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Commission européenne

Dacian Cioloș

Membre de la Commission Européenne, chargé de l'Agriculture et du Développement rural

Les politiques agricoles face aux défis de la sécurité alimentaire et du changement climatique

La 25ème session de l'Assemblée parlementaire paritaire Afrique Caraïbes Pacifique (ACP) - Union européenne/Bruxelles

18 juin 2013

Mesdames, Messieurs,

Je me réjouis du dialogue intensif entre l'UE et les pays ACP. Je suis très attaché à cette relation. Au-delà de notre histoire commune, nous avons des défis que nous devons aborder ensemble pour réussir.

Ces jours-ci sont marqués par un moment très important pour la PAC, son avenir. Il s'agit d'un sujet européen que vous connaissez bien étant donné qu'il a eu beaucoup d'importance pour vos économies. Donc je tiens à vous en dire quelques mots, avant de venir plus directement au sujet de notre rencontre aujourd'hui – la sécurité alimentaire et le changement climatique. Mais les deux sujets se rejoignent.

Ces vingt dernières années, la PAC a beaucoup changé. L'Union européenne a fait un effort considérable d'ouverture de son marché, en particulier pour les pays ACP. Cela s'est traduit par une augmentation conséquente des exportations.

Aujourd'hui, l'Union compte pour 71 % des exportations agricoles des pays en développement (environ 59 milliards d'euros en moyenne entre 2008 et 2010), plus que les États-Unis, le Canada, le Japon et l'Australie réunis. C'est un pan important et très concret de la politique de développement menée par l'UE.

La PAC va encore évoluer avec la réforme qui devrait être adoptée la semaine prochaine – et à cet égard, je souligne le rôle fondamental joué Parlement européen qui, pour la première fois, est pleinement codécideur pour une réforme de la Politique agricole commune.

A l'occasion de cette réforme, nous devrions prendre l'engagement clair que les restitutions doivent être utilisées exclusivement en situation de crise. D'ailleurs, leur rôle a déjà été fortement réduit (10 milliards, il y a 20 ans, moins de 160 millions aujourd'hui).

Et, de façon générale, nous devons faire un effort pour cibler les outils de la PAC, les adapter aux attentes de la société européenne, en matière d'environnement, de diversité – sur la base du débat public auprès des citoyens de l'UE (2010). Tout ceci doit contribuer à faire en sorte que notre politique agricole ne porte pas atteinte au développement de l'agriculture ailleurs dans le monde.

Les grands objectifs de la réforme tournent autour de deux axes : mettre en valeur le potentiel agronomique européen ; promouvoir des méthodes de production durables avec :

  • des paiements directs plus justes. Ils constituent une aide aux revenus indispensable, car les revenus agricoles en Europe sont bas comparés aux autres secteurs économiques, et nous manquons d'agriculteurs dans les prochaines années.

  • des soutiens ciblés sur des pratiques agricoles durables (verdissement), avec clairement pour objectif de lutter contre le changement climatique et la perte de biodiversité.

Il s'agit là d'une réponse forte de l'UE au défi de la sécurité alimentaire et du changement climatique.

En parallèle à ces deux évolutions, il est important aussi, pour l'UE, de moderniser ses outils de gestion des marchés. Pour le sucre, les évolutions ne devraient pas constituer une surprise : la fin des quotas de sucre inscrite dans les gènes de la réforme de 2006. De plus, des mesures d'accompagnement ont été mises en place en Europe et pour certains pays ACP (1,25 milliards d'euros).

Dans le cadre de notre politique de développement, nous avons mis au point un agenda pour le changement (priorité agriculture et énergie) et nous espérons que la décision de l'ONU, de faire de l'année 2014 l'année de l'agriculture familiale permettra de sensibiliser largement sur ce sujet.

Il est important de travailler dans la durée, de faire en sorte que l'agriculture soit une priorité non seulement pour les pays donateurs, mais aussi pour les pays bénéficiaires. La richesse de l'agriculture et sa capacité de résilience au changement climatique appelle des solutions locales, appelle des dynamiques locales.

L'UE est engagée dans la durée sur le sujet de l'agriculture et du développement. Et je peux vous dire qu'elle continuera d'être un partenaire solide, comme en témoigne le prix J. Diouf qui a été remis au président Barroso le week-end dernier.

De façon concrète, il me semble important d'avoir une approche multiniveaux de la problématique du développement agricole: local, régional, national, ensemble régionaux et internationaux. A chaque échelon, il est nécessaire de mobiliser les investissements dans la capacité de production. Et d'ailleurs, je me félicite que beaucoup de pays, notamment en Afrique, placent l'agriculture parmi les priorités dans le cadre de l'aide au développement.

Il est nécessaire, aussi, de mettre les agriculteurs au centre de nos actions : développer la valeur ajoutée localement, les savoir-faire, les organisations de producteurs. Cela nous permet de lutter contre la mal nutrition ET contre la pauvreté en même temps.

J'ajoute qu'en parallèle, les investissements dans la recherche, l'innovation et les échanges de connaissances agronomiques peuvent nous permettre d'engranger des gains considérables, tant pour améliorer la sécurité alimentaire que pour préserver les ressources naturelles dans le contexte du changement climatique.

Pour finir, j'insiste sur le besoin de coordination internationale. Les organisations internationales sont appelées à jouer un rôle renforcé. Le G20 a montré qu'il pouvait faire avancer la problématique de la transparence. De même, la FAO sera amenée à jouer un rôle renforcé.


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