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Sommet de l’Élysée pour la Paix et la Sécurité en Afrique - Intervention du Président Barroso sur le changement climatique

European Commission - SPEECH/13/1040   07/12/2013

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Commission européenne

José Manuel Durão Barroso

President of the European Commission

Sommet de l’Élysée pour la Paix et la Sécurité en Afrique - Intervention du Président Barroso sur le changement climatique

Paris

7 décembre 2013

Je me réjouis que le partenariat économique et pour le développement soit au cœur de nos discussions d'aujourd'hui car il est aussi au centre du partenariat stratégique entre l’Union européenne et l’Afrique.

Nous avons accompagné avec une grande satisfaction l'émergence progressive de l'Afrique en tant qu'acteur économique global. Et nous sommes heureux de voir que le potentiel du continent et de son peuplesoit en train de se dégager et de le transformer progressivement.

Les chiffres démontrent cette évolution en cours : 5% de taux de croissance en moyen et jusqu'à 10% dans quelques pays africains pendant les 10 dernières années.

L'Europe a joué aussi un rôle clé dans cette croissance. En effet pendant toutes ces années, l'Union est restée le premier partenaire du développement de l'Afrique, son premier bailleur (la Commission européenne à elle seule a engagé presque 25 milliards d'euros entre 2007 et 2013) et le partenaire commercial le plus important du continent africain (un tiers du commerce africain se fait avec l'UE).

Et même dans une période plus difficile l'Union européenne maintient ses engagements avec l'Afrique et assume ses responsabilités envers les plus pauvres. Tout récemment le Conseil des Ministres et le Parlement européen, sur la base de la proposition de la Commission, ont trouvé un accord sur le cadre financier de l'Union pour 2014-2020, qui prévoit le même niveau d'engagement pour la coopération au développement; ce dont je me félicite.

Mais nous savons bien que le développement pour être durable doit venir de la capacité de nos pays, de nos économies à stimuler une croissance durable et inclusive. Le commerce et l'investissement sont deux variables essentielles de cette équation.

Et dans ce domaine l'Europe est aussi au tout premier rang des partenaires africains. Entre 2002 et 2012, les importations de l'Afrique Sub-Saharienne envers l'Europe ont augmenté de 120%. Avec presque 80 milliards d'euros d'exportations et 94 milliards d'importations en 2012, l'Union européenne reste le principal partenaire commercial de l'Afrique et nos transactions sont plus importantes que celles de l'Afrique avec les Etats-Unis,la Chine et le Brésil réunis.

L'Europe est aussi le principal investisseur dans le continent avec 180 milliards d'euros en stocks en 2011.

Notre interdépendance et notre complémentarité économique non seulement perdurent mais s'amplifient dans un nombre croissant de secteurs, tant au niveau des filières de production que des marchés de biens et de services, tant au niveau des investissements que des transferts de technologie.

C'est justement dans cette logique d'interdépendance et de partenariat que s'inscrivent les négociations en cours sur les Accords de Partenariat Economique qui – j'en suis convaincu – aideront les pays africains à atteindre plus rapidement leurs objectifs de développement et d'insertion dans le commerce mondial.

Car on sait bien que malgré les succès récents il reste encore beaucoup de chemin à faire. La part de l'Afrique dans le commerce international est encore faible avec seulement 3% des échanges.

Les accords de partenariat économique offerts aux pays africains sont les plus généreux que l’UE ait jamais proposés.Ils offrent notamment un accès libre etcomplet au marché européen, en échange d’une ouverture seulement graduelle et partielle des marchés africains.

La Commission a toujours soutenu l'intégration régionale y compris d'un point de vue économique et la dimension panafricaine de notre relation. Une excellente illustration en est la mise en place dans cette nouvelle période financière d'un Programme Panafricain.Je l'ai proposé moi-même et je suis heureux que cette idée ait été soutenue et retenue.

Ce nouveau programme soutiendra les initiatives transrégionales et continentales, afin de garantir les meilleures synergies en abordant le continent africain comme une seule entité.

L'approfondissement de notre partenariat économique sera au centre de notre Sommet UE-Afrique en avril 2014.

L'avenir (économique) de nos continents est profondément lié, j'en suis convaincu, car nous avons, Africains et Européens, des atouts, des richesses et des intérêts qui peuvent, qui doivent permettre un bénéfice mutuel. C'est dans ce mot "mutuel" que réside la valeur ajoutée de nos relations et c'est aussi ce qui doit motiver nos actions futures.

Étroitement lié à la question de la croissance et du dévéloppement c'est l'usage responsable des resources de notre planète.

Le changement climatique ne connaît pas de frontières. Il n’épargne aucune région du globe mais certaines sont plus directement touchées que d'autres. Et nous savons combien le continent africain y est fortement exposé.

L'Europe et l'Afrique ont un intérêt commun à convaincre les grands pays émetteurs à prendre des engagements ambitieux et contraignants en termes d'atténuation des émissions de gaz à effet de serre.

Comme vous le savez l'Union européenne est depuis plusieurs années à l'avant-garde de la lutte contre le changement climatique et nous nous sommes donné des objectifs ambitieux. Mais, soyons réalistes; pour que les choses bougent réellement, nos seuls efforts au niveau européen – l'Union ne représentant que 11% des émissions globales – n'auront de sens que si nous parvenons à avoir la masse critique et la cohérence indispensable pour convaincre les grandes économies éméteuses de nous suivre sur cette voie.

A partir des résultats de la conférence sur le climat de novembre à Varsovie, nous devons maintenant intensifier notre coopération afin d'obtenir un nouvel accord contraignant sur le climat lors de la conférence de Paris fin 2015.

Mais notre action sur le climat doit aussi inclure des actions ambitieuses en termes d'adaptation. Nous devons être ambitieux quant aux résultats à obtenir pour mitiger les effets du changement climatique et êtresolidaires face à tous ceux, notamment les pays africains, qui subissent déjà ces effets.

C'est pourquoi les questions climatiques occupent une place importante dans notre agenda de coopération pour le développement.

Pour vous donner quelques exemples; l'UE apporte une aide technique et financière bilatérale aux pays concernés et agit aussi dans le cadre de l'Alliance mondiale contre lechangement climatique (AMCC) quifinance notamment 23 programmes en Afrique.

Nous avons également respecté notre engagement en fournissant 12,84 milliards d'euros de financement dit'fast-track' pour la période 2010-2013 afin de contribuer aux efforts pourmitiger les effets du changement climatique.

En outre, le prochain budget européen pour 2014-2020 prévoit d'allouer au moins 20% des fonds à la lutte contre le changement climatique, y compris dans le domaine de l'aide au développement. Cela se traduira d'emblée en 2014-2015 par uneallocation de 1,7 milliards d'euros pour les pays en développement et principalement pour l'Afrique.

Nous devons également nous poser la question de l'après-2015 Objectifs du millénaire pour le développement, ces deux agendas étant étroitement liés. Le développement durable dépend en grand partie de l'efficacité de la lutte contre les effets des changements climatiques pour les plus vulnérables.

L'UE souhaite donc travailler étroitement avec les pays africains pour voir comment atteindre une convergence entre ces deux thèmes tout en préservant la spécificité des deux processus.

Comme l'a dit Nelson Mandela à qui nous avons rendu un juste hommage hier: "Tout comme l'esclavage et l'appartheid, la pauvreté n'est pas naturelle, c'est une création de l'homme, et ensemble nous pouvons la vaincre".


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