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Commission européenne

José Manuel Durão Barroso

Président de la Commission européenne

Savoir changer ensemble pour une Union plus forte et plus unie

2ème Forum RUP – "Ensemble vers l'Europe 2020"/Bruxelles

2 juillet 2012

Monsieur le Président de la Conférence des présidents des RUP, Caro Carlos César,

Messieurs les Ministres,

Madame et messieurs les députés européens,

Excellences,

Cher Johannes Hahn,

Minhas Senhoras e meus Senhores,

Apreciados amigos,

Depuis sa première édition en 2010, le Forum des Régions ultrapériphériques s'est fixé pour objectif de faire progresser la compréhension des enjeux liés à ces régions - vos régions.

Très diverses les unes des autres; elles sont néanmoins toutes confrontées à des contraintes spécifiques (éloignement, insularité, dépendance économique à un petit nombre de produits); tout en disposant d'atouts importants (position géostratégique, richesses naturelles, biodiversité et écosystèmes marins exceptionnels, potentiel en matière de développement des énergies renouvelables), pour ne citer que quelques exemples.

Et je voudrais redire ici devant ce Forum que, chacune d'entre elles, aussi éloignée soit-elle du continent européen, fait bien évidemment partie intégrante de l'Union européenne et contribue largement au dynamisme, à la prospérité, et au rayonnement de notre Union.

Notre ambition commune pour ce forum est de débattre des réponses concrètes à apporter aux défis particuliers auxquels vous devez faire face et qu'ensemble, dans un partenariat actif et constructif, nous parvenions à trouver les meilleures voies pour tirer tout le potentiel de vos formidables atouts.

Je suis donc très heureux de vous voir si nombreux à cette deuxième édition du Forum des RUP. Son organisation témoigne de l'attachement de la Commission à tenir régulièrement ce type de rencontres. Et je remercie Johannes Hahn et son Cabinet pour cette initiative. Je sais bien à quel point la Commission et ses services, et Johannes lui-même, sont attachés à la priorité que constituent les RUP.

Nous avons déjà eu l'occasion de nous rencontrer à plusieurs reprises et vous connaissez bien mon engagement personnel à l'égard des régions ultrapériphériques.

Depuis mon premier mandat comme Président de la Commission européenne, j'ai toujours été très attentif au renforcement du partenariat entre l'Union européenne et vos régions.

Un partenariat qui s'articule aujourd'hui autour de cinq grands piliers: (1) améliorer votre accessibilité, (2) accroître votre compétitivité, (3) renforcer votre intégration régionale, (4) soutenir la dimension sociale de votre développement mais aussi (5) l'adaptation au changement climatique, qui impacte tout particulièrement vos territoires.

Contribuer à valoriser vos atouts pour générer une croissance intelligente, durable et inclusive, telle est notre volonté.

Et c'est toute l'ambition de la communication que la Commission européenne a adoptée le 20 juin dernier et dont vous allez largement débattre au cours de ce Forum.

Ce que nous proposons c'est de travailler ensemble à l'optimisation du potentiel de croissance de vos régions dans le cadre de la stratégie Europe 2020, en veillant à ce que vous puissiez trouver toute votre place au sein de cette stratégie et de chacune des politiques de l'Union.

Cette communication se veut donc être une base pour l'action future.

Tout d'abord pour améliorer votre accessibilité au marché unique en prenant en compte la dimension ultrapériphérique dans la mise en œuvre de nos politiques et programmes, comme par exemple la création d'un marché unique numérique.

Mais aussi pour développer votre compétitivité en modernisant et diversifiant vos économies. Ainsi tout en continuant à bénéficier d'appuis communautaires pour les secteurs traditionnels il s'agit aussi de se tourner résolument vers les nouveaux secteurs porteurs de croissance et d'emplois.

Cela veut dire investir dans la recherche et l'innovation pour donner à la fois un nouveau souffle aux secteurs traditionnels et ouvrir la voie à de nouveaux secteurs d'activité économique. Investir dans la "croissance verte" pour développer les énergies renouvelables et dans la "croissance bleue" pour mieux bénéficier de l'extrême richesse des mers et océans.

Cela veut dire également donner à chacun une chance d'avoir une formation et un emploi tout en mettant en adéquation les besoins du marché du travail et les formations.

Enfin, il s'agit aussi de contribuer à développer votre intégration régionale en cohérence avec les objectifs de notre politique extérieure. Vous représentez en effet une ouverture extraordinaire pour l'Union européenne. Vous élargissez notre horizon! Vous êtes des avant-postes stratégiques dans des parties du monde particulièrement dynamiques et avec lesquelles nous avons tout intérêt à développer nos relations.

Bien évidemment, les pistes d'actions concrètes à suivre ne pourront être que différenciées pour tenir compte des particularités propres à chacune de vos régions.

Mais l'approche doit être commune, développée au sein d'un partenariat responsable et solidaire, avec des soutiens de l'Union que ce soit à travers les fonds structurels ou des programmes qui vous sont spécialement destinés tels que POSEI ou qui sont destinés à l'ensemble de l'Union européenne tels qu'"Erasmus pour tous" ou bien encore nos programmes cadre de recherche.

Car en effet c'est seulement si nous agissons ensemble – assumant à la fois solidarité et responsabilité - que nous réussirons à faire de nos ambitions pour l'Europe 2020 des réalités concrètes pour le bien-être de nos concitoyens, pour le dynamisme de nos entreprises et pour la compétitivité de l'ensemble de l'Europe, continentale et d'outre-mer.

Comme nous le savons tous, l'un des instruments essentiels pour la réalisation de notre stratégie de croissance et d'emplois, c'est le futur cadre financier pluriannuel. Et nous sommes maintenant entrés dans le cœur des négociations sur ce futur budget. Votre réunion tombe vraiment au moment exact où ces discussions ont démarré. D'ailleurs, au Conseil européen de la semaine passée nous avons surtout parlé des mesures de stabilisation de la crise de l'euro, mais je peux vous dire que, pour la première fois, il y avait un débat très intéressant entre les Chefs d'état et de gouvernement concernant la proposition de la Commission pour le prochain cadre financier pluriannuel.

Ce que la Commission européenne défend c'est un budget avec des priorités clairement définies. Un budget pour la croissance et l'emploi. Un budget pour des investissements ciblés dans la recherche et l'innovation, dans l'éducation, dans les infrastructures. Un budget pour réussir ensemble à atteindre les objectifs de notre stratégie Europe 2020.

Ce n'est pas un budget pour Bruxelles. C'est un budget pour nos régions, nos villes et nos campagnes. Un budget européen pour soutenir et renforcer les efforts menés par les Etats membres en matière d'assainissement budgétaire et de réformes structurelles. Il est très important de placer le débat sur le budget dans ce cadre général du débat sur la croissance en Europe. Comment est-ce qu'on peut créer plus de croissance en Europe? Le budget n'est pas simplement une dépense qu'on fait simplement pour aider les régions qui sont moins développées. Le budget n'est pas un luxe dans le cadre de notre politique. Le budget est l'un des instruments essentiels, je dirais même le plus puissant, en terme de volume, pour contribuer aux efforts de croissance et d'emploi dans l'ensemble de l'Europe.

Ce que nous proposons - c'est important pour garantir les possibilités de consensus - nous proposons un budget raisonnable - un budget qui a une ambition, mais en même temps comprend les difficultés actuelles pour les Ministres des finances des Etats membres - avec une réelle valeur ajoutée européenne, notamment en ayant recours à des moyens de financement innovants, dont les project bonds (les obligations de croissance que la Commission a proposées), et des mesures pour une optimisation des fonds structurels.

C'est un budget qui reconnait tout le potentiel de la politique de cohésion, instrument clef pour relancer la croissance, créer des emplois, renforcer la compétitivité et améliorer la qualité de vie; tout en réduisant les divergences économiques au sein de l'Union européenne.

Une politique de cohésion qui doit être, elle aussi, plus focalisée sur les résultats à atteindre avec des moyens financiers concentrés sur un nombre plus réduit de priorités.

Une politique de cohésion qui aide à compenser les disparités et les contraintes tout en appuyant les nécessaires adaptations à de nouvelles réalités économiques. C'est-à-dire une politique de solidarité et de responsabilité.

Et dans ce contexte, nous avons bien entendu proposé des dispositions particulières pour vos régions y compris le maintien d'un taux de co-financement de 85% et de l'allocation spécifique supplémentaire pour compenser les surcoûts inhérents à vos contraintes particulières, ainsi qu'une augmentation de l'enveloppe pour la coopération territoriale.

En un mot, ce que nous proposons – dans un contexte général de restrictions budgétaires - c'est un budget ambitieux et réaliste.

Et c'est bien la position que je suis en train de défendre et que j'ai défendue récemment dans un forum des pays amis de la cohésion. Je l'ai dit de façon très claire et je l'ai répété lors du Conseil européen de la semaine passée que la cohésion n'est pas une politique simplement pour les régions les moins développées. La cohésion est un objectif pour l'ensemble de 'Union européenne - la cohésion économique, sociale et territoriale. Ce n'est pas simplement une faveur qu'on fait à quelques régions. C'est un objectif central de l'Union européenne et c'est dans ce cadre qu'on doit comprendre la cohésion – comme une politique horizontale, mais aussi comme une politique qui n'entre pas en contradiction avec d'autres objectifs, notamment celui de la compétitivité de nos économies. Au contraire, elle est très liée à cet objectif de compétitivité de l'économie européenne dans son ensemble.

Chers amis,

L'Europe, continentale et d'outre-mer, connait de fortes tensions économiques avec des conséquences lourdes, notamment pour les jeunes Européens qui sont souvent les premières victimes de la crise.

Et cette crise est aussi, voire avant tout, une crise de confiance alors même que plus les temps sont difficiles plus la confiance est essentielle.

Restaurer la confiance, donner de l'espoir et asseoir notre crédibilité, tel est l'enjeu fondamental.

Cela passe par une relance de la croissance; en parallèle aux efforts budgétaires. Et de ce point de vue, je me réjouis que le Conseil européen ait adopté un Pacte pour la croissance et l'emploi incluant des propositions présentées, depuis quelque temps déjà, par la Commission européenne; que ce soit la recapitalisation de la Banque européenne d'investissement, le lancement d'un projet pilote pour les project bonds ou une redistribution de fonds européens encore inutilisés pour dynamiser la croissance et l'emploi. C'était des propositions que la Commission avait faites depuis septembre l'année passée, et qui ont pu maintenant avoir le consensus de nos Etats membres.

Cela passe aussi par une vision sur le moyen et long terme, une vision d'une Europe plus forte, plus intégrée. Cela passe par une union bancaire – qui peut être mise en place rapidement - mais aussi une union budgétaire et à terme aussi des pas pour une union politique.

Et cela concerne tous les Européens; pas seulement les dirigeants des institutions européennes et des Etats membres qui se sont réunis pour ce Conseil européen ici à Bruxelles.

Cela vous concerne tous, aussi éloignés soyez-vous géographiquement de Bruxelles ou des capitales des Etats membres.

Chacun d'entre vous – dirigeants politiques, entrepreneurs, membres de la société civile - vous avez une responsabilité non seulement dans l'avenir de vos régions, mais plus largement dans l'avenir de notre Union.

Nous ne pouvons pas nous contenter d'un "prêt-à-penser". Il nous faut du sur-mesure. Oui, il nous faut penser à la mesure de la magnitude des enjeux actuels et des défis que nous devons relever.

C'est pourquoi je voudrais conclure en évoquant Jean Monnet, ce génie des débuts de l'intégration européenne, qui a écrit dans ses Mémoires que "quand les hommes se trouvent dans une situation nouvelle, ils s'adaptent et changent. Mais aussi longtemps qu'ils espèrent que les choses pourront rester en l'état ou faire l'objet de compromis, ils n'écoutent pas volontiers les idées neuves."

Nous sommes à un moment décisif de notre histoire commune en Europe. Nous sommes à un moment de notre destinée où ne pas nous adapter aux nouvelles réalités géo-économiques et géopolitiques, ce serait condamner l'Europe à la marginalisation dans un monde en pleine mutation.

Nous devons avoir des idées neuves et nous devons savoir écouter les idées neuves et ce Forum en est l'occasion.

Je voudrais conclure aussi dans les deux autres langues de notre forum.

É com o maior interesse que verei as conclusões do vosso trabalho. Como sabem os meus amigos que vêm das regiões dos Açores e da Madeira, este é um assunto que conheço bem há muito tempo na prática e não só na teoria e sabem o meu compromisso com o valor da autonomia regional.

Y quería también, como no, decir a mis amigos españoles mis más sincera enhorabuena por la victoria de ayer.

Muchas gracias a todos por vuestra atención.


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