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SPEECH/11/472

Dacian CIOLOş

Membre de la Commission Européenne chargé de l' Agriculture et du Développement rural

Comment remédier à la volatilité des prix des produits agricoles?

Conférence des Ministres de l'Agriculture du G20

Paris, le 23 juin 2011

Cette rencontre du G20 marque le début d`un long chemin que nous allons parcourir ensemble. Les émeutes de la faim en 2007/08, la perspective d'un monde de plus de 9 milliards d'habitant, la pression du changement climatique : une véritable dynamique agricole mondiale faite de coordination et de cohérence entre les différents niveaux de gouvernance est plus que jamais nécessaire.

Je remercie la présidence française du G20 d'avoir lancé cette dynamique. La Commission européenne est pleinement engagée dans ce processus, avec un objectif prioritaire : créer les conditions d'une augmentation durable de la production alimentaire. Nous n`allons pas apporter une solution a tous les problèmes, mais nous créons une dynamique avec ce plan d`action important.

Les politiques agricoles et la recherche

L'agriculture a besoin d'une nouvelle génération de politiques agricoles. Cette génération doit être à la fois respectueuse du développement des autres agricultures et apte à soutenir les productions locales, la durabilité des pratiques agronomiques et la préservation d'une agriculture sur l'ensemble des territoires.

C`est le même état d`esprit qui nous anime dans nos projets de développement. Je pense en particulier à l'Union africaine. Notre volonté est d'encourager une production agricole plus importante et plus durable, ainsi que l'émergence d'agricultures locales, structurées autour d'organisations de producteurs valorisant la qualité et la spécificité des produits des pays en voie de développement.

La recherche sera essentielle pour y arriver. Où que ce soit, il n'y aura pas de compétitivité durable sans innovation. Elle sera d`ailleurs au cœur de la reforme de la Politique agricole commune sur laquelle nous travaillons actuellement. L'UE s'est également engagée à accroître de façon substantielle son soutien pour la recherche agronomique dans les pays en développement en augmentant de 50% les ressources d'ici à 2015. La recherche doit prendre en compte les conditions agronomiques, les ressources naturelles et les habitudes alimentaires locales.

Transparence et information agricole

Pour que les marchés fonctionnent mieux, nous devons d'abord garantir une bonne information et une bonne transparence. La Commission européenne se réjouit des avancées d'AMIS1 . Nous allons faire notre part du chemin. Je prends l'engagement de faire la lumière sur les précisions à court terme sur les principaux marchés de l'UE. Cette transparence couvrira les campagnes en cours et les campagnes futures. Et elle s'accompagnera d'un effort pour améliorer notre outil de prévision (MARS2), en élargissant le champ de ses prévisions dans un premier temps à nos voisins en Europe de l'Est et la Méditerranée du Sud, et ensuite au delà.

La Commission est prête à contribuer de façon active au groupe d’information global sur les marchés et au forum politique de réponse rapide dans le cadre de la structure AMIS. Des contacts ont déjà été pris avec la FAO pour voir dans quelle mesure ce groupe encore embryonnaire pourrait être développée.

Cette étape peut être un premier pas pour une FAO réformée et plus efficace, au service du développement des agricultures. Cette nouvelle FAO doit s'incarner par l'élection, le week-end prochain d'un directeur général ambitieux, capable d'assurer une vraie coordination mondiale.

Coordination politique internationale

La stabilité est un élément essentiel pour les agriculteurs. C`est pourquoi il est essentiel de lutter contre les facteurs de déstabilisation de l`agriculture. A propos des restrictions et les interdictions à l’exportation je ne conteste pas que, dans certaines circonstances, de telles mesures puissent parfois être nécessaires. Mais reconnaissons aussi que l'impact de telles mesures sur des marchés tendues – en particulier si la durée et l'étendue de ces mesures sont flous – peut être très grave. Donc, au-delà des engagements que nous pouvons prendre aujourd'hui, que je salue, ce qui me semble essentiel à l’avenir sera de s'accorder sur de nouvelles règles écrites qui clarifient une fois pour toute le cadre d'action des exportateurs nets de produits de première nécessité, en particulier pour le blé et le riz.

Gestion des risques – marchés financiers

Enfin, nous ne pouvons pas laisser l'agriculture à la merci de mouvements purement spéculatifs. L'Union européenne entend renforcer la transparence des marchés dérivés avec plusieurs initiatives visant plus d'intégrité, plus d'efficacité et de transparence. Nous devons disposer de véritables régulateurs disposant d'une vision globale du marché et des positions des différents acteurs. Les marchés doivent encourager les investissements dans l'agriculture, et les marchés à terme doivent aider les acteurs à couvrir leurs risques et à découvrir les prix et non pas l'inverse.

Je remercie une nouvelle fois la présidence. Ce plan d'action constitue un signe clair adressé à la Communauté internationale sur notre volonté de prendre à bras le corps la question de la sécurité alimentaire et celle de l'éradication de la pauvreté. Cette question est un défi majeur du XXIe siècle.

1 :

AIMS: Agricultural Market Information System

2 :

MARS: Monitoring Agricultural Resources


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