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Dacian Cioloș Membre de la Commission Européenne chargé de l' Agriculture et du Développement rural L'Union européenne attend beaucoup de l'agriculture biologique Congrès européen de l’IFOAM (International Federation of Organic Agriculture Movements) EU Group Gödöllo, le 31 mai 2011

Commission Européenne - SPEECH/11/403   31/05/2011

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SPEECH/11/403

Dacian Cioloș

Membre de la Commission Européenne chargé de l' Agriculture et du Développement rural

L'Union européenne attend beaucoup de l'agriculture biologique

Congrès européen de l’IFOAM (International Federation of Organic Agriculture Movements) EU Group

Gödöllo, le 31 mai 2011

Mesdames, Messieurs,

Avant de vous parler de la réforme et des perspectives d'avenir pour l'agriculture biologique, permettez-moi de me retourner quelques instants sur le passé.

J'ai envie de dire : que de chemin parcouru depuis la première législation européenne sur la bio, en 1991 ! A l'époque, le secteur était encore regardé avec sourire. Il s'agissait soi-disant de quelques originaux, de quelques agriculteurs qui ne voulaient pas faire comme les autres. Des pionniers, en somme, qui n'étaient pas toujours pris au sérieux.

Depuis, beaucoup de choses ont changé : le regard porté sur l'agriculture biologique n'est plus le même, que ce soit par l'opinion publique comme par les leaders politiques. Le marché s'est développé, la filière s'est structurée, l'agriculture biologique peut devenir un exemple à suivre pour transformer nos agricultures en système durables.

Mais je crois que les agriculteurs bio, eux, n'ont pas changé. Je sais que pour cultiver en bio il faut avoir une vraie conviction. Avec ténacité, le secteur a su garder le cap d'une agriculture respectueuse de la capacité des ressources naturelles à se régénérer. Le secteur a su également trouver des normes de transformation qui répondent à l'attrait des consommateurs pour des produits aussi naturels que possible.

L'agriculture biologique a su tisser un lien de confiance avec les Européens. Ce lien de confiance est ce que la filière bio a de plus cher et qu'elle doit préserver plus que tout.

Ce lien de confiance est le fruit du travail remarquable des quelque 200 000 exploitations bio européennes. Il a permis au marché de la bio d'atteindre près de 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires pour l'UE à 27. En Allemagne, au Royaume-Uni, en France, en Italie et dans bien d'autres pays européens, les rayons de produits biologiques ne sont plus ces petites étagères cachées dans un coin. Avant il fallait vraiment le vouloir pour trouver des produits bios dans les supermarchés. Maintenant, ils sont clairement identifiés et mis en avant.

J'en suis convaincu, cette dynamique positive a vocation à se poursuivre. La moyenne d'âge des agriculteurs bio est le signe de la vitalité du secteur : seuls 36% ont plus de 55 ans, alors que cette moyenne est de 56% pour les agriculteurs conventionnels. Les jeunes générations croient dans l'avenir de la bio.

Ce lien de confiance est aussi le fruit du travail législatif exigeant de ces vingt dernières années. Après la règlementation sur les produits végétaux, l'Europe a offert un cadre règlementaire aux produits animaux bio, en 1999. Avant de l'étendre, en 2006, aux produits transformés.

L'Europe a accompagné le mouvement de la société vers l'agriculture biologique. Et, depuis 2004, avec le plan d'action européen, les choses se sont accélérées.

En huit ans, presque toutes les actions prévues par cette feuille de route ont été concrétisées.

Sauf peut-être quelques-unes relatives, notamment, aux échanges internationaux. Nous y travaillons activement. D'une part, cette année, une liste des organismes de contrôle des pays tiers sera publiée pour que le système soit opérationnel en 2012. D'autre part, nous avons engagé des discussions fructueuses avec l'Union Africaine sur l'agriculture biologique. Dès les prochaines semaines, des échanges seront lancés. Nous avançons également avec d'autres partenaires internationaux, la Chine, les Etats-Unis et, bien entendu, le Canada.

Autre sujet prévu encore en suspens que tout le monde ici connait bien : le vin biologique.

Sur ce dossier, j'espère que nous parviendrons à engager une solution d'ici à l'été pour l'appliquer à la vendange de l'année prochaine au plus tard. Mais je veux le dire très clairement, en aucun cas je ne prendrai une décision qui risquerait de remettre en cause la crédibilité de tout un secteur.

Depuis le 1er juillet 2010, toute la filière biologique européenne partage un même logo. L'an dernier j'ai remis le prix au jeune designer qui a conçu ce symbole qui est pour moi une variante de la devise de l'UE : "Unis dans la diversité". Ce logo bio fait le lien entre tous les opérateurs du secteur, et il unit les producteurs aux consommateurs. La diversité, elle s'exprime à travers la variété des produits bio et les signes supplémentaires de qualité qui accompagnent le logo bio.

Nous devons travailler tous ensemble pour que cette petite feuille verte incarne véritablement le lien de confiance entre l'agriculture biologique et les consommateurs. Nous ne pouvons pas nous permettre de fragiliser ce lien, d'autant plus avec un produit tel que le vin, synonyme de tradition, de lien à la terre et de savoir vivre.

Au contraire, nous devons encore consolider la position du secteur biologique en Europe. Pour cela, je veux évoquer deux pistes avec vous. D'une part, comment prendre en compte de façon spécifique l'agriculture biologique dans le cadre de la réforme de la PAC? D'autre part le rapport sur l'application de la législation bio qui sera publié fin 2011.

Dans le cadre de la réforme post-2013, l'agriculture biologique aura toute sa place.

Tout d'abord dans le cadre du premier pilier, les aides directes : naturellement, les agriculteurs qui disposent d'une certification bio seront automatiquement éligibles à l'élément de verdissement des soutiens directs. Ce sera un signe clair de reconnaissance de la vocation à la durabilité de la bio.

Ensuite, dans le cadre du second pilier de la PAC, les mesures existantes seront maintenues voire renforcées pour faciliter la conversion des exploitations ou préserver l'orientation biologique des exploitations qui ont déjà franchi le pas. Nous offrirons également à l'ensemble des agriculteurs bio comme conventionnels, la possibilité d'être soutenus dans leur démarche de création de circuits courts – dans le cadre du 2e pilier.

Enfin, je veux mentionner l'innovation et la recherche. L'agriculture biologique fait pleinement partie de l'agriculture de la connaissance de demain. Bien souvent, la bio a su montrer la voie à des pratiques de production faisant de la nature un allié et non pas un adversaire contre lequel il faut lutter à coups de moyens artificiels. Nous devons développer l'innovation, le conseil, le partage des savoirs pour diffuser les bonnes pratiques. Je suis sûr que la plateforme technologique pour l'agriculture biologique va y contribuer.

Sur la question du rapport, je peux vous garantir que nous allons analyser avec beaucoup d'attention le cadre actuel du secteur bio. Eventuellement, il est prévu la possibilité pour la Commission de proposer des nouvelles initiatives législatives pour accompagner ce rapport au cas où cela serait nécessaire.

Pour conclure, comme de nombreux Européens, je veux vous dire que j'attends beaucoup de l'agriculture biologique. Dans le cadre de la réforme de la PAC, nous avons lancé un véritable processus de réconciliation entre d'une part la compétitivité économique et d'autre part la compétitivité écologique. Depuis longtemps, la bio a entamé une réflexion sur ce sujet. Vous pouvez contribuer aux débats de façon active, avec de vraies solutions, d'abord pour développer la filière, mais aussi pour montrer la voie, diffuser les connaissances vers d'autres formes d'agriculture et créer une véritable émulation positive pour la durabilité de toute l'agriculture européenne.


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