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SPEECH/12/405

Dacian Cioloș

Membre de la Commission Européenne, chargé de l'Agriculture et du Développement rural

L'agriculture au cœur de la politique de voisinage

Conférence ENPARD (Programme européen de Voisinage pour l'Agriculture et le Développement rural)

Bruxelles, le 31 mai 2012

Mesdames, Messieurs,

La problématique agricole et rurale et le rôle de ce secteur dans le développement économique et social d'une région ou d'un pays, n'est pas une question spécifique à l'Union européenne.

Les sociétés traditionnelles, les économies émergentes, les nouvelles démocraties ne peuvent pas faire l'impasse sur la problématique rurale et agricole lors de l'élaboration de leur stratégie de développement.

L'Europe a été très attentive à cette dimension, depuis la constitution de la Communauté. C'est encore le cas aujourd'hui, même après l'élargissement de l'Union européenne à l'Est.

Voila pourquoi, la Commission a considéré qu'une manière très concrète et efficace de soutenir nos voisins et nos amis, au Sud et à l'Est, serait de leur proposer de partager son expérience et le partenariat européen en matière de développement rural pour mettre en valeur de façon durable le potentiel agricole.

Je me félicite d'être aux côtés du Commissaire Füle, pour cette conférence. C'est un signal très clair de la volonté de la Commission européenne de remettre l'agriculture au cœur des priorités dans ses relations avec ses voisins. Et ce, pas uniquement à travers la question des échanges commerciaux, mais aussi à travers le renforcement des capacités de production locales et de commercialisation locales.

Nous sommes confrontés aux mêmes défis – des défis considérables – non seulement le défi de la sécurité alimentaire ; mais également le défi de la durabilité dans l'utilisation des ressources naturelles – avec la pression du changement climatique ; le défi du développement équilibré des territoires – avec la concentration de plus en plus forte des activités économiques dans les grands pôles urbains.

Face à ces défis, l'agriculture a une place stratégique à plusieurs titres : de par son emprise territoriale ; de par sa fonction économique (au niveau local et global) ; de par sa fonction sociale ; de par son rôle environnemental, tant dans ses aspects positifs que négatifs, parfois.

L'agriculture est une clef majeure de développement. C'est un socle indispensable pour la croissance économique, pour le développement, notamment dans des sociétés où le "rural" domine encore – tant de point de vue social qu'économique.

Dans le monde d'aujourd'hui, le Rural et l'Agriculture doivent être perçus comme un potentiel à mettre en valeur et non pas comme un frein au développement.

Néanmoins, cette conviction très forte doit être partagée. C'est le sens du Programme de voisinage européen pour l'agriculture et le développement rural, ENPARD.

ENPARD implique que nous ayons une volonté commune de prendre à bras le corps la question agricole. L'Europe s'est parfois comportée en prescripteur assez peu à l'écoute des attentes locales – y compris chez nous, tout venait d'en haut. Cela ne doit plus être le cas, tout simplement car cela ne marche pas !

Nous vivons une époque où, même si les opportunités peuvent venir de l'extérieur, les solutions doivent être trouvées à l'intérieur, par les sociétés elles-mêmes. La diversité des problèmes, la diversité des réalités (même si les défis sont souvent les mêmes) exigent une diversité de solutions.

Le dialogue est plus que jamais nécessaire. Il est nécessaire non seulement au niveau gouvernemental, mais également à l'échelle régionale et locale. Il est nécessaire non seulement entre pouvoirs publics, mais également avec l'ensemble des partenaires publics et privés.

Les programmes ENPARD doivent reposer sur deux piliers indissociablement liés : d'un côté la définition de choix stratégiques, et donc l'analyse des leviers de développement les plus efficaces ; de l'autre côté, l'association large de l'ensemble des acteurs dès le départ.

Il ne s'agit pas de prôner ce type d'approche participative, pour le plaisir d'impliquer tout le monde, et encore moins pour éviter de faire des choix. Au contraire, c'est dans l'intérêt du développement d'adopter cette approche programmatique et évolutive. Parce qu'elle est exigeante, elle est aussi efficace. Elle permet, en fin de compte que les choix retenus créent une véritable dynamique.

En Europe, nous avons à l'heure actuelle 2300 groupes d'action locale dans le cadre de nos programmes LEADER. Nous avons l'expérience des programmes SAPARD, qui ont permis de préparer l'adhésion des nouveaux membres de l'UE de façon exceptionnelle et auxquels j'ai participé.

Ce n'est donc pas seulement des fonds qui sont mis à disposition à travers ENPARD, c'est également une méthode de travail basée sur notre expérience. Cette méthode passe par quatre éléments clefs qui seront, j'en suis sûr, au cœur de vos discussions : la définition des priorités stratégiques pour focaliser les moyens ; l'implication de l'ensemble des acteurs ; la construction de vraies capacités d'action, avec de la formation ; et enfin, le retour sur expérience, l'analyse et l'évaluation pour garantir que la stratégie est suivie, qu'elle porte ses fruits et, si ce n'est pas le cas, pour corriger le tir rapidement.

Cette démarche vise un développement de long terme des territoires ruraux. Dans notre idée – mais nous sommes aussi là pour débattre et échanger avec chacun d'entre vous, c'est aussi le sens de la rencontre d'aujourd'hui – les stratégies peuvent se structurer autour de deux axes principaux :

  • D'un côté, le développement des capacités de production locale, le soutien à la diversification des économies rurales et aux initiatives communautaires locales.

  • De l'autre, l'amélioration de la production et des standards de qualité, y compris le développement d'infrastructures, du cadre règlementaire, de produits de qualité, de l'agriculture biologique ou encore des capacités de transformation.

  • On peut ajouter à ces deux axes de travail, les aspects liés aux spécificités de la méthode ENPARD en tant que telle et donc l'ensemble des éléments relatifs au renforcement de la capacité d'action des acteurs publics et privés (y compris avec des groupes de producteurs) et à la mise en œuvre de véritable démarche de concertation et de participation des acteurs.

En termes d'agenda, il est important d'aller de l'avant relativement rapidement.

Nous proposons, d'ores et déjà, pour nos partenaires du Sud, un nouveau rendez-vous, sous la forme d'un atelier à la mi-juillet. Il permettra de faire un bilan des six derniers mois et de définir de façon plus précise les prochaines étapes pour la fin de l'année 2012 et 2013.

En ce qui concerne nos partenaires de l'Est, nous préparons une réunion ministérielle dans le cadre du Partenariat oriental informel pour l'automne. J'y participerai, ce qui nous permettra de faire le point sur l'avancement d'ENPARD pour cette zone.

Voilà, brièvement présentés, la méthode, les objectifs et les grands axes de travail. Et je souhaite vous redire une nouvelle fois, très clairement, ma disponibilité en tant que commissaire à l'Agriculture et au Développement rural, pour la réussite de ces programmes.


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