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Commission européenne

Dacian Cioloș

Membre de la Commission Européenne, chargé de l'Agriculture et du Développement rural

L'agriculture, au cœur du partenariat entre l'Union européenne et le Sénégal

Discours au CORAF (Centre Africain pour la Recherche et le Développement Agricole) / Dakar

4 octobre 2013

Merci de me donner la possibilité d'échanger avec vous aujourd'hui.

La production alimentaire et la sécurité alimentaire sont revenues au premier plan au niveau mondial, et je m'en réjouis. Car ce n'était plus le cas il y a une dizaine d'années. Depuis les émeutes de la faim, la sécurité alimentaire est discutée au G20, au G8, dans beaucoup d'enceintes internationales, régionales, sous-régionales ou nationales.

Partout, on se pose la question de savoir comment nourrir le monde, dans une situation où l'on se rend compte que les ressources naturelles sont limitées, d'autant plus du fait du changement climatique.

La production alimentaire ne peut pas être laissée à la merci du bon vouloir des marchés mondiaux.

Dans ce contexte, la sécurité alimentaire est une priorité interne en Europe, à travers la PAC, mais aussi une priorité de la politique de coopération de l'Union européenne.

Je suis très heureux que le Sénégal, sous l'impulsion du président de la République M. Macky Sall, fasse le choix stratégique d'investir davantage dans le secteur agricole. Et c'est un choix qui me semble relayé par une réflexion très large de la société sénégalaise.

Mon premier message est un message d'encouragement de votre démarche d'investissement dans l'agriculture.

Je souhaite donc avant tout vous écouter pour voir quelles sont vos priorités, votre volonté. Car il me semble absolument essentiel que ce soit nos partenaires qui définissent eux-mêmes leurs priorités, et non pas l'Union européenne, pour créer véritablement des dynamiques locales.

D'ailleurs, l'Union européenne avec la Commission et sa délégation ici, mais aussi les Etats membres de l'Union Européenne qui accordent une place importante à l'agriculture, sont prêts à vous soutenir.

Les fonds européens sont importants. Toutefois, ils ne sont pas suffisants. Il faut aussi des politiques locales. Non seulement, nous pouvons apporter un appui financier, mais aussi un appui technique et un appui au développement des politiques agricoles.

C'est pourquoi, sur la base de l'expérience et des réflexions que nous avons en Europe sur les politiques agricoles, je voudrais mentionner quelques éléments qui me paraissent essentiels pour aider l'agriculture de façon efficace, au-delà des choix sectoriels qui sont faits par le Sénégal, comme le riz, l'oignon, ou l'arachide.

Tout d'abord, les agriculteurs doivent être au centre du projet alimentaire. C'est à dire qu'ils doivent être des acteurs du développement de leur secteur. Il est primordial d'encourager les investissements responsables pour qu'ils soient pleinement associés à la chaîne de création de valeur des économies locales, régionales et nationales.

Pour moi, cela passe par l'organisation des filières. Cela passe également par la sécurisation du foncier – car il n'y a pas de sécurité des investissements pour les petits agriculteurs s'ils ne sont pas dans un cadre foncier clair, qui leur offre des perspectives.

Ensuite, bien entendu, la recherche est fondamentale pour augmenter la productivité. Je ne pense pas uniquement à l'amélioration de la productivité, mais aussi à la bonne gestion des ressources naturelles. Même les régions du monde les plus fertiles ne peuvent pas se permettre d'ignorer cette dimension.

Il est important de travailler sur la diffusion des connaissances pour que les bonnes idées ne restent pas dans des revues d'experts, mais qu'elles soient utilisées sur le terrain. Nous avons un budget spécifique pour la recherche agricole au niveau européen.

Nous pouvons réfléchir, ensemble, pour voir comment mieux coordonner les connaissances agronomiques dans le cadre du programme Horizon 2020 de l'UE. Il peut, lui-aussi, être un cadre de coopération. Car nous travaillons pour ouvrir ce fonds à des partenaires de coopération, dans le cadre de certains appels d'offre sur des sujets qui peuvent être intéressants pour l'Afrique.

Enfin, la valeur ajoutée. Au-delà de l'investissement dans les filières, cela suppose de développer des produits de qualité. Les produits d'Afrique ont un potentiel important et il est possible d'augmenter la valeur ajoutée de certains produits. Je ne pense pas qu'aux questions de normes sanitaires, mais aussi aux indications géographiques. Dans la mesure où vous êtes intéressés, nous sommes partants pour vous appuyer pour la mise en place d'indications géographiques.

Cette valeur ajoutée peut être une force dans le cadre des accords de partenariats économiques (APE) – nous voulons que ces APE contribuent à la mise en valeur du potentiel agricole du Sénégal.

Nous voulons en parallèle que les instruments de la politique agricole européenne soient cohérents avec nos objectifs de développement : ils ne doivent plus nuire à nos partenaires africains. Les restitutions ont généré beaucoup d'émotion, ici, il y a quelques années. Mais je tiens à souligner que ce n'est plus un instrument central. Nous essayons de trouver d'autres instruments qui n'ont pas d'effets négatifs. D'ailleurs, les dernières subventions pour certains produits ont été éliminées. Nous ne les supprimons pas totalement car nous souhaitons que les autres partenaires dans le monde suppriment également leurs instruments similaires - nous l'utilisons comme instrument de négociation. Mais ce que je viens de vous dire, c'est un engagement qui est traduit, concrètement dans la nouvelle PAC : le nouveau règlement sur l'Organisation des marchés agricoles, en Europe, prévoit une clause spécifique limitant l'utilisation des restitutions à l'exportation.

Pour finir, je voudrais dire quelques mots de l'année 2014, année de l'agriculture familiale. Elle est une bonne opportunité à saisir pour promouvoir ce modèle agricole car il est central pour mettre en valeur le potentiel agricole de la planète. Il est très important de trouver un équilibre entre l'agriculture vivrière et l'agriculture plus commerciale qui nécessite des capitaux. Nous aurons surement l'occasion d'y revenir pendant notre discussion.

Merci pour cet échange.


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