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Commission européenne

Viviane Reding

Vice-présidente de la Commission européenne, Commissaire à la Justice

Principaux messages délivrés à Thessalonique

Citizens' Dialogue/Thessaloniki, Greece

22 mars 2013

Si je suis venue à Thessalonique, c’est pour vous écouter et dialoguer avec vous. En cette Année européenne des citoyens, mes collègues commissaires et moi-même allons rencontrer des citoyens de toute l’Europe pour discuter avec eux (d’autres dialogues auront lieu en Autriche, en Allemagne et, surtout, dans le sud de l’Espagne, en Irlande et au Portugal, où les gens souffrent aussi de la crise).

Je ne suis pas ici pour résoudre tous vos problèmes. Soyons honnêtes: ce n’est pas en mon pouvoir. Mais je suis ici pour comprendre vos problèmes, pour vous expliquer dans quelle perspective je me place et faire remonter votre point de vue à Bruxelles.

On parle beaucoup de la Grèce en Europe, comme on parle beaucoup des autres pays européens en Grèce. Mais au lieu de parler de la Grèce, on devrait parler davantage avec les Grecs. Au lieu de parler les uns des autres, les Européens devraient parler entre eux.

Je suis venue en amie de la Grèce. Or un ami se doit d’être franc.

Je sais combien ces dernières années ont été difficiles pour le peuple grec, qui a dû consentir des efforts et des sacrifices considérables. Mais je suis persuadée que, les effets positifs des réformes commençant à se faire sentir, la situation va s’améliorer prochainement.

La vérité est qu’ici en Grèce comme dans un certain nombre d’autres pays, les réformes structurelles étaient inévitables. On ne pouvait plus continuer comme avant.

Il faut du temps pour que les réformes structurelles produisent des résultats. Si indispensables soient-elles, elles ne font pas instantanément des miracles. Qu’il s’agisse de libéraliser les marchés de produits et de services, de réformer l’environnement des entreprises ou de lutter contre l’évasion fiscale, il faut surmonter des lenteurs bureaucratiques, mettre fin aux chasses gardées et vaincre des tabous politiques bien enracinés. Mais aussi bien les entreprises que les citoyens ont intérêt aux réformes.

Naturellement, et il convient de le souligner d’emblée, tous les pays de l’UE ont conservé leur souveraineté en matière de politique économique et sociale. L’Europe est fondée à la fois sur la responsabilité et sur la solidarité. Les pays européens ont fait preuve d’une solidarité sans précédent avec la Grèce. Les mécanismes de soutien ont été mis en place en un temps record. Les pays se sont mobilisés pour aider la Grèce. Voyez l’Estonie ou la Slovaquie: même si, dans ces deux pays, le salaire minimum avoisine 300 euros par mois, ce qui est bien moins qu’en Grèce, ils participent aussi à l’effort de solidarité. C’est de la solidarité en action. Soit dit en passant, l’Estonie a assaini ses finances publiques (en réduisant les salaires de sa fonction publique) et affiche aujourd’hui un excédent budgétaire.

En outre, les États membres de la zone euro ont décidé l’an dernier de restituer à la Grèce toute plus-value réalisée sur les titres de la dette grecque détenus par leurs banques centrales, tandis que le risque reste supporté par les contribuables.

L’Europe est fondée sur la confiance mutuelle: les accords pris doivent être respectés. Il ne peut y avoir de solidarité d’un côté sans engagement de réformes de l’autre. Le succès des réformes engagées en Grèce dépend principalement de la Grèce. Il en va d’abord de la responsabilité du gouvernement, mais pas seulement. Les entreprises et la société civile ont aussi un rôle crucial à jouer.

Mais, en définitive, les réformes ne peuvent réussir si les citoyens n’y adhèrent pas. Le populisme et un nationalisme grossier ne résoudront pas les problèmes de la Grèce. L’histoire nous montre que ce sont des impasses, qui ne nous permettront pas de relever nos défis communs.

La place de la Grèce dans la zone euro a été confirmée et renforcée par la détermination affichée au niveau national et européen. Les Cassandre ont eu tort, et ceux qui avaient parié contre la Grèce ont perdu: la Grèce reste membre à part entière de la famille de la zone euro.

L’UE continuera à soutenir la Grèce. La Grèce fait partie de l’UE, et l’UE, se tenant à ses côtés, use de tous les moyens en son pouvoir pour l’aider. L’UE n’a pas causé la crise. Pendant trop longtemps avant la crise, les États membres ont ignoré leur déficit commercial, l’érosion de leur compétitivité, leur déficit public insoutenable, l’endettement et l’instabilité de leur système financier, qu’ils ont laissé filer pendant des décennies. Ces problèmes ne disparaîtront pas si l’on ne s’y attaque pas résolument. Bien des choix douloureux qu’il fallait faire pour assainir l’économie après les années de politiques irresponsables à l’origine de la crise auraient été difficiles à poser sans l’UE. L’UE nous donne la force collective dont nous avons besoin pour relever ensemble les défis. L’UE est une partie de la solution.

La reprise de la croissance et de la création d’emplois viendra par les réformes. Un vaste programme de réformes structurelles est en cours. La Grèce progresse, mais elle doit aller plus loin encore. Des changements en profondeur doivent advenir à court terme. Il est temps de remettre l’économie sur les rails, en améliorant l’environnement des entreprises et en tirant parti des avantages concurrentiels du pays. La croissance découlera des réformes restaurant la confiance des investisseurs et la compétitivité.

J’ai conscience que c’est un processus douloureux. Mais les efforts courageux d’aujourd’hui créeront la croissance et les emplois de demain.

Les réformes faciliteront le quotidien des citoyens et des entreprises. En ce qui concerne l’environnement des entreprises, il est notamment nécessaire d’alléger la réglementation des PME et de simplifier les procédures de création d’une entreprise. Par exemple, une réduction des charges administratives de 50 % permettrait une croissance des exportations de 10 %. Ou, dans le domaine de la justice, la promotion de la médiation dans le cadre des réformes judiciaires dont la Grèce a besoin aiderait les parties à régler leurs différends sans encombrer les tribunaux. C’est indispensable à la création d’un environnement favorable à l’investissement.

La Grèce est en marche. Elle a déjà accompli beaucoup. Il appartient aux autorités grecques de continuer à développer le capital de confiance accumulé, par une mise en œuvre résolue du programme de réforme. Cela passe notamment par la réforme du système judiciaire et celle de la fiscalité. S’agissant de la fiscalité, il faut veiller à ce qu’elle soit équitable, transparente et efficiente et à ce que la population paie effectivement ses impôts. Dans ce contexte, l’établissement d’un registre foncier complet, que soutient la Commission européenne, est essentiel à une collecte équitable de l’impôt.

Par ailleurs, l’UE aide la Grèce à déployer les Fonds structurels. La politique régionale est une politique d’investissement. Les fonds que lui octroie l’UE sont actuellement le principal instrument d’investissement public dont dispose la Grèce. La politique de cohésion et les autres instruments de l’UE devraient servir à libérer le financement des PME, car c’est du secteur privé grec, et notamment de ses PME innovantes, que viendra la création d’emplois et de croissance.

L’UE met tout en œuvre pour permettre à la Grèce de déployer les Fonds structurels qui lui sont alloués rapidement et efficacement, là où ils produiront les meilleurs résultats. Les opportunités ne manquent pas (dans les secteurs de l’énergie, du tourisme, de la culture, de l’agriculture et de l’agroalimentaire, de l’aquaculture, etc.).

La dotation du Fonds de cohésion à la Grèce pour la période 2007–2013 était de 20 milliards d’euros. La Commission européenne a établi avec les autorités grecques une liste de 181 projets prioritaires dans des domaines stratégiques, allant de pipelines énergétiques à la restauration de monuments, qui bénéficieront d’un montant total de 11,5 milliards d’euros.

L’UE aide aussi la Grèce à combattre le chômage des jeunes. 60 % de la jeunesse grecque est sans emploi. L’UE soutient le plan d’action du gouvernement grec visant à dynamiser l’emploi des jeunes et l’entrepreneuriat chez les jeunes, par une contribution de plus de 500 millions d’euros.

L’UE aide enfin la Grèce à garantir les soins de santé primaires à sa population. Elle cofinancera la gratuité des soins (consultation chez un médecin, examens médicaux, médicaments et hospitalisation) pour les chômeurs et les personnes non assurées, ainsi que la vaccination gratuite des enfants.

Les efforts engagés portent leurs premiers fruits. La Grèce est aujourd’hui à un tournant. La reprise est attendue courant 2014. Les investisseurs étrangers d’Europe et d’ailleurs commencent à manifester de l’intérêt pour la Grèce. Mais les réformes doivent se poursuivre. Il ne faut pas céder à l’autosatisfaction.

D'autres États membres qui ont mis en œuvre des programmes de réforme montrent la voie de la réussite:

  1. la Lettonie a demandé d'adopter l'euro la semaine dernière;

  2. la semaine dernière, l'Irlande est revenue sur le marché des obligations à 10 ans. Pour la première fois, elle démontre qu'après une réforme douloureuse, elle sera à nouveau en mesure de voler de ses propres ailes d'ici à la fin de l'année;

  3. le Portugal aussi regagne petit à petit la confiance des marchés.

La Grèce et le peuple grec disposent d'énormes qualités: une richesse culturelle que le monde entier envie, un potentiel de dynamisme et de créativité qui a traversé les millénaires, et le plus beau pays d'Europe. Les Grecs doivent avoir confiance en leur futur et, ensemble, mettre tout en œuvre pour préparer l’avenir des générations suivantes.

Messages plus précis concernant la croissance et la cohésion sociale:

    La Commission soutient pleinement les priorités politiques du Premier ministre Samaras en matière de croissance et de cohésion sociale.

  1. Pour renouer avec la reprise et la croissance future, il faut que la situation des liquidités s'améliore et que l’exercice d’activités économiques en Grèce devienne plus attrayant.

Concernant les liquidités, les perspectives commencent à être engageantes:

  1. en 2013, 2014 et 2015, la Grèce disposera de paiements de 4 milliards par an des Fonds structurels de l'UE (ESPA) et des efforts conjoints sont déployés pour garantir leur absorption.

  2. Les PME disposent de plus de 3 milliards en subventions à l'investissement et fonds de roulement, avec le soutien de la BEI et les Fonds structurels de l'UE (ESPA), par l'intermédiaire des banques grecques.

  3. Les banques grecques seront recapitalisées au cours des prochains mois, ce qui leur permettra de mieux servir l'économie réelle.

  4. Les travaux préparatoires à la mise en place d’une institution pour la croissance en Grèce sont terminés et ce nouvel instrument financier est à présent en cours de création.

  5. Grâce aux tranches du programme d'ajustement qui financent les autorités publiques grecques, celles-ci commencent à pouvoir payer les arriérés impayés qui s'élèvent à près de 8 milliards d'euros.

Les autorités grecques et la Commission travaillent main dans la main afin de rendre la Grèce plus attrayante pour les entreprises:

  1. les procédures d'exportation sont revues en vue de réduire la charge administrative de 50 % et, dès lors, d’accroître les exportations de 10 %;

  2. la rationalisation de l'octroi des autorisations permettra d'investir plus facilement et plus rapidement;

  3. Des procédures administratives simplifiées et une concurrence accrue stimuleront l'activité économique et profiteront aux consommateurs;

  4. la Grèce est soutenue dans son effort d'établissement du cadastre.

Après de nombreuses années de récession et de flambée des taux de chômage, la cohésion sociale est devenue un objectif majeur de l'action politique en Grèce et sera vigoureusement soutenue par la Commission:

  1. le Fonds social de l'UE participera aux mesures temporaires d'emploi en faveur des activités sociales et culturelles dans les municipalités;

  2. l'économie sociale en Grèce doit être renforcée; le cadre juridique a été mis en place et un financement de l'UE est disponible pour des activités concrètes dans ce secteur;

  3. la Commission et la Grèce élaborent actuellement une nouvelle stratégie pour que les chômeurs et les exclus puissent accéder aux soins de santé primaires sur la base de tickets santé et grâce à des soins de santé spécialisés à domicile;

  4. la Commission collabore avec la Banque centrale grecque et le ministère du développement sur le dossier de la microfinance.


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