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Speech - Déclaration du Président Barroso pour la visite du Président Hollande

Commission Européenne - SPEECH/13/413   15/05/2013

Autres langues disponibles: aucune

Commission européenne

José Manuel Durão Barroso

Président de la Commission européenne

Déclaration du Président Barroso pour la visite du Président Hollande

Point presse/Bruxelles

15 mai 2013

Bonjour à toutes et à tous,

C'est pour moi un grand plaisir de recevoir le Président de la République française à la Commission européenne.

Et je suis sûr de pouvoir dire que la visite du Président François Hollande est un signal politique fort.

Cette visite confirme l'attachement profond de la France au projet européen. Et les discussions que nous avons eues ce matin et lors de notre déjeuner de travail nous ont confortés dans l'idée que la France et la Commission européenne partagent une ambition commune pour l'Europe. Nous souhaitons poursuivre l'intégration politique et économique de notre continent.

Je veux aussi saluer le choix politique fait par la France – et le choix personnel de François Hollande - de s'appuyer sur les Institutions européennes et aussi sur les idées de la Commission pour faire avancer notre projet.

C'est donc dans un esprit de bonne entente et de coopération sur les grandes priorités pour l'Europe que les membres de la Commission et moi-même avons eu des discussions très ouvertes avec le Président Hollande. Et les chantiers d'intérêt commun ne manquent pas.

La croissance est bien entendu notre priorité première. L'Europe fait face à une situation économique difficile. Les conséquences sociales sont aussi très lourdes, particulièrement dans certains pays, et notamment pour les jeunes.

Le Président de la République et moi-même, nous sommes d'accord sur la nécessité – l'urgence même - de relancer ensemble les moteurs de la croissance en Europe.

Et la France – de par son poids dans la zone euro et au sein du marché intérieur – a un rôle central à jouer.

La France a réduit son déficit de moitié ces 5 dernières années, se concentrant avec succès sur son déficit structurel. Elle peut ainsi bénéficier aujourd'hui de taux d'intérêt historiquement bas sur les marchés.

Cet effort doit être poursuivi dans le temps pour ramener le déficit budgétaire sous le niveau des 3% du PIB, et ainsi tendre vers l'équilibre budgétaire à terme. Ceci permettrait de réduire le poids exorbitant de la dette publique sur l'économie et la croissance.

Comme vous le savez, la Commission européenne serait disposée à proposer aux Etats membres d'accorder à la France deux années supplémentaires pour réduire son déficit sous 3%.

Nous avons pu discuter avec le Président Hollande en toute franchise. Et je peux vous indiquer que nous partageons la même analyse. Ces deux années – si elles sont confirmées, notamment après par les Etats Membres – devront être mises à profit pour accélérer les réformes structurelles dont dépend la croissance de demain. Un des problèmes clés, sinon le problème clé pour beaucoup de nos pays c'est le problème de la compétitivité. L'économie française doit enrayer sa perte de compétitivité pour créer croissance et emplois. Ce c'est était pas passé pendant des dernières vingt années. Et donc il y a un problème qui doit être adressé de façon courageuse. Nous sommes absolument convaincus que la France a les moyens de conduire ses réformes. Et le Président Hollande nous a confirmé que telle était son ambition et celle du gouvernement.

La Commission soutiendra la France dans ce processus et présentera le 29 mai prochain ses recommandations de réformes pour la croissance et l'emploi.

La plupart de nos discussions aujourd'hui portaient sur l'Europe en général et la vision sur l'Europe. Il faut accélérer au niveau européen et mobiliser les leviers de croissance à notre disposition.

La mise en œuvre du Pacte pour la croissance décidé en juin dernier est encore trop limitée. Les Etats membres doivent mobiliser davantage les fonds européens disponibles sur des projets concrets! Beaucoup a été décidé, et je crois que très souvent on ne reconnait pas tous les progrès accomplis. Mais la vérité ce que très souvent l'exécution prendre trop de temps.

Nous avons parcouru un chemin impressionnant pour consolider notre système bancaire. Nous devons aller plus loin. Tout d'abord, faire avancer l'Union bancaire en adoptant la proposition sur la résolution actuellement sur la table du Conseil et du Parlement européen, et en préparant avant l'été la prochaine proposition sur un Mécanisme unique de résolution dans le cadre du traité actuel. Mais plus immédiatement, il nous faut assurer que les banques prêtent aux entreprises et leur permettent d'investir. Sans le soutien de l'investissement privé, l'économie ne redémarrera pas.

Le Conseil européen de la semaine prochaine nous permettra de traiter deux leviers importants pour nos économies. Face au poids de notre dépendance et de notre facture énergétiques sur nos économies, il est plus que temps d'avancer dans une véritable politique européenne de l'énergie. La Commission a fait de nombreuses propositions. Il est maintenant temps de les mettre en œuvre. Il en va de même sur l'évasion fiscale, où – comme nous l'avons dit au Président Hollande – la Commission attend des Chefs d'Etat et de Gouvernement qu'ils décident politiquement d'avancer des sujets très concrets, tels que la fin du secret bancaire et les relations avec les pays tiers. Il y a eu quelques progrès à l'Ecofin de cette semaine, mais la vérité c'est qu'il nous faut une nouvelle impulsion au niveau du Conseil européen la semaine prochaine.

Sur tous ces points, je veux redire que seule la méthode communautaire peut permettre de rendre les résultats tangibles. Parce que passer par des accords intergouvernementaux sur beaucoup de ces sujets reviendrait à prolonger les mêmes blocages et permettrait toute sorte de possibilités d'échapper à une approche commune.

La situation de l'industrie européenne est aussi au cœur de nos préoccupations. Les défis sont multiples et doivent être traités dans leur ensemble, sans tabou et dans le respect de nos engagements juridiques et internationaux. La Commission prépare actuellement un plan d'action pour l'industrie de l'acier pour le 5 juin prochain. Nous avons aussi abordé ces questions avec le Président de la République française.

Enfin, et je veux y insister, il n'y aura pas de croissance forte en Europe si nous n'allons pas chercher l'activité économique aussi chez nos partenaires par des accords commerciaux ambitieux. Il y a d'autres régions du monde qui ont aujourd'hui un potentiel de croissance plus fort que l'Europe. Il faut que l'Europe reste ouverte tout en défendant de façon ferme et sans naïveté son intérêt propre. L'accord entre l'Union européenne et les Etats-Unis est un parfait exemple. Nous devons avoir confiance dans nos atouts. Je voudrais ici le redire devant le Président français, la Commission européenne ne négociera pas ce qui fait aujourd'hui l'exception culturelle, à savoir les quotas audiovisuels et les subventions accordées par les Etats et qui s'ajoutent au Programme européen MEDIA. A notre avis, nous ne devons pas exclure le secteur audiovisuel des négociations avec les Etats-Unis. Mais en même temps, on doit rendre clair que l'exception culturelle n'est pas négociable. Je crois qu'il est important de connaitre quelle est exactement la position de la Commission européenne sur ce sujet.

Comme vous le voyez, mesdames et messieurs, les chantiers sont nombreux et ambitieux. Nous serons, le Président François Hollande et moi-même, à la conférence pour le Mali que nous avons pris l'initiative d'organiser. Je tiens encore une fois à saluer le courage et le leadership que la France a montrés sur cette question et l'appui que l'Europe a donné à l'action de la France. Je voudrais vous dire que, notamment pour l'agenda européen, je suis confiant que la Commission européenne et la France peuvent travailler ensemble sur toutes ces questions et que la réunion d'aujourd'hui et la qualité de nos échanges confirment à quel point il est important de travailler ensemble pour qu'on puisse créer ce que nous avons appelé un sursaut de fierté d'être européen. De ne pas avoir tous les jours à presque s'excuser par les difficultés actuelles. Nous avons de grandes ressources en Europe, de grandes ressources intellectuelles, culturelles, politiques, et si nous avons la volonté ensemble Etats membres et institutions de répondre positivement à ces défis, je suis absolument sûr que nous sortirons plus forts des difficultés actuelles.

Je vous remercie de votre attention.


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