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Commission européenne

Dacian Cioloș

Membre de la Commission Européenne, chargé de l'Agriculture et du Développement rural

Restons mobilisés contre les effets négatifs de la volatilité sur les exploitations agricoles les plus fragiles

Réunion ministérielle de la FAO G-20, AMIS sur la volatilité des prix/ Rome

7 octobre 2013

Je remercie le directeur général de la FAO pour l'organisation de cette ministérielle. Le moment est idéal pour avancer dans notre réflexion et aller au-delà du succès d'AMIS. Les marchés ne sont pas en crise : nous pouvons réfléchir sans la pression du court terme, d'un côté.

De l'autre, M. Graziano fait, actuellement, un travail considérable pour accroître la capacité d'action de la FAO sur le terrain. Il me semble donc important de saisir cette opportunité pour avancer. Je pense également que la présidence australienne du G20 a une responsabilité importante pour impulser une dynamique.

La volatilité des prix affecte notamment les plus vulnérables.

  1. En Afrique, ce sont les petits agriculteurs qui prennent le chemin des villes.

  2. Dans les pays les plus développés et les plus fertiles, ce sont les petites exploitations familiales qui disparaissent faute d'assise financière solide.

  3. Les acteurs nouveaux, récemment capitalisés, des investisseurs attirés par le trend positif de long terme des marchés agricoles, ont, en général, la capacité à passer les caps difficiles.

Alors que l'on se comprenne bien : je n'oppose pas les bons et les mauvais. L'agriculture a besoin d'investissements, y compris ou peut être notamment dans les pays les moins développés. Notre responsabilité me semble être de faire en sorte que ces différents modèles d'agriculture coexistent en complémentarité et que l'agriculture remplisse l'ensemble de ses missions : lutte contre la pauvreté, croissance économique dans les zones rurales, et gestion des ressources naturelles.

Le suivi des marchés agricoles sera efficace dans les zones vulnérables s'il est complété par une politiques agricoles et de la gouvernance ; par des investissements publics et privés ; du commerce et de la structuration de marchés régionaux et sous-régionaux et notamment des environnements institutionnels transparents, clairs et stables.

Dans ce contexte, il me semble nécessaire d'apporter des réponses concrètes sur quelques grands sujets rapidement :

  1. En matière de droit foncier. Les grands investissements doivent se faire dans un cadre durable tant du point de vue de l'utilisation des sols en tant que des ressources naturelles, du droit des populations locales et des bénéfices que celles-ci en tirent ainsi que d'une coexistence honnête avec l'agriculture vivrière qui doit avoir ses chances d'évoluer. Nous avons élaboré des lignes directrices. Mais mes échanges de ces derniers jours avec des gouvernements en Afrique de l'Ouest m'ont bien montré qu'il faut aller plus loin dans l'appui aux collectivités locales, régionales et nationales. Il est nécessaire d'expliciter ces lignes directrices avec des instruments juridiques adaptés aux différentes situations.

  2. De même en matière de recherche et d'innovation. L'agriculture de demain est une agriculture de la connaissance, je crois que nous sommes tous d'accord sur ce point. Nous devons donner les moyens aux petits agriculteurs et aux exploitations familiales d'accéder à ces connaissances.

  3. La gestion des crises et la constitution des stocks de crise. La suite naturelle a AMIS devrait être une réflexion sur les stocks de crise et ici il semble que les choses avancent. Certains pays d'Afrique notamment semblent combiner les stocks de crise avec des instruments de gestion de marchés. Il me semble important dans ces cas de prendre en compte les limites avérées de tels mécanismes et de contribuer ensemble a des instruments adaptés a la nouvelle génération de politiques agricoles qui évitent le productivisme brut provoquant des surproductions structurelles et l'épuisement des ressources naturelles.

Pour terminer, je voudrais redire que l'Union européenne est prête, au-delà de ses politiques de coopération à apporter un appui technique pour la définitions de politiques agricoles et la constitution de marchés nationaux et sous-régionaux à même de structurer l'agriculture autour de pôles de croissance solides et durables. Et je suis convaincu que le G20, en liens étroits avec la FAO, a un rôle majeur à jouer pour créer la dynamique nécessaire.


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