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Dacian Cioloș Membre de la Commission Européenne, chargé de l'Agriculture et du Développement rural Pour une politique volontariste et communautaire de soutien aux jeunes agriculteurs Conférence "Soutenir les jeunes en agriculture" organisée par le Conseil Européen des Jeunes Agriculteurs (CEJA) Bruxelles, 12 avril 2012

Commission Européenne - SPEECH/12/260   12/04/2012

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SPEECH/12/260

Dacian Cioloș

Membre de la Commission Européenne,

chargé de l'Agriculture et du Développement rural

Pour une politique volontariste et communautaire de soutien aux jeunes agriculteurs

Conférence "Soutenir les jeunes en agriculture" organisée par le Conseil Européen des Jeunes Agriculteurs (CEJA)

Bruxelles, 12 avril 2012

Merci de me donner la possibilité d'intervenir aujourd'hui pendant votre séminaire.

Vous le savez, depuis le début, j'ai voulu mettre la dimension "jeunes agriculteurs" au cœur de la réforme de la Politique agricole commune pour l'après 2013. C'est un sujet qui m'a particulièrement préoccupé pendant le travail préparatoire des propositions législatives présentées en octobre dernier. J'ai d'ailleurs été en contacts étroits avec vos représentants pour trouver les meilleurs moyens d'encourager l'installation à partir de vos expériences sur le terrain.

Nous ne devons pas nous arrêter à mi-chemin. C'est un sujet que nous devons continuer de porter jusqu'à l'adoption finale de la réforme. D'ailleurs, je me réjouis qu'en ouvrant ses portes à cet évènement, le Parlement européen montre l'importance qu'il accorde, lui aussi, aux jeunes agriculteurs.

L'installation est une clef pour l'avenir de l'agriculture européenne. Si l'agriculture ne donne pas de perspectives d'avenir aux jeunes agriculteurs, alors, on peut se demander ce que sera l'avenir de l'agriculture européenne.

Je sais que la reprise d'une exploitation est une période particulièrement difficile, complexe et exigeante. Non seulement cela demande une expertise technique de plus en plus élevée de la part de ceux qui s'installent. Mais, en plus, cela nécessite une capacité de financement très importante.

Cette capacité d'investissement est clairement un facteur limitatif pour beaucoup de jeunes, en particulier dans les zones où l'accès à la terre est de plus en plus difficile.

D'ailleurs, il faut le rappeler : malgré les outils que nous avons aujourd'hui dans le cadre de la Politique agricole commune, nous avons perdu près de 3 millions d'agriculteurs pendant la dernière décennie.

Il est donc important de passer à la vitesse supérieure et de mettre en place, au niveau européen, une vraie politique volontariste de soutien à l'arrivée de nouveaux venus dans le secteur agricole, soit pour créer une nouvelle entreprise, soit pour reprendre des entreprises, des exploitations agricoles, qui voient leur propriétaire partir à la retraite.

Pour cela, nous devons apporter un appui financier, avec une prime d'installation, et faciliter l'accès aux crédits auprès des banques. J'ai proposé que les Etats membres puissent mettre en place, dans le cadre de leur programme de développement rural, un sous-programme spécifique pour les jeunes agriculteurs. C'est une particularité de ces propositions législatives. Cela permettra par exemple d'augmenter l'intensité des soutiens, du niveau de cofinancement, spécifiquement pour les mesures jeunes, pour soutenir les jeunes qui investissent, pour soutenir également la formation des jeunes. C'est cela l'élément clef de cette proposition de sous-programme de pouvoir traiter de façon différencié les jeunes en termes de cofinancement.

En plus de ce renforcement des mesures jeunes au sein des programmes de développement rural, la Commission européenne a fait une proposition qui me semble très importante, dans le cadre du premier pilier, des paiements directs.

Suite aux nombreux échanges que nous avons eus avec les jeunes agriculteurs et à notre analyse sur comment soutenir le cash-flow des jeunes agriculteurs, dans les premières années après l'installation, nous avons proposé d'augmenter le niveau des paiements directs pendant les cinq premières années d'activité pour les jeunes agriculteurs qui s'installent et qui le demandent.

J'entends dire parfois que cette mesure devrait être uniquement volontaire pour les Etats membres. Mais l'objectif politique de cette mesure serait fortement affaibli si elle n'était pas obligatoire pour l'ensemble des Etats membres, c'est-à-dire si nous n'avions pas une approche générale dans toute l'Union européenne. Il faut le souligner, la problématique des jeunes agriculteurs n'a pas de frontières, tous les Etats membres sont concernés. Tous les jeunes doivent être en mesure de pouvoir bénéficier de ces mesures spécifiques, partout en Europe.

Rendre cette aide optionnelle serait, d'une certaine manière, accepter qu'il y ait des discriminations entre les jeunes agriculteurs, selon des critères de nationalité, selon qu'ils sont installés ici ou là en Europe.

Je continue à soutenir donc fermement que chaque jeune qui s'installe en agriculture et qui remplit certains critères, doit pouvoir bénéficier de soutiens. Si la politique agricole reste commune, si le marché agricole, sur lequel les jeunes vont agir, reste commun, alors la politique d'appui à l'installation des jeunes en agriculture doit aussi être commune, donc doit pouvoir s'appliquer dans tous les Etats membres.

Je pense que nous devons continuer nos efforts d'explication et d'argumentation pour faire en sorte que la décision finale de réforme maintienne cette proposition de la Commission.

Au-delà de cette mesure, bien sûr toutes les mesures de la future politique agricole commune, en termes d'organisation, de gestion des crises, de meilleure promotion des produits agricoles, de recherche et d'innovation pour lequel je sais que les jeunes sont très souvent plus sensibles que les autres, vont, je l'espère, encourager les jeunes à s'investir dans le secteur agricole.

L'agriculture, c'est un métier qui n'est pas toujours facile, mais c'est un métier qui donne beaucoup de satisfaction. Et l'Europe doit le dire clairement : nous avons besoin de nos agriculteurs !

Merci pour votre dynamisme et votre engagement pour construire l'agriculture pour aujourd'hui et notamment pour construire et donner les perspectives de l'agriculture des prochaines années. Bonne chance, bonnes réflexions dans vos travaux. Et surtout allons jusqu'au bout avec les idées que nous avons travaillé et élaboré ensemble.


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