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José Manuel Durão Barroso President of the European Commission Study days of the European People's Party (EPP) Palermo, 6 May 2011

Commission Européenne - SPEECH/11/315   06/05/2011

Autres langues disponibles: aucune

SPEECH/11/315

José Manuel Durão Barroso

President of the European Commission

Union européenne et Méditerranée du Sud: sur la voie d'un partenariat gagnant-gagnant

Study days of the European People's Party (EPP)

Palermo, 6 May 2011

Cher Joseph,

Chers amis,

Je voudrais tout d'abord vous dire le plaisir qui est le mien de vous retrouver aujourd'hui à Palerme pour conclure avec vous ces journées d'études du Groupe PPE.

C'est un message très symbolique et important que le PPE envoie en tenant cette réunion ici en Sicile alors que beaucoup de nos voisins, sur l'autre rive de la Méditerranée, traversent une période historique qui aura des conséquences importantes pour nous tous.

Se posant la question de savoir "qu'est-ce que la Méditerranée?"; un grand spécialiste de cette région, et un très grand homme de la culture européenne, Fernand Braudel, l'historien, a répondu et je cite : "la Méditerranée, c'est mille choses à la fois, non pas un paysage mais d'innombrables paysages, non pas une mer mais une succession de mers, non pas une civilisation mais des civilisations entassées les unes sur les autres. "

C'est ce même foisonnement qu'exprime l'écrivain tunisien Emma Belhadj Yahia lorsqu'elle écrit et je cite : "ma Méditerranée n'est belle que parce qu'elle est multiple."

C'est en effet une région à la fois fascinante et complexe qui ne cesse de nous surprendre. Et ce printemps 2011 restera dans l'histoire comme celui du "printemps des révolutions arabes", celui de l'explosion d'une espérance, de l'espérance démocratique dans des pays très différents les uns des autres mais dont la jeunesse se retrouve dans une aspiration commune; celle du respect de la dignité de la personne humaine.

Et c'est, fortes de leur union, que nos démocraties aideront ces jeunes pousses démocratiques à s'enraciner et croître.

Il revient à ces pays, à ces sociétés, de prendre leur propre destin en main et de décider de leur avenir. Mais nous aurions tort de rester indifférents aux changements en cours et aux appels de cette jeunesse, des hommes et des femmes, pour plus de liberté, de démocratie et de dignité.

Nous leur avons donc proposé un partenariat pour la démocratie et la prospérité partagée. Il est l'expression de notre volonté d'aller plus loin avec eux dans la mise en place de réformes politiques et économiques ambitieuses.

Nous avons fixé trois priorités indissociables les unes des autres: aider à la transformation démocratique, promouvoir un partenariat renforcé avec la société civile et apporter notre soutien à un développement économique durable et équitable.

La mise en œuvre concrète de ce partenariat sera adaptée aux conditions spécifiques de chacun des pays et aux différents rythmes des réformes. Ce sera "plus pour plus"; c'est-à-dire plus de réformes pour plus de soutien.

Nous avons déjà commencé à revoir nos programmes d'assistance financière à la région pour les adapter à cette nouvelle donne et à ces priorités.

Dans le cas de la Tunisie - pays qui a déclenché cette vague de transformations et qui est le plus avancé dans le début de la transition démocratique - la Commission se tient prête à mobiliser une aide supplémentaire à hauteur de 140 millions d'euros pour la période 2011-2013 en soutien au processus démocratique et aux besoins prioritaires dans les domaines sociaux et économiques.

Il faut que nous réussissions ainsi à développer ensemble une relation solidaire et responsable y compris sur la question des migrations.

C'est cette approche qui est au cœur de notre proposition d'un "Partenariat pour la migration, la mobilité et la sécurité avec la Méditerranée méridionale" que la Commission va présenter le 24 mai, dans quelques jours.

Nous travaillons déjà avec la Tunisie sur un tel Partenariat, notre objectif étant de mieux maîtriser les flux migratoires dans notre intérêt commun.

Cela nous permettra de mieux gérer l'accès des travailleurs tunisiens au marché de l'emploi européen ainsi que la mobilité des citoyens tunisiens dans l'espace Schengen.

Mais cet accès ne peut pas être garantie sans conditions: de son côté, la Tunisie devra assurer le contrôle effectif de ses frontières, prévenir l'immigration illégale, et coopérer dans la réadmission des migrants en situation irrégulière. Pour cela, il est aussi important que la Tunisie puisse conclure un accord sur des méthodes de travail avec Frontex qui lui apportera son expertise et son soutien.

Ce sont des sujets que j'ai abordés avec le Président et le Premier ministre de la Tunisie lors de ma visite à Tunis le 12 avril dernier et le dialogue est en train de se poursuivre maintenant au niveau des hauts fonctionnaires.

Chers amis,

Les bouleversements que connaît la rive sud de la Méditerranée nous ont donc amené à revisiter non seulement notre politique de voisinage mais aussi notre approche de l'immigration.

Et j'en profiterai pour faire, au passage, certaines mises au point sur ce que j'ai pu lire et entendre ici ou là ces dernières semaines.

Tout d'abord, il n'est pas exagéré de dire que depuis ces deux dernières années l'Union européenne traverse de fortes turbulences. Nous devons faire face à des défis inédits tant sur le front économique et financier que sur le front diplomatique.

Mais ce serait une terrible erreur que de laisser croire que le problème c'est l'intégration européenne. Nous devons réfuter avec constance et exemples à l'appui tout argument allant dans ce sens. Nous ne pouvons pas laisser l'initiative aux populistes de tous bords, à tous ceux qui exploitent les craintes des citoyens pour tourner nos citoyens contre l'Europe et l'idéal du grand projet européen. Il faut donc avoir le courage politique, nous, institutions européennes – Commission, Parlement Européen, Conseil – mais aussi dans les capitales de nos pays à avoir le courage politique de défendre l'Europe, d'expliquer de façon pédagogique quels sont les défis, de montrer que parfois pour des problèmes complexes il n'y a pas de solutions faciles. Et ceux qui manipulent la complexité des choses en cherchant à exploiter des sentiments primaires, ils n'ont pas raison, et ils n'auront pas la victoire. C'est pourquoi nous devons continuer à persévérer dans des politiques qui appellent à plus d'Europe et non pas moins d'Europe pour relever ensemble les défis auxquels nous sommes confrontés.

C'est bien cela mon approche et celle de la Commission Européenne que je préside. Et je le sais très bien, cher Joseph et chers amis du PPE, c'est aussi l'approche du Groupe PPE, qui a cette grande tradition de la pensée sociale-chrétienne, de la pensée démocrate-chrétienne, et de la pensée liée à tous les grands moments de l'intégration européenne. Nous n'allons pas céder aux populismes de tous bords, nous défendrons les valeurs européennes.

Nous devons donc poursuivre notre navigation européenne en tenant notre cap qui est celui d'une Europe unie, responsable, ouverte, solidaire, généreuse. Certainement pas naïve. Car nous devons défendre des intérêts. Mais nous défendons nos intérêts dans le respect des valeurs.

Les obstacles doivent nous stimuler et non pas nous décourager. Ainsi que l'a écrit Jean Monnet dans ses Mémoires et je cite – vous savez à quel point j'aime citer peut-être celui qui a été le plus grand des pères fondateurs de l'Europe – je cite : "renoncer à une entreprise parce qu'elle rencontre trop d'obstacles est souvent une grave erreur : ces obstacles sont au contraire les aspérités auxquelles peut s'attacher l'action." L'action, je trouve que c'est le mot clef.

It is in this spirit that we have been acting in the face of the sovereign debt crisis and it is in this spirit that we must act in the face of the migration pressure that we are currently experiencing.

As you know, the European Commission presented, last Wednesday, an initial contribution to the debate that will be held by the June European Council on the issue of immigration. Other proposals will follow in the next few weeks.

In freely choosing to unite our destinies in order to put an end to the divisions that have hampered us for too long, we have opted for solidarity and mutual responsibility.

In an area without internal borders, a number of our Member States assume the heavy responsibility of monitoring our external borders in the interests of all. A number of these Member States are Mediterranean countries, beginning with Italy which welcomes us today.

These countries are entitled to the recognition and solidarity of all of us, particularly when they are faced with urgent crises. This is, moreover, the spirit of the European Union's internal security strategy which, I would point out, states that "our approach to crisis management must be characterised by solidarity". So I want to support what you just have just said. Solidarity is the key word in terms of response to common challenges, because it is obvious that migration, illegal migration, is a European problem and for a European problem we must have a European solution.

We have recently demonstrated such solidarity in the form of the "Hermes" operation, coordinated by FRONTEX in support of the Italian authorities, and in the form of the financial assistance that we have provided to the Member States most vulnerable to the current migration pressures.

I have already promised to our Italian friends that we will do whatever we can at EU level and at the European Commission, namely also through our regional policy instruments, to help specifically Sicilia and Lampedusa, which have been specifically affected in terms of fisheries, in terms of tourism because of some of these developments.

However, we must obviously do more and do it better. We need, at one and the same time, more real and practical solidarity between Member states and a better sharing of responsibilities.

Migration pressure is not just a national problem, that is why it requires a joint European response. It is in this spirit that, already in February 2010, the European Commission has proposed strengthening the FRONTEX Agency's operational capacity and powers. What we propose is greater solidarity and more constructive cooperation between the Member States, which must ensure that FRONTEX has the technical and human resources it needs. Let's be very frank. The European institutions don't have ships, don't have planes. The European institutions don't have this kind of means, so the success of FRONTEX relies, to a large extent, on the means available to FRONTEX by the Member states. We must also make it easier for FRONTEX to cooperate with third countries, which must assume their share of responsibility in managing migration flows.

During this last year, we had plenty of time to discuss these proposals. I therefore hope that we shall be able now to reach an agreement so that they might be adopted as soon as possible.

Emphatically, the migration pressures to which the European Union has been subject for some months now have been a severe test of our internal area without borders. I wish, however, to state clearly here, once again, that we shall not abandon Schengen but will do everything necessary to guarantee that it functions properly.

We must do everything to ensure good governance of the Schengen area, and I am delighted with the major contribution, characterised by solidarity, that your political Group, the EPP, has made in this connection, particularly some of the proposals that we have put forward in recent days. The Schengen area must remain an area without internal borders which, marrying freedom of movement to security, represents an important factor for growth and prosperity. Moreover, we shall make the necessary improvements to preserve this objective and, in that way, maintain the mutual confidence between Member States, because that mutual confidence is vital.

We have here a fine example of what was originally an intergovernmental project, but which is now fully integrated into the legal framework of the European Union and one of the symbols par excellence of European unity. As the opinion polls show, our fellow citizens are quite rightly very attached to Schengen. They want to keep Schengen. They want to reinforce Schengen. They don't want to dilute Schengen.

Let us be clear: any turning inwards upon ourselves would certainly be harmful to European unity. But, in a highly competitive world going through a period of profound change, it would also be unrealistic and contrary to our strategic interest.

The basic issue is not, therefore, that of re establishing internal borders, but the real issue is that of achieving better governance of the Schengen area and of the external borders. We need better coordination between all parties concerned and between the European Commission and the Member States and also between the Member states themselves.

That is why, already last year, the Commission proposed a review of the evaluation mechanism of Schengen. On the basis of a Community approach, we must be able to guarantee more transparent, effective and coherent application of the Schengen rules and be more effective in remedying the weaknesses that have been observed in it. We have to be intellectually honest when there is a problem. We cannot say that everything is perfect, so if there is a deficiency, let's solve the concrete problem, let's improve the governance mechanism, but let's not put at risk the overall system that is a great progress in European integration and I would say in our civilisation.

In order better to guarantee our fellow citizens' security in crisis situations, we are also looking into the possibility of specifying the mechanisms designed to reintroduce internal border controls on an exceptional and temporary basis. However, that might only be a last resort.

What is vital, therefore, is that we do everything we can to ensure that freedom of movement and security are fully compatible with each other, for the one cannot exist without the other. Security and freedom are two faces of the same coin and let me tell you that there are in this matter two real dangers politically speaking. There is a real danger to suggest that solution for illegal migration is just security, is just repression. It would be a mistake. We don't want our societies based on the idea of repression. But it would be also a big mistake to pretend that we can have our doors wide open and that we do nothing against illegal migration. Let's not forget that the European Union is a process based on the rule of law and so we have to defend the principles of the rule of law and to avoid being naïf, because if we are naïf in this matter, that will be the way to give arguments to the populist, to the xenophobic forces, to those that want to put at risk the great European project.

That being said, immigration is a much wider subject.

At the same time, we cannot refuse to welcome those fleeing oppression who come to seek asylum in Europe. That is why we must make progress on the issue of a Common European Asylum System so as to reach an agreement between now and 2012. The Commission will put forward new proposals along these lines next month. I see now, among our Member states a willingness that was not there before, to be honest and frank, to work for a common European policy in the field of migration and asylum. As you know that was traditionally one of the difficult areas where we couldn't speak about European integration. That was one of the domains where people would like to speak about sovereignty rights and they are less open for a European approach. I think now we have conditions to really go ahead with a common approach to migration and asylum at European level.

Constructing a Europe of asylum, combating illegal immigration and making border controls more effective are three of the basic five commitments under the 2008 European Pact on Immigration and Asylum.

As you know, the other two commitments under this Pact are better management of legal migration and the creation of a close partnership with the countries of origin and transit so as to encourage the synergy between migration and development.

These are the five pillars of our overall approach to migration – an approach that remains fully relevant. Moreover, our response to current migration pressures must obviously form part of this overall approach.

It is our duty to explain clearly to the general public that immigration is an unavoidable necessity in Europe and that the objective towards which we are working is that of immigration that is managed, required and the result of free choice: immigration that constitutes an opportunity for Europe and not a threat.

Dear friends,

We clearly have a strategic interest in promoting human rights, democracy, peace and stability in our neighbourhood. This is important from various points of view, but I think it correspond also to the best of our interest. We also have a vital interest in ensuring that issues related to immigration form an integral part of our political dialogues with our neighbours. It is in this way that we shall be able to develop a win win relationship with our Mediterranean partners and to deepen that relationship.

In making progress, we must, however, keep in mind the overall strategic vision and resist any temptation to be reductive and confine our attention only to specific and immediate interests.

I know that I can say that here in EPP. I know that this party, this great European family has been one during all its history that at the same time speaks in favour of a strong Europe, has always underlined the importance of the European values and that the core of our European values are the principles of human dignity and the principles of solidarity. Those are the values that we are going to stand for also in the future.

Thank you very much for your attention.


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