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Prix Nobel de la Paix Remarques du Président Barroso à la Cérémonie au Parlement européen

European Commission - SPEECH/12/937   12/12/2012

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Commission européenne

José Manuel Durão Barroso

Président de la Commission européenne

Prix Nobel de la Paix

Remarques du Président Barroso à la Cérémonie au Parlement européen

Session plénière/Strasbourg

12 décembre 2012

Monsieur le Président du Parlement européen,

Monsieur le Président en exercice du Conseil,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Chers Citoyennes et Citoyens de l'Europe

C'était avec une très profonde émotion qu'au nom de l'Union européenne à Oslo, le Président du Parlement européen, le Président du Conseil européen et moi-même avons reçu le Prix Nobel de la Paix 2012.

Le Prix Nobel de la Paix décerné à l'Union européenne est un très grand honneur à la fois pour tous les citoyens européens et toutes les institutions européennes.

C'est la reconnaissance d'un projet absolument inédit qui a profondément transformé l'Europe et grâce auquel une aspiration séculaire est devenue une réalité quotidienne.

Au cours de ces soixante dernières années, l'Europe a vécu des moments extraordinaires dans sa quête de la paix et de la réconciliation, mais aussi de la liberté, la démocratie et des droits de l'homme.

Ce n'est pas un hasard si les pays qui ont retrouvé leur démocratie - l'Europe du Sud dans les années 70 ou l'Europe centrale et de l'Est et aussi les pays Baltes après - ont eu d'une façon intuitive, instinctive le mouvement de demander l'adhésion à l'Union européenne. Car l'Union européenne est un espace de paix, mais aussi de liberté, de démocratie et de justice.

Aujourd'hui, la paix s'est installée sur un continent longtemps dévasté par les guerres.

La réunification l'a emporté sur de vieilles divisions.

L'aspiration des peuples européens à leurs droits fondamentaux pour la liberté, la dignité et la justice a été plus forte que l'oppression et l'humiliation.

Elle s'est réalisée dans une destinée désormais partagée où la diversité et l'unité sont à la fois légitimes et reconnues.

Aujourd'hui être Européens c'est être lié dans une adhésion commune à des valeurs et principes supérieurs: la dignité de la personne humaine, la liberté et la justice.

C'est se rassembler aux côtés de ceux qui se battent pour ces valeurs universelles qui nous sont si chères.

Mais il nous faut des institutions politiques pour garantir la préservation de ces valeurs et assurer la poursuite de la mise en œuvre de nos engagements.

Car ainsi que l'a dit Jean Monnet, je cite, "la vie des institutions est plus longue que celle des hommes et les institutions peuvent ainsi, si elles sont bien construites, accumuler et transmettre la sagesse des générations successives."

Le génie des pères fondateurs a été précisément de bâtir la paix et la réconciliation sur une dynamique d'intégration économique. Donc, par l'instrument économique, arriver à un but politique: la paix. Mais l'Europe, elle, est bien plus qu'un marché. Sans doute le marché est important pour créer l'interdépendance et la solidarité de fait, mais nous avons besoin de voir l'Europe comme un projet politique, et pourquoi ne pas le dire, comme un projet de culture. Notre culture européenne, une Europe fondée sur nos valeurs.

Le génie des pères fondateurs a été celui d'assurer l'ancrage de la paix en Europe en créant des institutions supranationales qui sont les garants de l'intérêt général européen et du bien commun européen. La Commission est une des ses institutions. Dès le premier moment de la création de la Communauté économique européenne, elle existait déjà pour représenter l'intérêt commun européen.

Et aussi, c'est important, le génie de la création de l'Union européenne a été, à côté de la légitimité démocratique des États membres représentés au Conseil européen, de développer une démocratie transnationale. C'est la première fois que nous avons vraiment dans l'histoire de l'humanité une démocratie transnationale qui est symbolisée par ce Parlement, le Parlement européen, directement élu par les citoyennes, les citoyens de l'Europe.

C'est un héritage que nous devons chérir et cultiver. C'est un ouvrage en cours qui demande une attention constante et minutieuse. Et au moment où beaucoup de nos citoyens et citoyennes, à cause de la crise économique et financière et de la crise sociale très dure que nous avons en Europe; au moment où autant de nos citoyens ont des doutes sur l'Europe, c'était vraiment un message très puissant celui que nous a envoyé le Comité Nobel. Ils nous ont dit: vous avez créé là quelque chose de précieux. Ne l'abîmez pas. Gardez l'Union européenne. Nous avons besoin d'une Union européenne forte dans le monde.

Nos prédécesseurs nous ont montré la voie à suivre. Il est maintenant de notre responsabilité de la poursuivre.

Plus que jamais dans cette période de crise et de changement, nous ne pouvons pas ignorer que si la guerre et le totalitarisme se sont retirés de ce qu'est aujourd'hui l'espace de l'Union européenne, d'autres tempêtes peuvent encore se lever à tout moment. Les vieux démons du nationalisme extrême, du racisme, de la xénophobie, sont toujours là en Europe. Et la vérité c'est que la liberté, la démocratie et la paix doivent être une conquête de chaque jour.

Nous vivons dans un monde en profonde mutation auquel nous devons nous adapter tout en restant fidèles à nos idéaux fondateurs. Il nous faut répondre à de nouvelles réalités économiques. C'est pourquoi il nous faut réformer pour mieux préserver ce qui est si unique à l'Europe: notre économie sociale de marché, notre modèle social européen.

Et s'il y a bien une leçon à tirer de cette crise, c'est celle de notre étroite interdépendance. Le monde du 21ème siècle nous appelle à dépasser une vision purement nationale de la démocratie et de la souveraineté.

Cela veut dire que les institutions de l'Union européenne – ce Parlement, la Commission européenne – sont plus que jamais nécessaires pour défendre l'intérêt général européen et développer une Union plus démocratique et "sans cesse plus étroite entre les peuples de l'Europe."

Alors que l'interdépendance européenne ne cesse de se renforcer; le destin des nations du monde est lui-même de plus en plus imbriqué.

Et ainsi que je l'ai dit à Oslo, dans cette cérémonie si émouvante, la vision fédéraliste et cosmopolite qui nous a été léguée par les fondateurs de l'Union européenne, constitue l'une des plus importantes contributions que notre Union peut apporter à un ordre mondial en devenir.

Une mondialisation dont nous ne voulons pas d'être seulement les spectateurs, mais vraiment un acteur décisif. Un ordre mondial que nous voulons aider à consolider autour des principes-clés: responsabilité et de la solidarité globales.

Mesdames et Messieurs les Députés,

C'est alors qu'elle doit faire face à l'un des plus grands défis qu'elle n'ait jamais connu que l'Union européenne a été distinguée par le Prix Nobel de la Paix.

Nous devons y voir un formidable encouragement pour le futur. Et cette médaille, et ce diplôme en sont le symbole.

Le Parlement européen et la Commission européenne, je suis sûr qu'on pourra le dire, se montreront à la hauteur de ce défi.

Et c'est dans cet esprit éminemment européen de solidarité et d'ouverture au monde, que nous poursuivrons sans cesse nos efforts pour la liberté, la justice et la paix en Europe et dans le monde.

Je vous remercie de votre attention.


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