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"Le temps du politique – Times of Politics"

Commission Européenne - SPEECH/13/631   07/07/2013

Autres langues disponibles: aucune

Commission Européenne

M. Olli REHN

Vice-Président de la Commission Européenne et membre de la Commission responsable pour les Affaires Economiques et Monétaires et l'euro

"Le temps du politique – Times of Politics"

Les Rencontres Économiques d'Aix-en-Provence

7 juillet 2013

Professeur de Boissieu, Madame la Présidente Basini,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais d'abord remercier le Cercle des Économistes pour m'avoir invité à ces rencontres Economiques d'Aix-en-Provence devenues un rendez-vous de réflexion et de débat exceptionnel.

C'est un grand honneur de pouvoir m'adresser à vous dans une enceinte aussi prestigieuse que l'Institut des Etudes Politiques d'Aix-en-Provence. Et pour un "barbare du Nord" comme moi, c'est aussi une expérience civilisatrice.

Ce matin, nous parlons du temps du politique. Selon moi, la distinction entre le politique au sens noble et la politique politicienne est utile. Je voudrais reformuler la question et demander: "Comment pourrions-nous en Europe combiner la politique économique pour renforcer nos systèmes d'éducation et d'innovation, réformer nos marchés du travail et changer nos régimes des retraites à moyen terme, avec les exigences de la politique électorale, souvent de court terme?."

A mon avis, la question n'est pas seulement comment nous dirigeons la politique économique et monétaire mais aussi comment nous pratiquons le dialogue avec nos concitoyennes et concitoyens et comment nous organisons notre gouvernance économique et sa légitimité dans la zone euro.

Pour appliquer cette distinction, je voudrais me concentrer sur la politique économique de la zone euro, en particulier sur la question: Comment l'économie européenne peut retrouver un équilibre entre les urgences et les nécessaires réformes économiques, y compris la reconstruction de l'union économique et monétaire?

Notre politique commune est orientée vers trois objectifs, avec trois horizons. Nous travaillons:

  • Premièrement, pour la stabilisation des marchés financiers et le renforcement de la confiance à court terme.

  • Deuxièmement, pour le rééquilibrage de l'économie de la zone euro et les réformes structurelles pour la croissance et l'emploi qui ont un impact plutôt sur le moyen terme (mais souvent aussi sur le court terme).

  • Troisièmement, pour la reconstruction de l'Union économique et monétaire, y compris l'union bancaire dès maintenant mais en travaillant pour le long terme.

1. En ce qui concerne la stabilisation économique, qui est en cours, l'action décisive de la BCE et les mesures de consolidation et les réformes dans les Etats- Membres ont déjà eu des effets importants.

En plus, la BCE a clairement indiqué jeudi que la politique monétaire restera accommodante aussi longtemps que cela sera nécessaire afin de préserver la reprise économique. Cela implique une divergence justifiée avec l'action américaine en raison des différents cycles économiques. Alors qu'aux Etats-Unis l'orientation de la politique peut devenir plus restrictive, dans l'UE, l'orientation de la politique demeure, à juste titre accommodante.

2. En ce qui concerne les réformes structurelles, le conseil ECOFIN va adopter mardi prochain ses recommandations aux 28 pays de l'U.E dont la France.

Dans ce contexte, je défends une application intelligente du pacte de stabilité et de croissance qui prend en compte les efforts entrepris pour réduire les déficits structurels. J'ai proposé deux années supplémentaires pour ramener le déficit de la France à 3 % d'ici 2015,parce que dans un contexte économique difficile, la France a fourni l'effort de réduction du déficit structurel établi par les recommandation du conseil.

Mais ce délais de deux ans doit être compris comme un appui supplémentaire à la croissance et devrait être mis à profit pour enrayer l'érosion persistante de la compétitivité française et ainsi lutter contre le chômage.

Des initiatives importantes ont déjà été lancées par le gouvernement, comme le Pacte pour la Compétitivité en novembre 2012 et l’accord entre partenaires sociaux sur la réforme du marché du travail. Mais il faudrait intensifier les réformes pour la compétitivité économique et la soutenabilité budgétaire.

Je m’entretiens régulièrement de ces questions avec le ministre Pierre Moscovici. Je vois la relation entre chaque état-membre et la Commission européenne comme un partenariat, et je veux passer un message d'encouragement pour la France dans ces chantiers importants.

Permettez-moi maintenant de vous adresser quelques mots en anglais sur l'avenir de l'Union économique et monétaire.

In my view, the most important institutional innovation of the past few years in this respect is the European Semester – the framework for coordinating fiscal and economic policies at the European level before decisions are finalised and implemented at the national level.

The principled commitment to do so has been an element of the Economic and Monetary Union right from the start. But I dare to claim that its practical implementation has until recently lagged behind, which is probably the understatement of the year.

Policies were discussed and assessed also previously, but a genuine commitment to agreeing policy priorities and pursuing them for a common European interest was not really there. It was as if the previous surveillance mechanisms were never meant to have an impact!

With the European Semester, and with the new tools for economic governance, the Treaty commitment of economic policies being a common concern is being turned into practice and reality, for the sake of sustainable growth and job creation, and for the interest of EU citizens.

The European Semester culminates in the adoption by the Council of country specific recommendations to each Member State and to the euro area as a whole. These recommendations cover fiscal as well as broader economic policies, in particular in the field of labour and taxation. They aim at guiding Member States to pursue policies that create the best possible policy outcomes, not only for the citizens of the country concerned, but also for the citizens of the euro-area in its entirety.

This brings me to my third and final point; that is, the future of the Economic and Monetary Union. The Commission's Blueprint last November sketched out elements, timelines and conditions, calling for further economic and fiscal integration.

In our view, the essential guiding principle must be that any step towards increased solidarity need to be combined with increased responsibility – that is, with further sharing of sovereignty and deeper integration of decision-making within the Eurozone. In this respect, we have already taken major steps forward with the substantial reinforcement of economic governance which is today in action. Last week we also set up an Expert group to assess pros and cons of a redemption fund for euro-bills.

One aspect of rebuilding the EMU that has not yet received sufficient attention today and even more so deserves to be highlighted with this audience.

In today's and even more so tomorrow's world, decisions and policies that have an important impact on the perspectives of our citizens and on the choices of our enterprises are increasingly determined at global level.

Mesdames,Messieurs,

Pour conclure: Le poids relatif de l'Europe sur la scène mondiale peut diminuer. Si l'Europe agit dans l'unité, elle restera un acteur important des relations internationales. Mais si l'Europe agit de manière fragmentée, elle pourrait perdre son influence sur les décisions globales. Dans le dernier cas, Il ne restera plus qu'à s'adapter aux choix fait par d'autres.

Nous avons trouvés des solutions relativement efficaces pour assurer la présence et l'influence de la zone euro au sein du FMI et du G20, mais nous devons aller plus loin encore. La Commission ouvrira un débat sur ces questions cet automne. Nous voulons renforcer la gouvernance interne et la représentation externe de la zone euro, sur la base de la méthode communautaire. Je suis très intéressé par l'opinion de mon amie, Christine Lagarde sur ces questions puisqu'elle a le privilège de connaitre à la fois le fonctionnement de la zone euro et celui du FMI.

Comme un européen convaincu, je pense que les institutions européennes doivent rester la pierre angulaire de toute démarche vers une plus grande intégration, de sorte qu'elle soit à la fois efficace et inclusive.

Il n'est pas inutile de rappeler à quelques mois des prochaines échéances électorales européennes que c'est la réforme du modèle économique et social européen qui est en jeu.

Il s'agit de défendre et développer, sans arrogance et sans nostalgie, le modèle social européen qui combine la culture de stabilité, l'esprit d'entreprise et la justice sociale.

Merci pour votre attention.


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