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Discours du Président Barroso à la conférence internationale des donateurs pour le développement du Mali

European Commission - SPEECH/13/416   15/05/2013

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Commission européenne

José Manuel Durão Barroso

Président de la Commission européenne

Discours du Président Barroso à la conférence internationale des donateurs pour le développement du Mali

Conférence internationale des donateurs pour le développement du Mali/Bruxelles

15 mai 2013

Monsieur le Président de la République française,

Monsieur le Président intérimaire de la République du Mali,

Messieurs les Chefs d'Etat et de gouvernement présents, du Benin, du Burkina Faso, de la Mauritanie, du Maroc, du Niger, Nigeria, Sénégal, Tchad,

Messieurs les Ministres,

Monsieur le Président du Conseil européen,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour témoigner ensemble et concrètement de notre confiance en un avenir meilleur pour le Mali, un Mali démocratique et apaisé, un Mali politiquement et économiquement stable et prospère, un Mali culturellement ouvert et tolérant.

Les relations entre le Mali et l'Union européenne sont anciennes, fortes et amicales. Et alors que le pays traverse des heures aussi difficiles qu'exigeantes, l'Union européenne, en concertation avec ses partenaires régionaux et internationaux, est plus que jamais déterminée à soutenir le Mali dans le rétablissement d'un Etat de droit et d'un gouvernement démocratique et pleinement souverain pour le bénéfice de tous les Maliens et le développement durable de leur pays.

L’organisation de cette conférence, pour laquelle je me suis associé depuis la première heure, est ainsi un geste de conviction, de solidarité et de lucidité politique, car la stabilisation du Mali nous concerne tous et nous devrons tous œuvrer ensemble pour la réaliser. Et je dis bien tous car c'est une question qui préoccupe nos sociétés. C'est peut-être symbolique que cette conférence a été lieu ici, dans les locaux du Comité des Régions et du Comité économique et social européen, que je tiens à remercier pour leur hospitalité.

Et permettez-moi de saluer ici de façon très spéciale la France, et le Président de la République française François Hollande, la France, co-organisatrice avec l'Union européenne de cette conférence internationale des donateurs, pour son engagement courageux et décisif, mérite notre reconnaissance très sincère. Grâce à son soutien déterminé, grâce aussi aux efforts du peuple malien et à ceux de nombreux autres pays, qu'ils soient africains, européens ou américains, les opérations de sécurisation ont permis des progrès remarquables. Et je voudrais rendre hommage à tous les soldats maliens, français, africains qui ont donné leur vie pour que le Mali puisse connaître un véritable renouveau.

Il est maintenant de notre responsabilité commune que les efforts déjà accomplis se poursuivent pour aboutir sur des progrès durables en termes de sécurité, de démocratie et de développement.

Et c'est pour soutenir l'action du Mali dans chacun de ces secteurs clefs que la Commission européenne a décidé d'allouer une enveloppe financière de plus de 520 millions d'euros (environ 677 millions de dollars) pour la période 2013-2014.

Nous contribuerons ainsi à la réalisation des priorités définies par les autorités maliennes dans leur "Plan de relance durable du Mali" qui s'inscrit dans la mise en œuvre de la Feuille de Route pour la transition.

Mais tout d'abord, nous le savons, il ne peut y avoir de succès politiques et économiques durables sans un environnement stable. C'est pourquoi l'Union européenne, à travers la Facilité Africaine de Paix, a apporté une contribution de 50 millions d'euros à la Mission internationale de soutien au Mali placée sous conduite africaine (MISMA) et qui sera bientôt transformée en une mission des Nations Unies pour la stabilisation au Mali. Et je voudrais à cette occasion saluer le travail remarquable effectué par l’Union Africaine et par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) qui une fois de plus a montré à quel point son rôle est fondamental pour la paix, la stabilité et la prospérité de l'Afrique de l'Ouest.

C'est également le sens de la mission de formation de l'Union européenne, dite "EU-TM", déployée au Mali depuis février pour conseiller, réformer, et restructurer l'armée malienne.

Nous savons aussi qu'il ne peut y avoir de véritable démocratie sans élections. A cet égard, les élections présidentielles prévues pour juillet sont sans aucun doute un grand défi à relever mais aussi une occasion à ne pas manquer. Nous comptons sur les autorités maliennes pour organiser des élections libres et transparentes. Et j'engage tous les partis politiques maliens à y participer. Des élections ce sont aussi un moment privilégié de dialogue ouvrant la voie à une vraie réconciliation nationale.

Et c'est pourquoi dans une première série d'actions qui sera signée aujourd'hui-même, la Commission européenne a également prévu un appui au processus électoral et à la Commission Nationale Dialogue et Réconciliation du Mali. L'Union européenne enverra également une mission d'observation le moment venu.

Mais les élections ne sont pas tout. Une véritable démocratie c'est aussi une démocratie respectueuse de l'Etat de droit, de la dignité humaine et des libertés, une démocratie qui défend une justice impartiale et lutte contre l'impunité, une démocratie qui appuie l'épanouissement d'une société civile forte et dynamique et d'une économie florissante. Et là encore ce sont autant de domaines dans lesquels la Commission européenne apporte son soutien au Mali comme en témoigne le "Contrat d'appui à la consolidation de l'Etat" (d'un montant de 225 millions d'euro) dont l'objectif est d'aider le gouvernement dans le renforcement de la gouvernance et de l'Etat de droit, dans la lutte contre la pauvreté et la promotion d'une croissance soutenable et inclusive.

Et défendre la dignité humaine, la dignité au quotidien de chaque enfant, de chaque femme et de chaque homme c'est aussi contribuer à la résilience des populations. Et c'est pourquoi nous avons lancé l’initiative AGIR (Alliance Globale pour l’Initiative Résilience) et, dans ce cadre, nous allons promouvoir des programmes de renforcement de la sécurité alimentaire et de l'état nutritionnel des populations les plus vulnérables tout comme des programmes d'accès à l'eau potable et à l'assainissement, notamment dans les villes de Kidal, Gao et Tombouctou. Par ailleurs, les investissements publics réalisés vont également permettre de créer environ 10.000 emplois par an afin d'intégrer un maximum de jeunes Maliens à l'économie du pays.

Finalement, nous savons bien que l’instabilité qui a touché le Mali n’est pas limitée au Mali. Elle a une dimension régionale. Et le Mali ne sera pas stable tant que tout le Sahel ne le sera pas. C’est pourquoi je voudrais de façon très spéciale saluer les Chefs d’Etat et de Gouvernement des pays de la région qui sont aujourd'hui parmi nous et qui par leur présence ici aujourd’hui, mais aussi par leur générosité vis-à-vis des réfugiés maliens comme par leur engagement au sein de la MISMA, ont démontré leur attachement à la réussite du Mali, qui sera aussi la réussite de tous et de chacun.

L’Union européenne, bien consciente de cette dimension régionale, est et restera fortement engagée dans la mise en œuvre de sa Stratégie pour la Sécurité et le Développement du Sahel. Nous consacrerons 200 millions d'euros à la lutte contre les vulnérabilités auxquelles la région est exposée en particulier dans le domaine de la sécurité.

J'ai déjà eu l'occasion hier de m'entretenir sur ce projet avec bon nombre de Chefs d'état et de gouvernement présents et aujourd'hui je vais encore en rencontrer d'autres. Je me permets de vous dire de façon très directe et spontanée que j'ai vu une sincère volonté de coopérer, de répondre à ce défi qui est un défi pour le Mali, mais qui est aussi, pourquoi ne pas le dire, un défi pour la région, pour l'Afrique et aussi pour nous en Europe en tant que voisins et amis.

Excellences, mesdames et messieurs,

Le "Plan de Relance Durable du Mali" est l'expression tangible de l'engament de tous les acteurs Maliens qui y ont participé – gouvernement, société civile, collectivités locales, secteur privé – à s'engager sur la voie du renouveau, à aller de l'avant en prenant eux-mêmes en main leur destin.

C'est pourquoi je me réjouis que cette conférence ait pu réunir des engagements si importants, 3 milliards 250 millions euros de contributions, qui montrent vraiment la solidarité concrète. Bien sûr maintenant il faut définir en termes précis les conditions d'encaissement et de coordination. Ce sont des sommes très importantes.

Bien sûr tout ce processus n'est pas une voie facile, les difficultés devront être surmontées les unes après les autres, cela demandera du temps, des efforts constants et un engagement de tout instant. Comme l'a dit un jour un grand Français qui était aussi Président de la Commission européenne: "Il nous faut le courage de chaque jour". Mais ainsi que l'a écrit Amadou Hampâté Bâ: "Si vous voulez faire une œuvre durable, soyez patients, soyez bons, soyez vivables, soyez humains."

L'Union européenne est fière d'accompagner le Mali sur cette voie et de contribuer, en appuyant des actions concrètes et vérifiables, à faire renaître espoir et bonheur dans le cœur des Maliens.

Je vous remercie de votre attention.


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