can do a lot together and that's why I want to conclude on this point of confidence.

At a time when many factors are contributing to weaken such a confidence, a moment when in Europe we have forces that try to develop stigmatisation, polarisation, we have extreme populist forces that try to put the blame on Europe, I think it is very important that those that are the leaders of Europe, at national or regional level, have the courage to stand for Europe, explain what we are doing together, criticise of course what they want to criticise but to have a positive message for Europe. If not, of course, if not we are going to give the initiative to those who don't like our project of Europe, because in fact there are some dark clouds on the horizon. But if you show them that working together, also the regions and the cities, with the European institutions, we can give them hope if you believe that we can work to avoid some divergence in Europe but bring more convergence and more solidarity, then I believe we have a very good story to tell and we can create a positive dynamics that will drive positive change and build a brighter future.

Let me just conclude by saying that I look also forward to April next year when we will celebrate the 20th anniversary of the Committee of the Regions. This will be a very special moment to show how much our regional and territorial dimension is key; because it goes to the very heart of Europe. As I have always said, including to Heads of State and Government: Europe, it is the principle of the treaties, it is about social, economic and territorial cohesion. That's why the rule of our territories is so important and I count on you to develop this special partnership and complicity between the European Commission and the regions of Europe.

I thank you very much for your attention.


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